Marissal a tort: OUI, la « Loi Rebello » est nécessaire

http://blogues.lapresse.ca/marissal/2013/01/10/populaire-mais-pas-necessaire/

Vincent Marissal, qui est pourtant de ceux que je respecte, tire à côté des buts, cette fois, en nous disant qu’une loi pour empêcher les transfuges de changer de monture au milieu du gué n’est pas nécessaire. Elle l’est.

Cette loi est nécessaire. Pas parce qu’une volée de traitres menace la gouvernance démocratique, car la transpartisanerie est généralement sans conséquences, pour deux raisons:

1) le peuple qui n’aime pas les faux jetons a la bonne réaction: il ne les réélit simplement pas…

2) un député de plus ou de moins est sans intérêt, sauf dans les cas bien rares où il fait basculer une majorité. Le seul cas que je connaisse d’une défection changeant vraiment le cours des choses, est celui de Belinda Stronach se vendant à Paul Martin pour sauver le gouvernement libéral.

Ce dernier cas,  le seul que je connaisse, est de taille; mais le crime ne payant pas, cette petite merveille d’opportunisme cauteleux  tentée par cette femme a ensuite explosé au visage de la petite bebête qui voulait s’en servir…

Ce sont des cas rares. Interdire ce genre de pratiques n’a donc pas pour but de protéger quoi que ce soit, mais simplement d’assainir un tout petit peu la vie politique en  dénonçant une fiction qui, elle, nous fait beaucoup de  mal: la fiction que le député est vraiment le choix de ses électeurs et qu’il détient donc une parcelle  de représentativité.

La vérité, c’est  que le candidat député, dans l’immense majorité des cas, ne représente pas ses électeurs, mais simplement l’appareil du parti ou la petite coterie de partisans locaux qui l’ont désigné.

Les électeurs le savent bien, qui votent le parti et son chef et n’ont qu’une pensée bien fugace pour le candidat, dont  la plupart ne confirment le nom  que dans l’isoloir et qui pourrait être remplacé par n’importe qui. J’ai été  mêlé a un sondage très sérieux qui nous avait révélé que 6% seulement des électeurs considéraient que la personnalité du candidat local avait un impact sur leur choix…

Le député ordinaire n’a PAS été choisi: c’est son parti qui l’a été.  Quand il change de parti, il rompt la condition essentielle implicite qui l’a fait élire et son comportement est  inacceptable. Arrêtons ça.

Pierre JC Allard

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *