Les Bourgeois de Palais

Devant la crise qui perdure et s’aggrave, on s’active à l’Elysée pour faire comprendre aux français qu’ils vont devoir vider des poches déjà vides.

Alors, dans une subtile opération de « com », 16 nantis font savoir qu’ils désirent payer plus d’impôts.

Mais qui est dupe ?

C’est un scénario à 2 faces : d’abord l’annonce de ces riches qui sont prêts à se « sacrifier » demandant à être plus imposés, et puis l’annonce gouvernementale du 24 aout 2011 qui propose des taxes pour « sauver la France  ». lien

Le détail de ce plan est sur ce lien.

Comme l’écrit Laurent Mauduit dans « médiapart  » : « loufoque et incohérent, truffé d’habiletés ou d’hypocrisie pour abuser l’opinion, économiquement dangereux et socialement inquiétant, il cumule tous les défauts à la fois ».

De Liliane Bettencourt à Louis Schweitzer en passant par Franck Riboud, et Jean Peyrelevade, ils se plaignent de ne pas payer assez d’impôts, et cette apparente généreuse proposition cache une subtile opération de communication. lien

Car à tout prendre, on se souvient qu’il n’y pas si longtemps, ces mêmes nantis menaçaient de partir à l’étranger si on menaçait leur bel argent.

Mais il n’est pas certain que les Français souhaitent faire payer les riches proportionnellement plus que les pauvres : ils demandent simplement qu’ils payent autant, car si on y regarde de plus près, les pauvres paient bien plus, proportionnellement, que les riches.

Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, ces économistes réputés, expliquent en détail ce curieux paradoxe dans leur récent livre « pour une révolution fiscale »(éditions du seuil) :

« En effet, si on prend l’impôt au sens large (TVA, CSG, cotisation sociales…) on se rend compte que les pauvres payent proportionnellement plus d’impôts que les riches.

50% des Français les plus modestes, ayant des salaires situés entre 1000 et 2 200 euros subissent un prélèvement moyen de 45%, et plus les ressources s’élèvent, plus ce prélèvement est modeste : il ne dépasse guère 35% pour les 0,1% de Français les plus riches.

Or l’impôt sur le revenu n’a plus vraiment de sens en France puisqu’il rapporte deux fois moins que la CSG, et plus de quatre fois moins que la masse des impôts indirects, dont la TVA ». lien

Or, on s’en souvient, l’autocrate présidentiel, dès qu’il est arrivé au pouvoir, s’est empressé de faire des cadeaux aux riches, multipliant les niches fiscales, et mettant en place le fameux « bouclier fiscal ».

Il avait promis de prendre des mesures pour punir les évadés fiscaux, il avait promis de moraliser le capitalisme, et les français attendent en vain que ces promesses soient suivies d’effets.

La réforme de l’ISF décidée le 13 avril 2011 par le gouvernement « n’est pas une suppression de celle-ci, mais au contraire un cadeau fiscal aux plus riches » ajoute Piketty. lien

Dans un article du monde du 25 aout 2011, Piketty enfonce le clou : «  la mesure visant à taxer de 3% les très hauts revenus me parait totalement absurde. Quelques mois après avoir perdu 2 milliards d’euros d’argent public au bénéfice des contribuables de l’impôt sur la fortune, pourquoi inventer une contribution de 3% pour récupérer 200 millions d’euros, soit dix fois moins que l’argent qu’on vient de dilapider ? » lien

Le 24 aout 2011, François Fillon annonçait donc une augmentation de différentes taxes, dont une sur les sodas avec le fallacieux prétexte de lutter contre l’obésité.

Une aussi sur le tabac, qui elle aussi devrait permettre aux accro de la cigarette d’en fumer moins et d’échapper à quelques cancers, mais l’on sait que ça ne change pas grand-chose sinon la baisse de son pouvoir d’achat.

La modeste taxe imposée aux riches ne représente que 200 millions d’euros, ce qui est maigrelet par rapport aux 12 milliards recherchés.

D’ailleurs les milliardaires sont si peu taxés en France qu’ils sont nombreux à y venir, immigration jamais pourchassée : notre pays accueillant 9% des millionnaires mondiaux, ce qui représente 2 millions de millionnaires, et place la France en 3ème position au rang mondial. lien

Le gouvernement a donc choisi la taxe, faisant ainsi payer aux plus pauvres, pour éponger une partie des dettes du pays : la taxe sur l’alcool fort devrait rapporter 340 millions d’euros, celle sur le tabac ; 690 millions d’euros, la hausse sur les sodas, 120 millions d’euros, et les parcs à thème seront mis à contribution : bénéfice espéré 90 millions d’euros, soit au total 1 240 000 €.

Fillon veut aussi raboter les niches fiscales d’un petit 10%, et l’on s’interroge : pourquoi ne pas les faire disparaitre totalement ?

A y regarder de plus près, ces 1 240 000 € sont bien modestes si l’on songe à l’argent jeté par les fenêtres de l’Elysée.

Car en effet, l’Elysée pourrait commencer par balayer devant sa porte, car personne n’a oublié le déplacement présidentiel à Vaulx en Velin pour 600 000 € (lien) destiné à annoncer le plan Banlieue, dont on connait le piteux résultat.

Personne n’a oublié non plus les 4 milliards € de dépassement de l’EPR finlandais, qui seront à la charge de la France. lien

Personne n’a oublié non plus le couteux airbus présidentiel dont la facture définitive est de l’ordre des 200 millions €. Lien

Mais allons dans le plus lourd.

Que dire des 16 milliards € offert à Dassault pour 286 rafales achetés par l’état, puisque personne d’autres dans le monde ne semble en vouloir. lien

Quid aussi des 4 sous marins nucléaires achetés par la France pour la modique somme de 24 milliards €. lien

Que dire aussi des 2 milliards gaspillés par Roselyne Bachelot pour des vaccins inutiles ? lien

Personne n’a oublié que dès son élection, l’autocrate présidentiel a multiplié par deux son salaire, mais qui se souvient du voyage de Paris à Valence en Airbus dénoncé par un gendarme, (lien) qui se souvient du sommet de la Méditerranée, avec son repas à 5000 € par tête de pipe pour un total de 1 010 256 € ?

Comme le dit la Cour des Comptes les dépenses engagées par l’Elysée ont couté un million d’euros par jour pendant les 6 mois de la présidence française de l’Union Européenne, soit 175 millions € au total. lien

Qui a oublié les Garden Party de l’Elysée ? celle de 2008 a couté 732 000 euros (lien) celle de 2009 n’ayant rien à lui envier. lien

Qui se souvient des 2 millions € offerts à Johnny, l’exilé fiscal, pour sa prestation « citoyenne » du 14 juillet 2009 ? lien

Quid des 7,5 millions d’euros (2009) (lien) et des 27 millions € (2010) que l’Elysée a consacré à sa communication ? lien

Quid du fleurissement des 300m2 du salon de l’Elysée pour 280 000 € annuels ? lien

Quid du cadeau de plus de 200 millions d’euros fait à Tapie par la généreuse Lagarde ? lien

Passons sur les cigares de Christian Blanc (12 000 €) sur le jet privé d’Alain Joyandet, (116 000 €) ou celui de Christian Estrosi (138 000 €)

Quid du cocktail à New York offert par l’Elysée (200 000 €)

Un blogueur pousse un coup de gueule justifié sur ce lien.

D’autres dépenses quasi pharaoniques sont à découvrir sur ce lien.

« Charité bien ordonnée commence par soi même », dit le proverbe : l’exemple devrait être donné au sommet de l’état lequel qui au lieu de multiplier par 2 son salaire, (19 331 €) pourrait le diviser par deux, soit une économie sur 5 ans de 579 930 €

Le premier ministre (22 249 €) en divisant par deux le sien, ferait économiser au pays sur 5 ans 667 470 €.

Puis les Ministres (13 905 € mensuels) en toute logique pourraient suivre l’exemple, soit une économie sur 5 ans de 15 434 550 €.

Enfin, députés et sénateurs fermeraient la marche.

Les 5246,81 mensuels (lien) qu’ils reçoivent choquent les citoyens scandinaves. lien

Si l’on divisait ce salaire de moitié, cela provoquerait, une économie sur 5 ans, pour les 577 députés, de 90 808 260 €

Pour les 348 sénateurs, (6 952,91 €) cela ferait une économie de 72 578 880 €

Les petits ruisseaux font les grandes rivières, et entre Président, Ministres, Sénateurs et Députés, l’économie en 5 ans serait au total de plus de 180 millions d’euros.

Si l’on additionne toutes les dépenses pharaoniques de l’Elysée à la restriction sur les salaires de nos dirigeants, on arriverait à faire rentrer dans les caisses de l’état plus de 42 milliards d’euros.

Ce n’est évidemment pas grand-chose par rapport aux 1700 milliards de dettes de notre pays, Sarközy ayant réussi en moins de 5 ans à l’augmenter de près de 500 milliards. lien

Alors que penser de cette austérité qui vient d’être décidée, et qui touche manifestement les couches les plus fragiles de la société, épargnant une fois de plus les plus nantis ?

Comme dit mon vieil ami africain :

« Réfléchir, c’est déjà désobéir ».

L’image illustrant l’article vient de « media.pointblog »

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