L’injustice faite aux femmes

Alternative libertaire milite pour « intégrer le combat féministe à la lutte de classes ». « L’ensemble du mouvement social a tout à y gagner », écrit Christine, adhérente de l’Orne, qui livre un état des lieux peu réjouissant. Extraits.

« Les femmes sont déjà plus pauvres que les hommes. En 2007, 7,4% des femmes étaient en situation de pauvreté contre 6,9% des hommes. La différence était particulièrement marquée chez les personnes les plus âgées : après 75 ans, il y a deux fois plus de femmes pauvres que d’hommes. Pour deux raisons principales : les hommes les plus démunis ont une espérance de vie inférieure, une partie d’entre eux sont donc décédés. Et surtout, de nombreuses femmes perçoivent des pensions très faibles, une mince pension de réversion ou le minimum vieillesse.

L’écart est aussi important pour les moins de 30 ans, il s’agit souvent de mères célibataires qui perçoivent une allocation parent isolé ou un salaire à temps partiel, tous deux inférieurs au seuil de pauvreté. (…) Avant la réforme des retraites, les femmes partent déjà avec une retraite inférieure en moyenne de 38% à celle des hommes et pour plus de la moitié d’entre elles avec moins de 900 euros par mois. Cette différence s’explique par les carrières incomplètes (années d’arrêt pour élever les enfants et temps partiel) et les salaires inférieurs. La nécessité de pallier les carences du service public de garde des enfants, provoquant plus d’interruptions de carrières, et l’extension du nombre d’emplois de services à la personne, à temps partiel et mal payés, va encore accroître ce phénomène de paupérisation des salariées donc des retraitées.

Et la réforme des retraites va en rajouter une couche. Si les pensions baissent, elles baisseront aussi pour les femmes, les retraitées pauvres le seront encore plus. De plus 30% des femmes attendent 65 ans aujourd’hui pour partir en retraite (contre 5% des hommes) pour avoir une pension à taux plein. Et avant, elles sont dans la grande majorité des cas au chômage entre 60 et 65 ans et même plus tôt, donc avec de faibles ou très faibles revenus. Le recul de l’âge du départ à la retraite à taux plein à 67 ans va accroître cette période de grande précarité et sans doute dissuader des femmes de tenter de l’atteindre. Le dispositif permettant aux fonctionnaires ayant eu trois enfants de partir en retraite à taux plein au bout de 15 ans va être aboli, réintégrant les femmes concernées (près de 15 000 en 2008) dans la catégorie des femmes à carrière incomplète donc à faible retraite. » Une autre bonne raison de ne rien lâcher dans la bataille des retraites : pour nos soeurs !

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