Manifestations anti-austérité ( Grandeur – et limites – des)

 

Les manifestations contre les plans d’austérité se sont encore multipliées, ces derniers jours, aux quatre coins de l’Europe : à Lisbonne (Portugal)Madrid (Espagne)Salonique (Grèce)… Problème : ces rituels mouvements de protestation, pour compréhensibles et justifiés qu’ils soient, ne débouchent guère sur grand chose.

Leur stérilité vient de ce qu’ils se situent sur le terrain de l’imploration à l’égard des pouvoirs en place. Il est poliment demandé aux dirigeants de revenir sur les décisions impopulaires qu’ils ont imposées.

Croit-on que ces dirigeants ont attendu les manifestations pour savoir que les mesures d’austérité décidées vont être impopulaires ? Croit-on qu’ils vont gentiment revenir sur leur décision sous la menace de quelques slogans ?

UN FOSSÉ DÉFINITIF

La crise de la “Grande perdition” a creusé un fossé définitif entre des représentations politiques instituées et les populations. Les premières ont pris fait et cause pour le sauvetage coute que coute d’un système agonisant (mais qui les fait vivre). Les secondes affichent périodiquement — mais vainement — leurs souffrances et doléances sur des banderoles.

Ces démonstrations protestataires dans les rues s’avèrent en réalité tout aussi pusillanimes que leurs variantes par les urnes. Les électeurs se contentant au final d’alterner deux camps institués aux objectifs (et intérêts) similaires. Lesquels finissent par se coaliser autour de l’austérité sous la pression ténébreuse d’une vulgaire Troïka.

C’est le cas en Grèce, au Pays-Bas, et même en France où UMP et PS s’apprêtent à adopter de concert le Traité européen de stabilité (TSCG). Qui vient lui-même renforcer un traité précédent que la population avait pourtant majoritairement rejeté en 2005.

L’impasse démocratique est donc totale, aggravée s’il en est par les dégâts grandissants de la Grande crise.

PREMIER SEMESTRE 2013 : LE TEMPS DES ÉMEUTES ?

Dans son dernier bulletin (GEAB n° 67), le LEAP, qui peine de plus en plus à présenter l’Union européenne comme un îlot de salut dans le bourbier mondialisé actuel, anticipe des émeutes sur le vieux continent dès le premier trimestre de 2013.

Les émeutes sont la protestation du désespoir. On ne sait jamais trop sur quels terrains incertains elles débouchent. On le voit bien aujourd’hui en terre arabe. Mais l’impasse actuelle n’est pas non plus tenable très longtemps. Même un social-démocrate revendiqué comme l’historien Marcel Gaucher en convient :

« La grande inconnue, c’est la réaction de la société française lorsqu’elle va prendre conscience que nous sommes embarqués dans une crise de longue durée, où le retour des vaches grasses n’est pas pour demain et où il ne sera jamais plus possible de jouer comme avant. Le moment où cette découverte va se produire est imprévisible et l’on ne sait absolument pas quelles en seront, alors, les conséquences. »

Une prise de conscience est nécessaire pour les manifestants qui arpentent aujourd’hui les pavés en toute stérilité. Et qui vont tenter de le refaire en France le 30 septembre sous l’égide du Front de gauche.

Les manifestations de protestations sont un droit légitime, mais à la portée limitée. Or, la crise de la “Grande perdition” ne semble pas l’être, elle, limitée. Alors…

3 pensées sur “Manifestations anti-austérité ( Grandeur – et limites – des)

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    21 septembre 2012 à 21 09 33 09339
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    Je suis tout a fait d’accord avec l’auteur. Le processus de protestation populaire actuel est pusillanime et velléitaire. Il me rappelle les grandes manifestations contre les changements au regime de retraite, lesqeulles se sont soldées par une mise au pas du peuple par la gouvernance Sarkozy. Nous aurons maintenant une mise au pas par Hollande, ce qui est l’équivalent de fuir devant un lièvre après s »ètre fait les mollets à fuir devant un loup. Dieu est grand qu’il n’ ait plus de tigres en France.

    PÏerre Jc Allard

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