L’Europe a-t-elle l’étoffe des héros ?

C’est la débâcle, c’est le commencement de la panique amplifiée par la torpeur estivale accompagnée de son inévitable baisse de liquidités. Oui, les marchés financiers vacillent et – oui – les stress tests des banques européennes se sont révélés un fiasco honteux pour avoir ignoré les conséquences sur les établissements de l’Union d’un défaut de paiement grec !

Après 18 mois de crise européenne, il est tellement lassant de tirer les mêmes constatations : nos dirigeants sont absolument incapables de réagir avec fermeté et compétence face à la menace – tous les jours un peu plus palpable – de la liquéfaction de l’Euro. Et, pendant ce temps, nul ne sait où est, ni ce que peux bien faire, la BCE… ni la raison de sa paralysie face à l’Italie contrainte de payer 6% pour ses emprunts à 10 ans. Car il va de soi que ce pays, qui souffre déjà d’une mièvre croissance endémique combinée à des déficits substantiels, ne saurait survivre longtemps en réglant de tels intérêts sur son financement.

Pourquoi la BCE n’émet-elle pas un signal sans équivoque en direction des marchés en achetant les Bons du Trésor italiens ? Pourquoi diable ne stoppe-t-elle pas l’hémorragie ? Est-ce trop exiger d’elle alors que c’est exactement ce qu’aurait fait la Réserve Fédérale ou – nous européens – est-on en droit de sempiternellement subir des dirigeants politiques et économiques velléitaires, tétanisés et uniquement capables d’accoucher de solutions qui ne fonctionnent que sur le court terme ? Les dirigeants de l’Union, comme pour ceux de la BCE, ont en effet érigé l’immobilisme et la confusion en art.

De réunions stériles en décisions caractérisées par les demi-mesures, voilà que l’on nous promet des miracles pour la prochaine échéance décisive de Jeudi prochain. Pourtant, en l’absence d’engagements irrévocables, ce sommet risque de se transformer en blanc seing aux spéculateurs qui, dès lors, ne se gêneront pas pour faire un massacre sur les marchés globaux. Madame Merkel, Monsieur Sarkozy : ayez l’autorité -et faites preuve de leadership- en prenant la décision historique que chacun des pays de l’Union garantisse irrévocablement les engagements financiers de tous les autres ! Passez outre aux réticences d’une partie de votre électorat et, ce faisant, donnez la priorité à la survie de l’Union et de ses peuples plutôt qu’à vos carrières respectives.

Car, sans décision de ce calibre à même de démontrer enfin de votre indéniable volonté de sortir de cette crise, cette fin de semaine et cet été se termineront en un bain de sang !

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