Libye – La proposition de Kadhafi pour la paix

 

Abdul-Ati al-Obeidi/ Petros Karadjias/AP 

Le colonel Kadhafi vient de mettre à rude épreuve, la sincérité de l’attaque contre son régime. En effet, la Jamahiriya arabe libyenne est prête à faire superviser des élections libres, sous l’égide des Nations unies. Un préalable: un cessez-le-feu effectif, et cette organisation dans les 6 mois à venir. Cette déclaration a été faite, hier, mercredi, dans le quotidien britannique The Guardian, par la voix du ministre libyen des Affaires étrangères, Abdul Ati al-Obeidi. « Proposition indécente » diront les bellicistes, coincés, et prisonniers de leurs promesses. Veulent-ils, in fine, le chaos ? Nous verrons comment ils prendront cette proposition de paix, qui ne saurait être calculée, dans la mesure où, après le refus du cessez-le-feu par les renégats de Benghazi, on saura enfin s’ils ont pour seul dessein, la prise du pouvoir, aidé comme ils sont par cette coalition hypocrite.

Les médias anglo-saxons sont parfois ou toujours même, plus objectifs que les médias francophones. C’est ainsi que cette information que nous avons vérifié ici et là ne semble pas avoir l’écho qu’il mérite, notamment dans les mass-médias hexagonaux. Selon le ministre de Kadhafi, Abdul Ati al-Obeidi, celui qui a repris le poste ministériel après la désertion de Moussa Koussa, dans The Guardian donc, les partisans du guide libyen Mouammar Kadhafi sont prêts à former un gouvernement national de transition chargé de gouverner pendant la période précédant les élections. La fameuse « communauté internationale » (les grandes capitales occidentales) qui a pour cheval de bataille la fin de Mouammar Kadhafi fera probablement fi de ne pas avoir entendu cette proposition. Or, c’est le vrai chemin de la paix, à défaut, le chaos s’installera, malgré l’envoie d’instructeurs français et britanniques sur le terrain auprès de ceux qui mettent « leur pays », à feu et à sang.

Alors que la « communauté internationale » avait annoncé que l’opération visait à sécuriser les populations civiles, et que c’est le peuple libyen qui doit s’investir dans la suite à donner à son pays à savoir qui dirigera leur destin, doit-elle ensuite exiger le départ de Mouammar Kadhafi ? Ce serait alors une violation de souveraineté, alors que rien ne laisse vraiment la place à une paix durable avec le départ de Kadhafi. Tout d’abord, ses fidèles n’accepteront pas cette issue, ensuite, les nouvelles autorités n’auront aucune légitimité car, leur mise en place, par l’étranger, sape la fierté arabe, même comme la Libye n’est pas forcément un pays arabe, puisque le sud du pays est peuplé à majorité de noirs. La démocratie ne saurait être importée, guidée par l’extérieur. Nicolas Sarkozy ou David Cameron accepteront-ils qu’un pays tiers, viennent exiger un tel ou tel autre à la tête de leur pays ? Non, probablement.

Après plus d’un mois de conflit, on verra donc où peuvent aller les rois du monde. Veulent-ils vraiment la paix en Libye ou simplement les produits des matières premières ? Craignent-ils, vu la vraie popularité de Kadhafi, qui ne s’est pas démentie ces derniers jours . L’enlisement est certain. Les populations de Tripoli ne dorment plus depuis plus d’un mois mais, la France, sans vergogne, annonce qu’elle va intensifier ses frappes. Pour encore et toujours détruire les infrastructures libyennes et gagner tous les marchés de reconstructions ?

Wait and see !

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