Les brigands à plumes rouges

idle no more


PHILIPPE DAVID

On dit souvent de l’aide internationale que c’est l’acte de piller les pauvres des pays riches pour donner aux riches des pays pauvres. On voit de nombreux exemples de pays du tiers-monde où on envoie des milliards en aide humanitaire sans jamais soulager les pauvres de ce pays un iota. La même chose existe dans les réserves autochtones ici au Canada où le gouvernement fédéral engloutit des centaines de millions de dollars annuellement pour que des chefs et des conseillers de bande se paient des salaires princiers pendant que certains des membres ordinaires de la tribu n’ont même pas accès aux commodités les plus élémentaires comme l’électricité et l’eau courante.

C’est le cas, notamment, de la réserve d’Attawapiskat. Sa cheffe, Theresa Spence, fait présentement une grève de la faim qui a engendré un mouvement appelé « Idle no more ». Sa seule et unique revendication : une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, qu’elle refuse maintenant de rencontrer sans la présence du Gouverneur Général. Passons sur l’absurdité de cette dernière requête alors que nous savons tous que la constitution canadienne ne confère aucun pouvoir décisionnel au Gouverneur Générale en matière de politique publique et que par conséquent, il n’aurait absolument aucun rôle à jouer dans des négociations avec les premières nations. Parlons plutôt de Mme Spence.

Vous appelez ça une grève de la faim?

Commençons par le fait qu’après un mois de soi-disant « grève de la faim », elle ne semble pas trop mal en point. De sa propre admission, elle se nourrit de bouillon de poisson. Celui-ci doit être plutôt riche en gras pour permettre à Mme Spence de maintenir son gabarit. On s’imaginerait qu’une personne de sa corpulence aurait au moins un peu fondu si sa grêve de la faim avait été sérieuse, non? En tout cas, tant qu’elle maintient sa ligne, il est difficile de croire qu’elle se laisse mourir, comme certains cœurs tendres voudraient vous faire croire. Mais il y a pire.

Des médias aveugles

Depuis plusieurs semaines, Ezra Levant de Sun News tentait d’attirer l’attention sur la gestion d’Attawapiskat par Mme Spence. En effet, depuis 2005, le gouvernement fédéral y a engloutit plus de $100 millions dans cette réserve de 1500 habitants, soit environ $52 000 pour chaque homme, femme et enfant, et en plus, la mine voisine de DeBeers a également attribué plus de $300 millions en contrats à des fournisseurs de la réserve, en plus d’employer 100 de ses résidents. Avec tout cet influx de capitaux dans un si petit village, on s’imaginerait que tous ses habitants vivent une vie aisée, mais 25 familles sur les 300 qui y habitent n’ont ni eau courante, ni électricité. Comment est-ce possible? Depuis le début de cette affaire, Levant pointe du doigt la gestion de la réserve par Theresa Spence et son conjoint, Clayton Kennedy, qui sont grassement payés, hors de toute proportion avec la population du village qu’ils ont à gérer. À eux deux, ils font $350 000 par année, exempt d’impôt. Pour vous donner une petite idée des proportions, le maire de Montréal, qui compte 100 000 fois plus d’habitants (à peu de choses près), gagne un salaire de l’ordre de $156 000 et je suis plutôt certain qu’il paie de l’impôt et des taxes là-dessus. Pendant tout ce temps, seul Levant et Sun News rapportaient ces faits et on les traitait littéralement d’emmerdeurs.

Incompétence ou fraude généralisée?

Récemment, un rapport indépendant de vérification des comptes d’Attawapiskat compilé par la firme Deloitte et Touche a été rendu public, confirmant tout ce que Sun News rapportait et même plus. On y apprend par exemple que 81% des transactions examinées avaient peu ou pas de pièce justificatives et 60% de ces transactions n’ont aucune pièce justificative. Il est fait état de transactions de frais de consultation et de frais légaux de plusieurs centaines de milliers de dollars où il est impossible de déterminer à qui les paiements ont été faits ou quels services ont été rendus. Est-on même sûrs qu’il y a vraiment eu un consultant qui a rendu un service? Ou est-ce que ces montants sont en réalité des détournements de fonds? On y apprend aussi que la plupart du temps, il n’y a aucun procès-verbal des réunions du conseil de bande. Il est impossible de savoir quelles décisions ont été prises pendant ces réunions. Aussi, bien que la bande gère environ $17 millions de fonds fédéraux annuellement, mais il n’y a aucun budget qui a été fait. Bref, à la place de Theresa Spence, je serais gêné de me monter la face en public, encore plus d’être la figure de proue d’une protestation. Si on se fie au rapport de Deloitte et Touche, Theresa Spence et les autres membres de son conseil de bande sont soit grossièrement incompétents ou ils sont parmi les pires brigands et fraudeurs. D’ailleurs, considérant que Mme Spence refuse maintenant tout contact avec les journalistes et qu’elle a fait éconduire une journaliste de Global News de sa réserve alors que celle-ci tentait de récolter des témoignages de gens ordinaires vivant là; J’ai tendance à pencher en direction de la fraude. Mme Spence semble vouloir cacher quelque chose.

Mais Theresa Spence n’est pas un cas unique. Au Canada, il y a 615 réserves autochtones qui comptent en moyenne 1142 résidents. Dans ces 615 réserves, on compte 50 dirigeants qui ont un salaire supérieur au premier ministre du Canada, 160 qui ont un salaire supérieur aux premiers ministres provinciaux et 634 qui ont un salaire supérieur à cent mille dollars. À l’extrême, une cheffe du Nouveau Brunswick se fait payer un salaire juste un peu moindre qu’un million pour gérer une réserve de 304 habitants! Le problème n’est pas seulement limité à Attawapiskat, il est plutôt généralisé et ce sont maintenant ces mêmes chefs qui protestent maintenant contre un projet de loi qui forcerait plus de transparence dans la gestion des réserves. Allez savoir pourquoi…

Une inspiration? Pour qui???

Et tous ces chefs qui vivent des vies de pacha aux dépens de leur peuple bénéficient de l’appui indéfectible des politiciens de gauche, des syndicats et de la plupart des médias. Paul Martin, ancien Premier Ministre libéral est même allé jusqu’à dire que Theresa Spence était une « inspiration »! Pour qui??? Pourquoi??? Certainement pas pour quiconque a un brin d’intégrité. Mais elle est certainement une inspiration pour tous les pillards et parasites. Qu’est-ce que ça dit au sujet de l’intégrité et du discernement de ceux qui les soutiennent? Mais d’un autre côté, une bonne partie ces mêmes supporteurs ont cautionné des casseurs aux carrés rouges, alors pourquoi pas des brigands aux plumes rouges?

Les autochtones sont-ils victimes d’injustice? Absolument! Mais la plus grande injustice qu’ils subissent est celle qui les confine à un apartheid qui les rend dépendants aux fonds fédéraux contrôlés par des bandits aux plumes rouges, grâce à la complaisance des médias et de la gauche canadienne. Il serait grand temps que nous laissions les autochtones rejoindre notre société en tant que citoyens à part entière.

Ecrit par : Philippe David le 11 janvier 2013.

6 pensées sur “Les brigands à plumes rouges

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    12 janvier 2013 à 19 07 11 01111
    Permalink

    Vous ne connaisser que l’histoire raconté des raconteurs. Apprenez la Keshwenta, the too row wampum belt, la loi commune et maritime, vis droits humain et votre statut de corporation debiteur du systeme, le réel arnaque du systeme monétaire et de ses frauduleux intérets chargés a votre Dominion of Canada grande cie administré du gouverneMENT face a leur impuissance de leur propre monaie, et de la structure gouvernemental:http://www.parl.gc.ca/About/Senate/Today/house-f.html

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  • avatar
    14 janvier 2013 à 10 10 29 01291
    Permalink

    Christophe Colomb à découvert un autre monde soit l’Amérique. Après que l’humanité aura réglé le problème actuel peut-être la prochaine période d’évolution permettra la découverte d’un autre monde, c’est la grâce que je leur souhaite.
    Ce n’est qu’une opinion
    P.S. A la vue du résultat de NOS CHOIX j’ai confiance qu’ils ne feront pas pire

    Pour un commentaire de 562 mots sur WORD je dois le répartir sur trois articles.
    Donc il est clair que votre intérêt n’est que d »émettre vos articles. C’est parfait c,est votre site. Comme leçon de démocratie dont vous êtes les ardents défenseur ont repassera….
    Merci pour les efforts que vous faites pour nous informer
    Soyez sans crainte loin de moi l »idée de vouloir troubler votre quiétude
    Ceci est mon dernier commentaire
    Ce n’est toujours qu’une opinion

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    14 janvier 2013 à 13 01 23 01231
    Permalink

    Euh…depuis quand l’argent versé au autochtones est-il une « aide » gouvernementale?

    Depuis quand « l’acheteur » a-t-il le droit de vérifier les livres du « vendeur »?

    Depuis quand un « vendeur » n’a pas le droit d’administrer son argent comme il l’entend.

    Reste à trouver « l’Acte de vente » prouvant que les territoires ont bel et bien été « achetés ». Ce qui expliquerait les « paiements » fait aux Autochtones. S’il n’y a pas « d’Actes de ventes », le gouvernement « paie » pour une LOCATION et les questions plus haut restent les mêmes.

    Par contre, si c’est le cas, il serait peut-être temps d’augmenter le loyer.

    La question n’est pas du tout comme celle qui est véhiculée superficiellement. Sinon il ne reste qu’à acheter les F-35 au plus tôt pour régler définitivement le problème.

    Quant à reprocher aux « administrateurs » autochtones de malversation, on devrait attendre la fin de la Commission Charbonneau parce qu’il est fort possible qu’on ait l’air un peu fou avec nos reproches.

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