OUF !

Certains comptaient les jours depuis 5 ans, et aujourd’hui, ils ont du pousser un « ouf » de soulagement, après avoir souffert, mois après mois, d’une présidence aveugle, n’écoutant aucune contestation, comme on l’a vu lors des manifs sur la retraite, monopolisant tous les pouvoirs ou presque.

Ils connaissent l’étendue des dégâts laissés par l’ex-président, mais sont enfin soulagés de pouvoir tourner cette page douloureuse.

 

Avec un score de 51,67 pour Hollande, et de 48,33pour Sarközy, la messe est dite.

Le vaincu a admis sa défaite.

Bien sur, pour la France, le plus important est fait, mais il reste l’essentiel, redonner l’espoir, et surtout rassembler, tentant de faire oublier les divisions que la politique sarkoziste a provoqué, comme par exemple la chasse à l’immigré, responsable d’après lui, de tous nos malheurs, la stigmatisation de l’islamisme tout comme celle des bénéficiaires du RSA, la volonté d’étouffer les syndicats, l’invention d’une insécurité galopante …

Les départs sont toujours des moments douloureux, surtout pour ceux qui s’en vont, mais rassurons-nous, celui qui est battu va pouvoir exercer ses talents dans le privé, puisqu’il est encore patron d’une officine d’avocats, ce qui devrait lui permettre de substantiels revenus, au vu des affaires juridiques qui se sont entassées depuis les années, et qu’il lui faudra bien se défendre.

De Karachi à Bettencourt, en passant par Kadhafi, les soupçons se sont accumulées, et si certains seconds couteaux sont déjà, soit en prison, soit menacés, le principal intéressé n’avait pu pour l’instant s’exprimer sur ces dossiers, protégé qu’il était par son immunité présidentielle.

Mais revenons à d’autres adieux.

On se souvient du départ de Giscard, tournant le dos à la caméra, après avoir dit un « au revoir  » qui sonnait comme un « adieu  », et qui semblait interminable. lien

On n’a pas oublié la détresse d’un Jospin, humilié de n’avoir pu accéder au 2ème tour, battu par Le Pen, (lien) ni la dignité d’un De Gaulle, rejeté par un peuple lors d’un référendum qu’il était sur de gagner, et déclarant en 17 petits mots, le 28 avril 1969 qu’il quittait le pouvoir, (lien) mais le départ de Sarközy n’est pas prêt de se faire oublier, tant ce dernier était sur, jusqu’au dernier moment, de gagner la partie.

Un dessin vaut parfois mieux qu’un long texte,

Son pot de départ avait des accents de sincérités, mais à part ses aficionados, les ficelles émotives semblaient un peu grosses.

Il a fait son méa-culpa, avec le talent de comédien qu’on lui connait, endossant, avec une humilité feinte, la responsabilité de la défaite, mais le plus inquiétant n’est-il pas la colère des déçus de son camp, qui ne semblent pas avoir encore compris à quel point ils avaient été trompés ?

Pourtant ce quinquennat qui n’en finissait pas de finir, éclaboussé par tant d’affaires, dont certaines ne sont toujours pas élucidées, était devenu, pour les citoyens, un véritable calvaire.

La liste des casseroles de cette république qui se voulait irréprochable est trop longue pour en proposer la totalité mais personne n’a oublié la condamnation d’Hortefeux pour injure raciale, le 4 juin 2010, la triche de Dati sur son CV, les manœuvres de MAM tentant de sauver la tête de Fabien Chalandon, les compromissions de nombreux ministres avec les dictateurs Tunisiens, Libyens, et autres, les vaccins inutiles de Bachelot qui nous ont couté 2 milliards d’euros, les implications des membres de la familleSarközy dans différentes entreprises, laissant entrevoir de possibles conflits d’intérêts, les enveloppes d’Eric Woerth, la maison de Gérard Longuet, les faux d’Alain Joyandet, les jets privés de celui-ci et d’Estrosi, les voyages couteux de Fillon, dépensant mensuellement 27 000 € pour aller de Paris auMans, sans oublier Christine Lagarde a qui est reproché, complicité de faux, détournement de fonds publics, et puis bien sur les affaires déjà citées qui concernent le président sorti. lien

Il n’est pas inutile non plus de rappeler la mauvaise opération qu’avait fait celui-ci, vendant entredécembre 2004 et septembre 2009, le 5ème du stock d’or de la France, alors que si cette vente n’avait pas été effectuée, ces réserves en or auraient atteint fin 2010 plus de 19 milliards d’euros, puisque le cours de l’or continue aujourd’hui encore de monter. lien

Bien sur, le plus dur reste à faire : à gauche de la gauche, Mélenchon compte sur les législatives pour peser lourdement sur ce quinquennat, militant pour plus de justice sociale et pour une 6ème république.lien

A droite, Le Pen va tenter de profiter de la débâcle qui s’est installée dans le camp de droite, pour reprendre la tête d’une droite plus dure, et Bayrou aura à cœur de rester visible, alors que les indignés, rassemblés à Paris, organisent forum sur forum, ne se reconnaissant pas dans ces élus, et dans ces propositions, mais la tache qui attends Hollande est complexe.

Il devra composer avec l’électorat écologiste, le grand oublié de l’élection, dans une campagne pour laquelle le nucléaire a été étrangement absent, alors que la situation s’aggrave jour après jour àFukushima, et que les « incidents » se multiplient dans les centrales françaises.

On sait que François Hollande a promis de fermer Fessenheim avant la fin de son mandat, mais il se pourrait que l’actualité le prenne de vitesse, car la dernière affaire de « robinetterie » qui handicape gravement 31 réacteurs français, et les preuves amenées par Greenpeace des carences en matière de sécurité du parc nucléaire français, devraient peser lourdement dans la balance.

De Cruas Meysse qui vient de connaitre une perte de refroidissement (lien), à Penly et son incendie, (lien) en passant par Fessenheim, (lien) les «  incidents » se multiplient.

Tous les ans, ce sont 1000 incidents ou anomalies qui se produisent dans les centrales nucléaires françaises. lien

On n’a pas oublié qu’à la fin de l’an dernier, le bruit courrait qu’EDF se préparerait à abandonner l’EPR deFlamanville, et la facture salée de l’EPR finlandais, dont le doublement est par contrat à la charge de l’état français, soit plus de 3 milliards de dépassement, devrait faire réfléchir à deux fois le nouveau gouvernement. lien

On a pu découvrir récemment, dans Politis, le plan secret destiné à arrêter 20 réacteurs en France, (lien) et quoi qu’il en soit, il faudra pour le nouveau gouvernement rattraper le temps perdu, en matière « énergies propres », puisque nous sommes quasi en Europe la lanterne rouge dans ce domaine. lien

Alors que notre pays était pionnier en matière d’énergies propres dans les années 80, nous sommes aujourd’hui les cancres européens.

Sur l’Allemagne, la France accuse 10 bonnes années de retard, et alors que le nombre d’emplois verts n’atteint même pas la barre des 100 000, ils sont plus de 350 000 en Allemagne.

Au 1er janvier 2011, sur les 69 projets retenus dans la filière énergies renouvelables, seuls ont été réalisés.

La construction d’un parc éolien prend deux fois plus de temps en France que dans les autres pays d’Europe.

La baisse du tarif d’achat de l’électricité photovoltaïque à provoqué la faillite de centaines d’entreprises, et la mise au chômage de milliers d’installateurs.

Avec une électricité nucléaire à 12 cts d’euros le KWh, ne tenant pas compte du vrai prix du démantèlement, ni du traitement des déchets, les énergies renouvelables ne peuvent être financièrement attractives face à la concurrence déloyale du nucléaire. lien

Revenons au discours de départ du candidat sorti, personne ne sait s’il entend s’en aller tout à fait, comme il l’avait évoqué, ou rester dans le jeu politique, car son intervention laissait entrevoir qu’il n’était pas tout à fait parti.

Les législatives sont au bout du chemin, et il est probable qu’une partie du destin du pays va se jouer à cette occasion.

Marine Le Pen entend bien rebondir et veut à son tour récupérer les électeurs de l’ex-camp présidentiel, etCopé, qui vise l’échéance 2017 espère bien rassembler l’UMP sur son nom, ce qui ne fera sans doute pas les affaires de Fillon ou de Juppé.

De toutes façon, la droite va jouer son va tout, demandant aux électeurs de ne pas donner tous les pouvoirs à ses adversaires, argumentant que ce ne serait pas bon pour la République, mais si Hollandeveut appliquer son programme, ne lui faudra-t-il pas avoir les coudées franches ?

L’avenir sera-t-il rose pour le nouveau président ?

Nous serons fixés dans quelques semaines.

Comme dit mon vieil ami africain : « il vaut mieux choquer les verres que les têtes ».

L’image illustrant l’article provient de « marishka-moi.com »

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

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