L’Honorable juge Gaetan Dumas clarifie ce qui lui semble clair

L’Honorable Juge Gaetan Dumas a semblé contrarié par ce que l’on pourrait interpréter comme sa perception d’une réticence des autorités de Université de Sherbrooke  à obéir à son injonction de reprendre normalement les cours. J’ai bien dit :  « a semblé » contrarié

En fait,  j’ignore si  Dumas, Gaetan, ci-devant Conseiller juridique du Parti Libéral du Canada, Président de l’Association libérale de Sherbrooke, Président de la commission juridique du susdit Parti Libéral du Canada, candidat libéral défait aux élections fédérales de 1993 et devenu ensuite un honorable juge était contrarié.  Il ne l’était peut-être pas.

Il n’est pas facile de comprendre ce qui se passe dans le cerveau reptiien des gens, avec toutes ces émotions qui se bousculent.  C’est pour ça qu’une majorité des gens intelligents et de bonne foi s’abstiennent généralement d’en juger. Les juges, hélas, n’ont pas ce privilège. Ils sont là pour juger.  C’est leur job.

Les doivent donc juger sur les faits, mais aussi sur leurs perceptions de ce qui se passe dans les cerveaux de divers niveaux de ceux qui contreviennent à leurs injonctions. Car il y a cette coquine notion de ‘mens rea’ – d’intention coupable – qui entre en ligne de compte depuis avant Justinien…  On ne s’en sortirait pas… Heureusement, on présume qu’en droit les juges ont la grâce d’état. Comme le Pape en matière de foi

Comment savoir – quand tel recteur, tel doyen, tel professeur, tel concierge, tel agent de sécurité ne se conforme pas à une injonction – s’il s’agit d’insubordination, de priorité à sa mission de protéger ceux qui sont sous sa garde, de loyauté politique découlant de préjugés dont un quidam d’intellectuel ne peut pas se débarrasser aussi facilement qu’un avocat promu à la magistrature ?  Comment savoir ? La grâce d’état ; sans elle on perd la foi.

Bonne ou mauvaise foi à l’U. de S. ?  On le saura bientôt. Si les responsables de l’Université de Sherbrooke n’obtempèrent pas jeudi à son injonction, le Juge Dumas pourra les dire coupables d’outrage au tribunal. Il aura alors jugé que leur intention est coupable. C’est le Droit et son droit.

Il aura du même coup élargi considérablement les limites de la grâce d’état des juges, car il n’aura pu le faire qu’en clarifiant une question qui préoccupe les pédagogues depuis avant Socrate : qu’est-ce qu’un « enseignement normal ».

 

Pierre JC Allard

3 pensées sur “L’Honorable juge Gaetan Dumas clarifie ce qui lui semble clair

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    5 mai 2012 à 10 10 03 05035
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    S’il est conseiller juridique du gouvernement, il devrait lui glisser l’information que nous sommes à un doigt d’une révolution après le évènements d’hier à Victo.

    Tout dépends des résultats des négo avec les étudiants et les chefs de syndicats à Québec.

    C’est aberrant de voir les « pro-gouvernementeux » se complaire dans leur état comateux de satisfaction négociatrice de régence qui ne veut pas considérer le gel des frais de scolarité.

    Ils n’ont pas plus conscience de la réalité sociale actuelle qu’ils n’avaient conscience de ce qui se déroulait hier soir autour du Victorin où ils se « terraient ».

    Ils s’imaginent que les chefs syndicaux vont encourager les représentants étudiants à plier devant le gouvernement. Il font gravement erreur. Les syndicats sont fondamentalement pour protéger les acquis du peuple.

    Louis Roy est pour la gratuité de la scolarité
    Michel Arsenault et la FTQ est également pour la gratuité scolaire.
    Tous les syndicats sont en faveur. J’aimerais être un « ti-oiso » pour entendre ces négociations. Mam Beauchamp et mam Courchesne vont avoir chaud. Quant aux recteurs, ils vont peut-être, enfin, avoir honte.

    André Lefebvre

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    5 mai 2012 à 19 07 13 05135
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    @ Lartiste

    J’ai bien dit « ci-devant » Conseiller juridique. Il ne l’est plus. Il est un juge, tout un juge et rien qu’un juge. Totalement impartial et voyant d »un même oeil, quand il juge, un Premier Ministre libéral et le plus vulgaire des quidams. C’est de cet oeil qu’il doit voir si les recteurs, les étudiants et tous les intervenants obéissent aux injonctions. Ce n’est pas lui qui fait les lois, et il n’a donc pas à se demander si elles conduisent à des révolutions. S’il commençait à se le demander et doutait de sa propre impartialité il devrait se désister.

    PJCA

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    6 mai 2012 à 23 11 30 05305
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    D’accord; je comprends.

    Un conseiller « juridique » n’a pas le droit de dire à un premier ministre de ne pas faire de gaffes, même si celle-ci est légale. 🙂

    Il faut qu’il se fie à la jugeotte du PM. On n’est pas sorti de l’auberge. 🙂

    André Lefebvre

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