L’énigme Égyptienne(21) La crème de la crème de l’objectivité!

 

La crème de la crème de l’objectivité

        Je vais essayer de faire disparaître ce goût amer en proposant un peu de crème surmontée de belles fraises délicieuses.  Nous allons retourner quelques instants à l’étude d’une civilisation dont on a très peu parlé jusqu’ici.  Je vous soumets donc tout ce qui a été trouvé, jusqu’à maintenant, au sujet de cette civilisation qui sort de l’ordinaire, appelée :

la civilisation de l’Indus

Cette civilisation s’est développée au nord du Golfe d’Oman et du Golfe Persique, vers -2,900 av J.C (Certains disent -3,500 av J.C.). Il est à Noter que la profondeur du Golfe Persique nous indique qu’avant la fonte des glaciers (-9,550), ce Golfe Persique n’existait pas. Ce qui signifie que tout le territoire du Golfe Persique, actuellement inondé, n’était probablement que des marécages où se perdaient les deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate. Cette note sera importante pour les articles « Le mystère Sumérien ». 

        L’ histoire extraordinaire de la civilisation de l’Indus est quand même triste à cause de sa disparition subite incompréhensible.

        Commençons par regarder la disposition de l’urbanisme de ces villes    et surtout la qualité de construction avec des briques de glaise, qui est supérieure à tout ce qui a pu exister jusqu’à maintenant.  Promenons-nous quelque temps dans Mohenjo Daro :    

 Une vue de l’ensemble :

                       La piscine municipale sans guichet, donc gratuite 

Une rue de la ville où on trouve un peu d’ombre; ouf !

                                                  Le puis de la ville ou plutôt, probablement, un réservoir  qui permettait une pression dans les conduits d’eau :

Un égout, qui était couvert, dans la rue :

        Le nom de Mohenjo Daro signifie : « Le tumulus des morts ». On peut attribuer ce nom à plusieurs concepts; mais le plus simple serait de l’attacher au fait que ces gens sont disparus sans que l’on sache pourquoi ou comment vers –1 700 av.J.C. et que le nom fut donné après cette disparition. Maintenant, je vous invite à visiter Harappa : Vue de la basse ville :      

 

       Voici les plates-formes dont l’usage nous est maintenant inconnue depuis qu’on a trouvé les silos pour garder le grain que l’on verra plus loin.

 

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  Les silos à grains dont je parlais plus haut:

        Et maintenant, voici de curieux anneaux de pierre. On croit qu’ils servaient à encrer les poteaux des portes de la ville. On a retrouvé les mêmes à Mohenjo Daro et à Dholavira.

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 Voici enfin le bain public où les gens d’aujourd’hui vont probablement méditer sur les anciens occupants .

               Un petit crochet dans une autre ville de cette civilisation de l’Indus.

Une vue du grand réservoir qui fut trouvé à Dholavira :

        À Dholavira, on a trouvé des microbilles en or qui sont impossibles à ramasser même du bout des doigts.  On ne s’explique pas avec quel instrument on parvenait à faire ces billes et surtout comment on faisait pour les percer.  On a donc un aperçu d’une civilisation qui n’était aucunement subjuguée ou asservie à des dieux et qui possédait un seul culte celui d’une ancêtre que l’on peut appeler : mère de l’humanité.

        Voici un compte rendu de cette civilisation extraordinaire :

         Cette civilisation est unique dans le contexte du IIIe millénaire; son urbanisme frappe d’abord par son uniformité.  A Mohenjo-Daro, à Harappa, à Kalibangan, à Sutkagen Dor comme à Lothal, la cité est toujours conçue en deux zones distinctes : la partie haute comporte une «citadelle» et des bâtiments publics; l’autre, la partie basse et de plus grande étendue, constitue la ville proprement dite, quadrillée par de larges artères rectilignes se croisant à angle droit et délimitant des blocs réguliers et rectangulaires d’habitations.

        A Mohenjo-Daro et à Harappa, l’organisation des habitations varie selon les quartiers. Dans les zones résidentielles, les maisons comprennent plusieurs pièces distribuées autour d’une cour, dans laquelle est construit   un puits en briques trapézoïdales.  Elles sont équipées de latrines et d’une «salle de bains» dallée.  Dans le cas où elles comportent un étage, on accède à celui-ci par un escalier intérieur.  Il existe bien certaines maisons dépourvues de ce genre de confort, mais rien n’indique que ces «pauvres» sont dénigrés par les plus riches.

         La ville haute, aussi bien à Mohenjo-Daro qu’à Harappa, repose sur une énorme plate-forme de briques crues (400 x 200 m pour Mohenjo-Daro) qui, en même temps qu’elle sert de fondation, met l’îlot de la citadelle à l’abri des inondations.  Parmi les grands édifices, le «grand bain» qui semble avoir été public, situé dans l’espace de la «citadelle» de Mohenjo-Daro est sans conteste le plus spectaculaire : c’est une piscine rectangulaire (11,70 x 6,90 x 2,40 m) entourée de galeries supportées par des piliers carrées. Un escalier aménagé de chaque côté descend dans le bassin de briques dont les joints sont imperméabilisés au bitume.  L’eau provient d’un puits et est évacuée sous une voûte suffisamment haute pour permettre le passage d’un homme.

         A proximité de cette piscine, au nord, huit cellules sont disposées    de part et d’autre d’une ruelle; leur sol dallé de briques et en plan incliné permet de penser qu’elles servaient de salles de douche.

         Nouveauté rarissime à cette époque, les habitations sont dotées   d’un réseau d’égouts.  Dans presque toutes les maisons, une descente d’eaux usées traverse l’épaisseur des murs et conduit à un caniveau. Les caniveaux de la rue débouchent dans un collecteur correspondant à une rue plus importante.

         Sur le parcours de ces canalisations en brique et souvent couvertes, des fosses de décantation, plus basses que le niveau de l’égout lui-même, améliorent le dispositif.  Dans les impasses et les petites ruelles où cette installation n’existe pas, les eaux évacuées depuis les maisons se déversaient dans des jarres sans fond, enterrées, servant de fosses sceptiques.

         De nombreux archéologues attribuent une fonction d’entrepôts ou de silos à un ensemble de plates-formes dans la citadelle de Mohenjo-Daro.

         Dans cette cité, entre autres bâtiments importants, nous pouvons aussi mentionner la «salle d’assemblée» et le «collège sacerdotal»; le premier, divisé en cinq nefs de quatre rangées de cinq piliers; le second, dont les murs extérieurs atteignent 1,20 m d’épaisseur, reste de destination incertaine;  donc probablement pas «sacerdotal» du tout.

         Les Harappéens utilisent la brique crue pour les superstructures et la brique cuite pour les fondations, les puits, les canalisations, les salles d’eau et les constructions bordant des pentes.  La qualité de construction laisse entrevoir qu’ils utilisent le fil à plomb et le niveau à eau.  Les toits, généralement plats, sont supportés par des poutres de faible portée (4 m au plus) faites dans du bois de déodar (cèdre de l’Himalaya) ou de sisso (arbre du Sind).

         Les Harappéens cultivent le blé, l’orge, le sésame et les pois. Des empreintes relevées sur des poteries semblent témoigner de la culture du coton.  La plupart des animaux domestiques de l’Inde moderne (zébu, buffle, chèvre, mouton, porc, chien et volailles) sont présents à cette époque.

        L’économie repose aussi sur les activités commerciales.  Dans les ruines des cités exhumées, on a reconnu les vestiges de boutiques et d’entrepôts, et identifié comme poids des milliers de petits cubes polis en calcaire, stéatite, calcédoine et autres pierres.

         Le commerce à longue distance y tient une part importante. Les Harappéens importent du cuivre, de l’étain, de l’argent, des lapis-lazuli, des turquoises, du jade, des amazonites et bien d’autres matériaux. L’accès aux ressources minérales explique la colonie harappéenne de Shortugaï fondée vers 2 200 avant J.C., à plus de 1500 km de la vallée de l’Indus.  Elle assure l’approvisionnement en lapis-lazuli de la haute Kokcha (Nord-Est de l’Afghanistan). 

         Dans le cas de Lothal, où on trouve, à proximité d’une zone d’entrepôts, un grand bassin rectangulaire semble avoir servi au mouillage des bateaux de commerce.  De même, les sites des anciens rivages de la mer d’Oman tels que Sutkagen Dor, Sotka-Koh et Bala-Kot semblent être des ports de commerce.  La fondation de ces avant-postes répond à une stratégie commerciale harappéenne avec les pays de l’Ouest. (On se rend compte ici que l’idée des « avant-postes », comme ceux d’Amérique, n’est pas du tout incongrue et a pu très bien apparaître à l’époque de Jéricho.

         Des sceaux d’inspiration harappéennes, trouvés sur des sites du Proche-Orient et des bijoux sumériens mis au jour à Mohenjo-Daro témoignent également de ces relations de commerce entre Sumer et l’Indus.

         Ces courants commerciaux est-ouest sont récemment confirmés    par de nouvelles découvertes; ainsi, sur le site de Ras al-Djunayz.  Une équipe franco-italienne y exhume des objets harappéens attestant l’existence de liens maritimes entre la civilisation harappéenne et celle de Dilmoun.    

         Les Harappéens, comme en témoignent deux représentations, l’une sur sceau, l’autre sur empreinte d’argile, savent construire des bateaux, qu’ils utilisent pour le commerce.  

         Si les fouilles du Proche-Orient nous livre de grands monuments  à la gloire des dieux et des hommes, aucun bâtiment de la civilisation de l’Indus ne peut être identifié comme un temple ou un palais et aucun mobilier funéraire n’est suffisamment riche pour indiquer l’existence d’élites. Jusqu’ici, les sites harappéens n’accordent aucun élément qui puisse nous renseigner sur l’organisation politique. Mais aucun signe d’un pouvoir autoritaire et centralisateur n’est fourni par les données de l’archéologie.  Donc oublions le pouvoir oppresseur; ce sera rafraîchissant  pour quelque temps.

         Ce sont les sceaux cachets qui fournissent l’essentiel des inscriptions de l’Indus.  On compte près de 2 200 sceaux épigraphiés provenant de Mohenjo-Daro, de Harappa, de Lothal, de Kalibangan, de Chanhu-Daro et d’autres sites du Proche-Orient.  Ces brèves inscriptions (comprenant en moyenne 5 caractères) permettent d’identifier plus de 400 signes. 

         Malgré des tentatives répétées de déchiffrement, l’écriture de l’Indus demeure énigmatique et on ignore même à quelle langue la rattacher. (Ce qui me suggère que cette civilisation fut celle de « Puissants » qui ne voulaient pas asservir des « animaux humains », n’ayant pas besoin d’esclaves).

         C’est dire que rien de ces écrits peuvent, pour l’instant, nous renseigner; mais gageons que si ces écrits viennent un jour à être compris et qu’ils racontent des faits trop extraordinaires, on se retranchera encore une fois derrière les superstitions et le polythéisme imaginaire pour les expliquer.  Les récentes tentatives pour rattacher cette écriture à des marques peintes ou incisées sur des céramiques du Baloutchistan et de l’Indus, au IV e millénaire et dans la première moitié du IIIe millénaire, sont elles aussi restées infructueuses.

         Les représentations de la statuaire, qui, en Mésopotamie, fournissent des renseignements de nature religieuse, sont ici d’interprétation délicate; ainsi, une petite statuette en stéatite blanche représentant un personnage barbu, la tête ceinte d’un bandeau et une épaule couverte d’un «châle», a été nommée le «roi prêtre» de Mohenjo-Daro, mais rien ne peut attester qu’il s’agisse effectivement d’un tel personnage. Malgré tout, quelques objets taillés dans la pierre offrent un caractère religieux.

         Parmi eux, un personnage portant une coiffure cornue et assis dans la position de méditation des yogis évoque des traits que l’on retrouvera chez Çiva, l’un des dieux de la trinité hindoue; d’autres, mettant en scène des animaux, tel le remarquable unicorne, semblent être de nature mythologique. (Et voilà ! Qu’est-ce que je disais ? À la moindre «incompréhension», les dieux entrent en scène ! Pourtant le personnage cornu pourrait simplement représenter un Puissant sans aucune connotation « religieuse »).  

         Parmi les récipients utilitaires, trois types peuvent être considérés comme des classiques harappéens : le support d’offrandes, (- Et rebelote ! Ça continu! À genoux tout le monde!).  La faisselle (Récipient parsemé de trous pour faire égoutter le fromage).  – (Tiens !  Tiens !  La voilà l’histoire de la grand-mère avec son récipient percé pour faire du fromage !  Merci Grand-mère de nous faire éviter les génuflexions !) Et le gobelet de l’Indus.

         Le premier est un plat sur pied, de hauteur et d’épaisseur variables, que les archéologues appellent «offering stand», ou «compotier» (-il n’y a pas de dieux dans cette civilisation; alors je vote pour le plat à faire de la compote !). 

        Le deuxième est un récipient approximativement cylindrique, légèrement renflé à la base; celui-ci est plat et percée en son centre.  Les parois, à l’exception de la partie supérieure proche de l’ouverture, portent des perforations.  Cet objet pourrait, selon certains archéologues, être une faisselle.

        Enfin, le «gobelet», qui paraît d’usage aussi incertain; est un vase ovoïde à panse pointue qu’on trouve surtout dans les niveaux moyens et tardifs des sites harappéens classiques.

         Les nombreuses statuettes féminines de Mohenjo-Daro et de Harappa sont généralement parées de colliers, de pendentifs, de bagues et de bracelets.  À ce niveau, l’artisanat harappéen repose sur une tradition remontant au néolithique. Le travail du coquillage marin, celui des pierres semi-précieuses (lapis-lazuli et turquoises) a été retrouvé à Mehrgarh dès le VIIe millénaire.

         Dernière note qui me semble importante : cette civilisation atteint son apogée vers 2 500 av.J.C. et disparaît complètement vers 1 750 av.J.C.; mais le début de cette civilisation, selon l’archéologie, recule dans le temps, jusqu’au VIIe millénaire av.J.C, au site de Mergahr.

        Cette civilisation hors de l’ordinaire sombre au début du IIe millénaire av.J.C, pour des raisons non encore élucidées pour disparaître complètement un peu plus tard.  Aucune des explications avancées n’apparaît convaincante.

          Par contre, un fait est assuré : son déclin coïncide avec l’époque du déclin sumérien où le dieu Mardouk acquière la prépondérance sur tous les autres dieux en Mésopotamie.  Elle coïncide également, à peu près, à la première période intermédiaire en Égypte.  Il semble donc qu’une vague d’influences déstabilisantes se répand partout dans le monde connu à cette époque; et la civilisation de l’Indus n’y a pas survécu.

         Un fait est très curieux, suivant l’étude de cette civilisation : Avez-vous remarqué que lorsque les archéologues ne peuvent tergiverser sur des dieux hypothétiques et des rois demi-dieux le compte rendu des découvertes devient extrêmement plus clair? 

        On devrait peut-être reprendre les études des Sumériens en laissant de côté leurs écrits jusqu’à ce que cette civilisation soit bien définie dans nos esprits.  Après seulement, pourrions-nous lire ce qu’ils racontent en tenant compte du vrai sens des mots qu’ils emploient et non en insérant nos concepts de dieux imaginaires.  Je serais curieux d’en voir le résultat; vraiment !

        En fait c’est ce que je fais à travers mes articles. Alors…

À suivre

                                                                                 Elie l’Artiste

5 pensées sur “L’énigme Égyptienne(21) La crème de la crème de l’objectivité!

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    29 octobre 2010 à 1 01 35 103510
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     »Ce qui signifie que tout le territoire du Golfe Persique, actuellement inondé, n’était probablement que des marécages.. »

    En effet, lorsqu’on glisse le curseur sur l’image de la région (Google Earth) nous constatons que le Golf est d’une profondeur variand entre -10m à -65m.

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    29 octobre 2010 à 1 01 45 104510
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     »cette civilisation atteint son apogée vers 2 500 av.J.C. et disparaît complètement vers 1 750 av.J.C. »

    Qu’est-ce qui s’est produit de majeur dans cette période? Cela coïncide avec l’éruption catastrophique de Santorini en mer Égée (1598 et 1650 < J.C.). Je pense particulièrement au cendres et nuages qui ont voyagés vers l'est pendant des dizaines d'années avant l'explosion finale. Une simple hypothèse. Qui sait ?

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      16 novembre 2010 à 8 08 43 114311
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      Effectivement, il y a eu un nuage de cendre produit pas l’éruption du volcan à Santorini; mais il y a eu également un autre nuage provoqué par la destruction de Sodome. Nuage rapporté par Abraham dans la Bible.

      Reste à se demander combien de fois les hommes ont-ils vu ce genre de nuage auparavant, pour pouvoir appuyer la position de ceux qui affirme que ces « rapports » sont des élucubrations imaginaires.

      Amicalement

      André Lefebvre

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        14 janvier 2014 à 16 04 25 01251
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        Euh 1650 av J.C. est plus « jeune » que 1750 av J.C.

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