L’État-maquignon

Comme on pouvait le prévoir,  les leaders étudiants disent ce matin lundi 7 que le document signé samedi a été une arnaque. On en aurait modifié des éléments essentiels sans le leur indiquer. On en aurait dénaturé ainsi le sens, menant à cette choquante divergence que tout le monde a notée entre l’interprétation qu’en ont donné les étudiants – qui montrait un compromis réel –  et  celle de la Ministre Beauchamp, disant  que le gouvernmnet m’avait rien cédé et avait donc remporté une grande victoire  Seig Heil !

Les étudiants se disent trompés.  Ils ont même identifié celui d’entre leurs négociateurs, Philippe Lapointe, qui forcé de défendre seul la position des étudiants contre une équipe des gens du pouvoir aurait, dans un moment d’épuisement, laissé ouverte la porte du poulailler… Nous avons un coupable.

Vraiment ? Mais avons-nous un coupable, ou une victime dont on fera un bouc émissaire ?  Doit-on reprocher à ce jeune Québécois sa naïveté ?  Avec tous les scandales qui s’accumulent à Québec, certains diront que quiconque fait confiance à ce gouvernement, ne serait ce que pour un moment et par inadvertance, n’a à s’en prendre qu’a lui-même, mais je ne partage pas cet avis.

J’ai vu des filous en cravates proposer pour signature des documents dont les copies différaient de l’original et en tirer profit, mais c’était en Floride.  Il fut un temps, en Russie,  où ce qu’on vous lisait d’un document ne collait pas avec son contenu ; mais ceux qui le faisaient n’y sont plus…   C’est que cette grossièreté ajoute à la scélératesse une dimension de bêtise qui la rend précaire. Si vous mentez trop mal on ne vous croira plus. On ne s’attend donc pas à ce qu’un gouvernement, pour corrompu qu’il soit, soit assez stupide  pour tromper sa poulation avec la vulgarité du maquignon véreux qui vous montre un cheval et vous en livre un autre.

Je crois donc qu’il faut excuser Lapointe de ne pas avoir prévu cette bassesse.  Comme on ne pouvait prévoir l’empressement de  Madame Beauchamp à dévoiler l’astuce avant que les étudiant ne se prononcent (peut-être de peur qu’un autre ne s’en attribue le « mérite » ! ) en compromettant ainsi le succès et prouvant que la sottise peut avoir sa ministre tout comme la fierté peut avoir une ville.

Maintenant tout est clair. Les étudiants peuvent accepterr la proposition Beauchamp, mais sachant que c’est une reddition sans vraies conditions. Ils peuvent poursuivre le combat, mais il faudra alors que ce soit sur d’autres bases et avec des objectifs plus larges

Pierre JC Allard

8 pensées sur “L’État-maquignon

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    8 mai 2012 à 5 05 54 05545
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    Et finalement ce matin, ça ne passe pas. Alors on retourne à cette case.

    D’un autre côté, LCN parle de plusieurs manifestants VERTS, alors qu’en réalité, il ne s’agit que de quelques dizaines de personnes, pas de quoi en faire un article. Mais c’est LCN…

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    8 mai 2012 à 8 08 07 05075
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    Le fin du fin, pour le gouvernement Charest, ce sera un affrontement entre Verts et Rouges, idéalement avec un ou plusieurs Verts blessés. Ça permettra de rentabiliser la sympathie de la population et ca donnera aux Rouges mous un bon prétexte pour se retirer et aller finir leur session tranquille. Soyez sûr qu’on y travaille.

    Celui qui se défend a toujours un avantage tactique implicite sur celui qui attaque et le temps travaille donc pour le statu quo dès que l’impulsion initiale de l’attaque plafonne. Sun Tzu l’a expliqué et Machiavel disait « il n’y a rien de plus difficile que de changer l’ordre établi  »

    Qui veut changer les choses doit en tenir compte.

    PJCA

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    8 mai 2012 à 11 11 11 05115
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    Au sujet du document de l,entente, je l’ai trouvé ce matin et il est constitué de 5 pages.

    La signature des étudiants est exclusivement pour authentifier le document et non accepter son contenu.

    S’ils n’ont pas « initialé » chacune des pages du document, seule la 5e page (celle des signatures) est valable. Les quatre autres pages précédentes ont pu être « manipulées » ou changées sans aucun problème.

    Est-il possible qu’ils n’aient pas initialé les 4 première pages???

    Je me le demande.

    André Lefebvre

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    8 mai 2012 à 12 12 19 05195
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    De toute façon, il a été dit et répété ad nauseam que les leaders étudiants n’avaient pas le mandat ni donc le pouvoir de conclure une entente, mais uniquement celui de recueillir et transmettre l’information a leurs assemblées respectives.

    L’entêtement des médias a parler unanimement d’entente conclue – qui reprend le vocabulaire du gouvernement au mépris de l’évidence – frise la désinformation et a un petit air de propagande de régime autoritaire …

    Le gouvernement Charest ne comprend pas que la population peut être en principe favorable à la hausse et TOTALEMENT dégoûtée de l’attitude du gouvernement

    PJCA

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      8 mai 2012 à 13 01 08 05085
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      Ce que j’entendais souligner est la possibilité de « mauvaise foi et de malversation de la part du gouvernement avec cet écrit de « l’entente ».

      Il est évident que les étudiants s’y rendaient avec l’espoir de régler le conflit; ce qui n’est pas assuré de la part du gouvernement.

      D’autant plus que des « malversations » sont assez plausibles avec ce foutu gouvernement.

      André Lefebvre

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        8 mai 2012 à 13 01 10 05105
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        D’ailleurs je suis convaincu que ni toi, ni moi, ne signerions une « proposition d’entente » sans avoir initialé chacune des pages de cette proposition.

        On a beau avoir confiance…

        André Lefebvre

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    8 mai 2012 à 18 06 42 05425
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    Voilà ce qui s’applique aussi au Gouvernement :

    Des qualités et des vices du consentement

    1398. Le consentement doit être donné par une personne qui, au temps où elle le manifeste, de façon expresse ou tacite, est apte à s’obliger.

    1991, c. 64, a. 1398.

    1399. Le consentement doit être libre et éclairé.

    Il peut être vicié par l’erreur, la crainte ou la lésion.

    1991, c. 64, a. 1399.

    1400. L’erreur vicie le consentement des parties ou de l’une d’elles lorsqu’elle porte sur la nature du contrat, sur l’objet de la prestation ou, encore, sur tout élément essentiel qui a déterminé le consentement.

    L’erreur inexcusable ne constitue pas un vice de consentement.

    1991, c. 64, a. 1400.

    1401. L’erreur d’une partie, provoquée par le dol de l’autre partie ou à la connaissance de celle-ci, vicie le consentement dans tous les cas où, sans cela, la partie n’aurait pas contracté ou aurait contracté à des conditions différentes.

    Le dol peut résulter du silence ou d’une réticence.

    1991, c. 64, a. 1401.

    1402. La crainte d’un préjudice sérieux pouvant porter atteinte à la personne ou aux biens de l’une des parties vicie le consentement donné par elle, lorsque cette crainte est provoquée par la violence ou la menace de l’autre partie ou à sa connaissance.

    Le préjudice appréhendé peut aussi se rapporter à une autre personne ou à ses biens et il s’apprécie suivant les circonstances.

    1991, c. 64, a. 1402.

    1403. La crainte inspirée par l’exercice abusif d’un droit ou d’une autorité ou par la menace d’un tel exercice vicie le consentement.

    1991, c. 64, a. 1403.

    1404. N’est pas vicié le consentement à un contrat qui a pour objet de soustraire celui qui le conclut à la crainte d’un préjudice sérieux, lorsque le cocontractant, bien qu’ayant connaissance de l’état de nécessité, est néanmoins de bonne foi.

    1991, c. 64, a. 1404.

    1405. Outre les cas expressément prévus par la loi, la lésion ne vicie le consentement qu’à l’égard des mineurs et des majeurs protégés.

    1991, c. 64, a. 1405.

    1406. La lésion résulte de l’exploitation de l’une des parties par l’autre, qui entraîne une disproportion importante entre les prestations des parties; le fait même qu’il y ait disproportion importante fait présumer l’exploitation.

    Elle peut aussi résulter, lorsqu’un mineur ou un majeur protégé est en cause, d’une obligation estimée excessive eu égard à la situation patrimoniale de la personne, aux avantages qu’elle retire du contrat et à l’ensemble des circonstances.

    1991, c. 64, a. 1406.

    1407. Celui dont le consentement est vicié a le droit de demander la nullité du contrat; en cas d’erreur provoquée par le dol, de crainte ou de lésion, il peut demander, outre la nullité, des dommages-intérêts ou encore, s’il préfère que le contrat soit maintenu, demander une réduction de son obligation équivalente aux dommages-intérêts qu’il eût été justifié de réclamer.

    1991, c. 64, a. 1407.

    1408. Le tribunal peut, en cas de lésion, maintenir le contrat dont la nullité est demandée, lorsque le défendeur offre une réduction de sa créance ou un supplément pécuniaire équitable.

    1991, c. 64, a. 1408.

    (N)

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