L’enseignement espagnol

La bataille d’Espagne n’est pas encore gagnée car un second front s’ouvre du côté des Régions qui subissent une escalade du coût de financement de leurs dettes. C’est ainsi que la Catalogne – qui représente un cinquième du P.I.B. du pays – a subi une multiplication par trois de la charge de sa dette depuis le début de cette année et a dû se résoudre à fermer son marché obligataire public… Elle est aujourd’hui endettée à 10 ans à un taux de 5.5%, prix également payé par le Pérou à titre indicatif. La Galicie ayant quant à elle remis sine die le paiement de tout intérêt au Gouvernement central de Madrid … suivie par la région Madrilène qui a annulé une levée de fonds publique sur les marchés. Pourtant, les régions d’Espagne – qui se sont endettées tous azimut préalablement à la crise – sont un des fondements qui permettront à Madrid de résorber son déficit budgétaire afin d’alléger la charge de la dette de la nation. Elles assument en effet la responsabilité de dépenses deux fois plus importantes que celles de l’Etat et emploient plus de la moitié des fonctionnaires du pays.   

En fait, l’endettement global des régions espagnoles a progressé de 5.5% du P.I.B. national en 2007 à 9% aujourd’hui dans une conjoncture où le Gouvernement s’est engagé – sans que l’on ne sache comment il y parviendra – à réduire le déficit budgétaire de 11.2% du P.I.B. en 2009 à 6% en 2011! Au demeurant, le F.M.I. – qui prédit par ailleurs une croissance espagnole de 1.7% en 2012 et de 1.9% pour les deux à trois années suivantes – prend au mot le Gouvernement espagnol car base ses calculs et estimations sur un déficit budgétaire effectivement remis sur les rails autour des 5% dès 2012…   

En réalité, tant le Gouvernement espagnol que le F.M.I. misent sur un retour au « business as usual » dès la fin de cette année: Autrement dit, selon eux, le monde de 2011 sera – comme celui d’avant 2008 – un monde où les nations à excédents (Allemagne, Chine, Japon) continueront à réinvestir leurs surplus en capitaux dans certains pays et dans certains marchés rentables au risque d’y provoquer une ou de multiples bulles spéculatives. Rien n’aura été appris de ces trois années de crise, les déséquilibres structurels resteront immuables et certains pays (Espagne, USA) recommenceront à dépenser et à s’endetter sans compter… 

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