l’énergie de l’espoir

Nous avons tous reçu, un jour ou l’autre, dans notre boite « mail » l’un de ces textes dont la taille des caractères diffère, aux couleurs bigarrées, dénonçant, sans la moindre preuves, des « mensonges », dont il apparait, après vérifications, qu’il s’agit d’intox, de hoax, ou tout simplement de tentatives de manipulation.

Récemment un internaute faisait circuler l’un de ces mails, dans lequel les dirigeants de gauche étaient tous montrés du doigt : ils étaient tous, preuves à l’appui, à la tête de fortunes, ce qui les rendaient, d’après l’auteur, illégitimes à défendre des idées de gauche, et encore moins a gouverner.

Par contre, il mettait sur un piédestal l’actuel chef de l’état, issu d’une famille pauvre, et donc, selon lui,  tout à fait à sa place à la tête du pays, et posait des couronnes sur la tête de la fille d’un pauvre fils de marin pécheur, appelée Marine.

Cette caricature populiste méritait mieux qu’un déni amusé, et j’ai proposé à l’auteur provocateur une réflexion mettant face à face Jean Jaures, issus d’une riche famille paysanne et bourgeoise, (lien) et Adolf Hitler, mendiant orphelin. lien

Lequel des deux a été le meilleur dirigeant ?

Ma réponse n’a pas provoqué d’écho.

Dans un autre domaine, celui de l’énergie, un anonyme, ils le sont souvent, assurant qu’il était un ex-ingénieur EDF, s’est ingénié à dénigrer les valeurs écologistes.

Il n’a pas hésité à appeler son brulot « désinformation au plus haut niveau des services de l’information », ce qui ne manque pas de sel.

S’en prenant d’abord à Hulot, ce qui peut se comprendre, il s’est employé à démolir les énergies propres et renouvelables.

Dans son pamphlet internaute, Il conteste le fait d’éteindre les veilleuses de nos appareils électriques lequel ne ferait qu’économiser 4 à 5% au lieu de 30 ou 35% annoncés parfois. lien

Mais les petits ruisseaux ne font-ils pas les grandes rivières ? Et une meilleure gestion de l’énergie n’est-elle pas la meilleure réponse à un plan alternatif permettant la sortie du nucléaire ?

Petit rappel : pour 271,5 Mtep produits en France, un peu moins de 150 Mtep arrivent chez le consommateur (lien) car le transport de l’énergie provoque un gros gaspillage de celle-ci, et le rendement des centrales nucléaires n’est que de 30% ~. lien.

Preuve s’il en fallait que le choix de la centralisation énergétique n’est pas judicieux, et qu’il vaut mieux consommer sur place, lorsque c’est possible, l’énergie produite.

Une meilleure isolation des habitations et des entreprises (taux : 0,6) ferait baisser considérablement notre consommation : entre 1999 et 1986, grâce à l’amélioration de l’isolation, ce sont 11 Mtep qui ont été économisés. lien,

Mais on peut aller beaucoup plus loin et dans le cas des maisons « basse-énergie » on peut descendre à 0,30 (lien) ou même choisir l’option Bepos (bâtiments à énergie positive) qui non seulement ne consomment pas d’énergie, mais en produisent. lien

Ce qui signifie qu’en appliquant la recette « Bepos » à tous les bâtiments du pays, non seulement ça relancerait l’emploi, mais cela permettrait de fermer un certain nombre de réacteurs nucléaires, et d’économiser encore plus d’énergie.

Pour la petite histoire, il faut savoir que, s’il est vrai que la part du nucléaire (en 2007) représente 76,8 % en terme de production d’électricité, cela ne représente que 17,7% de la consommation finale d’énergie.

EDF a poussé les français à se chauffer à l’électricité, ce qui est un non-sens, d’autant que notre pays est riche en eau chaude de grande profondeur et que rares sont les régions qui en sont dépourvues. lien

Mais ce n’est pas tout.

Au sujet de l’éclairage public, sans retourner non plus aux réverbères d’un temps révolu, interrogeons nous sur l’opportunité de laisser éclairer des nuits entières des lampadaires dans nos villes, villages, au bord de nos routes, et autoroutes ?

Il existe aujourd’hui une entreprise qui propose des luminaires alimentés par des capteurs solaires, doublés de petites éoliennes, qui, en accumulant l’énergie dans la journée, la restitue le soir, sans pour autant la prendre sur le réseau. lien

Ailleurs des communes optent pour l’éclairage public en veilleuse. lien

Ce n’est pas rien.

Il ne s’agit donc pas de se « serrer la ceinture » mais plutôt de gérer différemment l’énergie.

Puis notre ingénieur s’en prend aux capteurs photo voltaïques qui  seraient d’après lui, pleins de métaux lourds très polluants.

Sur ce lien, la preuve du mensonge.

En effet, les capteurs photovoltaïques sont généralement en aluminium: nulles traces là-dedans de mercure, de cadmium, de plomb, arsenic, zinc, et autres métaux lourds. lien

De plus il est recyclable à l’infini. lien

Quand au silicium amorphe, il est pris en sandwich entre une plaque de verre, et une feuille de polymère. On cherchera en vain des métaux lourds. lien

Aujourd’hui, une nouvelle génération de capteurs photovoltaïques utilise une autre technologie, en se calquant sur le principe de la photosynthèse, et sont constitués d’une couche de dioxyde de titane et d’une solution électrolytique. lien

Autant efficaces que les précédents, ils présentent l’intérêt de pouvoir être « imprimés » sur un support souple, voire transparent, et d’être bien moins cher que les panneaux au silicium amorphe. lien

Puis notre « ingénieur » s’en prend aux éoliennes dont il déclare sans rougir qu’elles sont 4 fois plus chères que l’atome.

Hélas pour lui, c’était avant la catastrophe de Fukushima, puisqu’on sait aujourd’hui que le prix de l’électricité nucléaire est largement sous évaluée.

D’abord parce que contrairement à ce qui est généralement affirmé, le nucléaire produit du CO2. En effet, si pendant la production d’électricité, c’est effectivement une énergie qui n’en produit pratiquement pas, avant d’en arriver là, il faut l’extraire, et cela provoque une énorme production de CO2, en amont, et en aval. lien

Mais revenons au prix.

Entre le prix des centrales, comme celle de l’EPR dont le prix de départ à déjà doublé (lien) avant même qu’elle produise le moindre kilowatt, et le démantèlement estimé à 17 milliards (pour les centrales françaises) serait plus proche des 200 milliards. lien

Ajoutons à ça l’élimination des déchets, pour lesquels aucune solution raisonnable n’été trouvée, mais qu’il faudra bien payer un jour où l’autre et pour finir, à la lumière de la catastrophe de Fukushima, on sait aujourd’hui que pour assainir le territoire pollué, la somme de 200 milliards est envisagée, sans même évoquer la perte pour des dizaines d’années de centaines d’hectares pollués au césium 137. lien

C’est d’ailleurs un défenseur de cette énergie polluante qui le dit : Jean marie Jancovici affirme « le nucléaire coute 2000 à 3000 € par kW de puissance installée » (contre 500 € pour le gaz). lien

Ensuite notre ingénieur, jamais a court de d’imagination s’attaque aux biocarburants, mélangeant allègrement les biocarburants issus de la culture, (contestables, bien évidemment) et le biocarburant, méthane issu de l’activité humaine, dont on sait aujourd’hui qu’il pourrait à lui seul assurer l’énergie pour tous les véhicules du pays, poids lourds compris. lien

Comme je l’ai écrit dans un article récent, la page nucléaire pourrait donc être rapidement tournée, sans pour autant utiliser le charbon ou le pétrole. lien

Pour finir en « beauté », le vaillant contestataire s’en prends aux éoliennes, qui d’après lui n’auraient qu’une puissance maximum de 2 mégawatts, dont il annonce sans rougir qu’elles sont « 4 fois plus chère que l’atome ».

La preuve du mensonge est sur ce lien.

Faut-il aussi rappeler qu’au moment ou la centrale de Fukushima explosait à répétition, avec les conséquences que nous savons, les éoliennes de haute mer, installées au Japon, ne subissaient pas le moindre dommage. lien

Oublions le passage dans lequel l’auteur affirmait  que la climatisation d’une voiture ne consommait pas d’énergie, et que ce chauffage était du uniquement à la récupération de la chaleur produite par le moteur, ce qui doit en faire sourire plus d’un : le rédacteur doit en être resté à la 2CV, dont la vitesse des essuies glaces étaient fonction de la vitesse de la voiture.

La réalité est qu’une voiture qui utilise la clim en ville consomme en moyenne 20% de carburant supplémentaire.   lien

« l’ingénieur » finissait son torchon en affirmant que « l’électricité « dite propre », sans fumée, sans CO2, sans atomes, (…) mise a part les centrales hydro, çà n’existe pas » et jamais à l’abri d’une outrance, il conclut en déclamant : « surtout, surtout, je vous en prie, informez vous ( !), et diffusez ceci, si cela vous interpelle ».

Voila qui est fait.

Car comme dit mon vieil ami africain, avec son humour coutumier :

« On a beau dissimuler ses excréments au fond de l’eau, ils finissent toujours par remonter à la surface ».

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