Nucléaire, la cible terroriste

Nucléaire, la cible terroriste

Depuis la catastrophe de Fukushima, les pays du monde entier ont décidé de vérifier la sécurité de leurs centrales nucléaires, et ont accepté qu’elles soient contrôlées par des experts indépendants.

Tous…sauf la France qui fait vérifier ses propres centrales par ceux là même qui les exploitent.

L’ASN a rendu public le cahier des charges, lequel a été limité, à cause « du timing imposé par le gouvernement ».

Il faut donc comprendre entre les lignes que l’expertise ne va faire que survoler la question, d’autant que, suivant les recommandations de l’état, elle ne pourra reposer que sur des études de sécurité déjà existantes, et non pas sur de nouvelles expertises.

Ce sont les exploitants eux-mêmes qui mèneront les tests sur leurs installations et on nous assure en haut lieu que ce sera « sous le contrôle renforcé de l’autorité de surveillance ».

Un peu comme si le propriétaire d’un véhicule allait procéder lui-même au contrôle de sa voiture.

Cerise sur le gâteau, le risque d’un attentat terroriste ne sera pas pris en compte. lien

C’est pourtant l’un des facteurs les plus préoccupants.

Cette situation a provoqué la colère de Nikolaus Berlakovich, ministre autrichien de l’environnement, lequel a dénoncé la faiblesse de ces vérifications, déplorant qu’elles ne s’attardent pas sur le risque terroriste ou informatique.

Il a ajouté : « ça n’a aucun sens si les centrales nucléaires se testent elles–mêmes ». lien

Mais revenons à l’attentat terroriste.

Il existe aujourd’hui des armes particulièrement efficaces, et il serait surprenant que les terroristes n’en aient pas connaissance.

Prenons par exemple le missile AS30 Laser : il est d’une efficacité supérieure aux prévisions, et est guidé sur sa cible avec une précision chirurgicale.

Il peut perforer des épaisseurs de 2 mètres de béton, avant d’exploser, et la porte blindée d’un bunker ne lui fait pas peur.

On peut imaginer quelles seraient les conséquences de l’utilisation d’une telle arme, dirigée vers un réacteur nucléaire, perforant les quelques dizaines de centimètres de béton, et l’acier de la cuve du réacteur avant d’exploser.

Une autre arme fait encore mieux, la bombe MK82 qui peut traverser 40 mm de blindage ou 4 mètres de béton.

La bombe Durandal pourrait être aussi utilisée, connue pour ses capacités à percer tous les revêtements existants.

Larguée à basse altitude, elle fonce à 270 m/s avant de s’enfoncer dans le sol, et explose sur commande, quelques minutes, ou plusieurs heures après l’impact. lien

Mais oublions ces armes dont les experts ne peuvent pas tenir compte, aux ordres d’un gouvernement pratiquant une politique de l’autruche, laquelle n’a jamais donné d’excellents résultats, et intéressons nous à la chute accidentelle (ou pas) d’un avion de ligne.

C’est un rapport tenu secret, révélé par le réseau « sortir du nucléaire », et par Greenpeace, qui explique au sujet de l’EPR, ce « fleuron » du nucléaire français tant vanté par AREVA, que la structure ne pourrait résister à la chute d’un avion de ligne.

Greenpeace a consulté un expert britannique indépendant, afin qu’il résume en quelques mots ce qu’il faut penser de ce rapport.

Celui-ci à déclaré : « ce document est secret, non parce qu’il révèle des détails hautement sensibles pour la sécurité, mais parce qu’il manifeste un manque presque total de préparation pour se prémunir d’une attaque terroriste ». lien

Gunther Oettinger, commissaire européen à l’énergie, à refusé, le 10 mai dernier, de cautionner des tests de résistance des installations nucléaires européennes qui ne prendraient pas en compte les risques humains et les actes terroristes, ce qui ne fait pas les affaires de la France, et de quelques autres, qui ont proposé de limiter ces critères aux seules catastrophes naturelles. lien

En 2003, la centrale nucléaire Palo Verde, à Phoenix, en Arizona, avait fait l’objet de menaces d’un attentat terroriste. lien

Un expert nucléaire, Matthew Bunn, de l’Université de Harvard, à démontré comment une attaque bien organisée pourrait créer une situation comparable à celle de Fukushima. lien

A part l’hypothèse de l’attentat terroriste, il faut évoquer la fragilité des centrales nucléaires en temps de guerre.

En effet, selon la logique de la guerre, une puissance ennemie sera bien évidemment tentée de détériorer et de mettre hors service les centrales nucléaires, afin de priver le pays rival d’électricité, mettant ainsi à mal tout les moyens de télécommunication, et provoquant la panique des habitants qui voudront se mettre à l’abri de la radioactivité.

C’est le sociologue Pierre Jacquiot qui développe ce thème, s’interrogeant sur la pertinence de relancer le programme nucléaire français pour les 50 prochaines années. lien

Mais il y a aussi l’attentat informatique, dont les Iraniens ont fait les frais récemment.

Par exemple, les compteurs informatiques « intelligents » pourraient servir de « cheval de Troie » pour des cybers attaques, grâce au système SCADA. lien

A part ces risques évidents, il en reste d’autres qui ne le sont pas moins, comme ceux des inondations, ou des périodes de sécheresse, comme celle que nous connaissons actuellement, (la centrale de Civeau est sur le point d’être arrêtée faute d’eau) et qui pourraient poser de gros problèmes pour le refroidissement des réacteurs de nos centrales nucléaires. vidéo

Il suffit de consulter la carte interactive des risques, pour s’apercevoir que d’importantes crues ont déjà eu lieu, et pourraient poser des problèmes aux centrales nucléaires se trouvant au bord des fleuves. lien

Ce risque est connu, d’autant qu’il s’est déjà produit au Blayais, en 1999, ou la centrale n’a due sa sauvegarde que grâce à un concours de circonstances.

En effet, Alain Juppé, maire de Bordeaux, à l’époque, a été à deux doigts de faire évacuer toute la ville, tant la situation semblait compromise. lien

Et pour finir, il y a bien sur les zones de séismes, nombreuses dans notre pays, et dont l’importance a été sous-estimée.

La centrale de Fessenheim est construite au beau milieu de la faille sismique du Rhin Supérieur. Or lors d’un séminaire qui s’est tenu à Strasbourg entre l’ASN et son homologue suisse, il est apparu que le risque sismique à Fessenheim a été sous-évalué. lien

De plus, sur les 19 centrales nucléaires du pays, 11 sont situées en zone sismique de plus ou moins forte importance. lien

Sur ce lien, le rapport complet d’une expertise indépendante sur le sujet.

Si l’exploitant continue aujourd’hui de prétendre que la centrale de Fessenheim a bien été conçue pour résister à un séisme, on ne s’explique pas les raisons des travaux régulièrement entrepris pour « renforcer la sécurité sismique » car si ce risque avait réellement été pris en compte, ces travaux apportent la preuve du contraire. lien

Et que dire des autres centrales, dont celle d’ITER, qui outre son cout exorbitant (lien) sans garanti de résultats un jour, est située en pleine zone sismique. lien

Dans cette même zone sismique, en 1909 un séisme de force 6,2 avait eu lieu à Lambesc, (lien) et un tel risque menace les centrale de Marcoule et du Tricastin, sans oublier le centre nucléaire de Cadarache. lien

Une nouvelle carte des zones à risque sismique vient d’être publiée, laissant apparaitre la réalité du risque concernant nos centrales nucléaires.

Outre ce risque, il y a aussi, contre toute attente, celui de Tsunamis, notamment dans le couloir rhodanien.

Le 22 septembre 2006, un tsunami composé de 2 vagues déferlantes à eu lieu dans le secteur de Bourg les Valence. lien

Nos voisins suisses n’ont pas attendus, comme la France, de longs mois avant d’expertiser leurs centrales, et les nouvelles ne sont pas bonnes.

C’est au niveau du stockage des combustibles qu’ils se sont rendu compte que les piscines de stockage étaient insuffisamment protégées en cas de séisme ou d’inondation. lien

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’inquiète des lacunes importantes dans les systèmes mondiaux de sécurité nucléaire, et annonce une conférence internationale sur le thème, à New York, en septembre 2011. lien

En attendant, rien ne s’arrange à Fukushima, ou, depuis le 11 mars, les séismes se multiplient, la pollution continuant à s’échapper de plus belle (lien), et, cerise sur le gâteau, après l’incendie du 7 mai, finalement confirmé, (vidéo) malgré la tentative des autorités japonaise d’étouffer l’information, le bâtiment du réacteur n°4 est en train de nous jouer les « Tour de Pise ». lien

Alors, malgré le silence irresponsable des médias officiels, tentant de cacher la situation catastrophique dans laquelle le monde entier est plongé, on ne peut qu’espérer que les autorités mondiales décident d’en finir avec cette énergie désuète et dangereuse qu’est le nucléaire, d’autant que nous avons aujourd’hui les moyens de nous en passer. lien

Car comme dit souvent mon vieil ami africain : « le fleuve fait des détours, parce que personne ne lui montre le chemin ».

L’image illustrant l’article provient de « lesgrandesoreilles.com »

Merci à tous les internautes, qui par leur aide précieuse, et les liens proposés ont permis la réalisation de cet article.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *