Municipalisation des sols urbains. Une idée d’antan ?

JEAN PIERRE BONHOMME

La première fois que le Parti québécois a participé à une élection, ce fut le 29 avril 1970; soit il y aura bientôt 43 ans. Or, juste à la veille de cette élection – où le parti n’a fait élire que 7 députés – cette formation politique a publié un petit livre-clef sur le devenir national québécois. Ce fascicule s’appelait  ‘La solution – Le programme du Parti québécois’.  Sur la page couverture, on voyait la photo du fondateur, René Lévesque et au verso celle d’un (jeune) Jacques Parizeau…

L’important, ici, c’est de lire ce que M. Lévesque proposait du point de vue social tout autant que national et de nous demander si notre collectivité n’aurait pas pu agir plus prestement, plus judicieusement, même si le projet d’autodétermination n’a pas abouti.

Le petit livre dont nous parlons et que j’ai devant moi depuis 40 ans a été  écrit par l’ancien premier ministre lui-même, de sa propre main. Cela transpire dans toutes les pages. C’était le projet d’une évolution sociale emballante et mobilisatrice. Certains des objectifs ont été atteints, notamment dans le domaine du syndicalisme, mais dans bien d’autres notre collectivité a passé tout à côté.

Ces constats sont importants, car la Fondation du Parti québécois tiendra bientôt, soit le 4 novembre, à la Grande bibliothèque, un colloque sur la vie même de M. René Lévesque. Et puis, n’est-il pas pertinent de nous demander ce que nous aurions pu faire collectivement tout en attendant l’affranchissement idéal ?  N’y a-t-il pas un lien à faire, ici, avec ces fameuses collusions qui nous troublent tant?

Pour ma part, j’estime que le principal oubli social, le principal échec québécois touche le domaine de l’aménagement territorial et de l’habitation. M. Lévesque proposait, promettait une transformation radicale du développement urbain que bien des contribuables ont oublié de noter : soit la MUNICIPALISATION DES SOLS URBAINS.  Textuellement voici ce qu’il disait :

«Pour corriger ce triste tableau (celui de la négligence criminelle (sic) dans le domaine de l’habitat) une des manières de voir qu’il faut changer au plus tôt c’est celui qui considère le sol urbain comme un objet de spéculation. Il faut en faire un bien commun, si l’on tient vraiment au succès d’une politique sociale en matière d’habitation et d’urbanisme. Aussi les pouvoirs publics devront-ils procéder à la nationalisation progressive du sol en périmètre urbain »

Or il n’y a pas eu de telle nationalisation progressive. Pas plus que nous n’avons donné de l’importance à cette autre idée (page 33) de donner priorité à un Office du Plan territorial «directement rattaché au bureau du premier ministre». Cet Office aurait créé «un plan de développement global pour la société québécoise». Je ne sais pas si le premier ministre actuel –qui vit à part dans une municipalité séparée – s’intéresse à un pareil Office, mais si l’on en juge par les résultats il ne doit pas y consacrer beaucoup de temps.

Le Québec est aujourd’hui parsemé de «monster houses» posées n’importe où sans le moindre égard à un quelconque Plan. Et puis, s’il y avait un Office du plan véritable, est-ce que l’UQAM aurait été autorisée à construire cet autre monstre (non achevé) d’habitat dans l’îlot dit «voyageur» ? L’UQAM, en tout cas, cette institution-clef de notre patrimoine culturel francais, n’aurait pas été engagée dans cette catastrophique aventure qui déprécie le quartier dit latin et le tout-Montréal!

René Lévesque, lui, n’a pas voulu ou pu réaliser son projet de rétablissement, de restauration urbain. Il a même été obligé, par la pression des banlieues, certes, d’éliminer le péage sur les ponts afin de conserver un comté ou deux dans la bande péquiste! C’est bien triste tout ca. Car le Québec, dans le domaine urbain ne peut se proposer comme exemplaire aux yeux des autres pays. Il vit en conséquence une période de gaspillage d’énergie et de mauvais goût.  Notre collectivité ne pourrait pas une bonne fois  faire revivre ces belles idées collectives ?

Jean-Pierre Bonhomme

Une pensée sur “Municipalisation des sols urbains. Une idée d’antan ?

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    1 mars 2013 à 14 02 21 03213
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    Monsieur Jean-Pierre Bonhomme ,

    je travaille justement la Municipalisations des sols urbains. Les problèmes ne viennent pas nécessairement , des Maires et du plus haut niveau de la  »PENTARCHIE », soit de l’oeil.

    Ils viennent , du 2ième et du 3ième niveau de celles-ci. On le voit à la Charbonneau Charbonneau , qui est un gaspillage d’argent éhonté.
    Robert Dutil lundi dernier en : est la preuve de ces niveaux , il en était au 3ième.
    Il a parlé des plus haut et j’ai crû comprendre  » Loge  ». Est-ce la P2 et la P1 ? Monsieur Fortin , à son texte , j’ai cru voir P2 et une méchante J/sus-Christ de gagne.

    En 1970 , le  »PEUPLE » , ne savait rien et c’était péché d’essayer de savoir.
    En 2007 , pas beaucoup plus.

    Par contre en 2013 : une Saloppe est dénoncé presque live et ce n’est pas les journalistes qui le font.
    Jean-Marie De Serre.

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