Libye – Londres ou la conférence des clowns

 

Ce monde est vraiment triste, pathétique aussi, quand on voit des donneurs de leçons incapables de résorber les crises institutionnelles et sociales dans leurs propres pays. Quand un roi autocrate ose demander à Mouammar Kadhafi de quitter le pouvoir pour éviter un bain de sang, c’est que le monde ne tourne pas vraiment rond. C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Mais qui sont-ils, tous ces gens, pour oser demander le départ de Mouammar Kadhafi ? Qui leur a donné ce mandat ? Au nom de quels principes démocratiques ? A-t-il perdu une élection ? Où sont donc les charniers qui ont permis que ce pays soit victime d’attaques barbares ? Ambiance.

Hier, à Londres, en Grande Bretagne, avait lieu la conférence sur la Libye. Et les « qui » s’y collent ? La France, la Grande Bretagne, l’Italie et le…Qatar, représentés par Franco Frattini, chef de la diplomatie italienne ; Cheikh Hamad Ben Jassem, premier ministre qatari ; William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères. Ces derniers se sont exprimés à l’issue de cette conférence fantoche. Ils se prennent vraiment pour les rois du monde ces trois-là, dignes porte-paroles du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, du premier ministre britannique, David Cameron et de l’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Than.

Franco Frattini : ce petit attardé mental qui a suggéré en 2007, que les mots « bombe », « tuer », « génocide » ou « terrorisme » ne devraient plus exister sur Internet est vraiment pathétique. Il se fait pourtant complice des bombardements, des tueries, du génocide et du terrorisme occidental en…Libye. N’est-ce pas délirant de voir un esprit aussi perturbé, qui plus est, ministre de l’autre clown européen, Silvio Berlusconi, qui devrait avoir la décence de se taire pour parler d’un autre pays alors que le sien est en dépravation totale ? Pour lui, « Kadhafi doit quitter la Libye » mais, même s’il va en exil, « ça ne veut pas dire immunité ». De quoi parle-t-il ? Où sont donc les preuves des forfaits de Kadhafi qu’ils (Italiens) étaient heureux de recevoir il y a seulement 1 an et demi ? C’est le monde à l’envers. Silvio Berlusconi avait loué la « profonde sagesse » du leader libyen tandis que celui saluait le « grand courage » du président du conseil italien pour avoir reconnu les « erreurs » du passé. En effet, l’Italie reconnaissait ses méfaits liés à la colonisation et s’était engagée à verser sous forme d’investissement, la bagatelle et coquette somme de 5 milliards de dollars à la Libye. Est-ce pour ça que les Italiens veulent sa peau ?

Cheikh Hamad Ben Jassem : lui, c’est le premier ministre qatari. Inconnu au bataillon si ce n’est qu’il a du sang bleu et vient de réussir à faire signer aux insurgés armés contre Kadhafi, devrais-je dire, renégats, la commercialisation du pétrole libyen, du moins, les puits qu’ils ont réussi à mettre sous leur contrôle. Grand démocrate devant Dieu et les hommes sans doute, caution arabe de l’attaque barbare contre Mouammar Kadhafi estime pour sa part, que dis-je, exhorte le leader libyen « à partir et éviter un bain de sang ». Qui va donc commettre ce bain de sang ? Kadhafi ou ses amis insurgés ? L’OTAN ? On voudrait bien savoir. A coup de salmigondis contradictoires -souvenez-vous-, nos quidams disaient qu’ils ne voulaient pas le départ de Mouammar Kadhafi. Subitement, tous chantent le même refrain : « Kadhafi doit partir ». Il ne manquait plus qu’ils placardent sur tous les murs en Occident, « Kadhafi dégage ». Ces gens sont fous. Ce sont de vrais clowns qui changent de discours à chaque circonstance. Ils voient comment les rebelles ne pourront pas prendre le pouvoir par la force et tentent de jouer collectif avec une pseudo unanimité. C’est dans les détails que se cache le diable et de voir la façon dont ces fascistes ont trituré le texte de la résolution onusienne, il n’y a pas de doute possible, ce sont des nazis.

William Hague : le ministre britannique des Affaires étrangères a précisé de son côté que Londres ne cherchait pas un pays qui accueillerait le colonel Kadhafi. « Mais cela n’exclut pas que d’autres pays le fassent » a-t-il dit. Tiens. Ils sont les maîtres du monde, ont le droit de vie ou de mort sur un chef d’Etat étranger, s’ingèrent sous de faux prétextes etc. Et, de savoir que la « communauté internationale » autoproclamée ne regroupe que quelques pays fait bien sourire, pour peu qu’on soit lucide. Sur William Hague, pas grand chose à dire mais, amusant de constater ce changement de discours. Entre cynisme et hypocrisie, ces gens se prennent vraiment pour ce qu’ils ne sont pas. Il ne suffit plus, aujourd’hui, d’être issu d’un grand pays pour donner des ordres aux autres, s’habiller d’oripeaux élogieux pour faire croire qu’on est démocrate. Pour preuve, coincés face à leur guerre contre la Libye qui n’a d’ humanitaire que le nom, nos Dieux sur terre envisagent désormais, sans vergogne, en violant encore une fois la résolution onusienne, d’armer les ….rebelles. Or, ladite résolution stipule bien qu’il faut que les croisés veillent à l’embargo sur les armes en Libye. Cherchez l’erreur ! Mais Paris et Washington l’ont affirmé hier, ils vont armer les insurgés. Ces derniers, sûr de leur victoire, envisagent même déjà de traduire Mouammar Kadhafi devant les tribunaux. Or, eux, ne seront visiblement pas jugés d’avoir assassiné tous les noirs de Benghazi, dont des étudiants de l’université locale, « soupçonnés » d’être des mercenaires de Kadhafi. Une honte !

La guerre du Golfe n°1 « Tempête du désert », entre 1990 et 1991 et ses fameuses « frappes chirurgicales » n’a servi de leçon à personne. Ensuite, la fameuse armée américaine enchaînait sa guerre en Afghanistan en 2001 (toujours en cours) destinée a mettre Ben Laden aux arrêts après les attentats du 11 septembre. Puis, dans la même logique des faux prétextes, depuis 2003, on assiste encore aujourd’hui, à la guerre du Golfe n°2 dite « Operation Iraqi freedom », mais personne ne sait où sont les fameuses armes de destruction massive qui ont ruiné la carrière politique de Colin Powell…Aujourd’hui, les mêmes délires et la guerre en Libye  »Aube de l’Odyssée », pour  »sauver le peuple Libyen et lui apporter la démocratie  » suite aux fameux 6000 morts causés par Mouammar Kadhafi qu’on a retrouvé à Lampedusa, en Italie. Même la presse de gauche est tombée dans le panneau et appuie ce nouveau mensonge abyssal. Oui, nous marchons sur la tête et les zélateurs de cette attaque barbare ont le toupet de dire aux anti-guerre qu’ils sont des adorateurs de Mouammar Kadhafi. Que nenni !


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