Les enragés

PHILIPPE DAVID  

Un incident récent à l’hôpital général juif de Montréal m’a laissé un peu songeur. Vous pouvez lire l’article à ce sujet de la plume de Barbara Kay dans le Prince Arthur Herald, mais je vais tout de même vous faire un court résumé.

Le 12 septembre, André Montreuil était au Jewish pour un CT scan. En attendant, il est descendu à la cafétéria pour prendre un sandwich. Il a signifié en anglais à la personne au comptoir qu’il était sévèrement allergique aux tomates et lui demanda de bien vouloir changer de gants afin d’éviter que tout résidu de tomate qu’elle aurait pu manipuler avant ne contamine son sandwich.  Une fois assis, en train de déguster son sandwich avec un ami, une femme dans la trentaine l’approche et commence à l’invectiver, hurlant « ici on parle français, pas anglais! » À quoi  M. Montreuil aurait répondu que dans sa propre ville il peut bien parler la langue qu’il veut.  L’argument a continué quelques minutes et la dame s’est éloignée pour revenir quelques minutes plus tard balancer un sandwich aux tomates dans le visage de M. Montreuil, dont le visage a immédiatement commencé à se boursouffler dangereusement. La dame a été arrêté et au minimum, elle devrait faire face à des accusations de voies de faits.

Pour le moment, on ne sait si la jeune femme est atteinte d’une quelconque maladie mentale. C’est ce que l’enquête déterminera sûrement. Mais chose certaine, elle n’a pas choisi de lancer un sandwich aux tomates par hasard. Elle a de toute évidence entendu M. Montreuil dire qu’il était allergique et elle avait évidemment l’intention de lui causer du mal. Je ne sais pas dans quel état se trouve M. Montreuil actuellement, mais j’espère qu’il s’en remettra. Encore une chance que ça se soit produit dans un hôpital. Mais je crains que d’autres incidents similaires soient dans notre futur. N’oublions pas aussi ces touristes asiatiques qui ont été injuriés par un couple au centre-ville pour avoir commis la même offense de s’être exprimé dans la langue de Shakespeare.

Il commence à apparaitre plutôt évident que depuis le début de la campagne électorale, les vieilles tensions linguistiques ont monté d’un cran et que vu l’attitude et les déclarations de Mme Marois et ses sbires depuis leur élection, ce n’est pas près de se résorber.  Que voulez-vous, quand on ne cesse ce crier à la supposée anglicisation de Montréal, (ce qui est totalement faux selon les statistiques) afin de justifier un resserrement de la loi 101, et quand on fait la chasse aux raisons sociales à consonance anglophones, il ne peut que s’installer une mentalité de siège qui va certainement exciter certains zélotes de la langue.

Je n’ai moi-même aucun doute que certains voient dans l’augmentation des tensions linguistiques, une façon de mousser l’option souverainiste, pourtant moribonde.  Pauline Marois devrait prendre acte du fait que plus de deux tiers des québécois ont voté contre son gouvernement et essayer de se montrer conciliante, mais je crois que c’est probablement trop demander.

Vivement que la course au leadership libérale se termine pour que le rapport de force à l’Assemblée Nationale revienne du côté de l’opposition.

Ecrit par : Philippe David le 18 septembre 2012.

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