L’information électorale

C’est l’information, mais aussi la propagande qui gagne une élection. La couverture inégale qu’accordent les médias aux divers partis et candidats fausse le jeu électoral. On ne peut donner une chance honnête à chaque parti et candidat qu’en rejetant l’approche marketing de la démocratie – vendre comme du savon des idées creuses à une population distraite – et en la remplaçant par une obligation de l’État d’informer.

À chaque élection, l’État doit prendre en charge le coût de diffusion à l’échelle nationale du programme de chaque parti reconnu et du curriculum de son candidat au poste de Chef de l’Exécutif. Ceci, dans tous les dans tous les médias écrits et par un envoi postal à tous les ménages. Chacun doit aussi recevoir un même temps d’antenne à définir, à la radio et à la télévision. Un ou plusieurs débats télévisés doivent permettre aux chefs de tous les partis de s’affronter.

Au palier de la division électorale, les curriculums des candidats députés doivent aussi, en début de campagne, être publiés aux frais de l’État dans tous les journaux de la division électorale et faire l’objet d’un envoi postal gratuit à tous les ménages de la division électorale. Si les candidats veulent s’affronter en débats, libre à eux.

Ensuite ? Ensuite, on arrête et l’on se tait. Quiconque a un programme doit pouvoir le soumettre à la population sans que son message ne soit occulté, couvert par le vacarme des publicités payées. Aucune autre publicité gratuite ou payée que cette présentation unique des programmes et des curriculums ne doit être tolérée durant la campagne électorale. L’État doit mettre son veto à l’insignifiance.

Restent les commentaires d’une presse qu’on veut libre. On peut rétablir l’équilibre entre les partis et les candidats sans priver les journalistes de leur droit de parole; il s’agit simplement de les inviter à passer aussi le micro. Que les journalistes continuent d’y aller de leurs commentaires sur les partis et leurs programmes comme sur les candidats; mais, dans la tradition du droit de réplique, tout article jugé critique par le Bureau des élections doit donner à la partie présumée lésée l’occasion d’y répondre.

Quant aux articles, communiqués, éditoriaux n’attaquant personne mais mettant en évidence un candidat ou un parti, il faut alors accorder à leurs adversaires un temps/espace équivalent dans le même média, afin qu’eux aussi puissent se faire connaître sous un jour favorable.

Qu’on ne nous dise pas qu’il est inapproprié d’accorder à un parti marginal la même couverture qu’à un parti qui semble capable de prendre le pouvoir; c’est peut-être parce qu’il n’a pas cette couverture équitable qu’un parti demeure marginal, et seulement parce qu’il a cette couverture que tel autre parti apparaît comme prêt à former le gouvernement. C’est à la population correctement informée qu’il appartient d’en décider, pas à des chefs de pupitre.

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