Les Béatitudes 2010

***

Heureux les riches en esprit, car seul celui qui comprend la nature et la loi des choses peut s’en servir à son profit.

Heureux ceux qui sont forts, car ils posséderont la terre!

Heureux ceux qui ont énergie et ambition, car ils obtiendront le Succès.

Heureux ceux qui sont sans pitié ni compassion, car ils n’auront pas à dépendre de la pitié, ni de la compassion des autres;

Heureux ceux qui ont l’astuce de vaincre, car ils auront le pouvoir et la richesse.

Heureux ceux qui procurent défis, émulation et concurrence à leur prochain, car ils seront appelés “les outils du Progrès”.

Heureux ceux qui lutteront avec opiniâtreté pour devenir les meilleurs, car ils y parviendront.

Vous qui êtes riches, forts, intelligents, vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus alors qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes. Ne renoncez donc jamais à vaincre et à dominer, car alors il en serait fait de vous.

Vous êtes, les maîtres, l’élite, la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau; on la met sur le chandelier et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient votre supériorité et qu’ils glorifient en vous l’oeuvre du Créateur

Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Loi et changer l’ordre naturel des choses; car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point et jusqu’à la fin des temps, il ne disparaîtra pas un seul iota des lois de la nature. Je ne suis pas venu pour les abolir, mais pour qu’elles s’accomplissent.

Accomplissez la Loi de la nature, qui est que le fort se nourrisse et grandisse de la substance du faible. Car, je vous le dis, si votre intelligence et votre détermination ne surpassent celle des prêcheurs de morales et des faiseurs de bonnes oeuvres vous ne parviendrez pas au Succès.

Il a été dit aux anciens: “Tu ne tueras point “. Moi, je vous dis: si tu as un adversaire, débarasse-t-en promptement, avant qu’il n’en fasse de même avec toi; car personne ne sort d’un différend avant qu’il n’en ait payé la dernière obole ou que son ennemi n’ait été abattu. Et ne croyez pas que votre ennemi ait été abattu simplement parce qu’il a trébuché, mais tenez-le pour vaincu seulement lorsque ses cendres auront été dispersées par le vent.

Je vous le dis en vérité, quiconque laisse vivre son ennemi ou son rival le regrettera; quiconque laisse vivre celui qui n’a pas la force de vivre et de grandir mérite d’être puni par le destin; celui qui retarde la victoire des êtres supérieurs mérite d’être relégué au rang des êtres inférieurs et celui qui met en péril le triomphe de la force doit être condamné pour toujours à rejoindre le troupeau des faibles.

Si donc tu es à sauver la vie de ton frère et que t’apparaisse l’occasion qui te rendra plus vite plus riche et plus fort, laisse là ton frère et va d’abord faire ce qui te sera le plus profitable, puis reviens, s’il en est encore temps, terminer ce que tu avais entrepris auprès de ton frère. Car la vie de ton frère peut aider à ton Succès, mais n’en est pas assurément le gage et il se peut que tu aies mieux à faire.

Il a été dit: “Tu ne commettras point d’adultère”. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde son prochain avec tendresse a déjà commis un adultère en son coeur, se rendant vulnérable à l’émotion, à la compassion et à la déraison. Si ton coeur est pour toi une occasion de faiblesse, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est mieux pour toi de parvenir sans coeur au Succès que d’en rester à jamais privé. Et si quelqu’attachement est pour toi une occasion de faiblesse, mets-y fin sans tarder; car il vaut mieux pour toi d’arriver au Succès seul que de périr en restant attaché à ceux qui n’y parviendront pas.

Il a été dit: “Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce”. Mais moi, je vous dis: ne prenez jamais d’engagements que vous ne pourrez répudier sans dommage et ne donnez de lettre à personne. Il a été dit aux anciens: “Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment”. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement; ni par le ciel, ni par la terre, ni par Jérusalem qui est la ville de David. Que votre parole soit “peut-être”, et que même cela soit dit sans témoins, car un oui comme un non risque de vous causer des ennuis et de mettre en péril votre Succès.

Vous avez appris qu’il a été dit: “oeil pour oeil, et dent pour dent”. Mais moi, je vous dis: crevez le premier tout oeil qui est mal gardé, car le borgne vous fera moins de mal que celui qui a deux yeux et l’aveugle ne vous en fera aucun. Vous serez alors en paix, car il n’est plus nécessaire de résister à celui qui ne peut plus être méchant.

Si quelqu’un t’a frappé sur la joue droite, gifle toi-même ta joue gauche pour t’apprendre à être prudent. Si quelqu’un veut plaider contre toi, vois s’il n’est pas un juge qui te donnera raison, ou un terrain plus propice où lui livrer combat. Si quelqu’un veut prendre ta tunique, vois si, ce faisant, il ne s’est pas mis en position de faiblesse et si tu ne peux pas lui arracher sa tunique et aussi son manteau.

Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-lui en faire ou payer deux à la première occasion. Demande aussitôt en retour à celui qui te demande, car c’est l’heure propice à laquelle il exaucera ta demande; ne te détourne pas non plus de celui qui veut emprunter de toi, car c’est le moment de le tenir en ton pouvoir.

Il a été dit: “Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi”. Mais moi, je vous dis: n’aimez personne. Traitez vos amis comme s’ils pouvaient devenir vos ennemis. Car voyez le lion repu et la gazelle qui se côtoient au point d’eau, mais le lion, demain, aura faim à nouveau.

Remerciez le Créateur pour ceux qui vous maudissent, car ils ont ainsi la faiblesse de la franchise et il y a un profit à tirer de ceux qui avouent vous haïr; bénissez aussi ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, car ils avivent en vous la force d’être impitoyables.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel avantage en retirerez-vous ? Les plus gueux d’entre vous n’en font-ils pas autant? Et si vous aidez ceux qui vous aident, que faites-vous d’extraordinaire? Les pauvres et les misérables aussi n’agissent-ils pas de même? Mais n’aimez et n’aidez personne, ni même qui vous aime ou qui vous aide, mais profitez de chacun jusqu’à la limite de sa bienveillance; ainsi vous serez dignes d’atteindre au Succès.

Voyez l’agneau qui sert de pâture au loup. Et le petit poisson n’est-il pas aussi la pâture de celui plus gros qui le dévore? La force se repaît de la faiblesse et toute vie ne vit que de la vie qu’elle détruit en la consommant. Soyez donc parfaitement implacables, comme est implacable la Loi de la Nature.

Gardez-vous de chercher la réussite aux yeux des hommes en négligeant le vrai pouvoir, lequel est souvent caché. Ne vous laissez pas entraîner à placer votre argent sans égard à ce qu’il rapportera, pour la vaine gloriole de l’annoncer en sonnant de la trompette dans les synagogues et dans les rues. Je vous le dis en vérité, ceux qui agissent ainsi ont déjà retiré de leur vanité leur profit et n’en retireront pas d’autre. Quand tu transiges une affaire ou investis, fais plutôt que seule ta main gauche sache ce que fait ta droite et que ton placement se fasse en secret, dans un endroit discret et porte close; c’est ainsi que le Succès viendra à toi.

Ne pensez pas qu’en accordant de nouveaux avantages on puisse faire oublier les injures passées. Dans votre marche vers le Succès, ne pardonnez donc rien à personne car nul ne vous pardonnera quoi que ce soit et la nature elle-même encore moins que quiconque.

Si les événements font que la richesse vous manque, ne prenez pas un air triste, comme les faibles qui montrent un visage défait, pour inspirer la pitié. Parfumez alors plutôt votre tête et lavez votre  visage, afin de ne pas montrer aux hommes que vous jeûnez; ainsi ils vous garderont toute leur estime et le sort vous redeviendra favorable.

N’amassez pas des trésors tangibles que l’on peut détruire et que les voleurs dérobent, mais amassez-vous des trésors intangibles, virtuels, que la teigne et la rouille ne détruisent point et là où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi est ta force. Ta fortune est la lampe qui éclaire ta personnalité. Si ta fortune est considérable, toute ta personnalité en est mise en lumière, mais si tu es pauvre tu seras dans les ténèbres.

Nul ne peut servir deux maîtres. Vous ne pouvez servir la faiblesse et la force. C’est pourquoi je vous dis: ne vous inquiétez pas des illusions des prêtres et des poètes, mais de votre vie, de ce que vous mangerez et de ce dont vous serez vêtus.

Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent et ils n’amassent rien dans des greniers; il en est donc peut qui survivent à l’hiver. Ne valez-vous pas mieux qu’eux?  En vérité, je vous le dis, celui qui ne travaille ni ne file ne sera pas vêtu comme Salomon dans sa gloire, mais ira nu.

Cherchez la fortune et le Succès et le reste vous sera donné par surcroît. Mais cherchez dès aujourd’hui, car demain n’aura soin de lui-même que si la veille vous vous êtes donné la peine d’y pourvoir.

Évaluez votre prochain sans complaisance, car il vous jugera de la même façon. Mais ne dites pas: “Frère, laisse-moi ôter une paille de ton oeil”, car ce n’est pas l’oeil de votre frère qui vous permet de mieux voir. Veillez d’abord à ce qu’il n’y ait pas en vous de faiblesse et votre frère en fera autant ou périra. .

Demandez avec assurance et l’on vous donnera; cherchez avec perspicacité et vous trouverez; frappez avec force et l’on vous ouvrira. Car lequel de vous refusera de donner ou d’ouvrir à plus fort que lui? Et qui peut si bien cacher que nul ne trouvera? Tout ce que vous savez que vous accepteriez de céder à la force, sachez que les autres vous le céderont également, si vous avec cette force. Car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la pauvreté – et il y en a beaucoup qui entrent par là – mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène au Succès et peu s’y engagent. Entrez par la porte étroite.

Gardez-vous des moralisateurs et des prêcheurs de vertu, car ils vous prendront ce que vous avez par la ruse plutôt que la force et, si vous avez une excuse pour céder devant la force, vous n’en avez pas pour être naïfs devant ces gens. Jugez-les aux fruits qu’ils offrent; car cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? Celui qui offre le dénuement vous mènera-t-il à la richesse? Celui qui offre le renoncement vous conduira-t-il au Succès? Celui qui porte le cilice et parle de sacrifice vous enseignera-t-il le chemin du bonheur et de la joie?

Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits doit être coupé et jeté au feu. Les prophètes qui disent: “Seigneur, Seigneur!” ne vous apporteront rien. Ceux-là seuls qui comprennent la faiblesse humaine atteindront le Succès, le bonheur et la joie.

Ceux qui ayant écouté ces paroles hocheront la tête béatement et retourneront à leurs errements antérieurs n’atteindront pas le Succès. Qu’ils ne croient pas faire de miracles en mon nom. Ceux-la atteindront le Succès qui s’astreignent à comprendre le miracle permanent qu’est la Vie. C’est pourquoi quiconque entend ces paroles et les met en pratique est semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison, mais elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc: l’égoisme de l’être humain.

Pierre JC Allard

12 pensées sur “Les Béatitudes 2010

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    31 mai 2010 à 0 12 35 05355
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    Vous décrivez au début de votre texte quelqu’un de fort, indépendant, intelligent, une personne d’idée et de réalisation:
    «Heureux ceux qui sont forts, car ils posséderont la terre!». «Heureux ceux qui sont forts, car ils posséderont la terre!» Etc.

    Mais par la suite, ce que vous décrivez est un être immoral: quelqu’un qui cherche à se réaliser au dépends des autres, quelqu’un qui cherche le pouvoir sur les autres pour se définir, etc.

    L’erreur que vous faites est de laisser croire que toute personne remplissant les critères décrits au début du texte est nécessairement un dépravé moral , un animal (un vampire?) se nourrissant de la vie des autres humains.

    Tout ceci a pour effet d’associer « réussite, ambition, défit, succès, etc» avec ce que vous appelez l’égoisme et donc le mal. C’est comme si vous disiez: vouloir réussir, c’est de l’égoisme.

    Mais (et je penses que vous le savez…) cette association est fausse.
    Il est possible d’avoir des ambitions dans la vie autre que de piler sur les autres humains. Il est possible de réussir dans la vie sans que ce soit en profitant des autres. Il est possible d’être fort sans vouloir le prouver à tous en les battants. etc.

    Tout est question de valeurs.

    Vous dénoncez (par le sarcasme) l’égoïsme humain. Mais vous faites l’erreur d’y inclure l’individualisme. Comme si tout humain ayant comme valeur son bien être le faisait au détriment des autres.

    L’égoïste ne respecte pas les autres, il les utilisent pour se définir, pour survivre.

    L’individualiste ne dépend pas des autres (et n’aime pas que les autres dépendent de lui…).
    L’individualiste ne méprise pas l’humain, bien au contraire, il déteste cette caste de manipulateurs d’un coté et de sangsues de l’autre. Il méprise ces gens qui d’un coté pilent sur les autres pour se réaliser, et de l’autre parasitent pour ne pas avoir à se réaliser….

    Et le pire dans tout ceci est lorsque l’on comprends la source de ce problème: le collectivisme. Ceci devient alors très ironique…
    Pourquoi le collectivisme ? Et bien, à force de se définir non pas comme un individu à part entière, devant se réaliser lui-même, mais plutôt comme un simple pion dans une mare collective, qu’avons nous comme valeurs ?
    Pour se sentir quelqu’un dans cette mare, ( car l’estime de soi est une des valeurs les plus importante de l’humain ), il faut alors piler sur l’autre. Dans un monde collectif, on ne cherche plus à se définir soit même mais bien en fonction de l’autre. Et cet autre est donc l’ennemi à avaler, à contrôler pour se sentir quelqu’un…

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    31 mai 2010 à 19 07 07 05075
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    @ François J

    Vous comprenez que cet article est parodique. Il reprend presque terme à terme le Sermon sur la Montagne du Christ, dont le début est connu dans la chrétienté comme « Les béatitudes ».

    Le discours du Christ défend les pauvres et les faibles contre les riches et les puissants. J’inverse ce discours dans le sens qui me semble celui de la philosophie qui prévaut aujourd’hui et je souligne que la Nature semble bien du côté des forts…

    Je n’en fait ni une apologie ni une critique; je montre la totale divergence avec les valeurs christiques. Apres, à chacun d’en prendre et d’en laisser selon sa propre conscience.

    PJCA

    PS: si vous lisez tout le livre, qui est tout aussi parodique, vous y prendrez peut-etre plaisir. On peut le décharger gratuitement à l’adresse ci-dessous.

    http://manuscritdepot.com/a.pierre-jc-allard.1.htm

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    1 juin 2010 à 1 01 01 06016
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    @Pierre,
    Je ne sais si je vous l’ai dit…Mais j’ai adoré.
    C’est comme un bas viré à l’envers… On y voit les coutures du mal…
    Délicieux!
    Mais ce n’est pas tout le monde qui peut saisir l’art de la parodie.
    J’ai fait la même chose avec LE PROPHÈTE de Khalil Gibran :

    Puis un maître dit, Parle-nous de l’Enseignement.

    Il répondit :

    Que les écoles soient une usine à diplômes. C’est la nouvelle chaîne de Ford de la mondialisation.

    Car pour le marché mondial on ne vous demandera pas la profondeur de votre savoir, on demandera quels sont les habiletés des gens de votre peuple.

    Et vous êtes les fourmis de l’État. Vous devez être construit pour le bien de L’État. Fourmi rouge ou fourmi noire, peut importe. La sueur n’a pas de couleur.

    On fera de Jean un cuisinier ou de Paul un qui saura créer un toaster qui terminera sa vie à la millième toast. Et vous jetterez le toaster. Et quand tout le monde jettera son toaster il y aura quelqu’un pour l’enfuir. Dix ans plus tard, il y aura un type et bien des avocats pour dépoluer le réservoir à toasters.

    Tout doit mourir. Et s’il le faut, décidons quand.

    L’étudiant sait-il ce qu’il apprend? Ce qui est bon pour tout le monde est bon pour vous.

    Ne vous acharnez pas à penser. Laissez-vous penser. Et quand on ornera vos bureaux d’un titre, vous vous direz : j’ai raison, je suis bien, je viens dans un château, je conduis une voiture construite là où j’aimerais aller. Mais c’est si loin que je dois prendre l’avion.

    Enseignez que dans le sommeil des cerveaux endormis personne ne pourra distinguer savoir et sagesse.

    Qui a besoin de sagesse?

    La vache sait-elle qu’elle appartient à un troupeau? Si elle le savait, donnerait-elle tout son lait?

    L’enseignant apprend à ses étudiants à vendre le lait plus cher que la vache.

    La vache s’en plaint-elle?

    Garder une vache pour se nourrir est bien, mais engager quelqu’un pour traire mille vaches est mieux.

    L’enseignant dira : vous dormez mal? Vos draps sont-ils adéquats?

    L’enseignant dira : vous dormez mal?

    Qui a dit que seulement les voitures pouvaient être construites en chaîne?

    En vérité, celui qui sait enseigner sait combien de vaches, de dindes et d’avocats, de cuisiniers, de vendeurs d’assurance et de comptables sont nécessaires à L’État.

    On vous fera suer comme les fleurs aux matins de rosée. Et c’est bien ainsi. La lavette tordue est celle qui termine le lavage de l’assiette.

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    3 juin 2010 à 0 12 22 06226
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    «Vous comprenez que cet article est parodique»
    Heu.. oui, j’avais compris… 🙂

    «Mais j’ai adoré. C’est comme un bas viré à l’envers… On y voit les coutures du mal… Mais ce n’est pas tout le monde qui peut saisir l’art de la parodie.» (Gaetan Pelletier)
    «L’art de la parodie» hein ? Cheap shot…
    Le Christ a dit: heureux les pauvres car… Ce qui est bien naif à mon avis.
    M. Allard inverse le tout pour dire heureux les riches car…

    Le point n’est pas de saisir l’art de la parodie ici. Le point est que ni d’un sens, ni de l’autre suis-je d’accord.

    En disant que «l’art de la parodie n’est pas donnée à tous», vous critiquez mais évitez de critiquer mon opinion.

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    3 juin 2010 à 9 09 06 06066
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    @ GP:

    Si vous voulez faire un pas de plus dans le cynisme, vous pouvez aussi rentabiliser KG dans le débat sur l’avortement: « Vos enfants ne sont pas vos enfants, ce sont des cellules souches qui ont mal compris l’appel de la vie à la vie… »

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    3 juin 2010 à 9 09 23 06236
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    @ François J.

     » Le point est que ni d’un sens, ni de l’autre suis-je d’accord…  »

    Bon… Mais il est où, alors, le bonheur ?

    « Comme si tout humain ayant comme valeur son bien être le faisait au détriment des autres ».

    Pour vous qui croyez au marché – comme moi, d’ailleurs – n’est-il pas évident qu’aussi longtemps que la demande pour les biens matériels excède l’offre, la vie est bien en effet un jeu à somme nulle ( Zero-sum game) ?

    pjca

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    4 juin 2010 à 23 11 05 06056
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    «la vie est bien en effet un jeu à somme nulle».
    Je ne peux qu’être en désaccord avec ceci.
    Autant au niveau social qu’économique, il n’y a pas de somme-nulle.

    Au niveau social, pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que tout bonheur, avantage social se doive de l’être au détriment des autres. Ce n’est pas le cas.
    Certains utilisent cet argument pour dénigrer les sociétés capitalistes en leur mettant sur le dos les autres sociétés plus pauvres. Plusieurs pensent sincèrement que le capitalisme se nourrit en volant aux autres.
    Mais tout ceci est bien faux. Ces gens ne font tout simplement pas la différence entre le capitalisme et les fraudeurs, ce qu’ils auraient avantage à approfondir un peu.

    Au niveau économique, premièrement, je penses que jamais l’offre n’excèdera la demande. L’humain n’est pas un animal statique, il évolue constamment, s’adapte constamment. La demande sera toujours à l’avant. (Et c’est tant mieux car le jour où l’offre est au delà de la demande, ce sera parce que la société est en déclin. ).

    L’économie de marché n’est jamais un zero-sum.
    Si vous allez dans une épicerie et achetez (librement ) un sac de chips à 2$, c’est que vous considérez que ce sac est une meilleure valeur pour vous que le 2$ autrement vous l’auriez conservé. Idem pour le marchant, celui-ci trouve un avantage à céder son sac de chip en échange du 2$. Dans tout échange libre comme celui-ci, il n’y a aucun perdant. Les deux partis en sortent plus satisfait et la société s’en trouve enrichie. ( Dans une proportion infiniment petite évidemment ).

    «Bon… Mais il est où, alors, le bonheur ?»
    Toute une question.
    Je vais m’essayer avec ma réponse. Mais comme ceci est trop gros pour mettre dans un commentaire, je vais en faire un article…

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      5 juin 2010 à 4 04 55 06556
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      @ François J

      1. Que quiconque consomme ce qui est produit n’augmente ni ne diminue la production. Il faut se la partager. C’est bien la définition même d »un jeu à somme nulle.

      2. J’ai bien dit:  » aussi longtemps que la demande pour les biens matériels excède l’offre ». Vous me répondez : « je pense que jamais l’offre n’excèdera la demande « . Je prend acte.

      3. Je suis favorable à une économie de marché – avec certaines balises – car « on ne fait pas tort à celui qui consent  » et je suis pour la liberté. Mais si celui qui consent est soumis a une contrainte, serait-ce celle de la nécessité, sa décision n’est pas libre et, OBJECTIVEMENT il y a toujours quelqu’un qui pagne plus dans une transaction négociée. Je ne suis pas opposé à cette approche, elle est celle qui dynamise le processus, mais on ne la défend bien que si on la voit clairement et qu’on ne cherche pas à en dissimuler la nature.

      PJCA

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    5 juin 2010 à 5 05 07 06076
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    @ François J

    1. Que quiconque consomme ce qui est produit, celà n’augmente ni ne diminue la production. Il faut se la partager. C’est bien la définition même d »un jeu à somme nulle.

    2. J’ai bien dit:  » aussi longtemps que la demande pour les biens matériels excède l’offre ». Vous me répondez : « je pense que jamais l’offre n’excèdera la demande « . Je prend acte.

    3. OBJECTIVEMENT il y a toujours quelqu’un qui pagne plus dans une transaction négociée. Je ne suis pas opposé à cette approche, elle est celle qui dynamise le processus. Je suis favorable à une économie de marché, car « on ne fait pas tort à celui qui consent  » et je suis pour la liberté.

    4. Oui au marché, mais avec certaines balises, car si celui qui consent est soumis a une contrainte, serait-ce celle de la nécessité, sa décision n’est pas libre.

    On ne défend bien l’entrepreneuriat que si on en voit clairement la nature et qu’on ne cherche pas à en dissimuler les inconvénients et donc les limites.

    PJCA

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    5 juin 2010 à 23 11 43 06436
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    «4. Oui au marché, mais avec certaines balises, car si celui qui consent est soumis a une contrainte, serait-ce celle de la nécessité, sa décision n’est pas libre.
    On ne défend bien l’entrepreneuriat que si on en voit clairement la nature et qu’on ne cherche pas à en dissimuler les inconvénients et donc les limites.»

    Ce point est intéressant car il est celui pour lequel beaucoup de gens sont en désaccords avec la loi du marché.
    Que ce soit pour se nourrir, pour faire garder ses enfants pour aller travailler, ou à un niveau différent, pour payer ses employés, acheter de la machinerie, etc, nous faisons continuellement des transactions que la nécessité nous contraint de faire.
    De mettre un principe tel que la contrainte à un produit ou un service dans le marché est d’ouvrir la porte toute grande à l’injustice.
    C’est dire que le besoin de l’un doit être comblé au dépend de l’autre.

    Je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment qu’il y a injustice dans le marché. Au contraire, celui-ci est d’une justice des plus cruelle.
    Le marché récompense ceux qui offrent à bon prix ce que les gens désirent. Le marché n’a pas de pitié et l’histoire nous démontre qu’il ne doit pas en avoir pour rester juste.

    La «pitié» dans notre monde se fait via l’aide aux plus démunis. Cette façon de procéder est une des plus juste: chacun paye une part selon son revenu pour aider les autres, ceux qui n’ont pas de revenus. Mais toute intervention devrait s’arrêter là.
    De commencer à manipuler le marché pour favoriser certains au détriment des autres, selon leur nécessités, c’est la porte ouverte à l’injustice.

    C’est avec de tel principes qu’on en vient à notre société actuelle ou tant d’efforts sont mis par tant de gens non pas pour produire, non pas pour offrir un meilleur service à un meilleur cout mais plutôt pour tirer la couverture de son coté, pour inciter le gouvernement à manipuler le marché en sa faveur….

    Tout cela commence innocemment, par exemple en voulant qu’une catégorie de gens n’ait pas à payer 2$ pour un sac de chip (…), et on fini toujours avec ce que nous avons comme société présentement. Un société où tout le monde regarde le cout des choses sous un angle moral…

    «1. Que quiconque consomme ce qui est produit, celà n’augmente ni ne diminue la production. Il faut se la partager. C’est bien la définition même d »un jeu à somme nulle.»
    Ce n’est pas au niveau de la consommation qu’il faut regarder ceci. C’est au niveau de la production. La demande fait que de plus en plus de «morceaux de gâteau» seront disponible lorsque l’offre s’adaptera. L’innovation fait que ceux-ci coutent de moins en moins cher à produire et donc à «manger».
    Il n’y a «somme nulle» que si l’on regarde de façon statique un moment de l’économie.

    Evidemment que les plus nantis auront les premiers morceaux de gâteau mais ce n’est pas la même chose que de dire que ceux-ci y ont droit au détriment des autres.

    Ce qu’a démontré la capitalisme justement est qu’il est possible de créer de la richesse. Pendant si longtemps, pour s’enrichir, il fallait conquérir son voisin et lui voler sa richesse. Des romains jusqu’au 18ieme siècle, ce fut la facon de faire.
    Le capitalisme a changé les choses et a démontré qu’il était bien plus facile de s’enrichir en créant sa propre richesse.
    Ce que le capitalisme a fait est de créer plein de gâteaux… 🙂

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    6 juin 2010 à 1 01 15 06156
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    @ François J

    « Chacun paye une part selon son revenu pour aider les autres, ceux qui n’ont pas de revenus. Mais toute intervention devrait s’arrêter là  »

    Dès que le principe est admis d’un assistance aux démunis, je suis essentiellement d’accord avec vous sur tout le reste ; je pourrais vous référer a une bonne douzaine d’articles de mon site qui élaborent sur les avantages de laisser alors les lois du marché s’appliquer.

    En voici un exemple.

    « Une Nouvelle Société a un préjugé favorable envers la liberté de choix de l’individu et souscrit au principe que rien n’oriente mieux globalement un système de production de biens et services que sa soumission à la demande effective et donc son fonctionnement selon les normes et critères d’une économie de marché.

    Quand une intervention est nécessaire pour rétablir un équilibre ou corriger une inéquité, on va donc tenter une action sur les variables « offre » et « demande » elles-mêmes, plutôt qu’en biaisant les mécanismes de leur interrelation. Dans cette perspective, c’est la péréquation directe qui est l’outil privilégié d’une Nouvelle Société. »

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/03/06/06-la-perequation-naturelle/

    Si vous amenez Minarchiste et Philippe David a accepter ce principe je pense que nous aurons l’embryon d’un front commun contre l’escroquerie des banquiers…

    Pierre JC Allard

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    7 juin 2010 à 0 12 11 06116
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    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dis…:)

    Je dis que je suis d’accord avec un BS de dernier recourt,que c’est un moindre mal, ceci n’a rien à voir avec le redistribution de la richesse.
    En fait, même ces programmes tel l’assurance emploi devraient être privatisés. L’allocation familiale devrait être abolie, simplement combinée avec ce qui est le BS présentement.

    Je ne crois pas en aucune redistribution de richesse. Et même pas pour des principes économiques mais bien pour des principes moraux.
    Redistribuer implique toujours qu’il y a un perdant. Et celui-ci doit alors être la bête de sacrifice pour les autres qui vivent au dépend de sa réussite.

    Le bien être de la collectivité est un souhait, un objectif noble. Mais jamais au grand jamais est-ce que cet objectif ne doit être mis en avant de la justice de l’individu.
    Une société permettant de voler au nom de la collectivité ( quel que soit la façon qu’est décrite ce vol: participation aux profits, justice sociale, etc ) est une société ou tout le monde se déteste. Vous détestez le voisin de gauche car il a droit à une part de votre gain et vous détestez le voisin de droite car vous considérez avoir droit à une part de son avoir….

    Le marché est tout sauf équitable, mais il est tout le temps juste. (Lorsque celui-ci n’est pas manipulé). Toute redistribution est donc par définition injuste car elle implique une injustice envers celui qui est «redistribué».

    Pour terminer, non, je n’ai pas vraiment de problèmes avec les banquiers. S’attaquer aux banquiers est pour moi la même chose que si l’on s’attaquait aux «pound-shop» pour contrôler la criminalité.
    Le vrai escroc est sorti par la porte de derrière.
    Et revient devant en noble combattant de la justice, prononcer un discours dénonçant l’avarice des banquiers…

    Les banquiers dans tout ceci ne sont que des grenouilles qui font «meeuuu».

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