Les agences de notation ou les précieuses ridicules

Ces dernières semaines, la rumeur a de nouveau enflé quant à une probable dégradation de la notation américaine, actuellement au maximum soit AAA, de la part de Moody’s et de Standard & Poor’s. Ces dernières ont en effet émis leur pollution usuelle, mettant les autorités US en garde contre les endettements records du pays qui atteignent quelque 15’000 milliards de dollars… S’il est absolument légitime de s’inquiéter sur les conséquences à long terme de ces déficits américains colossaux, il serait tout aussi utile de se demander ce qui fait qu’une quelconque attention soit encore accordée aux agences de notation? Il est certes acquis que les marchés financiers ont la mémoire extrêmement courte mais comment oublier l’erreur phénoménale – voire criminelle – de ces agences ayant maintenu jusqu’en 2007 leur notation AAA à des titres subprimes qui se sont en fait avérés pourris?

Et comment tolérer l’inconséquence – voire l’arrogance – de ces institutions qui, sommées par la suite en justice afin de rendre compte de leurs manquements, se sont réfugiées derrière le côté aléatoire de l’opinion rendue. Autrement dit : que les investisseurs prennent leurs responsabilités et assument seuls leurs pertes car, selon Moody’s et de Standard & Poor’s, les notations affublées ne représentaient qu’une opinion et nul ne saurait être coupable pour avoir simplement exprimé ses opinions … n’est-ce pas?  N’attendons pas plus une quelconque transparence de leur part permettant de dévoiler les formules magiques de leurs équations hautement sophistiquées qui aboutissent néanmoins à des notations hyper politisées. Comment comprendre que les USA – ou même que la France – puissent ainsi conserver leur AAA si ce n’est pas une volonté délibérée de triturer ces équations appelées à produire le résultat voulu?

Ne prenons donc plus au sérieux ces agences qui tirent très honorablement leur épingle d’un jeu financier dont elles sont pourtant partie intégrante. Et ne soyons plus impressionnés par leurs faux airs de respectabilité car elles ne font qu’évoluer dans un gigantesque casino planétaire – les marchés financiers – où elles semblent gagner à tous les coups. A mes yeux, la nouvelle agence de notation chinoise, Dagong Global Credit Rating Co., est bien plus crédible que nos agences Occidentales ayant complètement raté la plus importante débâcle financière en un siècle. La Dadong n’a-t-elle pas réduit il y déja plusieurs mois la notation américaine?

Initialement créés afin de jouer les arbitres – donc de faire preuve d’impartialité et de neutralité – entre le vendeur et l’acheteur d’un titre, ces agences ont lamentablement échoué dans cette mission d’utilité publique tout en s’arrogeant un pouvoir considérable sur nos niveaux de vie. Ce pouvoir, qui leur est volontiers consenti par nos responsables économiques et politiques, leur permet ainsi d’enfoncer une économie et ses citoyens dans une spirale incontrôlable en cas de verdict défavorable.

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