Les souliers d’beu(20) Le voyageur!

 Le voyageur!

Avant de poursuivre, laissez-moi fournir quelques lumières sur la partie de l’histoire qui fut racontée jusqu’à présent, pour éviter d’induire quiconque en erreur.

Tous les personnages, impliqués dans ce récit, ont effectivement existé.  Sauf que le scénario relationnel de certains personnages a créé des liens fictifs entre Michel Lefebvre et Honoré Dubois de la Miltière.  Rien, ni aucun document officiel découvert jusqu’ici, ne confirme que Michel Lefebvre et Honoré Dubois de La Miltière se connaissaient.  De plus, celui-ci a bien eu une sœur appelée Marie Louise, mais elle est décédée en bas âge et ne peut pas avoir vécu avec lui, à New York.

Michel Lefebvre de Cap Santé a, lui aussi, réellement vécu et est vraiment décédé à la date mentionnée, comme le prouve l’écrit du registre de la paroisse de Cap Santé; mais l’épisode de l’attaque par les indiens, sur sa terre de New York, est imaginaire pour l’instant.  Tout autant que la relation entre Michel et Obwandiyag qu’on décrivait dans la révolte de Pondiac.

Ce récit n’est donc pas une solution au mystère généalogique recouvrant l’origine de Pierre Lefebvre, dont il sera question dans la suite du récit.  Tous les personnages ont existé mais leur interrelation n’est basée sur rien d’officiel historiquement.  Par contre, les événements dans lesquels ces personnages évoluent, sont tous historiquement réels et la mentalité des « Canayens » de l’époque est tout à fait exacte.

Le Pierre Lefebvre dont il est question, à partir d’ici, est mentionné pour la première fois dans l’histoire, lors de son mariage avec Marie Josephte Collard, à Terrebonne, Québec, le 4 avril 1785.  On ne sait pas du tout d’où il vient.  C’est sur cet acte de mariage qu’on apprend le nom de ses parents : Michel Lefebvre et Marie Louise Dubois; qui sont, tous les deux, déjà décédés lors de cet événement.

Ce qui suivra est son histoire et celui de ses fils.

Durant les premiers mois après le mariage, rien ne change vraiment dans la vie de la famille Collard. Pierre et Marie Josephte continuent d’habiter chez François Collard. Marie Josephte tombe enceinte assez rapidement et au mois d’octobre elle donne naissance à un bébé prématurément.  Le bébé est ondoyé par le curé Proulx de Terrebonne et décède aussitôt.  Celui-ci mentionne dans le registre que le père, Pierre Lefebvre est « Anglais de nation ».  Ce qui est partiellement exact puisque Pierre est né en Nouvelle Angleterre et qu’il s’exprime aussi bien en Anglais qu’en Français comme plusieurs Anglais de cette époque.  Par contre, les Canayens appellent « Bostonnais » ceux qui vivent en Nouvelle Angleterre.  Ce qui remet sur la sellette, une origine possible de l’Angleterre pour Pierre Lefebvre.

En 1785, les Anglais ont déjà, depuis longtemps, créé la province de Québec.  La première modification de ses frontières fut réalisée en 1774 par l’Acte de Québec, qui les repousse vers le nord pour inclure les zones de pêche du Labrador et les zones de la traite des fourrures des Grands Lacs.  Toutes ces frontières ne dérangent pas tellement les Canayens qui continuent de voyager partout où ils le désirent sans s’en préoccuper.

Après la révolte de Pontiac, les autorités Anglaises considèrent la région des Grands Lacs et les territoires au-delà, comme étant « La terre des indiens » dont personne ne peut s’approprier.  En réalité, ces terres deviennent une région où les « coureurs de bois » peuvent exercer leur trafic sans aucune entrave.  Au début, cela fait l’affaire de tous les Québécois Canayens, qui continuent de se livrer à la traite des fourrures comme ils l’ont toujours fait jusqu’ici.  La révolution américaine viendra, éventuellement, perturber la situation.

Il faut bien saisir le fait que les « Canayens » sont parfaitement imbibés de cette notion de liberté individuelle qui fut goûtée, pour la première fois, par le premier des « coureurs de bois » : Étienne Brulé.

(Brulé accueillit par Champlain)

Étienne, encore adolescent en 1610,  avait été envoyé, en mission spéciale, par Champlain pour apprendre la langue et les mœurs des sauvages.  Il fait beaucoup plus que cela, il adopte leurs mœurs, leurs coutumes, leur façon de penser et leur mode de vie.  L’enfant Étienne Brulé que Champlain avait envoyé, n’est pas du tout l’homme Étienne Brulé qu’il recouvre.

Cet homme est maintenant tellement différent, que Champlain ne parvient plus à lui imposer sa vision personnelle.  Lorsqu’il veut le faire, Étienne disparait dans la forêt et Champlain ne le revoit jamais plus.  Par contre, il est bien connu qu’Étienne Brulé vécu, ensuite, plusieurs années avec ses « frères » amérindiens.  Il est devenu Huron.

La majorité des « Canayens » à l’époque de ce récit, 175 ans après Étienne Brulé, sont imprégnés de cette même influence venue des « sauvages ».  D’ailleurs, c’est ce que racontent plusieurs auteurs de l’époque.  Ils remarquent que, contrairement à toutes les autres sociétés qui veulent copier la culture française, au Canada ce sont les Français qui se convertissent rapidement à la culture des « sauvages ».  C’est ce facteur qui a donné naissance à la mentalité « Canayenne ».

Malheureusement, cette mentalité « Canayenne », qui est de jouir du moment présent avec les moyens disponibles à l’instant présent, ne les prédisposent pas à l’accumulation de richesses.  Ils ne possèdent donc pas les fonds nécessaires pour mettre sur pied un système commercial économique lorsque le capitalisme commence à s’imposer.

Le « coureur de bois » ayant remplit ses poches d’argent après une tournée de traite, devient aussitôt, très libéral.  La plupart assurent le nécessaire à leur famille jusqu’à la saison suivante, mais le surplus est rapidement dépensé en « plaisir de vivre », cadeaux et vêtements « chics ».  Peut-être est-ce là la raison de la longévité surprenante de la majorité de ces femmes et de ces hommes lorsqu’ils parviennent à éviter la mort violente.  Ils aiment la vie, s’amusent tout le temps et vivent intensément les plaisirs qu’ils se permettent continuellement.

Même les dangers leur sont une source de satisfaction personnelle.  Il n’y a pas de plus amusant pour eux, que de « sauter des rapides » en canot, et il n’y a pas plus drôle qu’un canot qui se renverse dans un rapide.  Il y a bien des noyades parfois, mais vivre intensément a un prix et la bravoure n’existe pas, là où il n’y a aucun danger.  C’est là, la base de la façon de penser du « Canayen » de l’époque.

Les « hommes d’affaire » anglais ne seront pas les soldats de l’armée anglaise restés au Canada.  Ce seront plutôt des aventuriers de tout acabit, venus d’Angleterre, qui se chargeront de créer le système économique basé sur la traite et ensuite sur l’industrie du bois.  Ils seront appréciés socialement à cause de l’argent qu’ils accumulent et non à cause de leur valeur morale.

-Pis, mon Pierre, demande le père François. Qu’est-ce que tu as l’intention de faire cette année ?

 – Je l’sais pas l’père.  Ça dépend des forces de Marie Josephte.

– Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça.  Josephte est comme sa mère; elle est solide. C’est une vraie Canayenne.

-Ça, j’sais ça, l’père.  Mais c’que j’voudrais faire n’est pas tellement facile pour une « créature ».

– Qu’est-ce qui te tracasse, mon gars ?

– Vous l’savez, j’ai pas pu retrouver ma famille à Yamachiche.  J’pense que je vais essayer de trouver où y sont rendus.

-Tu fais maintenant partie de ma famille à moi, Pierre; mais je comprends ce que tu ressens.  D’un autre côté, des Lefebvre il y en a toute une  flopée au Québec.  Il y en a à Baie du Fèvre, à Louiseville, à Laprairie, à Montréal, en fait, il y en a partout.  Ça va être difficile de trouver les tiens.

-Ça c’est cartain; mais des familles Lefebvre avec cinq frères portant les noms de Jean baptiste, Joseph, Nicolas, Michel et François, y doit pas en avoir tant que ça.

-Tu vas être surpris en sacré-ieu, parce que Jean Baptiste c’est le nom du tiers de la population, Joseph c’en est plus que celui du tiers, des Michel Lefebvre, j’en connais encore au moins trois ou quatre toujours vivants, et des François, il en pleut toutes les semaines.  Il n’y a que Nicolas qui soit moins fréquent; et encore.

– Bof !  J’viendrai bin à bout de les trouver.  J’en ai parlé un peu à ma femme et elle est d’accord pour qu’on parte au printemps.  On va commencer par Montréal.  Y’a de la construction là-bas.  J’vais me trouver du travail et je pourrai chercher en même temps.

– Tu vas faire quoi avec tes amis indiens qui viennent ici constamment pour te voir.  Comme s’ils avaient peur que je te maltraite.

           Pierre sourit devant l’aveu presqu’évident que le père François, malgré son comportement amical avec eux, n’était pas tout à fait rassuré devant les mines « spéciales » de ses amis Mohawk.

-J’pense pas qu’y vont m’causer des problèmes.  Quand je vais travailler, y vont m’attendre et, en plus, ils font de très bons gardes-du-corps pour ma belle Josephte .

– Ça c’est vrai; même si je ne comprends pas comment elle peut se sentir tellement à l’aise avec eux.

-C’est parce qu’elle les connaît et qu’elle les comprend.  Y’a pas à avoir peur des indiens quand « on sait vivre », comme ils disent.  Pour eux, l’homme est un produit de la nature; il doit en tenir compte et agir comme tel.  C’t’un peu difficile à expliquer mais à leurs yeux, l’homme a sa place dans la nature et cette place n’est pas plus importante que celle d’un ours ou d’un castor.  Y’aiment vraiment la vie et c’est pour ça qu’y’ont aucune peur de la mort.  Pour un « sauvage », la mort est aussi normale et aussi belle que la vie.

– Difficile à comprendre, en effet.  Mais je pense que tu as raison de rechercher ta famille.  Malgré que cela ne va pas m’aider beaucoup, de perdre des bras comme les tiens, mon grand.

– Vous êtes pas mal prit, pantoute, l’père.  Votre maison est chaude, vous avez des animaux, un jardin, la chasse est bonne dans le coin et vous avez d’la misère à empêcher les poissons de la rivière à sauter dans votre canot.  Pis à 56 ans vous êtes en pleine forme.

-Ouais.  C’est vrai que la vie est belle en Canada.  Si tu savais comment c’était en France, il y a trente ans, tu ne le croirais pas.

       Et le père François recommence à parler de la misère qu’il a vécu dans sa France natale.  C’est son sujet favori.  Sa façon à lui de prouver qu’il a bien fait de venir s’installer ici.

Au printemps de 1786, Marie Josephte, enceinte de six mois, s’embarque avec Pierre dans un canot, pour se rendre à Montréal.  Celui-ci est déjà engagé pour travailler à une construction entreprise à Montréal par Jacob Jordan.  Jordan, homme d’affaire anglais, avait acheté la seigneurie de Terrebonne deux ans auparavant et, comme Pierre était « Anglais », Jordan lui avait trouvé du travail sur un chantier de construction, à Montréal.

Pierre et Marie Josephte sont parmi les premiers clients à boire la bière Molson qui venait d’ouvrir ses portes.  La bouteille coûte cinq cents et devient tout de suite très populaire.  John Molson se rend en Angleterre, cette année-là, pour se procurer des semences de qualité qu’il donne gratuitement à des agriculteurs afin de répondre aux besoins de malt de sa brasserie.  Il deviendra l’un des plus éminents et honorables hommes d’affaire de Montréal et s’impliquera constamment à l’amélioration de la qualité de vie de ses concitoyens.

Pierre fut ensuite employé par John Johnson, celui qui l’avait envoyé à Yamachiche lorsqu’il était jeune.  Il l’engagea pour faire des rénovations à sa résidence Bonsecours qu’il venait d’acheter à Montréal.  Durant la période des travaux, Marie Josephte donne naissance à une fille qu’elle nomme, Marie Josephte comme elle.  La famille Lefebvre fréquente celle d’un ami de longue date de Pierre, André Heinlein, habitant Montréal depuis un an. Il est ex-chasseur d’un régiment de Hesse-Hanau.  Les nouveaux parents le désignent comme parrain de l’enfant.  La marraine choisie est Marie Anne Maisonneuve.  Malheureusement, le bébé décède quelques jours plus tard.

Pierre et Marie rencontrent tous les Lefebvre habitant Montréal.  Plusieurs pratiquent la traite des fourrures, mais aucun n’est apparenté à Michel Lefebvre, père de Pierre.  Les travaux de la résidence Bonsecours terminés, le couple se prépare à partir au printemps suivant.

On les retrouve à Pointe Claire en septembre 1787, où Marie Josephte donne naissance à un premier fils qu’elle appelle Pierre comme son père.  Le parrain se nomme François Rapidieu.  Pierre travaille alors à la construction du nouveau couvent des sœurs de la congrégation Notre Dame, érigé entre le presbytère et l’Église.  Les Mohawk qui viennent le voir et, souvent restent chez lui plusieurs jours, servent, à l’occasion, de sujets de pratique pour les sœurs qui tentent de les « convertir » pendant qu’ils attendent Pierre près du chantier.  Ils apprécient ces marques d’intérêt sans toutefois jamais se départir de leur flegme naturel.  C’est toujours, pour les sœurs, une excellente occasion pour améliorer leur technique, puisque les Mohawk restent de glace et ne démontrent aucune réaction à ce qui leur est « prêché ».  La journée terminée, ils suivent Pierre jusque chez lui et prennent le repas que Marie a préparé.

Aucun Lefebvre de Pointe Claire n’a de lien de parenté avec notre Pierre.

En 1788, ils sont à Laprairie.  Marie donne naissance à un deuxième fils qu’ils appellent Ignace.  Le parrain est Ignace Roy dit La Pensée et la marraine est Euphrosine Doré.  Il est à noter que le frère de cet Ignace Roy, Pierre Roy a épousé Marie Josephe Caron à Ste Geneviève au Missouri.  À Laprairie, Pierre et Josephte  rencontrent un autre individu, dénommé, lui aussi, Pierre Lefebvre.  Celui-ci est Capitaine de milice de l’endroit, mais sans lien de parenté avec Michel Lefebvre, lui non plus.

En 1789 Pierre et Marie Josephte sont au Sault au Récollet.  Un malheur leur arrive : le premier fils appelé Pierre, âgé maintenant de deux ans, décède et est inhumé à cet endroit.

Depuis quatre ans, déjà, Marie se promène, toujours enceinte, la plupart du temps en canot et elle commence à en avoir un peu assez.  La petite chanson « C’est l’aviron qui nous mène… » est bien belle, mais pendant quatre ans, elle peut devenir monotone. Par contre, le père François avait raison : elle est vraiment « solide ». Le couple décide alors de voir à s’installer quelque part, sur une terre; mais où ?

Pierre apprend qu’a Maskinongé, on fait des travaux à l’Église du village.  Cette région est la dernière qu’il lui reste à vérifier pour trouver sa famille.  La réponse à la question : « Où », est toute trouvée et, le fils suivant est baptisé à Louiseville en 1790.  On l’appelle Laurent. Son parrain est Laurent Grenier et sa marraine : Angelique Vanasse.

Pierre parvient à se faire attribuer une terre dans l’Ormière de Maskinongé, sur le rang Crête de Coq.  Ces terres sont les dernières que Charles François Tarieu de Lanaudière, donne à des loyalistes.  La famille s’y installe, on s’y construit une petite maison, on fait le jardin.  Tout va bien.  Les travaux se terminent à Maskinongé mais Pierre apprend qu’on va construire une autre église dans la région. Du travail assuré pour un bon bout de temps.  Sa terre est une terre de sable pas très productive, mais aussi longtemps qu’il y a de la construction dans la région, on n’a pas de problème.

        Déjà un an sans travail, à attendre la décision, où et quand, se construira cette foutue église. Personne ne parvient à s’entendre où la construire. Pierre, lui, ne peut plus attendre.  Passer ses grandes journées à brasser du sable qui de produit presque rien, n’est pas pour le satisfaire.  Ses amis Mohawk viennent toujours le visiter et Pierre commence à s’ennuyer fortement des grands espaces et du tourbillon des rapides enveloppant son canot volant sur l’écume des vagues.

Malheureusement, Marie ne veut pas entendre parler qu’il  puisse signer un engagement de voyageur, même s’il en rapporterait des revenus importants pour la famille.  Malgré cela, chaque jour qui passe fait gonfler ce besoin de liberté, caché au fond de l’âme de Pierre.  Plus il se sent coincé par les événements, plus le besoin de se libérer s’impose dans son inconscient.

Au début de 1792, sachant qu’un autre enfant allait naître bientôt, excuse suffisante pour le convaincre, Pierre se décide et signe un contrat de voyageur avec la cie McTavish, Frobisher & Co chez le notaire Chaboilliez, à Louiseville.  Il signe sous le pseudonyme de Joseph Lefebvre.  Sur son contrat on indique qu’il est engagé pour aller « au nord ».  Cela signifie qu’il ira probablement à un endroit qui n’est pas encore établi; sinon on aurait spécifié le poste de traite où on l’envoyait.

L’année 1792 est l’année des premières élections au Canada. Les règles électorales de cette époque demandent que la votation cesse lorsqu’une heure se passe sans qu’un votant se présente. Cette règle fait en sorte que lorsqu’un candidat est certain d’être en avance, il installe des gens pour empêcher l’accès au « bureau de votation ». Aucunement nécessaire de dire, ici, que ça « brasse » un peu, chez nous, lors des élections. Joseph Papineau, père de Louis Joseph Papineau, est élu à Montréal.

Le 31 mars 1792, Marie Josephte donne naissance à un autre fils qu’ils nomment Joseph.  La famille est maintenant composée du père, de la mère et de trois garçons : Ignace âgé de 3 ans, Laurent d’un ans et demi, plus un bébé naissant.  Une nouvelle vie est sur le point de commencer pour Marie Josephte.  Elle n’est pas très heureuse d’apprendre que Pierre doit partir en avril pour le nord; c’est le moins qu’on puisse dire.

Une nouvelle vie commence également, pour Pierre Lefebvre.  Une vie dont le déroulement sera différent de ce qu’il planifie dans sa tête.  Le bien-être de sa famille ne sera assuré qu’un an ou deux par cette nouvelle profession de voyageur.  Par contre son besoin d’aventure, de liberté et de grands espaces sera, pour quelque temps, quant à lui, assouvit. Le destin, ou la fatalité, est toujours en œuvre.

À suivre

Elie l’Artiste

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