Les souliers d’beu (17) La bataille de Bushy run!

 La bataille de Bushy Run

 Bataille de Bushy Run

        En juillet 1763, trois forts sont assiégés par les indiens : Le Fort Détroit, le Fort Pitt et le Fort Niagara.

       Dans la dernière semaine de juin, les trois frères Lefebvre sont sur la rivière Alleghany et approchent du Fort Pitt (Aujourd’hui Pittsburgh).  Ce matin-là, ils franchissent un portage avec tout leur matériel.  Ils prennent le temps de fumer une pipe avant de rembarquer dans les canots.

 -J’me demande si on ferait pas mieux de se rendre tout de suite à New York.  Raisonna tout haut Nicolas, devant Joseph.

 -C’est pas ce que pense Jean Baptiste; pis j’suis d’accord avec lui.  Y faut savoir si la rébellion réussit ou pas.  Si on fait une erreur pis on prend pour le mauvais parti, les Canayens sont condamnés.

      -D’autant plus, ajoute Jean, qui avait entendu la remarque de Nicolas, que pour aller à New York, y va falloir vendre une partie de nos fourrures à perte pour se procurer des chevaux.  On peut pas se rendre à New York en canot à partir d’icitte autrement, sans retourner sur nos pas.

 -On pourrait se rendre à la Potomac pis de là descendre jusqu’à à New York, non ?

 – Oui ça peut se faire.  T’as peut-être raison.  Parce que si on fait comme l’année passée, le temps va nous manquer pour se rendre avant la fin de l’année.  On est déjà rendu au 22 juin.  Revoyons ça dans quelques jours.  Mais y nous faut absolument savoir si Pondiac a réussit à rassembler les sauvages de partout.  Répond Jean Baptiste.  Ah bin, regardez-donc ce qui nous arrive par la rivière !

       Un groupe de sauvages approchait du portage.  Tous les coureurs de bois ramassent leur arme qu’ils couchent sur leur avant bras.  Ces sauvages sont des membres de la tribu des Loups que Jean Baptiste a rencontrés l’année précédente.  Il s’avance pour accueillir la vingtaine d’indiens.

 – Mes frères indiens sont loin de la Susquehanna.  Leur dit-il en faisant le signe de paix.

 -Mon frère Canayen veut peut-être se joindre à nous pour lever des chevelures anglaises.  Propose celui qui semble être le chef.

 -On peut en parler en fumant du petun.  Répond Jean Baptiste.  Et il se retourne pour rejoindre son groupe autour du petit feu qu’ils ont allumé à leur arrivée.

       Le chef emboite ses pas et est suivit par les indiens qui ne s’occupent pas des canots.

       On leur distribue du tabac,  Les Lefebvre apprennent durant ce « palabre » que les indiens arrivent de partout et s’apprêtent à attaquer le fort Pitt.

 – Mes frères les Loups ont donc décidé de se joindre à Pondiac.  J’en suis heureux. Connaissant le courage des Lenapes, le fort Pitt résistera pas longtemps.  Les Canayens n’ont qu’une parole.  Ils attendent seulement que les forts soient tous pris pour se joindre à leurs frères sauvages.  C’est ce que « yeux de fer » a promit à Pondiac et c’est ce que les Canayens vont faire.  Ils combattront aux côté de leurs frères avant l’automne.  Déjà le Fort Michilimakinac et le fort de la Baie des Puants sont aux mains de Pondiac.  Les Anglais ont peur et ne savent pas comment réagir. Si mes frères font rapidement, tout sera terminé avant qu’ils ne se réveillent de leur stupeur.

 -Ils ne pourront pas sortir de leur stupeur.  Nous les attaquerons rapidement, de tous les côtés.  Ils ne peuvent pas imaginer ce qui les attend.  Où mon frère se dirige-t-il pour l’instant ?

 – Nous allons à New York rejoindre « Yeux de fer ».  C’est là où nous attendrons les résultats de la guerre.  Nous rejoindrons ensuite Pondiac qui doit s’emparer du Fort Détroit.  Mais nous devrons faire vite si nous ne voulons pas manquer le rendez-vous.  Ce sera difficile puisque nous n’avons pas de chevaux.

 – Nous avons des chevaux plus haut sur la rivière.  D’autres braves les gardes parce que nous manquons de canots.

– Nous pourrions peut-être échanger nos canots pour vos chevaux, si mon frère à besoin de canots.  De combien de chevaux s’agit-il ?

 -Il y a seize chevaux et seize braves qui n’ont pu nous suivre.

 -Le « Maître de la vie » protège bien mes frères Loups.  Nos deux canots peuvent aisément suffire pour vos seize guerriers et vos chevaux sont exactement le nombre que nous avons besoin pour nous et nos bagages.

 -Nous pouvons échanger les canots qui transportent douze coureurs de bois pour douze chevaux; mais les quatre autres devront être échangés pour autre chose.

 – Nous n’avons malheureusement rien d’autre à donner en échange.  Le chef ne doit pas profiter de son avantage sur ses frères Canayens.

 -Je vois quelque chose que mon frère pourrait offrir en échange pour les quatre chevaux.  Riposta l’indien en fixant le feu.

 – Si je peux satisfaire le brave guerrier que je vois devant moi, cela me fera plaisir de le faire.

         L’indien relève les yeux et se retourne vers Nicolas.  –Tu as de très beaux pistolets lui dit-il.

 – Merci chef, murmure Nicolas en frissonnant intérieurement.

 –  Le chef a des yeux agiles.  Sourit Jean Baptiste.  Mais un seul de ces pistolets vaut beaucoup plus que huit chevaux.

 -Mon frère blanc a raison; mais il est difficile de charger un pistolet avec un grand nombre de ballots de fourrures.  C’est plus facile de le charger avec un petit peu de poudre.

 -Je pourrais peut-être convaincre Nicolas, mon frère, de te donner un de ses pistolets pour les quatre chevaux dont nous avons besoin.

 –Si mon frère blanc réussit cela, l’entente est conclue.  Les deux canots plus le pistolet, pour les seize chevaux.

       Jean Baptiste se lève et prend Nicolas par le coude et l’amène à l’écart.

-Tu voulais qu’on aille à New York tout de suite, voilà l’occasion.  Donne-moi un de tes pistolets et je t’en rachète un identique à New York.  Seize chevaux vaudront beaucoup d’argent lorsque nous arriveront dans la région de la Chesapeake.  Il y en aura quatre qui seront à nous deux; du bon profit net.

      Nicolas, sans répondre, lui tend un de ses pistolets.

-Voilà chef.  Mon frère accepte de réjouir ton cœur et te donne ce pistolet.

-Deux de mes braves vont vous raccompagner jusqu’aux chevaux.

      L’indien prend le pistolet et se retourne vers ses guerriers.  Le tenant à bout de bras, il lance un cri strident qui manifeste sa joie pour la transaction.  Il donne ses instructions à deux de ses braves qui embarquent dans chacun des canots de nos coureurs de bois.

      Avant de partir, Jean Baptiste donne un conseil au chef des Loups :

-Si le chef ne peut pas prendre le fort d’un seul coup, y doit s’attendre à ce que les Anglais du fort fassent une sortie pour effrayer ses guerriers.  C’est leur façon normale de se battre.  Mon frère doit être prêt à ce genre d’attaque.

       L’indien répondit en serrant l’avant bras de Jean Baptiste, et il se retourne pour s’engager sur le sentier du portage.  Le groupe de trappeur est certain qu’éventuellement, le Fort Pitt va succomber aux sauvages.  Ce qui n’est pas pour les rassurer.

      Cette même journée du 22 juin, les sauvages attaquent le fort Pitt.  Quelques jours plus tard, le Capitaine Simeon Écuyer, commandant du fort, écrit à Henry Bouquet que sa situation n’est pas périlleuse, même si les sauvages tirent sur le fort à chaque jour. Cependant, écrit-il, la variole a commencé à frapper ses soldats, l’obligeant à organiser un hôpital pour les soigner et enrayer l’épidémie possible.

     Le 24 juin, le chef des Lenapes (Delawares) appelé Kitchy ou Cœur de tortue, se présente au fort pour négocier avec le commandant Écuyer.  L’indien lui apprend que les Forts Presqu’iles, Venango, LeBoeuf et Michilimakinac sont tombés.  Il somme le Capitaine de livrer le fort Pitt parce qu’une grande armée de sauvages approche pour massacrer tous ses défenseurs.  Il l’assure de son amitié envers les anglais et lui promet de les protéger si le fort lui est rendu.  Le Capitaine refuse énergiquement; mais  souligne quand même son amitié avec les Delawares en faisant cadeau au chef de deux couvertures et d’un mouchoir, qu’il a prit à des malades de l’hôpital.  Il veut répandre la variole parmi les attaquants.

     Pendant la durée du siège du Fort Pitt, des incursions de sauvages s’étendent partout dans la région pour massacrer les colons anglais résidents.  Chez ces colons on trouve également des malades atteints de la variole.  Ce qui sert aujourd’hui, à expliquer, mais surtout à couvrir la responsabilité des anglais, face à l’épidémie de variole qui frappe les attaquants du fort Pitt.

    Lors de ce conflit, les indiens respectent leur parole donnée à Michel Lefebvre.  Aucun colon Canayen n’est agressé, ni volé.  Lorsqu’on leur prend de la nourriture, on les paie avec des « reconnaissances de dettes » marquées sur des écorces de bouleaux.  Longtemps après la fin de cette guerre, les indiens honoreront toujours ces documents détenues par les Canayens et données par Pondiac ou ses chefs.  Il est indéniable que la parole donnée et la droiture morale sont beaucoup plus honorée et honorable chez les indiens que chez les Anglais.  Par contre, autant les guerriers de Pondiac appellent les anglais : « les chiens d’habits rouges », ceux-ci les qualifient de « vermine » et de « race abominable ».

    On retrouve dans les archives deux lettres au sujet de cette épidémie de variole.  L’une d’Amherst suggérant l’infection des sauvages au moyen de couvertures, et une réponse de Bouquet, indiquant qu’il allait expérimenter cette tactique tout en prenant soin de ne pas s’infecté lui-même.  L’accusation envers les Anglais n’est donc pas une légende.

    Le 24 juin, fin d’après midi, nos trappeurs voient surgir de la forêt vers leur campement, neuf soldats anglais en très piteux état.  Ils marchent depuis six jours, venant du Fort Le Boeuf. 

 Celui qui les commande, l’enseigne Georges Price, apprend à Jean Baptiste la chute de ce fort, du Fort Presqu’île et du Fort Venango. 

      Les coureurs de bois les nourrissent et acceptent de les accompagner jusqu’au fort Pitt.  Le lendemain, les soldats ont pu se reposer et reprendre quelques forces.  Ils ne cessent de remercier ardemment les Canayens.  Tout le groupe se met en route et arrive au fort le lendemain avant midi.  Jean Baptiste rencontre le chef indien à qui il a donné le pistolet; et pendant qu’il converse avec lui, les autres trappeurs font entrer les soldats dans le fort.  Les indiens ne s’y objectent pas.  Ces soldats sont beaucoup plus chanceux que les deux qui parvinrent à se faufiler et se traîner jusqu’aux portes du fort Pitt le même jour, quelques heures après l’arrivée des Canayens.  Ces soldats sont les deux seuls survivants du Fort Presqu’île.

     La troupe des Lefebvre ne repart que trois jours plus tard.  À la sortie du fort, Jean Baptiste ne manque pas d’aller saluer le chef des Loups, et tout le groupe s’éloigne le long de la rivière Malengueulée.  Le troisième jour, Jean Baptiste ainsi que deux autres trappeurs commencent à ressentir des malaises.  À la fin de la journée, ils sont, tous les trois, atteints d’une fièvre et de nausées qui les obligent à s’aliter.  On installe un campement pour quelques jours afin de leur permettre de se remettre.  48 heures plus tard, les malades sont encore en plus mauvais état.  On construit une hutte plus à l’écart où le groupe continue de les soigner.  Le même soir, Nicolas remarque des taches rouges sur la peau de son frère.  Il est maintenant fixé : Jean Baptiste et les deux trappeurs sont atteints de la variole.  Comme Nicolas et Joseph avaient déjà contacté cette maladie étant plus jeune, ils sont immunisés.  Un seul autre trappeur n’avait jamais eu cette affliction.  On lui propose de quitter le groupe pour sa sécurité, mais il refuse.  On lui interdit de s’approcher des malades et de ceux qui les soignent.

      Sept jours plus tard, Jean Baptiste reprend des forces quelque peu.  Le lendemain, les deux autres trappeurs rendent l’âme.  Toute la troupe est affectée.  On prend, rapidement, les dispositions pour incinérer les corps.  On brûle également tous leurs vêtements.  Ceci étant fait, la troupe récolte le reste des bagages et quitte l’endroit le plus rapidement possible.  Ce soir-là, les trappeurs montent le campement près de la rivière et tous se lavent et lessivent leur linge.  On nettoie également tout l’équipement.  Quatre coureurs de bois entreprennent de, même, laver les chevaux.  Les autres rincent en plus les ballots de fourrures pourtant très bien enveloppés dans des « prélarts » qui les protègent de la pluie.

       On prend huit jours de plus, pour laisser Jean Baptiste récupérer et pour s’assurer que personne d’autre n’est infecté. Finalement le 18 juillet on n’est encore qu’à une distance d’une seule journée, du Fort Pitt.  On remonte en selle et on repart.  Le lendemain après-midi, voyant la fatigue de Jean Baptiste, Nicolas propose de monter le camp.  Personne n’est plus pressé d’arriver à destination.  Le moral est assez bas dans le groupe.  L’un des trappeurs réussit à tuer un  chevreuil vers la fin de la journée.  Les dix hommes se cuisinent un repas de viande qui remonte leur résolution quelque peu.  On vide une bouteille de whisky, ce qui ne fait pas de tort non plus.  Le lendemain, on mange le reste du chevreuil et le moral remonte doucement à son niveau normal.  On campe encore quatre jours au même endroit parce qu’on parvient à tuer un wapiti et un autre chevreuil, dont on fait sécher la viande. 

       Jean Baptiste se rend compte qu’il n’est plus apte à continuer le voyage. On le fait raccompagner par deux coureurs de bois qui le ramèneront à Cap Santé. Ses deux frères regrettent énormément le départ de Jean Baptiste ; mais ils voient bien que celui-ci ne pourra jamais survivre au long voyage qui les attend et ils l’encouragent à partir.

       Les vivres assurés pour une semaine, les sept coureurs de bois qui restent du groupe, décident enfin de partir vers l’Est, sachant qu’ils doivent croiser le fleuve Potomac, éventuellement.

-Je commence à regretter d’avoir échanger nos canots pour des chevaux.  Remarque Joseph.

-Ouais !  Approuve Nicolas.  Y’a rien comme de voyager en canot.  Le cheval c’est trop lent.  Sans parler de mon pistolet qui s’ennuie de son copain.  Ajoute-t-il.

-On est le 24 juillet et on n’a pas vraiment avancé depuis trois semaines.

– Y’ a plus rien qui presse, Jos.  On sait que les sauvages se sont rassemblés pour la guerre, qu’y ont capturé des forts et que leur révolte est, pour l’instant, en train de réussir.  Y nous reste qu’à attendre la réplique des Anglais pour prendre position. On devrait être fixé avant d’arriver chez Michel.

     Lorsqu’ils conviennent de monter leur campement, cet après-midi là, deux chasseurs étrangers s’y présentent.  L’un deux nommé Jacques Godefroy dit qu’il arrive du Fort de Chartres et qu’il porte un message du commandant Neyon pour Pondiac.  Nicolas lui apprend que le chef Odawas n’est pas au fort Pitt, mais au fort Détroit.  Les deux chasseurs passent le reste de l’après-midi en compagnie des Lefebvre.  Ceux-ci apprennent que les Français n’enverront aucun renfort pour aider Pondiac.  Les chasseurs repartent au couché du soleil; et malgré que Nicolas les assure que les sauvages ne s’attaquent pas aux Canayens, ils décident de traverser la rivière pour éviter le site du Fort Pitt.  Ils arriveront au Fort Détroit deux jours plus tard sans avoir dormi depuis trois jours.

        Une semaine plus tard, notre groupe traverse un avant poste anglais appelé Bushy Run.  Ce que nos coureurs de bois ne savent pas est que, ce même jour, les sauvages du fort Pitt apprennent que le colonel Henry Bouquet est en route pour délivrer le Fort Pitt. Les chefs indiens décident alors de lever le siège et de tendre une embuscade aux soldats Anglais.  La maladie a fait des ravages parmi eux, mais une bande de près de 400 sauvages se met en route pour venir se cacher et attendre les soldats de Bouquet un peu plus loin que Bushy run.  Ils y arrivent le 4 août.

        Deux jours après leur passage à Bushy run, soit le 3 août,  nos trappeurs rencontrent la troupe de Henry Bouquet.

 

       Celui-ci les intercepte afin d’obtenir des renseignements sur le fort Pitt.  Nicolas et Joseph sont reçus assez sèchement par l’irascible Bouquet.  Il connaît déjà la perte des quatre forts mentionnés plus haut; mais remercie tout de même les Lefebvre, pour l’aide apportée aux soldats du Fort Le Boeuf.  Il se renseigne également sur les stratégies  de guerre employées habituellement par les sauvages.  Joseph lui apprend qu’une seule stratégie est toujours adoptée : l’embuscade.  Quelque soit la batailles, un groupe de sauvage tente toujours d’encercler l’ennemi pour les canarder, dissimulé derrière des arbres.  Ils vont aussi souvent tendre un piège en simulant la retraite pour inciter à la poursuite et amener les poursuivants dans l’embuscade qu’ils ont camouflé.

       Henry Bouquet, qui a étudié la défaite de Braddock, bataille qui s’est déroulé justement dans la région où il se trouve actuellement, saisit assez rapidement ce que les deux Canayens lui expliquent.

       Le lendemain Bouquet lève le camp et reprend la direction du Fort Pitt.  Le 4 août, vers 1hre de l’après-midi, Bouquet est assailli à Turtle creek, un peu avant Bushy run.              

L’assaut surprise des indiens est terrible.  Plusieurs soldats sont tués.  Bouquet regroupe son monde sur une petite élévation et forme le carré.  Durant la soirée, il planifie sa riposte.  Le lendemain tous ses soldats sont au fait, et tous se mettent en place.  Lorsque les indiens attaquent, le centre de la formation anglaise donne des signe de faiblesse.  Les indiens se jettent sur eux pour percer la formation.  Les soldats reculent et donnent l’impression de retraiter.  Lorsque la charge des indiens les jette là ou Bouquet les voulait, le régiment d’écossais, commandé par le major John Campbell, cachés dans les arbres de chaque côtés de la formation, sort du bois baïonnette au canon.  C’est la débâcle des sauvages, vaincus par leur propre stratagème.

 

      Bouquet s’assure de la sécurité des environs de Bushy run et ne rejoint le Fort Pitt que le 21 aout, soit quinze jours plus tard. On se demande pourquoi, encore aujourd’hui, puisqu’il se trouve à quatre jours de marche.

      À la fin octobre, la teneur des lettres arrivant du Fort de Chartres, de la part des Français, se répand parmi les indiens.  Elles encouragent les sauvages rebelles à mettre fin aux hostilités.  Quant la nouvelle, que les Français ne viendront pas à leur aide, est connue, plusieurs tribus indiennes se retirent de la coalition.  On conseille, aussi dans ces lettres, aux habitants canadiens qui désirent demeurer sous le régime français, de déménager à l’ouest du Mississippi.  Quelques mois plus tard, on apprendra que ce territoire à été vendu secrètement à l’Espagne qui a toujours été détestée par les Canayens. Les habitant de la région vivront un sentiment de trahison.  Ceux de la région de Détroit acceptent de vendre 8000 livres de blé au Fort Pitt qui en a énormément besoin.

      En début septembre, Nicolas et Joseph, avec leur groupe traversent le Fleuve Potomac.  Trois semaines plus tard ils sont près de la rivière Hudson et arrivent chez Michel qui apprend la maladie de son frère aîné.  La peine, provoquée par son absence, est un peu atténuée par le fait que quelques mois auparavant, Marie Louise a donné naissance à un fils qui semble en pleine forme.  Les deux « nouveaux oncles » ne se lassent pas de jouer avec le petit rejeton.  Il est le deuxième garçon de cette génération portant le nom de Lefebvre.  Le premier est le fils de Joseph né en 1758, appelé comme son père : Joseph. 

      Au fils de Michel, on donne le prénom de Pierre.

 Amicalement

                                                                                 Elie l’Artiste

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