L’Espagne est Too Big To Fail…

Notre monde commence décidément à sentir le roussi et, à cet égard, les déboires Européens pourraient bien n’être qu’une mise en bouche bel et bien susceptible d’être suivie par un incendie généralisé. D’établissements financiers Occidentaux majeurs toujours porteurs à leur bilan d’actifs toxiques à la croissance des pays Asiatiques bénéfique pour nous mais qui pourrait bien s’étioler en cas de résurgence de la crise du crédit, le fait est que certaines institutions financières et certains Etats sont menacés de disparition ou de banqueroute si les marchés financiers globaux décidaient de réduire leur appétit au risque !

Le rôle de l’Espagne dans ce qui pourrait bien être un épisode hautement tragique de cette crise ayant démarré en 2007 et qui n’en finit plus sera à ce titre tout à fait déterminant. En effet, l’économie Espagnole au P.I.B. de 1?300 milliards de dollars, est la huitième en importance au monde et la cinquième en Europe. C’est simple : l’Espagne, avec son imposant système bancaire et son endettement d’importance, est fondamentale pour la stabilité mondiale car une faillite de ce pays causerait des dégâts absolument irréparables au système financier global.

Certes, la BCE est résignée à refinancer la dette souveraine d’un certain nombre de nations Européennes car la zone Euro est aujourd’hui – et plus que jamais – dépendante des marchés du crédit et ce tout bonnement pour sa propre survie ! Comment espérer ainsi se passer de marchés rendus de facto omnipotents à la faveur de la masse gigantesque de crédits accordés par le système bancaire Européen estimée à 22?000 milliards d’Euros alors que le P.I.B. global de la zone Euro, lui, n’est « que » de 9?000 milliards d’Euros… ? Nous avons scié la branche sur laquelle nous étions assis car notre croissance, notre vie quotidienne et notre quiétude sont entièrement dépendantes de l’appréciation de la situation par des marchés qui, eux, sont naturellement orientés et motivés par leurs propres profits.

Pour l’instant, la France et l’Allemagne semblent à l’abri mais rien n’est certain car les investisseurs et spéculateurs pourraient fort bien s’intéresser au dossier français, à son déficit budgétaire de 8% par rapport à son P.I.B. et à son endettement de l’ordre de 84% de ce même P.I.B. alors que celui de l’Espagne est de … 65% de son P.I.B. !

L’Union Européenne dans sa globalité et dans sa version hypercapitaliste voulue par les technocrates Bruxellois est donc aujourd’hui à la merci des marchés des capitaux ! A tel point que la question n’est pas si l’Espagne peut rester solvable grâce aux mesures de rigueur qu’elle adopte mais si les marchés auront suffisamment de patience pour lui accorder le temps nécessaire pour son redressement…

Michel Santi

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