Les souliers d’beu(35); Les guerres mondiales!

      Louis Delphis Lefebvre fils de Martin Thomas est né le 26 février 1889 à Montréal et est décédé le 22 février 1948.  Il a donc vécu cette période historique incluant les deux guerres mondiales de 1914/18 et 1939/45.

 

      Il n’a pas participé à ces guerres comme soldat.  Il semble qu’il fit un voyage dans l’Ouest Canadien vers 1912.  Qu’allait-il y chercher, on ne le sait pas.  Il est fort probable qu’il allait vérifier s’il était intéressant pour lui, de s’installer sur une terre de l’Ouest.  Il revint un an plus tard pour reprendre son métier de plâtrier, s’installer à Montréal et épouser une jeune fille de 18 ans nommée Léontine Clavette.

Certains événements de 1912 dans l’ouest Canadien :

29 Avril : Élection générale au Yukon.

11 juillet : Élection générale en Saskatchewan de 1912.  Le libéral Thomas Walter Scott est réélu.

Septembre, premier Stampede de Calgary.  L’événement va se répéter annuellement.

         Delphis n’a probablement pas manqué ce premier « Stampede ».

        La guerre 14/18  est la première guerre TOTALE de l’histoire.  Elle résultera en un transformation complète de l’économie mondiale.  Les grandes fortunes de marchands producteurs s’instaurent.  Les grandes banques se retrouvent au seuil du pouvoir.  La société de consommation n’apparaîtra qu’après la deuxième guerre TOTALE.

       Par contre, le travail pour les femmes est multiplié durant cette première guerre. « L’émancipation » de la femme, qui devient maintenant sujet à l’exploitation de sa main d’œuvre est lancée.  Curieusement, elle se croit, maintenant, plus « libre ».

      Le travail simple et « répétitifs » s’installe dans les usines de production.

      Les besoins militaires obligent les gouvernements « centraux » à s’accaparer de plus grands pouvoirs qu’ils garderont à la fin de la guerre.

      Tous ce qui est énuméré plus haut a augmenté leur importance et leur richesse au moyen de la première guerre mondiale.  Fallait-il se surprendre qu’il en ait une deuxième, 21 an plus tard ?  Je ne pense pas.

      Les emprunts européens durant la première guerre mondiale se font principalement auprès des USA.  C’est le début de la « main mise » de ceux-ci sur l’économie européenne.  La deuxième guerre leur donnera le pouvoir sur l’économie mondiale.

 

     À la bataille de Verdun, les Français perdent environ 3000 héros par jours et les pertes allemandes sont équivalentes.  Peut-on identifier les responsables de ces pertes comme des héros, eux aussi ?  Certainement pas.  À moins que l’un des deux antagonistes soit celui qui est responsable de cette guerre.  Je vous laisse allez leur demander vous-même, je connais déjà la réponse : Aucun d’eux n’est « le » responsable !  C’est à peu près comme de demander de chaque côté de la rue, où est l’autre côté, en croyant finir par mettre la main dessus.

     Les USA s’impliquent en avril 1917; trois ans après le début des combats.  Ils ne doivent pas être très essoufflés. C’est, cependant, une très bonne stratégie pour devenir un « sauveur ». 

     La prise de Vimy par les Canadiens le 9 avril 1917(en trois jours) est devenue un symbole de la force du Canada et de la capacité des Canadiens de gagner un objectif sans l’aide des Britanniques.

     En fait la position avait été attaquée plusieurs fois par les Français et les Anglais, sans autre résultat que la perte de 150,000 hommes.  Les Canadiens n’adoptent pas la tactique de « chair à canon » des armées européenne.  Ils se préparent comme jamais une planification n’a encore était faite.  Même les caporaux sont mis au courant du développement de la bataille.  Un va et viens, vers le front, rapporte des renseignements très précis à courte intervalle.  On incorpore des unités spéciales sachant se servir de l’artillerie ennemie.  Cela empêche de retarder l’avancée des soldats en traînant leurs propres armes lourdes.  On se sert des grosses pièces enlevée à l’ennemi.  De cette façon on peut défendre le territoire acquis et repousser les contre-attaques qui ne peuvent manquer de venir.  Des tunnels sont creusés pour s’approcher sans être sous le feu des allemands.

Voici l’histoire de cette bataille :

     Comme prévu, le 29 mars 1917, l’artillerie ouvre le feu afin de détruire les places fortes et les batteries allemandes.  Le 2 avril, toute la puissance des 983 pièces entreprend de détruire routes, tranchées et lignes de communication.  Le 8 avril, les hommes se préparent à l’assaut.  Le lendemain matin à 04:00, 30 000 hommes prennent position sur le front à 100 m des Allemands.  À 05:30, un canon retentit au loin.  C’est le signal. L’enfer se déchaîne sur le champ de bataille.  Toute l’artillerie disponible, appuyée par les mines souterraines bourrées d’explosifs, font voler en éclat les positions allemandes.

    L’infanterie, protégée par le barrage d’artillerie, se lève et fonce vers les tranchées ennemies.  L’artillerie fait pleuvoir les obus sur la première ligne pendant trois minutes, puis avance leur tir de 100 m toutes les trois minutes au fur et à mesure que l’infanterie suit à trois minutes d’intervalle.

     Les Allemands sont totalement pris par surprise dans leurs abris et n’ont pas le temps de regagner leurs postes avant que les soldats canadiens, particulièrement adeptes de la baïonnette, ne leur tombent dessus.  La première ligne est prise sans difficulté.  Déjà, à 06:25, les divisions 1, 2 et 3 ont pris 750 m de terrain.  Comme prévu, les réservistes enjambent le front et prennent la relève, pendant que ceux qui attaquaient se reposent.  Arrivés ainsi au sommet de la crête, les Canadiens peuvent voir les Allemands qui dévalent la pente orientale.

    La 4e Division a des difficultés à s’emparer de la côte 145, point le plus élevé de la crête.  À 18:00, la 11e Brigade prend la côte d’assaut et celle-ci tombe en fin de soirée.  Le 12 avril à 06:00, le « Bourgeon » est sécurisé.

    En somme, le combat s’est déroulé suivant le plan d’attaque du Comandant Byng.  Seule la prise de la cote 145 a exigé plus de travail que prévu.  Les Canadiens sont maîtres de la crête au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés.  Ce qui est un peu mieux que 150,000 morts sans résultat positifs.  La tactique canadienne est plus efficace que l’habituelle tactique européenne qui prône : « Ils vont finir par manquer de balles ! »

    Le premier conflit mondial est une réussite totale : 10 millions de morts.  C’est un record jamais égalé encore à l’époque.  L’Europe sort ruinée de la guerre mais certains individus en sortent mille fois plus riches.  L’argent américains prend le contrôle de l’Europe dévastée.  L’Allemagne, où aucun combat n’a eu lieu, donc qui n’est pas ravagée, doit cependant payer un remboursement de 132 milliards de mark-or.  Son économie n’est pas plus enviable que celle des autres pays.  60 millions de personnes se sont entretuées pour atteindre cet objectif.  C’est l’une des plus importantes démonstrations de « solidarité  humaine » manipulée par une minorité détenant le pouvoir.  On est loin de l’héroïsme individuel où un être humain accepte la responsabilité de ses actes personnel.  10 millions de morts pour défendre l’opinion de certaines entités au pouvoir.  Il est impossible d’être plus « solidaire ».  Par contre, peut-être y parviendrons-nous bientôt avec le genre de « conditionnement » que nos enfants subissent.

    Suite à cette guerre, quatre empires s’effondrent.  Les anciennes puissances européennes qui semblaient indestructibles, disparaissent.  L’URSS en émerge.  Les USA, le Japon et la nouvelle URSS peuvent maintenant contester la domination des pays européens.

     Il y a 650,000 Canadiens qui participent à cette première guerre mondiale; près de 70,000 y restent.  Paul Métivier est parmi ceux qui en reviennent.  Cachant son jeune âge (16ans) il s’enrôle comme artilleur dans l’armée canadienne.  Il sert en Belgique et en France avant que l’on découvre son jeune âge et qu’on le mute en Angleterre pour l’éloigner du front.  Il décèdera à l’âge de 104 ans et recevra la légion d’honneur en 1998.  Plusieurs héros canayens vivront la même aventure.  La plupart sont inconnus.

     Le conflit débute avec l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche, par un étudiant nationaliste serbe bosniaque, à Sarajevo.  Cet assassinat coûte 10 millions de morts à l’humanité, ainsi que la liberté de tous ceux qui vivent par la suite jusqu’à aujourd’hui.  Après une telle constatation, je n’ose pas poser la question : Est-ce que ça prend un événement extrêmement grave pour provoquer une guerre TOTALE ?  La réponse m’effraie énormément.

     Le recrutement du côté « Canayen » se fait avec ce genre de publicité :

 

        C’est ce  genre de « pancarte » qui a coûté la vie de 70, 000 Canadiens, et la science du « Marketing » n’existe même pas encore.  Il y a plus de 6 milliards d’humain sur la planète.  Je me demande ce que coûtera le prochain conflit TOTAL ?

       Suite à la première grande guerre, arrive la Grande Dépression.  On l’appelle également « la crise de 1929 ».  Elle se prolonge, plus ou moins jusqu’à la seconde guerre mondiale.  Cette dépression est habituellement expliquée par une « déflation » qui implique une baisse du prix des produits et par une « explosion de chômage ».

      Il faut comprendre que les prix d’un produit baisse, normalement, quand le produit n’est pas « acheté » et que s’installe une surproduction.  Ceci provoque une baisse des emplois, donc une augmentation du chômage.  Le prix du produit peut également se diriger « à la baisse » lorsque le coût de production est réduit par des techniques plus efficaces de production.  Par contre, il est bien évident qu’une technique plus efficace de production nous amène éventuellement à une surproduction, et une « déflation » peut s’en suivre.  Le seul moyen de parer à cette éventualité, est d’améliorer les techniques de « préservation du produit », tout en régulant la quantité de produit livré sur le marché.  Mais, alors là, le producteur à l’impression de perdre les profits qu’il envisageait pour sa production, puisqu’il est obligé de retarder sa mise en marché.  La solution est assez simple.  Il lui faut développer de nouveaux marchés.  C’est d’ailleurs ce que Nixon est aller faire en Chine en tant qu’ex-président des USA.

 

      Lorsque ce développement technologique est à son maximum, la déflation re-pointe son nez et l’économie est, encore une fois, face à un problème grave.  La cause de tout le problème est, quand même, assez facile à discerner.  C’est « la soif des profits anticipés » qui est responsable de tout.  On « entrepose » les surplus de production pour garder les prix élevés et on met sur le marché plus que nécessaire pour couvrir les nouveaux marchés.  Cette course aux profits va éventuellement faire s’effondrer l’économie mondiale; et nous n’avons même pas encore parlé de spéculations de produits virtuels.  Ce que nous ne ferons pas, puisque ce n’est pas le sujet actuel.

     Donc la « Grande Crise » se pointe, le prix des produits diminuent, mais au même moment, le chômage se généralise.  Donc, malgré les prix dérisoires, personne ne peut acheter et tous se retrouvent dans un état où les nécessités de base sont hors de portée.

     Vous avez compris, j’espère, que cette situation de crise est beaucoup plus critique pour les habitants des villes que ceux de la campagne.  Ces citadins qui anticipent un salaire hebdomadaire pour leur main-d’œuvre au lieu d’un revenu annuel pour le travail de ferme.

     Delphis qui travaille à Montréal, prévoit ce qui approche; et il va s’installer sur une terre à l’Épiphanie, entre Montréal et Berthier.  C’est là où sa famille  traverse la crise de 29.  Les autorités sont obligées de distribuer des « coupons » pour assurer la nourriture de la population.  Chaque famille reçoit une certaine quantité de « coupons » leur permettant de s’approvisionner.

     Léontine a, évidemment elle aussi, droit à ses coupons; mais que peut-elle faire des « coupons » qui lui assurent son beurre quant elle le fabrique elle-même ?  Que peut-elle faire des « coupons » de lait, quand sa vache l’approvisionne ?  Elle les donne ou les échange tout simplement.  Sur la terre, ils ont un petit bâtiment qui s’appelle la « laiterie ».  C’est là où Delphis et son fils Joseph suspend la viande pour la faire « vieillir ».  La viande en question est évidemment, du chevreuil.  Lorsque la réserve diminue, on part de bon matin, dans le bois au bout de la terre et on revient avant midi avec de la viande pour un bon moment.

Le menu de la famille est :

Le matin : Un peu de terrine de chevreuil avec du « pain de ménage ».

Le midi : Une soupe au légume suivit de quelques tranches de cuissot de chevreuil.

Le soir :… . « -Bin, aweilles-donc un bon steak de chevreuil avec des patates pilées, ma belle Léontine ! »

      Ils chauffent la maison au bois et ils obtiennent des coupons pour l’huile à lampe.  Ce n’est pas la misère noire, on en conviendra.

      En ville, les gens arrachent les décorations intérieures en bois pour chauffer.  Là, la misère est pas mal plus foncée.

 

      Au printemps, Léontine, qui connait les herbes médicinales, va les cueillir dans le bois et le Pharmacien passe chaque semaine pour lui acheter sa récolte.

     Pas besoin de dire que les voisins vivent de la même façon.   Il n’est pas nécessaire également de mentionner que ceux qui sont appelés les « quéteux » sont bien reçus chez ces familles de la campagne.

     Assez curieusement, la tradition canayenne veut que les « quéteux » soient des personnages respectés par la population.  La hiérarchie du village part du plus important : le curé, suivit immédiatement du « quéteu officiel » du village qui, évidemment est rattaché au curé.

      La raison principale du respect envers le « quéteu » est qu’il donne l’occasion à chacune des familles de manifester sa « charité chrétienne ».  Il est donc un atout social important.  Évidemment, certains « quéteux » manquent parfois de « respect personnel » et ne se montrent pas à la hauteur de leur « position sociale ».  Habituellement, ils ne font pas long feu et sont obligés de changer de « profession ».

     J’ai ouie dire, par mes ainés, qu’un tel « quéteu » s’est déjà présenté chez Léontine lorsque Delphis était absent.  Après que celle-ci l’eut invité à sa table et lui eut servit un bol de soupe, il se permit une petite familiarité.  Comme une tape sur une fesse, en disant « -Moé j’aime ça une femme bien charpentée ! ».

     Il a dû réviser ses goûts depuis, parce qu’il s’est, tout à coup, senti traverser la « porte de screen » sans touché terre et s’effondrer au pied du petit escalier devant la maison.  Il avait raison, Léontine était très bien charpentée.  Elle était également « La maîtresse de sa maison ».

À suivre

                                                                            Elie l’Artiste

3 pensées sur “Les souliers d’beu(35); Les guerres mondiales!

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    13 février 2011 à 3 03 16 02162
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    Bonjour l’artiste !

    Je doute que le simple assassinat de l’archiduc et héritier au trône d’Autriche soit responsable des dix millions de morts et des destructions , dont tu parles sans compter les mutilés ,les veuves et orphelins de guerre …

    Cette guerre chacun la voyait arriver et les « incidents » se sont multiplié jusqu’en juin/juillet 14…

    Que la majorité des protagonistes ait appartenu à la même famille des aristocraties européennes est un mystère .

    Effectivement la conquête de marchés en Europe ,la possessions des colonies et de leurs ressources ,la recherche des gisements de gaz et de pétrole, se situant sur l’ex empire Ottoman sont premiers , de même que la montée des nationalismes et la revanche de la guerre de 1870 avec la perte de l’Alsace Lorraine … Etc…Etc

    En même temps la guerre de 14 est vécue comme le suicide de l’Europe ..

    Quelle est cette force qui pousse une civilisation à se suicider ? La violence du capitalisme et ses crises ? Je n’ai pas la réponse …

    As tu entendu parler des « zones rouges » ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_rouge_%28s%C3%A9quelles_de_guerre%29

    Amicalement .
    Tk.

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    13 février 2011 à 5 05 42 02422
    Permalink

    Non je n’avais pas entendu parler de cette zone; mais il faut s’y attendre après une guerre d’une telle intensité.

    Il semble que la pollution ne soit pas un gros facteur important lorsque des intérêts financiers sont en jeux.

    Il existe certainement une « éthique applicable » sur le sujet. 🙁

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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    14 février 2011 à 11 11 16 02162
    Permalink

    Super article!
    Ce qui me rappelle les anecdotes de ma grand-mère et de ma mère me racontant la crise à la campagne.
    Justement, « c’était moins pire ».
    Truite, chevreuil, un cochon, quelques poules. On s’arrangeait.
    S’il arrivait une telle crise, je me demande comment cela se passerait.
    Les villes fourmillent mais sont très dépendantes.
    ET qui a les moyens de garder une vache? Et la place?
    On parle des poules en ville. Vancouver a un projet en ce sens. Droit à 4 poules.
    LA « PANCARTE »
    Défendons la liberté…
    On dirait un slogan pour envahir l’Irak.

    Bonne journée!

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