o tempora o mores

Les PME américaines réalisent près de la moitié de leur chiffre d’affaire à l’exportation, selon une étude récente de Standard & Poor’s. En fait, en dépit d’un taux de chômage élevé aux Etats-Unis et de masses de liquidités en Trésorerie à disposition de ces entreprises, le pays perd encore et toujours des emplois par la faute des délocalisations. Que la consommation – qui ne peut être au rendez-vous sans une diminution du chômage – soit le moteur de l’économie US importe en effet peu à ces sociétés qui logent leurs centres opérationnels au sein de pays aux salaires plus compétitifs et aux lois sur le travail plus flexibles.

C’est ainsi que les Etats-Unis sont en bonne voie pour devenir en quelque sorte une république bananière car ils en ont au moins une caractéristique, à savoir celle consistant à exporter leurs matières premières en même temps qu’ils importent des produits finis. Le secteur industriel n’y emploie plus que 10% de la population contre 20% il y une vingtaine d’années alors même que l’industrie est un attribut majeur d’une économie développée. Effectivement, comment soutenir et promouvoir la classe moyenne – ce pilier des sociétés intégrées – faute de base industrielle qui assure des emplois de qualité?

Il est pourtant possible de transformer l’économie sans remettre en question le secteur des services ni réduire les salaires mais il faudrait pour y parvenir que la richesse soit moins concentrée et mieux répartie. Malheureusement, l’essor vertigineux de la Finance ces deux dernières décennies a mortellement achevé l’industrie tout en créant une nouvelle caste ayant monopolisé les richesses. Aujourd’hui, la compétition ne se déroule pratiquement plus que sur le ring des marchés obligataires, des fusions et acquisitions ou sur les financements sur un marché immobilier ayant bénéficié d’une appréciation sans précédent…

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