Les gagas de la Marine

Le père a passé le flambeau à sa fille, et même si celle-ci tente de se donner une image plus séduisante, le programme du front national n’a pas changé :

Refus de la différence, et fermeture des frontières, physiques et morales.

Pour faire un programme, le Front National a une technique originale : il s’appuie sur de fausses informations.

A titre d’exemple, Marine affirme que 50% des bénéficiaires du RSA (ex RMI) sont des étrangers. lien

Etonnante affirmation alors que le dispositif du RSA ne s’applique qu’aux français (ou aux titulaires depuis au moins 5 ans d’un titre de séjour autorisant à travailler). lien

Dans la réalité, au milieu des années 90, seulement 15% des rmistes n’étaient pas français : or aujourd’hui le RSA est beaucoup plus contraignant avec les immigrés, et le chiffre avancé par Marine LePen est donc largement infondé. lien

Pour aller plus loin, parmi des étrangers stigmatisés par le Front National, il y a des réfugiés politiques, les apatrides…

Marine LePen veut-elle renvoyer les réfugiés politiques dans leur pays afin qu’ils y trouvent une mort certaine ?

A l’instant où le chef de l’état essaye de récupérer une nouvelle fois les électeurs du front national, en lançant un nouveau débat sur l’identité nationale, il serait intéressant de prendre un peu de distance pour expliquer, et tenter de comprendre l’immigration.

Cette histoire a été contée à maintes reprises, et notamment dans un documentaire diffusé sur FR3 « d’où viennent les français ? »

Il raconte l’histoire de ces mineurs venus de toute l’Europe, puis du Maghreb, dont le Nord de la France avait un impérieux besoin et qui depuis un siècle ont fait à l’époque la richesse de la nation. lien

Des 1850, les usines françaises avaient besoin de main d’œuvre et la France a appelé à l’aide les travailleurs de Belgique, d’Italie, de Pologne et d’Espagne.

Puis de 1920 à 1931, la France ayant été décimée par la 1ère guerre mondiale, les entreprises avaient un besoin accru de main d’œuvre, et aux pays cités au-dessus, se sont ajoutés ceux d’Afrique du Nord, d’Afrique Noire et d’Indochine.

Il faut y ajouter les Juifs persécutés en Allemagne, et les réfugiés politiques, venant notamment d’Union Soviétique.

La France était à l’époque une terre d’accueil, mais sa fraternité n’était pas tout à fait désintéressée.

Après la crise économique des années 30, notre pays connut une première vague de racisme, dirigée surtout vers les Italiens et les Polonais, que les racistes surnommaient peu charitablement « les ritals », et les « Pollacks ».

Puis dans les années 50, la France a connu la plus grande vague d’immigration de son histoire.

La 2ème guerre mondiale était passée par là.

La France a eu de nouveau un énorme besoin de main d’œuvre, et elle fait appel une fois de plus aux mêmes. vidéo

Mais la reconnaissance de notre pays face à ces immigrés qu’il a invité n’est pas évidente.

Nombreux étaient ceux qui n’avaient que des bidonvilles pour habitation, et les autres n’avaient généralement que des appartements sans confort, l’eau étant sur le palier.

En résumé, on appelle les étrangers lorsqu’on a besoin d’eux pour reconstruire le pays, puis lorsque tout va mieux, on voudrait leur montrer le chemin de la sortie.

Mais ces femmes et ces hommes sont devenus français, payant leurs impôts, se sont battus pour la France, ils ont eu des enfants, et malgré la discrimination qui s’exerce régulièrement contre eux, ils n’éprouvent pas le besoin de changer de nouveau de nationalité.

Le racisme commence dans le monde du travail des jeunes.

Sur les 731 000 comptabilisés, ils sont 87 000 à avoir leurs deux parents nés à l’étranger.

66% des enfants dont les parents sont nés à l’étranger occupent un emploi 3 ans après de leurs études.

Pour ceux qui ont des parents nés en France, le chiffre monte à 79%.

La situation s’aggrave pour les jeunes français dont les parents sont nés au Maghreb : seulement 61% ont un emploi.

Le taux de chômage moyen des jeunes est de 14%, et lorsque leurs parents sont d’origine maghrébine, il est de 30%, quel que soit leur diplôme.

En langage poli, on appelle çà de la discrimination à l’emploi, mais pour être plus direct, c’est du racisme.

C’est une enquête du Céreq, (enquête génération 2004) publiée par l’Insee qui le prouve. Voir page 109 de ce lien.

« L’observatoire des inégalités » en a publié un résumé accablant le 24 août 2010. lien

Le plus paradoxal est que ce sont justement ceux qui en étant au pouvoir maintenant, encourageant par leurs actes, et leurs paroles, la xénophobie, sont parfois issus de l’immigration.

Le chef de l’état en est l’un des exemples :

Fils d’un Hongrois, lequel est né à Budapest en 1928 et a francisé son nom passant de « Pal » à « Paul », Nicolas Sàrközy aurait aussi des origines ottomanes.

C’est ce qu’il a dit à Tours, le 10 avril 2007, expliquant qu’il était petit fils d’un Grec, né à Salonique, puis ajoutant le 3 mai, pendant la campagne présidentielle que son grand père était un Juif de Salonique. lien

Mais on peut donner d’autres exemples :

Eric Besson est né au Maroc, et est d’origine libanaise, Devedjian à un père Arménien, Nadine Morano est d’une famille italienne, etc.

Pourtant lors de son discours de Grenoble, Sàrközy a déclaré vouloir durcir la loi contre les français d’origine étrangère. lien

C’est là où l’on découvre le décalage important entre les belles déclarations et la réalité.

Lorsqu’il était ministre de l’intérieur, il a déclaré qu’il s’engageait à combattre le racisme de toutes ses forces. lien

Tout comme son ex-ministre Hortefeux qui déclarait : « sachez que les pouvoirs publics, forts des idéaux auxquels nous sommes tous attachés, seront toujours à vos côtés pour combattre toutes les formes de racisme, de xénophobie, et d’antisémitisme. Ce combat, nous le menons depuis longtemps, et nous le poursuivrons sans relâche ». lien

Quelques temps après, Hortefeux était condamné pour injure raciale. lien

Alors aujourd’hui, Sarközy relance un débat sur l’Islam en France. Bien sûr, comme l’affirme le débonnaire et suave Xavier Bertrand : « mais pas du tout, il s’agit d’un débat sur la laïcité et pas du tout de stigmatiser les musulmans, les prières en pleine rue, et les repas Hallal en cantine scolaire ». lien

Mais qui est dupe ?

Le papier attrape mouche présidentiel capturera-t-il encore une fois les électeurs d’extrême droite ?

Rien n’est moins sûr au moment ou la fifille du menhir vient de passer les 32% de popularité, nous proposant un remake de 2002. lien

Car, à force d’ouvrir la boite de pandore, la « France de Vichy » est-elle en train de se rappeler à notre plus mauvais souvenir ?

Comme dit souvent mon vieil ami africain : « les racistes sont comme le temps, on ne peut pas les changer ».

L’image illustrant l’article provient de « les conversationfrancaises.fr »

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