L’incroyable jurisprudence Audrey Pulvar : Guerlain ?

Ethique, déontologie, prudence, principes, moralité, protection. Ils ont sorti la panoplie du politiquement correct, artillerie lourde mais mensongère. Le nec plus ultra de l’éviction soft, au goût aigre-doux. Avec maestria, les responsables d’I>Télé, ont durci leur position pour éjecter la journaliste Audrey Pulvar de leur antenne. Etrangement, pour une candidature à la candidature des Primaires du PS. Direct 8 va-t-il suivre la même voie en demandant à Valérie Trierweiler la compagne de François Hollande, lui aussi candidat, d’aller au vert ?

Du côté de France Inter où la madone officie dans la tranche matinale, c’est motus et bouche cousue. Le père fouettard Philippe Val a probablement peur de confirmer ce qu’on pense de lui. Procéder par une mise au placard sans objet serait comme ces lignes longitudinales amenant le conducteur à faire attention sur l’autoroute.

Chez I>Télé, avec une pirouette magistrale dont l’hypocrisie ne fait pas de doute, on explique l’éviction : « Nous avons préféré arrêter l’émission pour éviter toute forme de suspicion. J’ai une confiance totale en Audrey, son impartialité n’est pas remise en cause. Je pense que cela n’aurait pas été confortable pour elle, face à certains invités […] C’est une mesure de prudence, d’éthique et de déontologie. A partir du moment où le rendez-vous Audrey Pulvar Soir est tourné vers la politique, il était difficile de maintenir l’émission avec une journaliste compagne d’un candidat déclaré à l’élection présidentielle ». A l’élection présidentielle ? On a beau écarquiller les yeux, c’est bien ça qui est marqué.

Ah, certains esprits chagrins ne vont pas apprécier le fait que j’accuse les responsables d’I>Télé de vouloir faire payer à la journaliste, dans un dossier vide, le fait qu’elle ait réagi aux propos racistes et négationnistes du parfumeur Guerlain (clic). Je sais même que certains vont m’accuser de communautarisme puisque ça les arrange. Audrey Pulvar ? Nègre elle est, nègre elle restera ! Atteindre ce degré d’hypocrisie abyssale est de l’ordre même de la folie. Comment peut-on mettre au placard une journaliste brillante et honnête sous prétexte que son compagnon brigue la candidature socialiste à la présidence de la République ?