L’énigme Égyptienne(15) Retour sur le plancher des vaches!

 Retour sur le plancher des vaches!

         Le cimetière U d’Abydos date de Naqada I mais ne devint le terrain d’inhumation de l’élite locale qu’au Naqada II tardif.

         La tablette des villes (Tehenu) (C.G. 14,238) porte, entre autres, des noms de villes.  L’archéologue allemand Dryer interprète les noms au-dessus des villes comme ceux des rois de la dynastie 00/0 : Lion, Scorpion II, double faucon, Faucon et un dernier dont le nom est perdu.

        D’après la plupart des archéologues, ces rois furent ceux qui s’emparent du pouvoir sur les villes mentionnées.  Par contre, Marcelo CAMPAGNO de l’université de Buenos Aires écrit : «En tenant compte que les chefs qui émergèrent des conflits acquirent rapidement le statut de guerrier reliés aux dieux, il semble possible que ces conflits n’aient pas été seulement des moyens d’obtenir des biens et des propriétés.  On peut considérer cette attribution de guerriers divins à ces chefs, ces Horus, comme des envoyés divins pour imposer l’ordre à la place du Chaos.»

        Et c’est comme ça que, chez les archéologues, notre concept de Dieu vient s’installer dans l’origine des Égyptiens. S’ils s’étaient contentés d’employer le terme «Puissant» «Lointain» «Important» pour qualifier ces Horus, au lieu de laisser leurs préjugés, ou leurs propres concepts traduire Horus pas «dieu», nous lirions dans l’histoire égyptienne que des individus «supérieurs aux hommes» de l’époque, de cette région égyptienne, prirent le pouvoir militairement des villes d’Égypte.  Et Dieu ne serait pas devenu « l’Endosseur Intouchable » des interprétations archéologiques actuelles.

        Il n’est pas du tout nécessaire d’être «divin» pour être supérieur technologiquement aux habitants d’une autre région; les Espagnols étaient supérieurs technologiquement aux Incas et leur ont enlevé leur pouvoir et leur pays.  Il est vrai cependant que ces Espagnols furent considérés comme envoyés des dieux et qu’eux aussi venaient par bateaux; ce qui semble être le cas, également, des Horus.  Par contre, ces deux peuples (Incas/Égyptiens) furent asservis; et il y en a eu plusieurs autres au cours de l’histoire.  D’un autre côté, les Incas ne croyaient pas que ces «envoyés divins» arrivant par bateaux avaient eu des «parents qui venaient du ciel» comme ce que raconte la «mythologie» égyptienne; où bien n’est-ce pas le même cas des Espagnols ?

          Il n’est donc pas si normal que ça que les Égyptiens croient que leurs «Lointains» ou leur «Importants» ou encore leurs «Puissants» soient des fils d’êtres venus du ciel.  Et cette origine céleste des Puissants n’est malheureusement pas une traduction «erronée» des textes égyptiens comme celle qui fit «dieux» des Horus. 

         Selon ces textes, les Puissants originaux venaient effectivement du ciel; mais pas du ciel où les Saints jouent du picolo; mais plutôt du ciel qui est au-dessus de nos têtes.  Comment se fait-il que même en Amérique, la tradition explique que la civilisation fut apportée par des «êtres supérieurs» venu du ciel ?  Exactement le même scénario que partout ailleurs sur la planète.

             Mais y répondre serait de mettre la charrue devant les bœufs; et ce n’est pas ce qu’ont enseigné les «dieux» si nous voulons récolter en agriculture.  On devra donc attendre d’avoir tout en main pour ne pas s’égarer.  Malheureusement, ce n’est pas demain la veille !  Essayons de mettre un peu d’ordre dans tout ça et revenons aux individus Horus.

 À noter : Selon La pierre de Palerme, il y eu 10 «Pharaons» qui ont régné sur l’Égypte avant la Ière dynastie et il y en eu autant qui ont régné avant ceux-ci.  Ces dix portaient tous la double couronne royale. Autrement dit : L’Égypte était unifiée.


        Autour de 3 500 av.J.C. il y eu un nouveau schisme : le roi du Nord appelé BITI (Abeille) protégé de la «déesse» Cobra Ouadjet s’empare de la couronne rouge et s’installe à Bouto.  De sorte que le roi du Sud Nesout (Roseau) protégé par la «déesse» Vautour Nekbet de El-Kab s’établit à Hierakonpolis.  Attribuer l’Abeille au roi est d’origine sumérienne, on le verra plus loin.

        Toujours cette compétition entre le serpent et le vautour. Autrement dit : les Horus de la terre et les Horus du ciel.
On retrouve cette confrontation partout dans toutes les mythologies et toujours, ce sont ceux de la Terre qui apportent la civilisation malgré l’opposition de ceux du ciel; mais ils sont définitivement tous des «Puissants», des «Lointains» et des «Importants» puisqu’ils sont tous Neteru.

 Dynastie 0

        Les noms et les tombeaux de tous ces pharaons ont été retrouvés et leur période de règne est aussi connue des spécialistes. 

         Le premier «Horus le Grand, Hr Wr» règne aux environs de 4 000 avant J.C.  Il est suivi par Ny Hor (celui qui appartient à Horus), Hat Hor (celui qui est dans la demeure d’Horus), Iry Ro (celui qui agit par la bouche d’Horus), Ka Hor (le Ka d’Horus), etc. jusqu’à Scorpion, puis Narmer.

        Il convient de noter que le professeur Martin Bernal de l’Université de Cornell aux É-U rappelle dans Black Athéna, tome 2 que l’archéologue James Mellaart et son équipe, place, après datation au carbone 14, la dynastie égyptienne de Narmer en 3 400 avant J.C.

        Huit ans après en 1987, une équipe suisso-américaine conduite par le professeur Herbert Haas prouve qu’il faut vraiment retenir la date de 3 500 avant J.C. pour cette même dynastie. Aucun ouvrage de vulgarisation n’a vraiment fait état de cette conclusion.  Aussi, compte tenu de ces découvertes, disons que l’écriture est à peu près contemporaine de Narmer.

         «Nous pensions que les Sumériens avaient été les pionniers de l’écriture» déclarait récemment Günter Dreyer, directeur de l’Institut d’Archéologie d’Allemagne.  Cette phrase est tirée de la dépêche de l’agence de presse Reuters du 15 décembre 1998 (9h45).  Celle-ci signalait à la communauté scientifique internationale, qu’une équipe allemande d’archéologues avait fait des découvertes importantes en Afrique.  Ces nouvelles données obligent les chercheurs internationaux à proclamer tout simplement l’autopsie de la thèse de l’invention de l’écriture en Mésopotamie.

         À mon avis ce sont des chicanes de clôture avant la considération des données générales ?

        En effet, à Abydos (400 Km au sud du Caire), l’équipe du professeur Dreyer trouve environ 300 poteries dans un ancien cimetière royal.  Les inscriptions hiéroglyphiques découvertes sur celles-ci datent de 3 400 av.J.C. donc bien avant l’apparition de l’écriture cunéiforme. (???) 

            Il est bien évident, j’espère, que je travaille avec une quantité considérable de données disparates.  Il m’est difficile de spécifier ces sources au fur et à mesure.  Cependant je constate que ce qui est en réalité des informations pour l’avancement des connaissances de l’ensemble des humains, donc appartenant à tous, sont souvent vues par les auteurs comme des propriétés personnelles dont on ne peut se servir.  Ça me déroute un peu.  Disons tout de suite qu’à mon sens, si quelqu’un trouve une partie de mes opinions valables pour l’avancement de ses propres recherches, je n’ai aucune objection à ce qu’il s’en serve comme il le souhaite. La connaissance ne peut pas être une propriété privée. 

        Cette dynastie O, a été récemment ajoutée pour tenir compte des dernières découvertes sur le site d’Oum el Kaab à Abydos .

1. Horus : … premier «Horus le Grand, Hr Wr»

2. Ny Hor.    (Celui qui appartient à Horus)

3. Hat Hor.   (Celui qui est dans la demeure d’Horus)

4. Iry-Ro.     (Celui qui agit par la bouche d’Horus)

5. Ka.          (Le Ka d’Horus)

6. Scorpion.

7. Narmer.

        Attaquons maintenant, une autre facette importante pour comprendre les données de la civilisation égyptienne.

 Les Protocoles :

        Le protocole d’un roi égyptien est composé de 5 noms :

1. Son nom d’Horus.

2. Son nom des deux maîtresses.

3. Son nom d’Horus d’Or.

4. Son nom dans un cartouche : Nesout-Bity.

5. Son nom dans un cartouche : Fils du Soleil.

        À remarquer que ces différents protocoles devraient être nuancés selon les données différentes qui s’y ajoutent.  Par exemple, si on prend compte de la confrontation des concepts calendrier lunaire versus calendrier solaire le nom «fils du Soleil» pourrait indiquer l’époque du choix s’orientant vers le calendrier solaire.

        En fait, j’ai nettement l’impression que cette confrontation pour le choix du calendrier est une source d’information importante pour définir les parties en opposition chez les Neteru ou si vous préférez : les Horus.

         Un protocole est par définition, un ensemble de dispositions, d’usages que l’on doit respecter.  Ce mot provient du grec prôtokollon, qui est composé à partir des mots prôtos=premier, kolla=colle ; c’est ce qui désigne une sorte d’En-tête, comportant souvent les titres du propriétaire de la missive. Ceci constitue une évolution normale à partir des sceaux cylindres.

        On peut considérer que le protocole d’un Pharaon est ce qui le désigne, le distingue, le qualifie.  Très souvent, nous pouvons discerner, au travers de la rédaction de ces protocoles= un message, un programme définissant la politique du règne, la manière de gérer le Royaume.

         Voici un texte que j’ai trouvé soulignant une caractéristique que je crois des plus importantes sur le peuple égyptien :

         «Curieusement, le mythe de la guerre est étranger à la civilisation de l’Égypte : la littérature ne présente pas de fresques épiques, les personnages légendaires de son histoire ne sont pas des héros guerriers mais des sages ou des bâtisseurs.  En revanche, tous les pharaons se sont fait représenter frappant de leur massue ou de leur épée courbe une grappe de captifs empoignés par les cheveux, ou lançant leur char de combat dans la mêlée.  Et ce peuple de paysans pacifiques a été amené, pendant trente siècles, à servir, loin du sol natal, dans une armée groupant parfois plusieurs milliers d’hommes pour protéger les frontières ou le plus souvent pour  les «élargir», selon la terminologie des inscriptions royales.

         Si les scènes de bataille prennent une telle importance sur les murs des palais et des temples, il faut en rechercher l’explication dans la conception même de la personnalité et du pouvoir de Pharaon.»

         Ce texte sépare définitivement les «hommes supérieurs Horus» de l’homme normal égyptien.  Vivant Horus sur terre, sa nature divine fait de lui le responsable de Maât. Ce terme – dont l’idéogramme figure une déesse assise à la coiffure ornée d’une plume d’autruche – traduit la conception égyptienne de la vérité, de la justice, mais plus encore celle de l’équilibre établi par le démiurge créateur dans le monde qu’il a tiré d’un chaos sans cesse renaissant.

         Équilibre qui, encore une fois, nous fait penser à celui du Yin et du Yang.

         Maât représente l’interaction des forces contrôlant l’ordre de l’univers, et le NETER me semble être l’ensemble de ces forces qu’il s’agisse de la gravitation des astres, de la succession des saisons ou, plus simplement, des rapports entre les peuples, les classes sociales, les particuliers.  C’est une règle qui régit tout ce qui existe à partir du moindre moucheron jusqu’à la plus grande galaxie.

        Pharaon ainsi reçoit de la mission, non seulement d’assurer la pérennité de Maât dans Kemet (la Terre noire) qu’arrose le Nil, mais encore de veiller au maintien de l’ordre universel par-delà les frontières du royaume et de «régir» tout ce que le soleil entoure, tous les pays, toutes les contrées dont il a connaissance, dont il peut se saisir sur le champ en victoire et puissance.

         Et c’est en ce sens que le Pharaon est : NETERU

            Toute la politique de l’Égypte découle de cette mission divine confiée au pharaon d’étendre son hégémonie aux pays voisins et aux limites du monde connu.  Les campagnes militaires entreprises dans les pays limitrophes ne sont que les manifestations du droit du souverain à assurer Maât sur des territoires qui, par la volonté du dieu, relèvent de son pouvoir. 

        Autrement dit, la mission que se sont donnés les Horus (Puissants) est de conquérir les territoires pour en assurer la civilité.  Ils veulent installer la civilisation dans ce qu’ils considèrent comme le chaos.  Un concept qui découle de façon très logique des suites de l’inondation de la mer Noire.  Il est des plus normal que ces hommes plus civilisés décident d’étendre leur civilisation partout autour de leur point d’origine disparu. Et puisque l’existence de l’Égypte est consubstantielle à celle de Pharaon, c’est à la personne de ce dernier seulement, en raison de sa nature divine, (nature divine un peu nuancée de notre concept à nous) que revient le droit et, en conséquence, le mérite de l’expansion du pays au-delà des frontières. 

        C’est donc lui que nous étudierons; mais en gardant à l’esprit que le Pharaon incluant probablement une partie de l’élite sociale égyptienne est d’origine différente des simples habitants d’Égypte.  Ils sont des «bergers», des «enseignants», mais des enseignants conquérants et civilisateurs.

         Les Horus sont en quelque sorte, des «Seigneurs de la guerre» qui ont pris le pouvoir de tous les territoires connus.  De plus, nous savons qu’ils viennent d’ailleurs vers –5 500 et qu’ils ne sont pas originaires d’Égypte.

         C’est cette structure du pouvoir Égyptien, qu’il faut maintenant reconnaître pour étudier l’histoire de l’Égypte et de ses Rois-Pharaons. Ce que nous continuerons au prochain article

Amicalement

                                                                                   Élie l’Artiste

Une pensée sur “L’énigme Égyptienne(15) Retour sur le plancher des vaches!

  • avatar
    18 septembre 2010 à 12 12 23 09239
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    Les premiers Égyptiens, je parle du peuple, n’étaient pas des guerriers. C’est très facile à distinguer dans leur histoire.

    Ils parviendront à le devenir difficilement pour se débarrasser des Hyksos avec Amosis fondateur de la XVIIIe dynastie vers -1550 av J.C.

    Ce fait historique nous indique que les premiers Égyptiens avaient reçu un « apprentissage » axé sur la connaissance et les arts, au lieu de la puissance et la guerre. Ce qui est totalement contraire à l’apprentissage Mésopotamien.

    André Lefebvre

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