Les Robins des voix

Nouveaux héros des temps modernes, les lanceurs d’alerte se multiplient, pour le plus grand bonheur des consommateurs.

Ceux-ci constatent les manipulations médiatiques des industriels de tout poil, qui voudraient nous faire prendre nos vessies pour des lanternes, au risque de se brûler.

On attribue à un sociologue, Francis Chateauraynaud l’invention du terme « lanceur d’alerte ». lien

Irène Frachon en fait partie, et s’est fait connaitre récemment dans l’affaire du médiator.

Cette pneumologue, incontestée par ses pairs, s’inquiétait à juste titre de ce médicament.

A titre personnel elle a mené une enquête pendant plusieurs mois, puis a demandé à être reçue par l’APSSAPS, laquelle l’a écouté poliment, puis s’est assis sur le dossier qui ne représentait d’après ces « spécialistes » aucun intérêt. lien

Irène ne s’est pas découragé pour autant, et a publié un livre afin d’alerter les populations.

Peine perdue, Bigpharma a réussi à faire interdire le livre par la justice.

Aujourd’hui, son livre retrouve enfin la liberté (lien) et Irène Frachon commence enfin à être entendue : le vent tourne du mauvais coté pour les industriels de la pharmacie.

Mais, si Irène Frachon commence enfin à être prise au sérieux, d’autres lanceurs d’alerte n’en sont pas encore là.

Comme par exemple le docteur Jacques Poirier, qui mène un combat difficile contre Sanofi-Aventis en s’en prenant à son Lovenox.

Il réclame qu’en France, les héparines qui entrent dans la composition du médicament soient soumis à des contrôles plus stricts.

Or Sanofi-Aventi utilise des héparines chinoises, porteuses éventuelles de « matériaux à risques spécifiés ». (maladie de la vache folle). lien

Le cas du docteur  Andrew Wakefield est lui aussi édifiant.

Il s’est attaqué au lobby des vaccins, domaine particulièrement sensible.

Non seulement, il s’interroge sur leur efficacité, mais il essaye de voir s’il y a un lien entre l’autisme et la vaccination. lien

En 1998, il publie dans un journal réputé « Lancet » une étude dans laquelle il révèle un lien entre le vaccin infantile « R.O.R. » et l’autisme. lien

Mal lui en prend. lien

On s’est organisé dans le camp d’en face, et il se retrouve accusé d’avoir été payé pour bricoler cette étude, et d’avoir détourné 800 000 € d’argent public. lien

Pourtant le professeur Singh a déclaré qu’il était urgent de réévaluer l’usage de ce vaccin.

Le docteur Richard Halvorsen a déclaré que cette étude confirmait les précédentes, montrant le lien entre le ROR et l’autisme.

En attendant, il a été obligé de démissionner.

« Il a abandonné le poste qu’il occupait depuis 14 ans (…) car ses idées étaient « gênantes » pour l’University Collège de Londres qui contrôle le Royal Free Hospital » déclare Lorraine Fraser, journaliste médicale au « Telegraph ». lien

Une autre lanceuse d’alerte, Marcia Angell, médecin et professeur à Harward, a publié en 2004 un livre « la vérité sur les compagnies pharmaceutiques » qui fait le tour de la question. lien

Elle y évoque les journalistes qui « gobent sans protester », les médecins qui auraient intérêt à se réveiller, et les professionnels de la santé qui « se sont laissé influencer, pervertir et parfois corrompre ».

On peut lire le résumé de ce livre sur ce lien.

Récemment aussi, Carmen De Jong a perdu sa place au sein d’un laboratoire chambérien pour avoir osé s’attaquer au sacré saint tourisme d’hiver.

Pensez-donc, elle mettait en cause les canons à neige, gros consommateurs d’eau, et producteur d’une neige dure et donc dangereuse.

Le président des « remontées mécanique » a pris çà très mal, d’autant que quelques énervés militent encore pour des jeux olympiques d’hiver à Annecy.

Carmen de Jong a eu moins de chance qu’Irène Frachon et elle est aujourd’hui privé de locaux et de financements.

On peut lire le détail de cette affaire sur ce lien.

Plus médiatisé, Le moustachu du Larzac, José Bové est aussi l’un d’eux.

Contre l’envahissement des OGM, il a courageusement défendu la cause des semences naturelles, attirant l’attention des citoyens sur les risques de l’utilisation de semences génétiquement modifiées, lesquelles mettent en danger notre santé.

Après le démontage d’un fast food, à Millau, il continue inlassablement avec intelligence la cause logique de la défense du vivant.

Plus récemment, il est monté au créneau au sujet des « gaz de schiste », dont on découvre grâce à lui, et à d’autres, les risques que de telles exploitations nous font courir. lien

Il dénonce le danger de ces pratiques qui à la recherche désespérée de nouvelles sources énergétiques,vont polluer nos nappes phréatiques, fragiliser notre bien être quotidien.

Qui verrait d’un bon œil sortir de nos robinets d’eau « potable » une eau tellement chargée en gaz qu’elle s’enflamme spontanément, et qui de plus est polluée par des produits chimiques dont le détail ne nous est pas donné ? lien

On ne peut pas oublier dans la liste des lanceurs d’alerte Gilles-Eric Seralini et Jacques Testart qui mènent tous les deux, et beaucoup d’autres,  un juste combat contre les plantes génétiquement modifiées, ce qui déplait beaucoup à Monsanto.

En face d’eux se trouve aussi l’AFBV, (association française pour les biotechnologies végétales) composée de scientifiques qui n’ont que très peu de connaissance des PGM (produits génétiquement modifiés) et qui fait tout son possible pour discréditer les chercheurs contestataires. lien

Les lanceurs d’alerte sont dans tous les domaines, y compris celui de l’humour.

Stéphane Guillon est l’un d’entre eux.

Licencié pour avoir osé se moquer du chef de l’état, il vient d’obtenir 212 000 € pour licenciement abusif. lien

Jean Luc Hess, le patron de Radio France fait la gueule et  aussi appel, se couvrant encore un peu plus de ridicule.

Fort heureusement, le pouvoir n’a pas réussi à le faire taire, comme on peut le découvrir dans cette vidéo décapante.

Les lanceurs d’alerte sont dans tous les domaines, même dans le sport, tel ce champion cycliste, Christophe Bassons, qui dénonçait l’usage de produits dopants et dangereux, et qui a du rapidement quitter ce sport, montré du doigt par toute la communauté, ou presque, cycliste.

A l’époque suite à une chronique qui avait été publiée dans « le Parisien », il n’hésite pas à parler du dopage, et va se faire houspiller par Lance Armstrong qui va lui adjoindre fermement de se taire.

Aujourd’hui, il travaille à la direction de la jeunesse et des sports, en charge de la sécurité d’infrastructures et des contrôles antidopage. lien

Pour en rester au sport, comment ne pas évoquer l’idée lumineuse de Cantona qui, pour punir les banques, et les banksters, a proposé récemment de vider ses comptes, afin de placer son argent plus intelligemment. lien

Dans la lutte contre la pollution nucléaire, on ne peut faire s’empêcher d’évoquer le travail remarquable de la CRIIRAD, et de Michèle Rivasi, aujourd’hui député européenne. lien

Sans la création de cet organisme indépendant, il est possible que nous n’ayons jamais appris les retombées dangereuses de la catastrophe de Tchernobyl, pour qui, le pouvoir en place à l’époque, affirmait que les pollutions s’étaient arrêtées à la frontière.

Aujourd’hui la CRIIRAD continue son inlassable travail, proposant aux citoyens des expertises sur les produits de consommation courante, l’analyse de l’éventuelle pollution des nappes phréatiques, et tout ce qui concerne le nucléaire en général. lien

Pierre Meneton, chercheur à l’INSERM, quant à lui s’en prend au lobby du sel, coupable d’après lui, et d’autres, d’être un facteur des maladies cardio-vasculaire.

Il subit de plein fouet les pressions du Comité des Salines de France qui de lettres d’intimidation, à des procédures en diffamation, lui fait une guerre scandaleuse.

Même si l’enjeu est de taille (6 milliards €) pourquoi ne pas dénoncer un risque lorsqu’il existe ?

En 2008, le lobby du sel à fort heureusement perdu le procès qu’il avait lancé contre Pierre Meneton. lien

La liste des lanceurs d’alerte pourrait presque s’allonger indéfiniment et touche tous les domaines.

De Julian Assanges et son Wikileaks, à Stéphane Hessel, qui s’indigne fort justement, en passant par Hervé Kempf, Bradley Manning, Edwy Plenel, Fabrice Nicolino, François Veillerette, Paul Ariès, le procureur Serge Portelli, (lien) avec d’autres moins connus comme Annick le Page, dans son combat qu’elle mène contre le pillage organisé de la formation professionnelle, (lien) et tant d’autres que les lecteurs ne manqueront pas de signaler, il faut lever son chapeau aux lanceurs d’alertes qui prennent beaucoup de risques pour nous faire mieux comprendre les dangers qui nous menacent.

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Petit marteau casse gros cailloux »

L’image illustrant l’article provient de « web-libre com »

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