Mourir dans la dignité

La Belgique tient à remporter un odieux précédent.  Le débat est en place pour étendre l’euthanasie aux mineurs. Parmi les raisons invoquées, on y retrouve le souhait exprimé par des parents qui souhaitent étendre le «mourir dans la dignité et le suicide assisté à leur progéniture».

Il est permis d’anticiper. Je connais peu d’adolescents qui n’ont pas été torturés à différents degrés lors de ce passage entre l’enfance et le monde adulte.  Il y aura la génération des éphémères.

Alors qu’en tant qu’adulte j’emploie toute mon imagination à redessiner la vie pour ne pas voir que les graffitis que laisse la société, lesquels masquent tout, comment aurais-je pu trouver la force de chercher les outils de mes rêves si la difficulté de construire avait été punie de mort?

Au Québec, le comité «mourir dans la dignité» a remis son rapport. Je n’ai pas lu le rapport: c’est inutile. On avait déjà fait le résumé de ses conclusions, dont l’une véhiculée depuis mentionne:

«Au-delà de la froide réalité des sondages ou de la comptabilité relative du nombre de personnes « pour » ou « contre » s’étant exprimées pendant la consultation, nous avons tenté, à titre de représentants élus de la population, de soupeser la valeur des arguments en regard de l’évolution des valeurs sociales, de la médecine et du droit ainsi que notre conception du bien commun».

«Ainsi que notre conception du bien commun» …  En 7 mots, ce rapport suffit à confirmer les pires craintes. Le bien commun est aussi ce qui sous-tend l’usage de la force, puisqu’il légitime l’emploi de mesures létales. Les forces armées sont la facette ultime que justifie le bien commun. La liberté individuelle qu’on disait vouloir protéger passe dorénavant par le bien commun.

C’est exactement le type de phrase qui ne devrait pas figurer dans un rapport de consultation publique, sinon nous nageons dans l’absurde.  En tant que société, nous nous apprêtons à entériner leur conception du bien commun.

Rodin avait façonné l’oeuvre majeure, exprimant semble-t-il la limite que le corps et l’esprit ne doivent pas franchir:  un scellé sur l’enfer.

Mais qui ne croit au ciel, ne peut croire à l’enfer. Parfois je me dis que Dieu compte les jours. Il reste bien peu de son oeuvre qui n’ait pas été profanée.

ELYAN

7 pensées sur “Mourir dans la dignité

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    15 mai 2013 à 11 11 06 05065
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    Vive l’eugénisme! Ha! Ha! Ha!

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    15 mai 2013 à 16 04 01 05015
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    @ ELYAN
    Je suis un partisan inconditionnel du droit à la mort et à l’assistance medicale pour toute personne majeure et saine d’esprit qui veut mettre fins a ses jours. Comme vous, cependant, je ferme la porte à une euthanasie non consensuelle et donc au droit de l’un de décider de la vie d’un autre.

    C’est précisément le cas de la décision prise pour un mineur ou autre incapable. Si on veut aller dans cette voie il faudra en faire plus pour VRAIMENT connaître la décision ÉCLAIRÉE du mineur, qui SEUL doit pouvoir initier une demande en ce sens et dont il faut s’assurer hors de tout doute qu »il n’est pas manipulé .

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/036-visa-de-sortie/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/112-bon-voyage-marcel/

    PIERRE JC ALLARD

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    16 mai 2013 à 9 09 29 05295
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    Lorsqu’il est question de mineurs, alors qu’ils n’ont développé aucune maîtrise des outils de vie et en ignorent souvent l’existence, il serait immoral de les assister au suicide.

    Au Québec, en cherchant à élargir une pratique de non-acharnement thérapeutique (qui existe déjà lorsqu’un mandat d’inaptitude le prévoit) afin de permettre de devancer toute forme de traitement et d’encadrer aussi le suicide, le souhait d’un individu obligera un autre à répondre à ses attentes… ce qui devient démentiel parce qu’il s’agit bien d’une conséquence qu’aura ce choix devenant un droit: l’obligation.

    La dangereuse introduction tacite du bien commun de la part d’un comité qui devait se pencher sur les libertés individuelles (pour ce faire il a pourtant fait fi de 69% de répondants et intervenants défavorables) est une atteinte à l’ensemble des droits individuels fondamentaux garantis par la charte, dont le moins négligeable est le droit à la vie.

    Il est logique de supposer que possiblement seule une modification de la charte (basée sur la règle tacite de bien commun se subrogeant aux droits individuels) pourrait soustraire les québécois à l’application des lois fédérales impliquées créant une forme de jurisprudence risquée, en ce sens qu’elle affecterait les droits fondamentaux garantis par la charte pour permettre la préséance consentie de bien commun. Il y a risque avec cette notion d’établir les fondements d’une démocratie délibérative en en forçant…

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    16 mai 2013 à 12 12 04 05045
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    Il fut un temps ou le seul fait de parler d’un débat sur ce sujet aurait été percu comme un sacrilège, une ineptie, un signe de manque d’humanité crasse.

    Et puis les ‘pusher’, cie pharmaceutiques et autres vont perdrent une clientèle payante, ils vont surement déléguer leur lobby pour empêcher ca !

    En attendant, on en parle ouvertement comptant les pours/contres en vu d’un vote…a main levé pour éviter des dépenses inutiles !!!

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