Les souliers d’beu(29) Une petite promenade américaine pour prendre le Canada!

 Une petite promenade américaine pour prendre le canada!

       Le 16 janvier 1810, Laurent Lefebvre veut découvrir ce qui est arrivé à son père. Il signe un contrat de voyageur, pour un an, chez le notaire Louis Chaboilliez. Le représentant de la compagnie de Michilimakinac est Toussaint Pothier.

 

       Celui-ci, quatre ans plus tard, achètera la Seigneurie de Lanaudière et Carufel dont fait parti Maskinongé. Il devient un personnage important du Québec. Il fait du commerce avec la NWC, La Michilimakinac co. et ensuite la South West fur company. Il participe à la guerre de 1812. Il devient membre du conseil législatif pour le Bas-Canada de 1824 à 1838 où il est membre du premier et troisième « conseil spécial » mis sur pied lors de la révolution des patriotes en 1838.

       Le montant du contrat de Laurent Lefebvre, cette année de 1810, est de 500 livres et Laurent reçoit 48 livres d’avance. Il est facile de deviner qu’il cherche son père, parce que sa destination inscrite sur le contrat est : Michilimakinac, l’Isle St-Joseph, Mississipi et Missouri. Laurent est alors engagé comme « milieu ».

      Au mois de juin il part de Lachine. On ne sait pas vraiment à quelle date il revient chez lui. Par contre, lorsqu’Ignace, son frère aîné, épouse Marie Gervais le 7 janvier 1811, on mentionne dans le registre paroissial, pour la première fois, que Pierre Lefebvre est décédé. On peut donc déduire que Laurent est déjà revenu de son voyage, et qu’il a apporté la confirmation de la mort de Pierre.

      Ignace Lefebvre est âgé de 22 ans à son mariage. Marie Gervais, son épouse, est âgée de 20 ans, fille d’Augustin Gervais (dit Talbot) et de Marie Sicard de Carufel. Elle est la petite-fille de Jean Sicard de Carufel, dernier propriétaire de la seigneurie du même nom qui est devenu Maskinongé. Augustin est, lui, fils de Joseph Talbot dit Gervais et de Marie Patry (Patrice). Le témoin d’Ignace se nomme Augustin Picard.

      Au mariage d’Ignace, toute la famille habite encore sous le même toit. Laurent quittera le 9 janvier 1815 en épousant Françoise Lallemant à St-Joseph de Maskinongé. Joseph ne quittera que le 3 novembre 1818 en épousant la sœur de Françoise, Marie-Anne Clément dit Lallemant.

      Entre le mariage d’Ignace et celui de Laurent, s’est déroulée la « seconde guerre de l’indépendance américaine ». Toutes sortes d’interprétations existent pour expliquer le déclenchement de cette guerre. On va même jusqu’à donner aux américains, la volonté de « libérer les territoires canadiens » qui relèvent de l’Empire Britannique.

    Si ce n’est pas là, la preuve de l’amitié des américains pour les « Canayens », je me demande ce qui pourra vous convaincre? Bon; d’accord, il y a bien ce foutu commerce de la fourrure dans l’ouest américain, aux mains des Canayens qui peut entrer en considération. Il y a aussi le fait que ce sont toujours des Canayens qui « ouvrent les territoires » à la colonisation, mais, que voulez-vous, on ne peut pas être  parfaits. Ces « imperfections » canayennes n’empêche sûrement pas  l’amitié  « désintéressée » des Américains.

      Ce fut le « traité de Gand » qui mit fin au conflit le 24 décembre 1814; et ce fut deux semaines plus tard que la plus importante défaite fut infligée aux Britanniques par le général Andrew Jackson à New Orleans. Cet acte « d’héroïsme » comptera pour beaucoup lors de l’élection à la Présidence de Jackson.

     Au lac Huron, à l’île St-Joseph, on apprend que la guerre est déclarée avec les USA avant les Américains de Makinac. Les « coureurs de bois » se rassemblent pour protéger leur commerce des fourrures. On se rend aussitôt au Fort Makinac, le 17 juillet. On pointe deux canons sur le fort et les Américains se rendent dès la première salve. Toussaint Pothier est présent à cette affaire.

    Cinq jours auparavant, le général William Hull quitte Détroit pour « envahir » le Canada avec une armée de miliciens américains. Celui-ci, pour affaiblir la résistance, publie une proclamation de menaces incluant l’exécution de ceux qui combattraient au côté des indiens. C’est de la pure « projection » apte à faire peur à des colons américains; Mais chez nous, ça soulève plutôt la colère des « Canayens » coureurs de bois. Lorsque Hull apprend la chute de Makinac, il tourne les talons et va se réfugier au Fort Détroit avec ses 2,500 miliciens.

     Le général Isaac Brock avançe ensuite sur le fort Détroit avec 1,200 hommes. Craignant que les « Canayens » mettent à exécution ses propres menaces, Hull ordonne l’évacuation du Fort Dearborn(Chicago) vers le fort Wayne. Le 15 août 1812, les Potawatomis, installés en embuscade, massacrent 50 des retraitants et font le reste prisonniers. Les Britanniques s’empressent de racheter ces prisonniers et de les libérer rapidement; sinon ils étaient cuits (au poteau de torture). Le 16 août, le général Hull, pleinement convaincu de l’exactitude de ses menaces, qu’il considère, maintenant, tournées vers lui-même, décide de se rendre sans combattre.

    Brock courre rapidement jusqu’au lac Érié pour stopper l’autre « invasion » du général américain, Stephen Van Rensselaer. Habile diplomate, le gouverneur général Prévost, qui est pacifiste de nature, organise un armistice qui empêche le général Brock d’envahir, à son tour, le territoire américain. C’est une erreur « diplomatique ». Le cessez-le-feu est annulé aussitôt par le président américain Madison. Les américain récidivent et sont vaincus à Queenston Heights. Malheureusement, Brock est tué durant la bataille.

    On pourrait croire que les chefs de l’armée américaine avaient, finalement, compris, mais non. Le général américain Henry Dearborn, à la tête d’une milice, fait une énième tentative depuis le lac Champlain. Arrivé aux frontières du Canada, l’histoire nous démontre aujourd’hui, que les miliciens ont compris ce que leurs généraux ne parviennent pas à saisir. Les miliciens américains refusent de traverser la frontière;

-« Non monsieur! Pas question de se faire « tapocher » encore une fois. Allez-y tout seul si vous le voulez; nous on reste ici! ».

     D’où l’importance de l’art oratoire pour convaincre des hommes. Les amérindiens avaient compris cela depuis des millénaires. C’est pourquoi ils se nommaient des chefs éloquents.

    Le 22 janvier 1813, ce fut le tour d’un autre général qui, voulant reprendre Fort Détroit, est défait à Frenchtown. Le nom de l’endroit explique tout, malgré que cette guerre soit « Britannique ».

 

     Un chef « sauvage », renommé, des Shawnee, s’engage dans cette guerre. Son nom est Tecumseh.

     Il participe au siège du Fort Meigs dans l’Ohio. Il bat, à plate couture, les troupes américaines qui y sont envoyées en renfort. Le fort Meigs ne capitule pas malgré tout. Les indiens, peut enclin à faire des sièges, se dispersent. Procter qui commande le groupe de Tecumseh, décide d’attaquer le petit poste américain sur la rivière Sandusky. Il est défait et subit de lourdes pertes. C’est la fin de la campagne de l’Ohio.

     C’est, finalement le Capitaine américain, Oliver Hazard Perry, qui reprend le contrôle du lac Érié. C’est une victoire décisive qui remonte le moral américain et délivre Détroit. Ce qui, pour nous, disons-le, fut un mal pour un bien. Imaginez notre situation actuelle si Détroit nous appartenait. Tout cet argent canadien que nous serions obligé de donner pour sauver les fabricants d’automobiles. Ça nous mettrait certainement dans la dèche.

  

    Au début de la guerre, le président américain,  James Madison, allègue que la prise du Canada ne sera qu’un parade jusqu’à Montréal. Il réitère ainsi l’opinion du président précédant, Thomas Jefferson.

        C’est certainement le seul président qui fit ce genre d’erreur de jugement. Il faudrait vérifier dans l’histoire des USA. Cette erreur est probablement due à sa santé fragile. Celle qui l’empêche de participer à la « première » guerre d’indépendance américaine. Mais, on le sait tous, commettre une erreur est parfaitement humain; et le 24 août 1814, le président Madison prend définitivement conscience de son « humanité ».

     5,000 canadiens, commandés par le général Robert Ross, n’ont pas apprécié que des américains mettent le feu au parlement canadien. Ils arrivent à Washington, brûlent tous les bâtiments publics, sans oublier : la Maison Blanche. Le 24 décembre 1814 on signe le traité de Gand. Peut-être qu’il en est temps. La « parade » change de direction trop rapidement.

      En 1812, les habitants du Haut-Canada, anciens loyalistes, ne veulent absolument rien entendre d’une union avec les USA, à très peu d’exceptions près. Les troupes britanniques au Canada se dénombrent à 6,034 hommes. Cependant, il faut ajouter qu’elles sont appuyées par la milice. L’armée américaine compte moins de 12,000 hommes qu’elle tente d’accroître avec la milice volontaire. Quant aux habitants du Bas-Canada, l’élite anglaise supporte les Britanniques. Les « Canayens » ne sont pas très « chaud » pour cette guerre. Par contre l’élite « Canayenne » craint le protestantisme, la démocratie républicaine et la méchante habitude des colons américains d’envahir et de s’approprier la terre des « vaincus » sans tenir dompte des « ententes » d’un traité.

     Les « Canayens » décident que les Américains ne s’empareront pas du Bas-Canada.

      En 1813, deux généraux américains, Wilkinson et Hampton, sont envoyés « prendre » le Bas-Canada. Les deux généraux en question ne s’aiment pas tellement et Hampton n’est pas enclin à aider Wilkinson. Celui-ci se présente à Chateauguay le 25 octobre. Charles de Salaberry qui a recruté des « Canayens », leur donne le nom de « Voltigeurs ». Ils sont 300 « Canayens » plus 22 amérindiens venus de Kanawake, d’Akasasne et de Wendake.

 

      Salaberry installe un abattis qui servira de ligne de front à son « armée ». 1000 américains attaquent cet abattis, 1000 autres contournent la position, et, 1000 s’occupent du campement et protègent les 2 canons qu’ils ont traîné jusque là.

     Les 1000 américains contournant la position de l’abattis, dirigés par Robert Purdy, se perdent dans les bois. Sans guide canayen, c’est habituellement ce qui arrive. Ils croisent un petit groupe de 90 « Canayens » dirigé par Jean Baptiste Brugière. On ne dit pas si tous les 90 prirent part au combat. J’imagine que oui. Brugière, manquant de munitions, donne l’ordre de charger à la baïonnette. Les américains tentent alors de les contourner eux aussi. Avouez que s’ils ne cessent pas de « contourner » tous les « Canayens » qu’ils rencontrent, ils vont finir par se retrouver chez eux. C’est facile à comprendre.

    Salaberry, posté à l’abattis, fait en sorte de donner l’impression d’avoir une grande armée avec lui. Il ordonne le feu à volonté, demande aux sauvages de crier, en courant partout dans les bois et sonne du clairon comme s’ils annoncent des renforts. Ses 300 « Voltigeurs » paraissent être 3,000 soldats. Les américains sont, finalement, pris dans un feu-croisé entre Salaberry et le groupe de Brugière. Ils changent aussitôt de tactique; le 29 octobre 1813, ils décident de cesser de « contourner » et prennent, sans ambigüité… la direction de la maison.

       C’est la fin de la « promenade » pour envahir le Bas-Canada. Qu’on raconte cette histoire comme on le voudra,  les faits réels sont que 300 « Canayens » avec 22 Mohawk ont stoppé 3000 soldats américains. Merci, bonsoir!

 

  À suivre

                                                 Elie l’Artiste

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *