Logique euthaNAZIE

Yan Barcelo, 19 septembre

En ces temps où tout notre contexte économique s’assombrit, il est impérieux de démonter la mécanique verbale qui enrobe l’actuel débat autour de l’euthanasie. Car il y a un monstrueux précédent à ce débat, précédent qui a prévalu dans l’Allemagne nazie. À cette époque, sous le couvert d’une rhétorique de charité et de compassion, une puissance étatique a entrepris d’éliminer systématiquement toute la partie de l’humanité qui lui semblait de calibre inférieur au nom de la pseudo-scientifique loi darwinienne de la survie du mieux adapté. À notre tour, on risque de découvrir que la véritable épellation du mot est « euthanazie ».

Nous est-il permis de tuer quelqu’un par colère, par impatience ou par haine? Évidemment pas. Alors pourquoi nous serait-il permis de le faire par compassion?

La compassion est une disposition du cœur et de l’esprit qui nous fait ressentir et participer à l’émotion ou à la condition de vie d’un autre. On peut compatir et poser un geste à l’endroit de la personne avec laquelle on compatit, ou on peut ne pas poser de geste. Tout dépend évidemment de la pertinence de ce geste dans le contexte donné et de la capacité de la personne d’accueillir ou non ce geste. Mais il n’y a pas de lien direct entre compassion et un geste quel qu’il soit. On propose que la loi accepte qu’une personne en tue une autre au nom de la compassion, mais si « l’intervenant » ne ressent pas particulièrement de la compassion pour l’autre, si même il ressent de la pitié, peut-être même du dédain ou du mépris pour la condition de l’autre, sera-t-il toujours justifié de le tuer? Entre la compassion et l’acte d’euthanasie, il n’y a strictement aucun lien obligé, cohérent et conséquent et on ne peut trouver dans la première justification du second.

Mais dans tout le débat qu’on mène autour de l’euthanasie, la compassion n’est pas le justificatif essentiel. Ce justificatif, c’est la dignité. Le fond de l’offensive pour justifier l’euthanasie tient à la demande de gens qui craignent la douleur et la souffrance qu’ils anticipent à leur mort pour qu’on donne la permission à des professionnels (médecins ou autres) de les tuer à leur demande. Mais qu’est-ce qu’on appelle ici « dignité »? En quoi le fait de ne pas vouloir souscrire à la douleur ou à la souffrance ou même à une certaine déchéance liés au processus de mourir relève-t-il de la dignité? Prenons le cas d’un prisonnier dans un camp de concentration en Russie soviétique. Il pouvait être soumis à de nombreuses humiliations et même à de la torture. Mais en quoi ces humiliations abîmaient-elles sa dignité? Ne peut-on pas imaginer qu’un homme qui garde la tête haute malgré ces humiliations soit digne? Et celui qui résiste à la torture sans se soumettre à la volonté de ses tortionnaires n’est-il pas éminemment digne? Où la dignité risque-t-elle ici? Est-ce dans le seul fait de subir des humiliations ou de la torture? Certainement pas. Ne faut-il pas plutôt parler de l’indignité de celui qui fléchirait sous les humiliations et qui succomberait sous la pression de la torture?

Or, qu’en est-il de cette « dignité » que veulent préserver ceux qui ne veulent pas être soumis à « l’indignité » de la vieillesse et de ses handicaps, à « l’indignité » de la douleur et de la souffrance de la mort, à « l’indignité » de subir des soins négligents dans un CHSLD. Est-ce bien leur « dignité » que ces gens veulent préserver? En voulant s’éviter les affres du vieillissement et de la mort, en quoi font-ils preuve de dignité? Leur demande d’euthanasie ne relève-t-elle pas plutôt de la peur et du refus de leur orgueil de subir les humiliations de la vieillesse et de ses handicaps? En refusant de se mesurer courageusement au naufrage inévitable de la mort, ne font-ils pas plutôt preuve d’indignité? Où se situe, au juste, leur revendication de préserver leur « dignité »?

Bien sûr, il y a aussi dans ce débat la demande, très exceptionnelle, de ceux qui sont soumis à une maladie très débilitante et qui demandent qu’on mette un terme à leurs jours. C’est l’histoire qu’on nous présente, par exemple, dans le film « La mer intérieure » où un paralysé total formule une telle demande. Lui veut mourir, tandis que le héros d’un autre film, « Le scaphandre et le papillon », plus handicapé encore car il ne peut même pas parler, ne demande qu’à vivre. Où est la dignité de chacun de ces deux personnages? Celui qui demande à vivre est-il moins indigne que l’autre? On dira peut-être que la compassion commande qu’on tue le premier, mais est-ce que cela signifie que la même compassion commande qu’on tue le second?

Finalement, toute la rhétorique autour de l’euthanasie avec ces grands mots ronflants de « compassion » et de « dignité » tourne autour d’une simple équation que chacun doit se poser à lui-même et qu’on pose au législateur : peut-on tuer un autre, même à sa demande? Question éminemment morale. Question uniquement morale, d’ailleurs? « Compassion », « dignité » et tout autre vocable n’ont rien à y voir.

Est-ce à dire qu’on ne peut pas imaginer des situations extrêmes où infliger la mort à un autre à sa demande expresse est absolument, totalement et irrévocablement immoral? Pas nécessairement. Il y a des situations de douleur et de souffrance dont l’extrémité est inimaginable. Mais alors, gardons ces situations limites justement là où elles se situent : à la limite. Traitons-en au cas par cas, dans l’intimité, loin des regards publics et loin du législateur.

Car, si on demande au législateur d’intervenir pour légaliser l’euthanasie, il est presque inévitable que s’installeront un climat d’opinion et des attentes qui amèneront la société à exercer des pressions pour que les mourants, les « p’tits vieux » inutiles et les handicapés consentent à ce qu’on les tue. En demandant au législateur de verser du côté de la mort, on passe une frontière qui pourrait vite devenir une transgression. Ne vaut-il pas mieux qu’il demeure impérativement du côté de la vie?

Qu’on le veuille ou non, devant le vaste mystère de l’après-vie, nous sommes tous également ignorants. Nous ne savons pas s’il y a une après-vie qui soit la récompense des actes et décisions de celle-ci, ni s’il n’y en a pas. Si on savait avec une absolue certitude qu’il n’y en a pas, alors je suppose qu’on serait totalement justifié de s’y mette allègrement et de charcuter toute cette population mourante ou handicapée qui sollicite notre « compassion » ou notre impatience. Mais voilà, nous ne savons pas. NOUS NE SAVONS PAS. Qu’on le veuille ou non, subsiste un gros et lancinant soupçon. Et devant cette incertitude, devant la simple possibilité qu’il y ait une après-vie syntonisée à nos engagement moraux et spirituels en cette vie, il semble nettement préférable de prendre le parti de la vie et du besoin de la préserver jusqu’à son ultime terme, aussi amer et désespérant puisse-t-il sembler.

Enfin, si le législateur refuse l’euthanasie, faut-il en conclure qu’il doit sévir contre les médecins ou autre intervenants qui, exceptionnellement, procéderaient à une euthanasie ou qui « accéléreraient » chez un patient le processus d’agonie? Évidemment non.

Il faut être bien conscient que dans les questions d’euthanasie, comme pour les questions d’avortement par exemple, nous sommes dans une zone charnière où nous faisons face, d’une facon particulièrement aiguë, au vaste inconnu de la vie et de la conscience. Il faut que le domaine judiciaire réflète ce territoire flou dans lequel il y a beaucoup de gris. Comprenons bien, il faut que le législateur soit irrévocablement du côté de la vie. Mais faut-il pour cela écraser de tout le poids de la loi un médecin ou un parent qui céderait, dans un moment de déchirement et de souffrance aigus, aux implorations d’un mourant transi de douleur ? Bien sûr que non. Mais ces situations rares relèvent de l’initiative des tribunaux et de leur lecture de situations uniques, incomparables.

14 pensées sur “Logique euthaNAZIE

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    19 septembre 2010 à 2 02 02 09029
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    NON on ne doit tuer personne qui ne l’ait réclamé, mais on DOIT faciliter la mort de quiconque le souhaite. C’est sur ce point que les tenants des vieilles religions encouragent la confusion. Chacun doit avoir le droit de mourir quand il le veut et de solliciter pour mettre fin à ses jours toutes les ressources de la science dont la société peut disposer.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/112-bon-voyage-marcel/

    Pierre JC Allard

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      19 septembre 2010 à 14 02 03 09039
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      @Pierre JC Allard
      Si vous pouvez « scientifiquement » assurer votre propre mort, aucun problème. Je vous encourage à le faire. Notez qu’il y a une facon très pré-scientifique de le faire: c’est de ne plus manger ni boire. Semble-t-il l’absence d’eau crée chez le mourant une distanciation importante des sensations de douleur.
      Par contre, demander au corps médical, scientifique et législatif de devenir le bourreau de ceux qui demandent leur couperet, je suis en désaccord total. Il est trop dangereux qu’on ouvre la porte à l’abus évident qui sera d’inciter à demander leur mort ceux qui sont seuls et qui se sentent surnuméraires dans une société qui abandonne de plus en plus ses « p’tits vieux ». Je le répète, il me semble impérieux que le législateur soit irrévocablement du côté de la vie. Un premier glissement très dangereux a déjà été effectué du côté de l’avortement, glissement auquel on doit à peu près 720 000 avortements au Québec depuis 1970. Si on avait misé pleinement du côté de la vie en oeuvrant à l’adoption et à l’éducation en orphelinat de ces enfants, c’est à peu près 1 M de québécois de plus que nous aurions au Québec, de telle sorte que nous n’entendrions pas du tout parler de « déficit démographique ». Nous assistons là à une conséquence à long terme très négative d’un acte qui, dès le départ, est moralement inacceptable. L’acte d’euthanasier est tout autant inacceptable moralement. Et on peut déjà se demander quelles en seront les conséquences négatives à long terme.

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    19 septembre 2010 à 11 11 48 09489
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    M. Barcelo,

    C’est un excellent texte qui remet bien les pendules à l’heure sur les aberrations à valoriser une philosophie pro-choix pour les enjeux qui touchent à la vie. Depuis une semaine et demie, sur mon blog, j’y expose une série de trois textes qui se veulent être une alarme sur les dangers collectifs d’accepter l’application (légiférée) de l’euthanasie et du suicide assisté chez-nous.

    http://esolaris.wordpress.com/2010/09/16/insulte-vie-zones-grises/

    Le troisième et dernier texte devrait être délivré au courant de la semaine, et j’avoue qu’ici, vous m’avez un peu coupé l’herbe sous le pied avec votre titre et votre préambule : «logique euthanazie ». Le terme «nazification» sera de ma prochaine réflexion, et dénoncera un aspect que monsieur et madame tout le monde ne se doute même pas à l’heure actuelle à propos de l’euthanasie … si bien sûr, la brèche législative et judiciaire devait être ouverte au Québec. Cet aspect, c’est la crainte (très pertinente) qu’ont certains groupes de membres atteints d’handicap physiques et/ou mentaux de voir justement progresser le droit d’euthanasier dans notre société. Si on revient dans le passé, des hommes comme Hitler et Eichmann refusaient le droit à la vie des handicapés allemands, prétextant qu’ils étaient des erreurs de la nature et qu’ils ne pouvaient être de bons actifs dans la société. Accepter officiellement l’euthanasie ouvrira certainement une brèche dans ce sens (lire par «brèche», «des permissions exceptionnelles»). Dites-vous que si aujourd’hui, la femme peut avorter pour unique raison que son enfant est trisomique, à partir de ce point-là, rien est impossible dans l’évolution des barbaries pro-choix.

    Vous avez dit :

    Comprenons bien, il faut que le législateur soit irrévocablement du côté de la vie.

    Malheureusement pour nous, le président lui-même de la commission «Mourir dans la dignité», le ministre libéral Geoffrey Kelley, a introduit le débat avec un énorme biais pro-euthanasie et je le cite :

    Il est vrai que nous sommes dans une fédération et que le droit criminel relève du gouvernement fédéral, mais le fait de poursuivre en justice ou non est une compétence provinciale», a souligné le président de la Commission, Geoffrey Kelley, en conférence de presse lundi. Le député libéral a ajouté que l’affaire Sue Rodriguez, survenue en 1993 en Colombie-Britannique, avait permis à cette province d’établir des balises quant à l’euthanasie.

    Ça part déjà mal concernant le vecteur futur que prendra le gouvernement québécois sur la question. Le dernier bastion amical politique qui reste sur les enjeux moraux est à mon avis le parti conservateur canadien, dont ses élus ont toujours été réfractaires à la philosophie pro-choix.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    19 septembre 2010 à 13 01 50 09509
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    @Fraddé
    Je suis tout à fait d’accord avec les points que vous mettez de l’avant. Le seul fait que cette commission ait été mise en place relève, j’en suis certain, d’une volonté de promotion et l’euthanasie et de son implantation légale. Il y a des raisons très pratiques de contenir les dépenses de santé et très certainement un agenda secret d’eugénisme apparenté à celui des nazis. Toute la fanfreluche rhétorique de « compassion », « dignité » et le tralala, c’est bien pour émouvoir Jeannette, et je croirais volontiers que certains défenseurs de l’euthanasie y souscrivent en toute bonne foi, mais le « bottom line » est qu’il s’agit de fanfreluche rhétorique. Le fond de l’affaire est froid, brutal et désespérant.

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    19 septembre 2010 à 14 02 55 09559
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    Ainsi donc, votre analyse vous pousse à dire que le régime du Québec est un régime nazi. L´analyse est bien pauvre et courte. Hitler construisit des milliers de kilomètres d´autoroutes avant tout le monde. Les Etatsunis sont le pays au monde qui ont le plus de kilomètres d´autoroutes et sont donc un pays de nazis !!???…
    Comprenez vous que vos arguments sont pauvres et médiocres ?
    Parce que si les nazis on fait quelque chose avant nous, on est condannés à être nazis si on refait cette chose , par exemple construire des autoroutes ????

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    19 septembre 2010 à 23 11 01 09019
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    Anonyme

    Votre argument sur les routes ne vaut rien. Tous les peuples bâtissent des routes, mais c’est loin d’être tous les peuples qui, au 20e siècle, ont voulu procédé à une élimination systématique de leurs citoyens handicapés. Donc, le lien entre les permissions exceptionnelles qui peuvent naître dans une perspective d’euthanasie légalisée et ce qui s’est fait durant l’Allemagne nazie est tout à fait approprié. Je suis conscient que la vérité peut parfois être dure à assimiler, mais un jour, faudra que le citoyen moyen se sorte la tête du sable.

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

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    19 septembre 2010 à 23 11 01 09019
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    @anonyme
    En effet. Il tombe sous le sens que puisque les nazis ont construit des autoroutes et que le Québec a construit des autoroutes et continue d’en construire, cela fait du Québec un état nazi. D’ailleurs, les nazis ont aussi aimé Beethoven et l’ont porté aux nues. Donc, quiconque aime et admire Beethoven est forcément un nazi. Tenez, vous justement, vous parlez et respirez, comme les nazis d’ailleurs. Il est donc évident ce que cela fait de vous…

    Êtes-vous de mauvaise foi ou simplement stupide? Relisez ce que j’ai écrit et vous verrez que votre commentaire n’a rien à voir avec mon propos. Je ne dis nullement que le Québec est un régime nazi, par contre dans le virage que nous envisageons de prendre, je rappelle simplement qu’il y a un dangereux précédent. Il y a des groupes qui ont prôné l’eugénisme sans que leur idéologie ne les mène jusqu’à l’extrémité nazie. C’est le cas de la première société eugéniste fondée par Galton au 19e siècle, société qui est intellectuellement en continuité avec l’idéologie darwinienne. La filiation est d’ailleurs directe entre Darwin et Galton par le biais de deux enfants de Darwin, dont l’un, Léonard Darwin, a présidé au premier congrès international d’eugénisme. Tous ces gens proposaient de nettoyer la population de ces groupes perdants de l’évolution puisque mal adaptés: les mongols, les handicapés et autres éclopés. Le nazisme est simplement le point culminant de ce courant historique.

    Or, le mouvement actuel pro-euthanasie n’a évidemment pas des buts eugénistes avoués. On veut simplement donner à ceux qui le demandent la chance de les achever. Mais si on procède à répondre à leur demande, je juge que ce sera une porte ouverte où la pensée eugéniste, toujours très active, ne sera que trop heureuse de se faufiler.

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    20 septembre 2010 à 1 01 10 09109
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    « Est-ce à dire qu’on ne peut pas imaginer des situations extrêmes où infliger la mort à un autre à sa demande expresse est absolument, totalement et irrévocablement immoral? Pas nécessairement. Il y a des situations de douleur et de souffrance dont l’extrémité est inimaginable. Mais alors, gardons ces situations limites justement là où elles se situent : à la limite. Traitons-en au cas par cas, dans l’intimité, loin des regards publics et loin du législateur. »
    C’est probablement là la clef de la grande discussion autour de l’euthanasie.
    J’ignore pourquoi, mais dans les articles que j’ai lus à ce propos, on en arrive toujours à la question d’une euthanasie pour des raisons d’état, de crime contre l’humanité, comme vous le soulevez au tout début.
    Votre discours sur la compassion – je le sais – est un mot. Je pense que vous l’exagérez. Et les auteurs qui parlent d’euthanasie l’utilisent comme un mot plus simple que celui de la compassion humaine de tous les jours qui est une capacité telle que vous la décrivez.
    Alors, qu’est-ce que l’euthanasie?
    C’est tout simplement une personne rendue au bout de sa vie, qui en est consciente, et qui a besoin des outils contrôlés par le corps médical.
    On ne demande pas aux médecins d’avoir de la compassion, on leur demande de fournir les outils.
    Je vous ramène à un cas: Chatal Sébire.

    http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/27/01001-20080327ARTFIG00297-chantal-sebire-aurait-absorbe-des-barbituriques-.php
    Déformée par une cancer des sinus, souffrante, elle a demandé de l’aide. On lui a refusé cette aide.
    Par le tribunal…
    Elle a quelques années plus tard utilisé des barbituriques pour mettre fin à ses souffrances.
    Qui donc doit décider?
    Elle.
    Ou les autres…
    On ne veut pas aider parce qu’ON NE SAIT PAS.
    L’euthanasie n’est pas un suicide.
    L’euthanasie n’est pas un meurtre.
    Dans le cas d’un personne consciente de la fin de son existence.
    Fin de qualité de vie, comme un cas que j’ai connu qui a préféré utiliser le « matériel médical » assez simple: un mélange de relaxant musculaire et d’un médicament dont j’ignore le nom. Et ce qu’il est… Mais les infirmiers connaissent bien ces effets.
    Le relaxant musculaire, à doses élevées provoque un arrêt cardiaque.
    Son « cas » s’est réglé en une semaine. Condamnée à aller s’étendre sur un lit d’hôpital à 85 ans.
    CESSER DE MANGER ET DE BOIRE
    Vous vous référez à la technique des yogis si je ne me trompe qui « décident » du temps où il faut partir. Avec sagesse…
    La mentalité occidentale trouve cela un peu étrange. Elle préfère la méthode brute: le révolver ou la sur-médication.
    Ou le train…
    Si on commence à « intégrer » la loi dans un tel processus, on risque de prolonger le débat sans simplification qui risque d’être une remise en question coûteuse et douteuse à chaque cas. Les avocats sont comme les élastiques: plus ils prolongent plus ils y gagnent.
    L’INTERVENTION DE LA MÉDECINE
    J’ai connu des cas où on a prolongé la vie au point de rendre infernale la vie du patient et celle de l’entourage. On en a compatis un coup quand un médecin a décidé de prolonger la vie du beau-père qui était mort cliniquement, ressuscité, et avec un « pacemaker » il a fait 7 ans de plus. Ce qui me chagrine c’est qu’au moment de sa « première mort » il était serein…
    Les 7 autres années ont été une souffrance prolongée pour le « patient » et la famille immédiate.
    Le médecin a décidé de prolonger sa vie en lui disant – après son réveil – que sa qualité de vie en serait améliorée. J’ai bien peur qu’il n’avait pas eu le temps de consulter son dossier… Ses artères étaient si bouchées que quelques années auparavant on lui avait suggérer l’amputation des deux jambes.
    L’EUTHANASIE NON DÉCLARÉE
    Il s’en pratique. Quand le « client » en demande. Ce fut sans doute le cas d’un de mes frères atteint d’un cancer du cerveau. On m’a averti deux heures d’avance qu’il allait mourir.
    Pourtant, quand je suis arrivé à l’hôpital, il était en apparence bien portant. Mais le connaissant, et pour avoir discuté les mois précédents avec lui de son état, de sa vie, je pense qu’il avait décidé qu’il n’y avait plus rien à venir dans la vie actuelle.
    J’aurais aimé faire visiter à tout le monde un centre de personnes âgées, à bout de souffle…
    Tous les cas possibles…
    J’y suis allé souvent et à chaque fois c’était un choc. Car ces gens-là n’étaient plus vivants, mais transformés en zombies par la peur – morale ?- en attente que la « nature » mette fin à leur jour.
    Pour ma part, je ne pense pas attendre qu’un système décide de mon départ.
    Le grand danger c’est de donner « aux décideurs » le pouvoir de …décider.
    Nous vivons dans un monde artificiel ou le déni du « mourir » et l’importance de cette vie dans un Univers où la vision temporelle cultivée nous fait oublier que nous sommes en quelque sorte soumis aux rythmes de la Vie. Le tout est d’avoir la sagesse de s’y intégrer en acceptant avec ce NOUS NE SAVONS PAS.
    Mais qui donc cultive la sagesse en occident.
    Ne reste plus que « twitter » à Dieu notre demande. Et de se dire que nous vivons dans ce que M. Allard a nommé « Absenthéisme ». Ou quelque chose du genre…
    Je trouve le mot délicieux. Car il nous donne à la fois le pouvoir de Dieu, la liberté, et le pouvoir du diable…

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      20 septembre 2010 à 12 12 30 09309
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      @Gaetan Pelletier
      Votre propos est très humain et sensible, mais où vous vous tenez par rapport à la légalisation de l’euthanasie n’est pas clair. Je serais curieux de savoir votre position.

      Voyez-vous, pour ce qui concerne la situation de Chantal Sébire, à partir de ce que je connais de sa situation, qui est très superficiel, je crois que j’aurais agréé à sa demande. Mais c’était une demande exceptionnelle pour une situation exceptionnelle et, dans mon esprit, il faut que ca demeure tel. Aussi, dans un tel processus, il faut s’attendre à ce que certaines requêtes soient refusées, ce qui fut le cas pour Mme Sébire. Ce refus était-il justifié? N’ayant pas étudié le cas de près, je ne peux absolument pas me prononcer.

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        20 septembre 2010 à 18 06 56 09569
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        Désolé de n’avoir pas été clair…
        Je pense que mon « choix » rejoint entièrement celui de PJCA.
        Je suis pour l’euthanasie… Dans les cas éclairés et dans des conditions où la vie n’a plus aucun sens.
        Toutefois, je crains dans un « vision étendue » ou par simple formalité administrative de l’abus…
        Si je ne me trompe, et éclairez-moi, je pense que la Suisse reçoit des gens de partout dans le monde, pour un service d’euthanasie.
        J’ignore, dans le cas de Chantal Sébire, pourquoi on a refusé. Mais, je dirait que l’on a refusé simplement parce qu’il faut -pour l’instant refuser ce genre de demande.
        Dans les cas que je connais, aucune demande n’a été acceptée…
        Bonne journée!

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