Mittal, le pistolet à eau et le sabre de carton

Avec Montebourg, Hollande et Ayrault, on passe vite du volontarisme au couille-mollisme. Mittal ? «Les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants» et il n’a «jamais tenu ses engagements vis-à-vis de l’Etat français»tempêtait Montebourg le 26 novembre. Et on allait nationaliser. Résultat des courses : « trahison ! » hurlent les syndicats. Ce Mittal aux mensonges accablants qui n’a jamais tenu ses engagements, eh bien on lui fait finalement confiance !

Le confrère et ami Jean-Marcel Bouguereau s’exclame« Le grand gagnant du bras de fer de Florange est Lakshmi Mittal. Finalement, il garde toute l’aciérie dont la filière froide, la plus rentable, celle qui transforme l’acier produit localement et ne s’engage qu’à une chose : il n’y aura pas – pour l’instant du moins – de plan social mais la filière chaude, les hauts fourneaux, arrêtés depuis longtemps ne seront pas redémarrés. Ils seront simplement entretenus dans l’attente d’un hypothétique plan européen de production d’acier propre.

Les salariés de Florange n’ont pas mis longtemps à comprendre. Comment pourraient-ils croire aux investissements promis de 180 millions d’euros sur cinq ans alors qu’un rapport estime le site « viable, fiable et rentable«  à condition d’un investissement de 400 à 500 millions d’euros, d’autant qu’on attend toujours le chèque promis par Mittal pour Grandrange ? Le problème c’est que ce pitoyable dénouement arrive au terme d’une semaine où Arnaud Montebourg avait menacé, tempêté, promis les foudres d’une « nationalisation » partielle et même annoncé l’existence de deux éventuels repreneursDe faux espoirs. Au bout du compte il ne reste plus rien de ces promesses qui avaient fait espérer que toute la filière allait repartir. » Mais qu’on se rassure : si Mittal, encore une fois, reniait ses engagements, promis, là on nationalisera. Notre œil.

« Ayrault et Montebourg m’ont menti ! »
Un syndicaliste balance : « Edouard Martin, responsable CFDT d’ArcelorMittal à Florange, a accusé samedi le gouvernement d’avoir « menti tout au long » des discussions sur l’avenir de Florange, ajoutant qu’aux salariés il avait « fait croire que la nationalisation était acquise. Jusqu’à la dernière minute quasiment, on nous a fait croire que la nationalisation temporaire était acquise. On n’a pas compris du tout ce pataquès de dernière seconde où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n’avait jamais été jamais évoquée », a-t-il dit sur RTL. Edouard Martin s’est demandé « si à un seul moment le Premier ministre a cru à l’hypothèse de la nationalisation. On aurait aimé qu’on arrête de nous rouler dans la farine (…). J’ai l’impression qu’on nous a menti tout au long », a-t-il dit. Pour le responsable syndical, « si le patron n’était pas Mittal on aurait pu crier quasiment victoire » mais, a-t-il ajouté, Lakshmi Mittal « n’a jamais respecté les engagements qu’il a pris ». Il a exprimé la crainte que « pour le gouvernement le dossier soit bouclé et la page tournée, et que (les salariés de Florange) soient oubliés ».

Concluons par du Mélenchon : « Lakshmi Mittal n’est pas le bienvenu en France et ne l’a jamais été. Parce que l’OPA qu’il a fait sur Arcelor est une OPA hostile. M. Mittal n’a aucun droit sur nous », a déclaré l’ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle, estimant que l’accord entre le gouvernement et Mittal s’est « fini en pantalonnade médiocre. Il faut immédiatement que les syndicats reviennent à la table », a estimé Jean-Luc Mélenchon qui « reste sur la position de nationalisation ». Si cette « nationalisation » ne se fait pas, Jean-Luc Mélenchon a estimé qu’il faudrait des « garanties » au nouveau projet. » Parce qu’on ne combat pas la finance avec un pistolet à eau, ni avec un sabre en carton. Pas plus chez Mittal qu’à PSA.

Illustration piquée aux camarades du PCF

PS : sur PSA, il faut absolument lire Pierre Derruelle. Extrait : « Je savais aussi que la famille Peugeot était la première fortune française (4,4 milliards d’euros via une holding crée en 1929) résidente en Suisse, puisque plusieurs membres s’y étaient installés il y a belle lurette, non pas pour échapper à l’imposition fiscale française, mais pour la qualité de l’air pur des montagnes helvètes et la beauté paisible et propice à la méditation, des pâturages verdoyants. »

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