L’UE sermonne Paris de ne pas infliger plus d’austérité au peuple français !

Au secours, les libéraux attaquent ! Rigueur : la France ne va pas assez loin, titre étonnamment le Journal du dimanche, alors que l’annonce du nouveau plan de rigueur date d’il y a quelques jours à peine. Il ne s’agit pas d’un éditorial où un confrère nous donnerait son opinion sur la façon dont il faut nous sauver du désastre-de-la-dette mais du compte-rendu de la conférence de presse donnée par un certain Olli Rehn. Vous ne connaissez pas ? Nous non plus, mais il est commissaire aux Affaires économiques de l’Union européenne. C’est le bel homme ci-contre au creux des courbes. Et donc ce type-là, qui n’est élu par personne mais désigné par la Commission européenne (CE), surveille que les gouvernants français appliquent bien la loi de la dictature financière, en envoyé spécial du roi des rois d’Europe, Manuel Barroso, président de la CE. « Jeudi, le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, a dressé un constat sévère des finances de l’Etat : en l’absence de nouvelles mesures, en plus du plan annoncé lundi par François Fillon, le déficit public de la deuxième économie de la zone euro ne devrait s’améliorer que légèrement, demeurant à 5,1% du Produit intérieur brut en 2013, soit bien au-dessus de la cible officielle de retour à 3% du PIB conforme au Pacte de stabilité européen. » Eh bien oui, Sarkozy le scélérat a signé le Pacte de stabilité – Nota bene, penser à le remettre en cause en mai 2012 : allo François Hollande ? Pacte de stabilité au nom de la sacro-sainte lutte contre l’inflation, pour laquelle est « nécessaire » qu’on sabre les dépenses sociales et qu’on privatise tout. Alors l’UE, qui prétend nous gouverner et nous imposer son ordre – toujours plus pour les riches et rien pour les autres -, nous envoie des commissaires qui « dressent des constats sévères » puis « estiment », « exhortent » et « précisent » : « Ces mesures sont « importantes », a estimé le commissaire européen, qui n’en a pas moins exhorté Paris à « annoncer le plus vite possible » ce qu’il entend faire pour que son déficit reste conforme aux objectifs de l’UE à l’horizon de 2013. » Et que ça saute ! « Pour ce qui concerne 2013, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour corriger le déficit public excessif » du pays, a-t-il précisé. » Vous êtes bien gentils, vous les Français, avec votre austérité à 19 milliards (12 pour le premier plan, et 7 de mieux trois mois plus tard avec le magnifique sauvetage-de-la-faillite-de-la-France-et-de-son-triple-A signé Fillon-Sarkozy lundi dernier). Mais faudrait voir à faire mieux. Vendez la France en tranche, autorisez le licenciement des fonctionnaires et virez-nous toutes ces feignasses, faites quelque chose quoi !

Et si on votait Front de gauche ?

Oh nous vous entendons d’ici : « vous, les gauchistes, vous critiquez toujours tout mais vous ne proposez jamais aucune solution ». Variante : « ce que vous proposez n’est pas réaliste ». Et l’argument qui tue, devant lequel on est censé se coucher et qui tient en six mots : « la dette, la dette, la dette ». Alors d’abord ladite dette est parfaitement illégitime – Nota bene, penser à l’annuler en mai 2012, hein François ! -, c’est une insupportable escroquerie comme nous l’écrivions il y a deux jours. L’arnaque du siècle comme la dénonce le collectif A vif(s) formé entre autres d’Étienne Balibar, philosophe, Aurélie Trouvé, présidente d’Attac, Michel Husson, économiste, Jacques Généreux, économiste aussi (Front de gauche), Gus Massiah, « personnalité des mouvements altermondialistes », et Clémentine Autain, directrice du mensuel Regards (Fédération pour une alternative sociale et écologique, Front de gauche).

Mais en plus, regardez donc cet amour de tableau, réalisé par le syndicat Solidaires, qui donne une bonne idée de ce que serait une autre politique. Une politique vraiment de gauche. Hein, François ! François ?

Post scriptum : nos appels à François Hollande, pour qui les prendrait au premier degré, sont hélas de l’humour.

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