Nouvelle du front de classe du 27mai au 11 juin 2018

Mardi 5 juin 2018– Alors que le Sénat vient d’approuver la réforme de la SNCF, les cheminots en sont à leur troisième mois de grève perlée . Comme il fallait s’y attendre la stratégie de fin de conflit se met en place, dans un premier temps c’ est l’ UNSA et la CFDT qui ouvrent le bal de la reprise avec pour résultat le très classique principe de mettre en « population fermée » certains cheminots qui conserveront (primes et allocations) en cas de transfert à la concurrence.
Par ailleurs, une fraction de grévistes entend poursuivre le mouvement à l’ appel d’Anasse Kazib, gréviste à Paris Nord et délégué SUD Rail,et propose mais un peu tardivement de sortir de la grève perlée ( voir l’ appel de l’ inter-gares parisienne)Retrouver toutes les vidéos d’Anasse sur la casse de la SNCF et la lutte plus globale contre les attaques de Macron et son gouvernement.
Artistes et intellectuels appellent à amplifier le soutien aux cheminots !
A l’ heure présente nous ne pouvons pas dire s’ il va y avoir un sursaut de la grève cheminote, mais une chose est certaine, en France le mécontentement est grandissant, l’ inflation ronge salaire et retraite les déserts médicaux touchent maintenant les grandes villes, les hôpitaux en sont grandement affectés alors que la population est vieillissante. Pour le moment il n’ y a pas à notre connaissance de banderole exigeant la démission du gouvernement. Une exigence qui unifierait les luttes actuelles dans le temps.
La gréve de la faim victorieuse, de 7 travailleurs de l’hôpital psychiatrique de Rouvray, et d’ autres encore autour des urgences et des toubibs maintenant violentés n’ est que le résultats de la mise en danger de nombreuses personnes par l’ état . L’agence régionale de santé (ARS) de Normandie a fini par concédé l’embauche de 26 personnes, contre 52 revendiquées par les grévistes. Une demande qui avait déjà été revue considérablement à la baisse face au silence criminel de l’ARS puisque le conflit, débuté le 22 mars, exigeait à la base l’embauche de 197 personnes.

L’ acte II de la gréve cheminote va se jouer au moins jusqu’ aux négociations de la nouvelle convention collective qui vont se tenir dans les prochains jours.

vendredi 8 juin :Grève aux Catacombes :
les personnels écrivent à Anne Hidalgo pour sortir du conflit
https://paris.demosphere.eu/rv/62961
Les grévistes qui présentent des revendications argumentées et chiffrées, demandent à la maire de Paris de « mettre fin au blocage » en intervenant directement auprès de la direction de Paris-Musées
Les personnels des Catacombes de Paris, en grève reconductible depuis maintenant six semaines, soit le plus gros conflit dans l’histoire des musées municipaux de la capitale dont dépends le célèbre ossuaire de la place Denfert-Rochereau, ont décider d’écrire à Anne Hidalgo, la maire de Paris pour que cette dernière fasse des propositions pour sortir de ce trop long conflit. La voici dans son intégralité.
« Madame la maire, Nous, agents des Catacombes en conflit depuis le 3 mai, sollicitons votre intervention directe sur un dossier que l’établissement Paris Musées n’a que trop laissé traîner. Au fil des réunions de négociation nous avons adressé des demandes claires et motivées à Mme Levy et ses collaborateurs. Nous n’avons reçu en retour que dédain et indifférence. Voici quelles sont, en peu de mots, nos demandes.
Nous réclamons le doublement des effectifs sur la base de ce que nous pensons nécessaire de constituer des équipes de vingt agents, permettant de garantir un effectif cible de quatorze personnes. Aujourd’hui nous ne sommes que dix agents par équipe avec un effectif cible officiel de huit, par trop souvent dérogé à la baisse, ou parfois maintenu par l’emploi de vacataires.
Quatorze personnes cela représente : quatre à cinq à l’entrée : gestion des contrôles vigipirates (deux personnes), gestion des flux de visiteurs, litiges, conflits, etc (deux à trois personnes). Les agents pourraient ainsi constituer une équipe d’intervention en cas de besoin (deux personnes se détacheraient de l’entrée pour intervenir soit dehors, soit dans le parcours). Cinq à six à dans le parcours : surveillance de l’ossuaire, ouverture des portes aux groupes, gestion des visiteurs difficiles. Le site se dégrade à vue d’œil (déchets, excréments, dégradations) … nous sommes trop peu pour une surveillance efficace.
Deux à trois à la sortie : les visiteurs sont fouillés (une personne), mais aussi accueillis et conseillés (une personne). En cas de vol d’ossements ou de pierre, avoir au moins deux agents sur place immédiatement est indispensable. Un troisième peut s’ajouter au poste sur les jours d’affluence (régulation de la sortie et des flux dans le bâtiment, très exigu par rapport au nombre de visiteurs). Deux à trois agents au PC de sécurité : un en poste fixe et un à deux en intervention dans le périmètre de sortie.
En voyant nos demandes vous constaterez une chose : nous ne sommes pas fermés à la discussion, puisque nous proposons des postes avec nombre minimal et maximal. La direction, elle, considère que les agents peuvent faire un travail de qualité et que le public est reçu de façon sécuritaire dans les dispositions suivantes : trois agents à l’entrée, trois en bas (pour 200 visiteurs simultanés), un à la sortie, un au PC de sécurité.
Les agents en grève appellent la direction à retrouver un tant soit peu de sérieux ! Comment recevoir deux à trois mille personnes par jour dans de telles dispositions ? Les risques en matière de sécurité des visiteurs comme des agents, mais aussi les risques physiques et psycho-sociaux liés aux cadences infernales atteignent les agents dans leur chair. Souhaitant confronter nos arguments aux experts de Paris Musées, nous avons sollicité une réunion avec notamment l’expert sécurité-sûreté et la conseillère en prévention des risques professionnels. Aucune réponse de la part de Mme Levy ! Comme si elle savait pertinemment que notre point de vue était parfaitement fondé.
Nous constatons que notre interlocutrice a pris le conflit comme une affaire personnelle. Les échanges en aparté témoignent sans nul doute que les équipes dirigeantes du musée et de l’établissement public sont divisées, tant sur le fondement des revendications, que sur la stratégie de pourrissement adoptée, qui se solde en échec au fil des semaines. Nous vous demandons de mettre fin à ce blocage en intervenant directement et fermement afin de permettre à tous d’avancer dans la bonne direction, celle du dialogue sur le fond de l’organisation du travail aux catacombes, celle qui permet de prendre les problèmes à la racine, celle de la résolution du conflit et de la reprise du travail dans de bonnes conditions.
Bien que nous devinions que l’agenda de la Maire de notre ville capitale est densément chargé, nous sollicitons un entretien avec vous dans les plus brefs délais. La grève a déjà trop duré pour l’image de la ville et pour les finances publiques, et vous ne souhaitez certainement pas que l’argent du contribuable soit indéfiniment gaspillé à cause de la gestion déplorable du conflit social par Paris-Musées et de son amateurisme en matière d’organisation du travail. Nous sommes disponibles du mardi au dimanche, à l’heure et au lieu qui vous conviendront. Nous nous présenterons de notre chef, ce jeudi 7 juin à 11h à l’hôtel de Ville afin de vous remettre cette lettre en main propre. Nous organiserons également un rassemblement vendredi 8 juin à midi sur le parvis de l’hôtel de Ville dans l’objectif d’être reçus.
Nous travaillons en parallèle dans le temps qui nous est dégagé par la grève à un document explicatif qui revient plus en détail sur les raisons qui motivent le niveau d’effectif cible que nous demandons, document que n’a pas daigné produire la direction de Paris Musées jusqu’à présent. Nous rappelons également que nous sommes ouverts aux négociations, malgré les accusations de blocage que Mme Levy fait peser sur nous et que nous avons accepté des éléments permettant à notre employeur de dégager des moyens, si et seulement si ceux-ci revenaient au bénéfice du redimensionnement de l’effectif. Dans l’attente de votre réponse, nous vous adressons nos respectueuses salutations. L’équipe des Catacombes en grève ».
Crise aux Catacombes : Anne Hidalgo interpellée par les grévistes
Eh, Bruno c’est quoi cette grève qui dure ? On va finir par passer pour des macronistes, là !
Comment ça Anne, on a encore changé de stratégie ?

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lundi 11 juin 2018 à 11h
Lieu : Paris 15e
La Poste
Centre Financier de Paris
11 rue de Bourseul
Métro Vaugirard

En grève et en manifestation jusqu’au siège de La Poste !
Sud PTT appelle à la mobilisation
https://paris.demosphere.eu/rv/62802
Presse d’entreprise, ETC, briefs… Ça fait maintenant plusieurs années que les dirigeants de La Poste nous bassinent avec le plan stratégique 2020 « Conquérir l’avenir ».
Hors de cette stratégie, point de salut pour La Poste ! Au fur et à mesure que l’échéance de 2020 se rapproche, la pression s’accentue. C’est une véritable avalanche de restructurations qui nous tombe sur la tête. Aucun métier, aucun service ne passe entre les gouttes.
Toujours plus de réorganisations, toujours moins de service public
Les centres financiers passent à la moulinette de la mutualisation des activités. Résultat, des suppressions de postes et de services en cascade, et des centres qui ferment. OTT (Organisation du Temps de Travail) dézingue les organisations de travail. Au milieu de tout cela, il y a les agents. Les conditions de travail ? L’organisation de vie privée/vie professionnelle ? Malgré les beaux discours, La Poste s’en tape.
La machine SLD (Servir Le Développement) met les collègues des services supports dans la lessiveuse des reclassements successifs.
Au Réseau, c’est toujours plus de fermetures de bureaux, toujours plus de réductions d’horaires, toujours moins de service public, dans les zones rurales comme urbaines.
Sous-traitance, précarité, schémas industriels : tout pour les profits
Le recours à la sous-traitance reste un dogme au Colis, alors que La Poste, qui n’a visiblement pas de problème avec l’illégalité, est renvoyée en correctionnelle pour prêt illicite de main-d’œeuvre et travail dissimulé. Le nouveau Schéma Directeur Industriel sur les PFC se traduit par la mise en place de nouvelles fonctions polyvalentes sans aucun gain pour les agents. Au menu également, des déménagements de plates-formes, avec obligation pour les agents de « suivre le trafic ». Concrètement ça signifie que, pour garder leur emploi, ils devront aller bosser dans ces nouvelles PFC, qui peuvent être distantes de plus de 100 km… En clair, ils devront déménager.
Dans les PIC, l’augmentation de la sous-traitance et de la précarité s’accompagnent d’un management de plus en plus autoritaire. Le schéma industriel est là synonyme… de désindustrialisation. La Poste vient d’annoncer la fermeture en 2019 de la PIC de Villeneuve-la-Garenne (92)… inaugurée en 2011 (et qui, au passage, a coûté près de 70 millions d’euros) ! C’est donc la première plate-forme de dernière génération a subir une fermeture. Pour les agents, direction Bois d’Arcy (78) ou Gonesse (95), sans autre proposition.
La mort du métier de facteur
L’annonce de la création de 3 000 ilôts à la distribution n’est pas seulement celle d’une énième réorganisation : c’est une véritable déclaration de guerre. Les dirigeants de La Poste veulent en finir avec le métier de facteur. Les sacoches (c’est-à-dire la séparation du tri et de la distribution), c’est la fin du titulaire de quartier. Plus de factrices et de facteurs donc, mais des trieuses et des trieurs dans les Plates-formes Multi Flux d’une part, des livreuses et livreurs dans les ilôts de l’autre (des ilôts qui sont parfois de simples garages, sans eau ni toilettes). La coupure méridienne (qui existe déjà dans nombre d’établissements, mais qui se généralisera avec les tournées sacoches) est elle un bouleversment complet de la vie personnelle. Or on sait que ce n’est pas pour la paie qu’on choisit ce boulot !
Toutes et tous en grève et en manif
Evidemment, autant de mauvais coups ne peuvent qu’alimenter notre colère.
Les collègues de la PIC de Villeneuve se mobilisent contre la fermeture de leur centre avec, c’est assez rare pour le souligner, une intersyndicale très large (SUD, CGT, FO, CFDT, UNSA, CGC, CFTC). Une grève des PIC se construit pour le 12 juin, avec des intersyndicales dans plusieurs sites.
Des grèves impliquant plusieurs bureaux ont eu lieu dans 4 départements (35, 33, 13 et 92, où la grève est en cours) au même moment, ce qui n’était pas arrivé depuis très longtemps. C’est un pas en avant qui a été fait par rapport aux grèves isolées, établissement par établissement. Mais nous avons en face de nous une véritable direction de combat, qui tient sa feuille de route. Nous le disons franchement : face à un tel plan d’attaque, aussi global que frontal, il n’y a pas d’autre issue que de hausser le ton. En d’autres termes, d’enrayer la machine infernale postale en bloquant la production, en arrêtant le travail, à l’échelle nationale. Nous avons conscience qu’entre le dire et le faire, il y a une différence de taille. Mais c’est notre responsabilité de tenter. C’est pourquoi la fédération SUD PTT appelle à la grève dans tous les services le 11 juin. Nous donnons rendez-vous à toutes celles et tous ceux qui veulent exprimer leur ras-le-bol devant le site du Centre Financier de Paris et le bureau de Paris 15, à 11h. Nous partirons ensuite en manif jusqu’au siège national de La Poste. Nous avons contacté la CGT et FO pour mobiliser ensemble sur cette journée. Nous pensons en effet que, même en année électorale, la défense des intérêts des postier·e·s est supérieure aux querelles de boutiques.
A La Poste comme ailleurs, répression partout, justice sociale nulle part !
A La Poste (une boîte qui a fait 851 millions de bénéfices en 2017), on a soi-disant pas de fric pour satisfaire les revendications des grévistes. Alors on envoie les flics.
Ainsi, en Ille-et-Vilaine, les agents mobilisés depuis le 18 janvier ont vu la police débarquer à plusieurs reprises. Le 15 mai, les gendarmes mobiles sont intervenus, à la demande de La Poste, contre les collègues rassemblé·e·s devant la PIC Armorique puis devant la PFC du Rheu.
Dans les Hauts-de-Seine, le 18 mai, ce sont des CRS équipés comme des Robocop qui ont déboulé à l’intérieur du centre courrier de Neuilly-sur-Seine, pour en déloger manu militari les grévistes qui l’occupaient pacifiquement . Le 24 mai, dans le même département, un dispositif policier impressionnant (une dizaine de cars de CRS !) attendait les agents de la PIC de Villeneuve-la-Garenne, rassemblé·e·s contre la fermeture de leur établissement.
Si ces interventions policières ne sont pas les 1ères à La Poste (on se souvient de l’assaut du GIPN au centre de tri de Bordeaux-Bègles en 2005), le bleu marine (et pas celui des tenues de postier·e·s !) est apparemment devenu la couleur à la mode dans les centres en grève.
En réalité cette répression de plus en violente et fréquente est le corollaire du refus systématique, de la part de nos patrons, de négocier.
Ce phénomène n’existe pas qu’à La Poste, il est global.
Comme nos dirigeants, Macron et son gouvernement font passer un message : « vous résistez, on cogne ».
Ainsi, toujours en mai, 2 syndicalistes (de Sud Commerce et Service et de Sud Education) se sont fait interpeller, une grenade lacrymogène explosive a arraché la main d’un jeune homme à Notre-Dame-des-Landes, des lycéen·ne·s se sont fait embarquer au lycée Arago de Paris, et maintenu·e·s en garde à vue, sans que leurs parents aient été prévenus !
11 juin :
Grève tous services et montée à Paris
Le 12 juin sera une deuxième journée « sans cheminots » à la veille de la table ronde du 13 où état, syndicats et employeurs doivent discuter de la future convention collective du secteur.

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