L’Espagne est-elle tirée d’affaire ?

L’Espagne sera-t-elle la suivante – après la Grèce, l’Irlande et le Portugal – à faire appel à l’assistance européenne ? Il est vrai que ses déficits publics étaient de 11% par rapport à son P.I.B. en 2009 mais ils ont pu être ramenés à 9.2% en 2011 et tout porte à croire qu’ils diminueront encore à 6.5% cette année pour parvenir sous la barre des 5% en 2012. En fait, ce relatif succès espagnol – démontré par une agitation sociale qui est restée bien contenue – s’explique par le fait que les mesures d’austérité adoptées ces derniers 18 mois ont abouti au retour à une situation pré existant il y a 3 ou 4 ans.

En effet, exception faite de l’augmentation de 2 points de la T.V.A., la batterie de mesures d’économies budgétaires n’a pas réduit de façon choquante le niveau de vie des espagnols. La baisse de 5% en 2010 du salaire des fonctionnaires ayant ainsi partiellement neutralisé une précédente augmentation de 3% en 2009, la majoration de l’ordre de 1 à 4% (en fonction des tranches concernées) des impôts sur le revenu et sur les gains en capitaux ayant également été partiellement contrebalancée par la suppression de l’impôt sur la fortune, de celui sur les successions dans plusieurs régions et de la diminution des impôts sur les sociétés…

Cette conjoncture assez sereine confère donc une marge de manœuvre non négligeable au gouvernement espagnol qui peut poursuivre ses efforts de réduction de ses endettements et qui, de fait, les a diminué notablement entre 2000 et 2008 alors que des pays comme le Portugal ou comme la Grande Bretagne et bien-sûr les Etats-Unis n’ont fait que les aggraver. C’est ainsi que la totalité des dettes espagnoles se chiffrent à 72% du P.I.B. en 2010 tandis que cette proportion est de 81% en Grande Bretagne et de 93% au Portugal et aux Etats-Unis !

De même est-il excessif de s’alarmer outre mesure à propos de la santé du système bancaire espagnol qui, en dépit de vagues menaces de voir sa notation dégradée, est toujours tout à fait capable de lever des fonds et à bon prix sur les marchés. Les banques espagnoles n’ont nullement besoin de la perfusion de l’Etat et ce contrairement à leurs consœurs irlandaises. A cet effet, il suffit de comparer les sommes injectées par les banques centrales respectives de ces deux nations dans leurs banques qui se montent à 3% du P.I.B. en Espagne et à … 60%  du P.I.B. en Irlande. Les fleurons espagnols comme BBVA ou Santander se financent ainsi très facilement sur les marchés…

Evidemment, le problème majeur auquel est confrontée l’Espagne reste le chômage très élevé qui y dépasse les 21% de sa population active avec des chiffres encore plus terribles chez les jeunes. Néanmoins, les défis que doit aujourd’hui relever ce pays sont d’autant plus possibles à surmonter qu’il les aborde avec des fondamentaux en constante amélioration.

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