Les 16 « disjonctés » de Maisonneuve

Je disais, dans ma dernière brève, que les injonctions comme celle accordée par le Juge Dumas pour forcer la porte des institutions d’enseignements nous permettraient peut-être au moins de cerner ce qui constitue un « enseignement normal »,  Nous avons depuis ce matin in élément de réponse.  Ce matin jeudi, au Cegep de Maisonneuve, les 16 réquérants auxquels un juge avait accordé une injonction on été admis à leurs classes. 77 enseignants ont été affectés à la tâche de leur donner des cours

Avec un ratio d’encadrement de 4,81 enseignants par élève, on peut penser que leur formation sera de haute qualité. On peut se demander, toutefois, si cette solution correspond bien à l’enseignement normal auquel faisait allusion le Juge Dumas de Sherbrooke.

Si oui, il faudrait en tirer des conséquences importantes pour le système d’éducation, lequel devrait peut-etre évoluer vers une forme de préceptorat. Une évolution qui convergerait avec la baisse des effectifs qu’on peut attendre d’une hausse brutales des frais de scolarité.

Si, non, ne faudrait-il pas se demander si le geste posé par le Cegep de Maisonneuve  n’est pas une provocation, pour prouver par l’absurde qu’il est dérisoire de vouloir faire donner des cours dans un immeuble en état de siège par des professeurs qui ne veulent pas en donner ?

Cette deuxième hypothèse semble renforcée par la déclaration de l’une des requérantes, qui s’est présentée à la télévision cet après midi pour dénoncer l’attitude réticente de certains professeurs dont l’un se serait référé aux requérants en parlant des « 16 disjonctés de Maisonneuve ».

Il faudrait aller aux fonds des choses. Si un professeur à vraiment prononcé ces paroles, en a-t-il mesuré la portée ?   Comprend-il qu’il a désigné ainsi à l’opprobre, et peut être à la vindicte permanente de leur milieu et de toute la population, un tout petit groupe  d’individus dont seul l’avenir dira s’ils ont été des héros ou des traitres, mais dont il est certains qu’ils sont ainsi irrémédiablement projetés sur la ligne de front d’un conflit dont tout risque de violence n’est pas exclu ?

Ce professeur n’a-t-il pas contrevenu à l’esprit, sinon à la lettre de l’injonction ?   Le juge qui a émis cette injonction ne devrait-il pas voir ça de plus près ? Car c’est en allant au bout des conséquences de ce qu’il a dit et fait que chacun, étudiant, professeur, juge ou Premier Ministre peut devenir de plus en plus prudent, de plus en plus sage.

 

Pierre JC Allard

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