L’inflation des deux côtés de l’Atlantique

Voilà une quarantaine d’années – en gros depuis 1970 – que l’inflation aux Etats-Unis est systématiquement plus élevée qu’en Allemagne et que dans l’ensemble de la zone Euro. En fait, ce phénomène est intimement lié à la manière dont les banques centrales de ces différents pays et régions appréhendent l’inflation. Il est ainsi inexact d’en conclure que la BCE ou que la Bundesbank de l’époque aient mieux réussi que la Fed à lutter contre les pressions inflationnistes. Car, en effet, tant que la hausse des prix restait contenue à l’intérieur d’une zone de tolérance définie de façon dynamique par ses responsables, la Réserve Fédérale permettait aux indices principaux mesurant l’inflation d’afficher des progressions – même assez substantielles – sans réagir alors que la BCE, pour sa part, tout comme la Buba démontraient une tolérance zéro par rapport aux statistiques formelles jaugeant l’inflation.

Il a ainsi toujours été impensable pour les européens de laisser filer l’inflation au-delà des 2% alors que les USA – pays débiteurs et de déficits par excellence au peuple qui vit en grande partie grâce à ses endettements – cette réactivité s’est toujours révélée relativement molle… La BCE calque ainsi son comportement sur la prestigieuse Bundesbank, elle-même héritière du traumatisme de Weimar marquée par l’hyper inflation des années 20. La différence notable d’approche des deux banques centrales des deux côtés de l’Atlantique indique donc des différences sociétales fondamentalement divergentes : les citoyens américains préfèrent vivre au-dessus de leurs moyens et sont donc mieux disposés envers l’inflation alors que les européens (hors Grande Bretagne) sont farouchement orientés vers l’épargne, les excédents et la stabilité.

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