Les doigts dans le pot de confiture

Les doigts dans le pot de confiture

La règle républicaine voudrait qu’un ministre pris en faute démissionne lorsqu’il est pris les doigts plongés goulument dans le pot de confiture.

Cette règle ne semble plus avoir court, sinon, le chef de l’état aurait dû rapidement décider un nouveau remaniement ministériel.

Pour certains ministres, la question ne se pose plus : Eric Woerth n’a plus été invité dans la « nouvelle équipe », il aura donc raté l’occasion de prouver, en démissionnant, que la citoyenneté n’était pas un vain mot. lien

Pour Christian Estrosi, amateurs de jets privés sur le dos du citoyen, on peut faire le même constat, et l’on s’interroge si les frasques dont il a été au cœur dans sa bonne ville de Nice sont la raison de son éviction ? lien

Borloo non plus n’est pas parti de lui-même, pourtant les raisons de démissionner étaient nombreuses, puisqu’il n’a cessé de trahir le camp dans lequel il s’était investi : de Simone Veil, à Génération Ecologie, en passant par les Verts, ou François Bayrou. lien

Il est vrai que si la trahison était politiquement répréhensible, il manquerait peut-être des candidats pour occuper le jeu politique.

Et que dire de Gérard Longuet soupçonné de s’être payé une partie de sa maison avec un étrange trafic de timbres ? lien

On ne peut pas exonérer non plus Xavier Bertrand.

Il tente de faire porter le chapeau du scandale du médiator à quelques sous-fifres, mais n’est-ce pas au Ministre de la santé de prendre toute la responsabilité de l’erreur commise ? lien

Restons dans la santé, et interrogeons nous sur la pertinence de la présence d’une Roselyne Bachelot dans ce gouvernement, capable au moins d’un gaspillage de 2,5 milliards d’euros pour l’achat de vaccins jugés inutiles par le professeur Bernard Debré, et coupable au moins d’avoir caché dans son curriculum vitae 20 ans de sa vie, dont on sait aujourd’hui qu’elle les occupait en grande partie à vendre des médicaments. lien

Et quid de Nadine Morano ? Capable d’affirmer à un journaliste qu’il raconte n’importe quoi, alors que celui-ci lui a donné les preuves de ce qu’il disait ? lien

Capable aussi de tenir un discours scandaleux aux français de couleur comme on peut le découvrir sur cette vidéo

Dans le même ordre d’idée, Frédéric Lefebvre semble mal placé pour donner des leçons :

Il affirme « aucun parti politique n’avait osé présenter quelqu’un de condamné pour des actes graves comme tête de liste ». lien

Il semble avoir la mémoire courte, oubliant au passage les cas de Patrick Balkany, d’Alain Juppé, d’Henri Emmanuelli

D’autant que les déclarations qu’il a faites en mars 2009 au sujet d’Elie Domota, seraient pour certains passibles de plainte pour la tenue de propos à connotation raciale. lien

Il a récidivé en août 2010 lorsqu’il a déclaré que « la question des étrangers » était « un problème majeur » affirmant qu’il y a « des liens entre la délinquance et l’immigration ». lien

Mais il est impossible d’oublier dans cette liste  Brice Hortefeux, lequel condamné par 3 fois par la justice pour, entre autres, des propos racistes, continue d’œuvrer au sein du gouvernement en tant que Ministre comme si de rien n’était. lien.

On peut lire ici l’avis d’un juge sur cette affaire.

Et puis bien sûr, il y a l’ineffable MAM, qui, comme un ancien chef de l’état, a des problèmes de mémoire, ne se rappelant plus le nombre de voyages en jet privé qu’elle a effectué, jet prêté par un ami de Ben Ali.

Mais sa faute entraîne dans sa chute celle de son ami, ministre lui aussi, Patrick Ollier, dont étrangement personne ne parle, et qui était pourtant dans le même avion. lien

Elle n’en est pas à son premier dérapage, comme on a pu le constater dans une affaire ou elle avait tenté de protéger Fabien Chalandon, fils de l’ancien ministre. lien

Allongeons la liste de ces citoyens peu responsables en évoquant Eric Besson, trahissant son camp plus vite qu’une girouette, et qui s’illustre régulièrement dans des reconduites musclées aux frontières.

Il affirme que « le délit de solidarité n’existe pas », faisant montre d’une méconnaissance de la loi, exprimée dans l’article L622-1. lien

Un blog a établi la liste de ses mensonges sur ce lien.

Il serait injuste d’oublier dans cette liste, Alain Juppé, aujourd’hui ministre, et condamné à 18 mois de prison avec sursis, (réduit à 14 mois en appel) y compris à 10 ans d’inégibilité (réduit en appel à 1 an). lien

Seuls 2 ministres auront à ce jour démissionné : Christian Blanc cet amoureux des cigares et des jets privés, et Alain Joyandet.

Fadela Amara s’est vue remerciée, non pas pour l’appartement gouvernemental, (avec maitre d’hôtel et cuisiniers afférant) qu’elle avait prêté à ses frères, mais pour des raisons non révélées. lien

Tout comme Rama Yade, non pas pour ces critiques sur les logements des bleus de la défunte coupe du monde, ni sur le prix de location de son propre logement en Afrique du sud, mais pour manifestement d’autres raisons. lien

Renaud Donnedieu de Vabres a été ministre de la communication entre 2004 et 2007 alors qu’il avait été condamné en 2004 par la justice.

Aujourd’hui il est mis en cause dans l’affaire du Karachigate. lien

On parle aussi beaucoup de lui dans le scandale de la location prévue pour 80 ans de l’Hôtel de la Marine, Place de la Concorde. lien

Il est aujourd’hui secrétaire national chargé de la culture à l’UMP, et sa condamnation ne l’a pas empêché de recevoir la légion d’honneur. lien

François Fillon, par solidarité gouvernementale sans doute, n’échappe pas à la règle et accepte de profiter des « avantages diplomatiques » offerts par le dictateur Moubarak. lien

Et au dessus de tous, comment ne pas réclamer aussi la démission du chef de l’état ?

N’est-ce pas lui qui, pour financer la campagne présidentielle de son candidat, Edouard Balladur, se trouve en première ligne dans le scandale du Karachigate ? lien

N’est-ce pas lui qui se trouve concerné par le scandale de l’affaire Bettencourt, puisque de nombreux témoignages font état d’enveloppes généreusement distribuées par la milliardaire pour financer sa campagne de 2007 ?

N’est-ce pas lui qui a reçu sans le moindre scrupule quelques « démocrates discutables » : Kadhafi, Hu Jintao, Ben Ali, Moubarak, et quelques autres ?

Au-delà de ces péripéties, nos partenaires européens s’interrogent sur les pratiques de nos élus, comme les Suédois, par exemple qui ne comprennent pas pourquoi nous acceptons sans mot dire les frais de mandats pratiqués dans notre pays.

En Suède, il en va tout autrement.

L’élu a sa voiture, et se fait simplement rembourser ses frais de déplacements, avec justificatifs, sans pour autant multiplier les voitures de fonction, et les services d’ordre qui vont avec.

Chez eux il y a un réel contrôle et les frais sont remboursés lorsqu’il y a production de notes de frais.

Cette pratique a un nom chez nous, c’est l’IFRM (indemnité de frais de mandats) et elle scandalise les suédois.

Ils évoquent carrément pour nous les statuts d’une « république bananière » et ajoutent que nos élus se décrédibilisent, alors qu’ils sont supposés montrer l’exemple.

Ils s’expriment clairement sur le sujet dans cette vidéo.

Qui se souvient des promesses sarkösistes de 2007 ?

Voici mot pour mot, ce qu’il a déclaré :

« je veux une république irréprochable, le président de la république, c’est l’homme de la nation, ce n’est pas l’homme d’un parti, ce n’est pas l’homme d’un clan, je veux être le président de tous les Français, je veux que tous sachent que, dans mon esprit, comme dans mon cœur, ils ont une place, ils ont un avenir, je veux que les nominations soient irréprochables, je veux que le parlement ait davantage de pouvoirs, je veux que les ministres soient moins nombreux, 15 au maximum, qu’ils rendent des comptes, qu’ils s’engagent sur des résultats, je veux défendre la 5ème république, mais je veux changer la pratique de la République, plus de simplicité, plus de proximité, plus d’humilité, plus d’authenticité, au fond, je souhaite, si vous me faites confiance, être le président d’une démocratie moderne, qui sera exemplaire au regard du monde » lien

Chaque mot prononcé à l’époque fait mal aujourd’hui, tant il est cruel de se rendre compte, près de 4 ans après, le chemin parcouru en sens inverse.

Il n’y a plus qu’à tirer l’échelle, ou encore mieux écouter la chanson poignante et d’actualité de Melissmell « aux armes ».

Le 10 février 2011, Sarközi ayant choisi pour le questionner sur TF1 un journaliste prêt à lui « servir la soupe populiste », le débat sera donc sans objet,

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Le crocodile n’a aucun mérite à triompher du lapin ».

L’image illustrant l’article provient de superstock.com »

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