Médiator et à travers

Pharmacity est en émoi

Elle est montrée du doigt, celui-ci plongé dans le pot de confiture.

Elle cherche toujours plus de nouveaux clients, et son service de communication a des ramifications au plus haut niveau de l’Etat.

Et tant pis si quelques milliers de morts viennent assombrir le tableau.

On le sait, la blanche Roselyne n’a rien à se reprocher, et les mauvaises langues ont tort de lui reprocher d’avoir des liens très appuyés avec le monde du médicament.

Il faut quand même savoir qu’elle a, sûrement par étourderie, gommé dans son curriculum vitae toute la période où elle démarchait pour placer des médicaments chez les praticiens.

En effet, elle a travaillé au moins 12 ans, de 1969 à 1989 pour l’industrie pharmaceutique en tant que visiteur médical et il y a 8 ans de cette période qui restent dans le flou. lien

En tout cas, c’est un domaine qu’elle connait parfaitement bien, au point d’avoir publié dans Pharmanetwork magazine un article dans lequel elle affirme que « le métier de visiteur médical doit évoluer ». lien

Ces mêmes mauvaises langues auraient donc tort de lui reprocher d’avoir gaspillé 2,5 milliards d’euros pour l’achat de vaccins, ces mêmes vaccins que le  Professeur Bernard Debré jugeait inutiles. lien

Ajoutons à la facture, pour faire bon poids, du Tamiflu périmé, et des masques sans intérêt.

Rappelons d’ailleurs qu’elle avait promis qu’elle réussirait à les replacer ailleurs, afin d’alléger la facture. On n’en sait pas plus, et mon article sur le sujet est sur ce lien.

Mais laissons donc là cette « innocente » ministre et intéressons nous aux 76 médicaments placés sous « surveillance ministérielle »  depuis que le Médiator est en ligne de mire des citoyens attentifs, et inquiets.

Sur ce lien la liste des 59 médicaments que Xavier Bertrand veut « surveiller ». lien

Sur ce lien, la liste définitive.

On est en droit de s’interroger : pourquoi seulement « surveillés »?

S’ils représentent un danger, ne serait-il pas plus urgent de les retirer de la vente dès aujourd’hui ?

D’autant que dans cette liste, on trouve la Thalidomide, retirée du marché en 1962, et encore présente aujourd’hui et que le Médiator était aussi sous surveillance depuis une bonne dizaine d’année.

Le plus inquiétant c’est que dans un article paru le 5 janvier 2011 dans « France soir », une liste de médicaments dangereux (ou inefficaces) est proposée et que ceux-ci ne sont pas dans la liste des 59 médicaments  annoncés dans un premier temps.

Prenons par exemple le Trasylor, retiré de la vente aux USA en 2007, toujours en vente en France, ou le Nexen, retiré du marché en Finlande et en Espagne en 2002, en 2007 en Irlande et toujours en vente en France, le Javlor, qui peut provoquer des troubles hématologiques fréquents, parfois mortels, le Fonzylane qui entraine des effets indésirables cardiaques, et parfois mortels, l’Hexaquine, qui contient de la Quinine, que les Etats unis ne prescrivent plus depuis 1995, mais toujours en vente en France, le Ketek, qui peut entrainer de graves effets secondaires, le Crestor qui selon la revue « Prescrire » peut entrainer une insuffisance rénale, les antidiabétiques Victoza, Xelevia, Actos qui provoquent des risques d’effets indésirables, et n’ont pas fait la preuve d’efficacité, l’Ardatrel qui peut provoquer syncopes et hallucinations, Le Zyprexa facteur d’obésité, l’Exelon qui ne semble pas excellent puisque sa prise peut conduire au décès du patient, et pour finir, le Peristaltine et l’Herbezan qui sont des laxatifs très toxiques et jugés inefficaces. lien

Les Français sont-ils plus résistants que les autres à ces médicaments dangereux ?

« Prescrire » a prolongé cette liste avec Buflomedil qui a fait déjà plusieurs victimes, Intrinsa interdit aux Etats-Unis, Nimésulide/Nexen responsable probable de 500 cas d’hépatites graves, Vinflunine, considéré dangereux, Zyban proche du Médiator.. lien

Le Di-Antalvic n’est pas non plus sur la liste du Ministre, pourtant il a provoqué des arrêts cardiaques et été interdit en Europe en juin 2010.

En France on évoque son retrait définitif pour septembre 2011. Pourquoi attendre ? lien

Ces médicaments dont certains sont interdits à l’étranger, jugés dangereux ou inefficaces ne sont pas sur la première liste du Ministre.

Le ministère de Xavier Bertrand vient de s’abonner à « Prescrire », mais qui va le lire ?

C’est au niveau des responsabilités qu’il faut s’interroger.

La logique voudrait qu’elles soient appliquées au plus haut échelon, c’est-à-dire, au Ministre, qui par négligence, ou par méconnaissance, a permis la vente de ce médicament dangereux, et non pas aux fonctionnaires obéissants.

D’autant que Xavier Bertrand qui « ne savait rien » a pourtant 2 conseillers issus des laboratoires Servier. lien

Revenons au Médiator.

5 millions de Français en ont pris. lien

Pour l’instant, on a l’impression que « les rats quittent le navire », puisqu’on vient d’apprendre que l’industrie pharmaceutique française, voulant à tout prix éviter d’être assimilée au laboratoire Servier a décidé, par la voix du Leem (syndicat patronal des laboratoires) de suspendre le laboratoire Servier, le 25 janvier, à une quasi unanimité. lien

Le chiffre des morts dus à ce médicament est fluctuant : entre Servier, qui n’en compte que 3, et les épidémiologistes qui en évoquent plusieurs milliers, la marge est grande. lien

Tout le monde se passe donc la patate chaude.

Essayons de comprendre ce qui s’est passé :

Les laboratoires Servier mettent en vente en 1985 un médicament coupe-faim, l’isoméride.

(A ce sujet, Servier vient d’être condamné dans la plus grande discrétion à verser près de 150 000 euros pour indemniser la famille de Nicole Goudman, morte en 1995, après avoir pris de l’Isoméride. lien)

C’est l’occasion de remarquer le silence pesant qui entoure les décisions juridiques lorsqu’un laboratoire est condamné, comme cela a été le cas aux Etats Unis.

Bayer, Baxter, Behring et Alpha sont tenus de verser des dizaines de millions de dollars de dommages et intérêts aux plaignants.

Ils sont des dizaines de milliers, contaminés par le HIV fin 2010 à avoir reçu des « compensations », sauf que bizarrement, les récipiendaires sont tenus de garder le secret sur les sommes reçues. lien

Mais revenons à l’Isoméride, celui-ci est interdit en 1997.

Servier le remplace donc par un autre coupe-faim, le fameux médiator, qui lui ressemble comme un frère. lien

Or les Etats-Unis l’interdisent à la vente dès sa sortie, la Suisse l’interdit en 1998, l’Espagne en 2005, Servier lui-même le retire de la vente en Italie en 2005 et de 1999 à 2005,  7 notifications seront envoyées aux autorités sanitaires sans le moindre résultat.

D’ailleurs Servier, lui-même, avait diligenté une expertise qui confirmait les dangers de son Médiator, mais n’en a pas tenu compte. lien

Seul le magazine « Prescrire » a demandé son retrait dès 2005.

Mieux : Irène Frachon, pneumologue, après avoir longuement enquêté, demande à être entendue par l’AFSSAPS en février 2009, et démontre avec un dossier très complet les dangers du médicament. Non seulement, l’AFSSAPS n’en tient pas compte, mais autorise 8 mois après 2 médicaments génériques du  Médiator et de plus l’AFSSAPS a menacé de sanctions Irène Frachon. lien

Fabienne Bartoli est directrice adjointe de l’AFSSAPS, mais qui sait qu’elle a été chargée d’étude à Bercy entre 2001 et 2004 pour la politique industrielle du médicament ?

Puis, de 2004 à 2006 elle est conseillère technique au ministère de la santé d’abord sous la houlette de Douste Blazy, et ensuite sous celle de Xavier Bertrand.

Elle affirme qu’elle ne pouvait réagir plus vite, suite aux éléments en sa disposition avant l’automne 2009.

Alors on est tenté de sourire quand le chef de l’état prétend lancer une opération pour cadrer les conflits d’intérêts.

Si l’on creuse un peu plus, on apprend que Sarközi était l’avocat de Servier et qu’il a décoré ce dernier de la légion d’honneur ?

Qui a oublié que François, le frère du président est vice-président du conseil de surveillance de Bio Alliance Pharma et que le chef de l’état a inauguré en grandes pompes l’usine à vaccins h1n1 de Sanofi-Aventis au Mexique laquelle a produit 40% du marché mondial H1N1? lien

Alors quelle confiance peut-on accorder aux grandes déclarations indignées du Chef de l’Etat, et comment ne pas s’inquiéter pour nos santés qui manifestement valent mieux que les bénéfices  de « Bigpharma » ?

La mission que vient de confier Sarközi a Bernard Debré reporte surtout les décisions après mars, et pendant ce temps, des médicaments dangereux seront en circulation.

Car comme dit mon vieil ami africain :

« Quand la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau ».

On peut lire avec intérêt l’article très complet du docteur Marc Girard sur ce lien.

Liste totale des médicaments « surveillés »

abstral, aclasta, acomplia, actos alli, antasol, arcoxia,  bleupatentev, byetta, celsentri, cervarix, celance, champix, chlorhudrate de buprenorphine, cimzia, colokit, concerta, cymbalta, di-antallvic, effentora, efient, ellaone, equanil, entonox, eucréas, exjade, ferrisat, firmagon, fonzylane, furandatine, furadoine, galvus, gardasil, glivec, hexaquine, ilaris, increlex, instanyl, intelence, intrinsa, isentress, isotrétinoïne, janumet, januvia, kalinox, ketum, kuvan, lantus, levothyrox, lipiocis, lyrica, lucentis, mepronizine, meopa, methadone, microdoine, multaq, mycamine, mynocine, nexen, noctran, nplate, onglyza, orencia, oxynox, parlodel, pedea, pholcodine, pradaxa, praxinor, prevenar, primalan, procoralan, protelos, protopic, quasym, relistor, revlimid, rivotril, revolade, ritaline, roactemra, rohypnol, soriatane, stablon, stelara, stilnox, subutex, symbicort, thalidomide, thelin, toctino, tracleer, tramadol, trivastal, tysabri, tyverb, valdoxan, vastarel, vfend, victosa, vimpat, volibris, xarelto, xyrem, zypadhera, zyban, zyvoxid.

L’image illustrant l’article provient de « laurepouliquen.fr »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *