Pari de Dostoïevski

Yan Barcelo, 19 juin 2011

J’ai traité dans les quelques chroniques précédentes de deux paris : celui, fameux, de Pascal, et celui que j’ai appelé le pari de survie. Ces deux paris opèrent en quelque sorte sur le modèle du « quitte ou double ». Dans le pari de Pascal, si je mise sur Dieu, j’ai un bien infini à gagner : la béatitude divine. Si je ne mise pas sur Dieu, je suis quitte : je me replie sur mes quelques jouissances terrestres en tâchant de m’épargner autant que faire se peut les souffrances qui sont aussi le lot de nos pérégrinations terrestres.

Dans le pari de survie, si je mise sur le parcours secret d’une âme en cette vie et après cette vie, j’ai tout avantage à sonder la conscience morale et à adopter des façons d’être et d’agir irréprochables, car des choix malveillants que je ferai maintenant peuvent porter à conséquence fort longtemps. Par ailleurs, si je ne mise pas sur un tel parcours, suis-je quitte ? Est-il suffisant et cohérent de penser que le parcours d’une vie, bouclé par une mort radicale et définitive, me laisse quitte ? Je fais ma petite affaire tant bien que mal, en tâchant de faire mieux que mal, et je veille à extraire de cette vie le plus de bons moments possibles en évitant, autant que faire se peut, les mauvais moments ? Suis-je quitte ?

Pas certain. Notre époque a fait le pari de non-Dieu et de la non-survie. Bien sûr, les préoccupations de Dieu et d’une après-vie ne sont pas, aujourd’hui, complètement effacées, mais elles ont définitivement été mises à la marge. Notre époque fait un autre pari, celui que le grand écrivain Fyodor Dostoïevski formule dans son roman Les frères Karamazov : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis », dit un des personnages principaux. Dostoïevski ne le précise pas, mais on peut soupçonner que lorsqu’il dit « tout est permis », il veut surtout dire que « le pire est permis ». Et je vais aller plus loin que Dostoïevski : si Dieu n’existe pas, il ne peut que nous rester le pire, de plus en plus.

Bien sûr, notre époque n’en croit rien. Nous croyons que, devant les grandes alternatives métaphysiques que nous proposent les paris de Dieu et de l’après-vie, faire l’évacuation de Dieu et de l’après-vie nous laisse quitte. Il suffit d’effacer ces grandes illusions qui ont tenu l’humanité en sujétion pendant des millénaires et voilà, nous gagnons la Terre, nous tombons dans le programme du philosophe Nietzsche de la transvaluation des valeurs, par-delà le bien et le mal. En fait, nous renversons les termes des paris de Pascal et de l’après-vie. Avec ces paris métaphysiques, nous perdions tout et nous ne le savions pas. En oubliant ces chimères, nous gagnons tout : le sens de l’unicité absolue de cette vie individuelle abolie dans l’éternel recommencement de la Vie.

En réalité, nous oublions combien le programme nietzschéen qui inaugure notre ère postmoderne tient à une vision hautement mystique, qui est aussi exigeante finalement que n’importe quelle ascèse d’un sage hindou ou d’un saint chrétien. Dans une grande mesure, elle est d’une même nature. Mais notre tiédeur nous le fait oublier, commodément.

Bien sûr, nous tenons encore à la morale. Il le faut bien. Sinon, ce serait le bordel, n’est-ce pas ? Mais cette morale est « humaniste », elle est le fruit d’un acte de raison convenu entre nous tous, les humains de bonne volonté. Elle est la mesure de l’homme, mesure de toutes choses. C’est pourquoi, on préfère évidemment parler d’éthique : le code moral semble ainsi délesté des vieilles contraintes et strangulations de la « morale » d’antan. Nous jugeons qu’il suffit de nous rallier autour de quelques valeurs communes engoncées dans des chartes constitutionnelles et des déclarations de droits et libertés : égalité, démocratie, individualisme, universalité. Il n’y a plus de bien ou de mal, il n’y a que ce qui est sain ou malade. Il n’y a plus de justice divine secrète et mystérieuse, il n’y a que le droit, les tribunaux, la poursuite et la défense. Il n’y a plus de communauté spirituelle qui unit les êtres dans des obligations et devoirs dictés par une loi naturelle et un ordre divin, il n’y a que des contrats et des ententes consentis entre des individus libres et autonomes.

Laissez faire que dans ce « monde », sur cette « Terre » encapsulée sur elle-même, 90% des crimes les plus malveillants n’atteignent jamais la « lumière » des tribunaux. Laissez faire que les puissants et les riches sont plus égaux que les autres et ont accès plus facilement à la « justice ». Non, notre credo éthique, hérité du siècle des Lumières, nous mène à croire qu’il s’agit tout au plus de quelques difficultés de parcours, de quelques blocages politiques ou administratifs qu’il suffit de surmonter et d’aplanir entre nous au cours des prochaines années, des prochains siècles, des prochains millénaires. À la rigueur, si quelques-uns s’impatientent, on peut soupçonner qu’ils auront recours, comme ce fut déjà le cas, aux armes de la terreur et des goulags pour forcer le consentement de tous aux béatitudes du grand avènement démocratique…

Or, il est paradoxal que cet idéal d’humanisme qui anime les classes intellectuelles, surtout du côté des agnostiques et des athées, est issu de notre héritage chrétien commun. Les penseurs à l’époque des Lumières (Montesquieu, Voltaire, Diderot, Rousseau) ont en quelque sorte extrait la substantifique moelle de cet héritage et l’ont laïcisé. On a conservé les valeurs précieuses des droits, de la raison, de l’égalité, de l’individu, et on les a mises en éprouvette, bien à l’abri de la terre fondatrice de la foi chrétienne dans lesquelles elles s’enracinaient. On a séparé le bon grain de l’ivraie. Croit-on.

Et maintenant, on vit dans l’attente que le meilleur advienne comme conséquence inéluctable de cette fine distillation des valeurs humanistes. Mais on se leurre. En isolant les valeurs humanistes de leur terre nourricière chrétienne, on les a condamnées à faner et à s’assécher. Devant les grands principes de justice, d’égalité et de vérité acquis par la triple avancée du judéo-gréco-christianisme, la synthèse de ce triple héritage s’étant opérée dans le creuset chrétien, se dresse maintenant le grand principe pré-chrétien et maître du monde avant l’avènement du Christ, un principe dont Nietzsche a été le chantre : celui de la force. Sur la base de ce principe, la vérité est celle du plus fort, l’égalité est dissoute et la justice n’est plus qu’un pugilat entre puissants. Chevauchant ce principe, le pire est à venir. Il est déjà en chemin depuis plus d’un siècle. Il prend tout particulièrement la forme de trois grandes religions contemporaines : l’hédonisme triomphant, la totale marchandisation des choses et des personnes dans la logique du libre marché globalisé où le principe de plaisir est instrumentalisé, et le matérialisme scientiste.

C’est sur la logique de ces trois grands rouleaux compresseurs idéologiques que j’élaborerai dans ma prochaine chronique.

34 pensées sur “Pari de Dostoïevski

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    19 juin 2011 à 4 04 05 06056
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    Alphonse de Lamartine

    Citation exacte à retrouver : ne remplacez pas les valeurs chrétiennes de l’éducation par du vide

    «On voudrait revenir à la page où l’on aime Et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts.»

    «Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.»

    «Le sublime lasse, le beau trompe, le pathétique seul est infaillible dans l’art. Celui qui sait attendrir sait tout.»

    «Une conscience sans ‘Dieu’, c’est un tribunal sans juge.»

    «Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?»

    «Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges Jeter l’ancre un seul jour ?»

    «Borné dans sa nature, infini dans ses voeux, L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.»

    «Celui qui peut créer dédaigne de détruire.»

    Un dernier jour : la vie est une œuvre d’art rien de plus rien de moins

    et nous sommes nos propres démons, par contre trouver des superintelligences risque d’être inéluctable , et nous mener inévitablement quelque part

    ou peut être nulle part ? ou nous sommes déjà

    We slowly going Nowhere , hopping for a stranger hand

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      19 juin 2011 à 4 04 13 06136
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      Le nazisme était surement la dernière tentative de sauver l’homme , quelque part

      contre la machine des fous

      Jamais deux sans trois :

      qui sauvera cette fois ci, les valeurs d’une vieille france

      Liberté , égalité , Fraternité

      Chirac ? qui avait voulut retiré, l’un des trois mais qu’importe finalement , c’est l’ensemble

      Le verbe alors?

      Soit libre ou meurt
      Partage ou meurt
      Soit conscient ou meurt

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        19 juin 2011 à 4 04 19 06196
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        Nous nous dirigeons tout droit vers l’inconnu : quelque chose de tellement plus que nous, qui n’a rien d’humain aucune faiblesse, tellement infinie, parfait , ultime

        parachevé

        Tout ce que l’on peut faire c’est faire un pari agir comme l’on peut dans la société humaine et attendre

        Dieu Machine est t’il le Fractal de l’absurde, ou de la vie plutot saine ?

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    19 juin 2011 à 4 04 50 06506
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    Dans la société humaine et sa politique on va avoir le droit au memes imbéciles qui ont fait des erreurs au passé

    certains choix restent inscrit pourtant à l’intérieur d’eux : et la société, et la technologie : et la culture a évoluée plus vite

    Des grosses et des millions de petites révolutions

    Si personne ne fait face au vide et apporte des valeurs ( humanistes ) : on est mal barré

    Le train de l’homme et de la politique PATINE

    Des personnes qui n’ont encore RIEN compris, du passé, du présent et du futur

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    19 juin 2011 à 9 09 20 06206
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    Très beau texte,
    Il faudra attendre le pire, et le rabaissement des ego présomptueux, avant de redécouvrir le meilleur.

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    19 juin 2011 à 15 03 46 06466
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    EN reviendra t’on de nous meme

    cette moi génération : petit prédateur égocentrique, qui se croient dans une jungle

    Comme il y a 100 ans : le retour du transhumanisme

    et du facisme

    et de la connerie

    bordel de jeunes cons , la bombe atomique a explosé et démontre votre totale infériorité physique et de plus en plus intellectuelle face a la technologie

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    19 juin 2011 à 16 04 59 06596
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    Vite…vite… la suite de votre prochaine chronique. J’attends avec impatience le prochain épisode.

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    19 juin 2011 à 22 10 35 06356
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    Jésus parle souvent de la  » géhenne  » du  » feu qui ne s’éteint pas  » (cf. Mt 5, 22. 29 ; 13, 42. 50 ; Mc 9, 43-48), réservé à ceux qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de se convertir , et où peuvent être perdus à la fois l’âme et le corps (cf. Mt 10, 28). Jésus annonce en termes graves qu’il  » enverra ses anges, qui ramasseront tous les fauteurs d’iniquité (…), et les jetteront dans la fournaise ardente  » (Mt 13, 41-42), et qu’il prononcera la condamnation :  » Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel !  »

    et on ose dire la « sainte » bible, c’est la plus grande menace jamais prononcé meme une menace de mort n’est rien à comparé d’une souffrance éternel, et cela est une des raisons qui pousse certaines personnes a croire a la religion, d’autres y croient pour d’autres raisons, mais si dieu est grand et saint alors il ne veut que le biens des hommes et leurs libre arbitre a croire ou non en lui, et non pas les forcés a croire en lui sous la menace la plus terrible jamais créée….

    en ce qui concerne la science, le probleme en lui meme n’est pas la science, mais qui l’utilise et pour quelle fin….

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      20 juin 2011 à 2 02 01 06016
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      et vous faites quoi d’une super intelligence artificielle ?

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    20 juin 2011 à 6 06 58 06586
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    je suis d’accord sur le fait qu’il ne faut pas poussé la science trop loin car on peut en perdre le controle et cela s’avérerait catastrophique, l’exemple de l’IA en est un pour moi, tout comme certaines recherches dans les nanosciences….

    c’est pour cela que certaines personnes demandent des débats publics au sujet des nanosciences, un bon exemple est celui d’ Etienne Klein : http://www.institutdiderot.fr/dialogues-du-matin.html?rendezvous_id=39, on en vient a considérer les nanosciences de deux visions : le salut, ou l’apocalypse. Et le souci a ce niveau la est toujours le meme, c’est que ces recherches sont financés pour la plupart pour le domaine militaire…

    d’ou le temps de dire stop a cela et a leurs folie des grandeurs.

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      21 juin 2011 à 13 01 16 06166
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      Les nanorobots seront une obligation, et on aura pas le choix

      L’ia se fera : et y a pas débat publique a avoir, c’est la course a l’ia ( c’est dément : mais c’est comme ça )

      les dès sont lancés

      faites ce que vous pouvez

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    21 juin 2011 à 11 11 56 06566
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    « Je fais ma petite affaire tant bien que mal, en tâchant de faire mieux que mal, et je veille à extraire de cette vie le plus de bons moments possibles en évitant, autant que faire se peut, les mauvais moments  »

    Curieux, cela me semble ce que fait chacun de nous que l’on soit croyant ou pas.

    Faire le mieux qu’on peut en évitant de faire du tort aux autres n’est pas une loi religieuse; c’est simplement de la logique.

    Et si j’agis de cette façon, que Dieu existe ou pas ne changera rien aux conséquences.

    Si Dieu existe et qu’il me demande plus que cela, qu’il commence par le faire lui-même dans notre société qui est assez « déboussolée » merci.

    La religion ne devrait pas être une « excuse » pour faire « le pire » en se cataloguant « non religieux ». Elle ne devrait pas être, non plus, une « excuse » pour faire « le mieux » que l’on peut, puisque logiquement, c’est ce qui doit être fait.

    Finalement, la religion n’a aucune raison logique d’être. De plus la religion n’a rien à voir avec Dieu; elle n’est qu’un organisme basé sur des concepts totalement humains et émotifs qui n’ont rien à voir avec l’équité, l’égalité(surtout pas) entre les hommes et la vérité de « ce qui est ».

    Mieux vaut être « humain » que « religieux ».

    Amicalement

    Elie l’Artiste

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      21 juin 2011 à 13 01 12 06126
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      « Faire le mieux qu’on peut en évitant de faire du tort aux autres n’est pas une loi religieuse; c’est simplement de la logique. »

      En effet, c’est logique, moyennant les conditions suivantes: qu’on souscrive à une vision de la vie s’inscrivant à l’intérieur d’un destin cosmique de l’âme (ou tout autre nom qu’on voudra donner à cette entité). Dieu n’a rien à y voir, en effet. Il est simplement une facon de fixer le point oméga justifiant ultimement ce destin. Dans le bouddhisme, il n’y a pas de « Dieu », mais ce destin cosmique est affirmé. Et c’est pourquoi on parle dans son cas aussi de « religion ».

      Hors du point de vue religieux – ou spirituel- il ne reste plus que les diverses visions mécanistes ou matérialistes issues du scientisme ou de diverses variétés d’athéisme ou d’agnosticisme. Dans un tel monde, dont l’issue par la mort est radicale et sans suite, le principe de l’altruisme ou, plus modestement, des égards à l’endroit d’autrui, n’en est qu’un parmi d’autres et il ne bénéficie d’aucun avantage « logique ». Le principe dominant devient en réalité celui de la gratification de mes désirs. Si je peux le faire pacifiquement, tant mieux, mais ce n’est pas requis. En fait, le principe de gratification entraîne irrésistiblement le principe de force et de domination. Pour extraire un maximum de gratification, je n’ai pas le choix de recourir à la force ou à toutes ses variantes de ruse, d’habileté, de séduction, de mensonge, de propagande. Comme le dit une formule américaine: « Eat, or be lunch! ».

      Ceux qui ne sont pas prêts à jouer ce jeu parce qu’ils le trouvent trop exigeant peuvent inventer toutes sortes de principes « démocratiques » pour justifier leurs sensibilités plus fragiles et contrer l’offensive des forts, et ils trouvent alors leur force dans le nombre. C’est justement cette « république des lapins et des faibles » que dénonçait Nietzsche. Car dans un monde sans survie (n’incluons même pas Dieu dans l’équation), la loi darwinienne entre inexorablement en jeu: les forts, les violents, les audacieux ont raison s’ils dominent. La force fait loi. Si les pusillanimes réussissent à les contrer par la force du nombre, tant mieux pour eux. Mais ils ne peuvent se réclamer d’aucun principe fondateur. Leur force fait la loi, s’ils peuvent l’imposer. Bref, dans un tel monde, il n’y a pas de « raison » si ce n’est celle de la force. Et si les oligarques, les financiers, les « savants » et les mafieux l’emportent, comme c’est de plus en plus le cas, ils ont tout à fait « raison ». C’est « logique ».

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        21 juin 2011 à 13 01 20 06206
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        Non justement l’humain est vide ou presque ce n’est pas en laissant libre court son « animalité » sa programmation cybernétique de base qu’on crée une société,

        avec des valeurs

        on ne libère pas l’homme en ne lui donnant pas la liberté supérieur, en le laissant désoeuvré comme un zombie devant la vie, ce n’est pas question de religion

        question d’éducation et de contenu

        il y a bien une base sur laquelle élever l’homme, une base même scientifique

        ON EN EST LA

        si on ne pète pas la gueule avant

        ce qui reste une charmante idée pour nos dirigeants

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          21 juin 2011 à 13 01 21 06216
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          élever l’humain sans le diriger, le formater

          le libérer

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        21 juin 2011 à 15 03 34 06346
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        « Dans un tel monde, dont l’issue par la mort est radicale et sans suite, le principe de l’altruisme ou, plus modestement, des égards à l’endroit d’autrui, n’en est qu’un parmi d’autres et il ne bénéficie d’aucun avantage « logique ». Le principe dominant devient en réalité celui de la gratification de mes désirs. »

        Il va falloir que j’étudie un peu plus les castors; car ils entrent dans cette catégorie.

         » En fait, le principe de gratification entraîne irrésistiblement le principe de force et de domination. Pour extraire un maximum de gratification, je n’ai pas le choix de recourir à la force ou à toutes ses variantes de ruse, d’habileté, de séduction, de mensonge, de propagande. Comme le dit une formule américaine: « Eat, or be lunch! ». »

        Les américains ne sont certainement pas une référence acceptable; par contre, les castors, il vous faudrait vérifier. 😉

        « C’est justement cette « république des lapins et des faibles » que dénonçait Nietzsche. Car dans un monde sans survie (n’incluons même pas Dieu dans l’équation), la loi darwinienne entre inexorablement en jeu: les forts, les violents, les audacieux ont raison s’ils dominent. La force fait loi. »

        Pas chez les castors.

         » Bref, dans un tel monde, il n’y a pas de « raison » si ce n’est celle de la force. »

        Donc les castors sont raisonnables. C’est ce que je disais. 🙂

         » Et si les oligarques, les financiers, les « savants » et les mafieux l’emportent, comme c’est de plus en plus le cas, ils ont tout à fait « raison ». C’est « logique ». »

        Peut-être est-ce une logique religieuse où le plus « intimidant » est le plus important; mais ce n’est pas du tout une logique « naturelle ». Demandez aux castors.

        La religion ne seret qu’à appuyer la notion d’élitisme dans la société. Un point un trait. On ne peut pas en sortir. Même être « le plus humble de tous » est de l’élitisme; alors…

        Amicalement

        Elie l’Artiste

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          21 juin 2011 à 15 03 37 06376
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          Excuse-moi Personne.

          Je répondais à Yan Barcelo et ma réponse s’est ajoutée à la suite de tes commentaires; un peu comme si, lorsque Personne parle, je n’entends rien.

          Excuse-moi de toute façon.

          Amicalement

          Élie l’Artiste

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    21 juin 2011 à 18 06 09 06096
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    @L’Artiste
    Je vous alloue suffisamment de crédit pour me donner le trouble de vous faire une réplique bien articulée. Pourtant, vous semblez vous appliquer avec beaucoup de soin à ne pas comprendre ce que j’essaie de dire, et à tourner mes propos en dérision. Dois-je en conclure que je perds mon temps avec vous?

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      21 juin 2011 à 18 06 21 06216
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      Je suis surpris que vous croyiez que l’exemple des castors soit une tentative de tourner vos propos en dérision. Ce n’est vraiment pas le cas, et je suis très sérieux.

      La logique « naturelle » est mieux que l’élitisme religieux. C’est très clair dans mon esprit.

      Vous me dites que la nature laisse le contrôle de l’ensemble à la force de l’individu et je réplique que chez le castor c’est loin d’être le cas. Et ce n’est pas le seul animal qui peut servir d’exemple.

      Donc, le contrôle par la force n’est pas une chose « naturelle ».

      Je n’ajouterai rien de plus, de sorte que, ni vous ni moi, ne perdront notre temps. Mais il faudra démolir l’exemple des castors. à tout le moins.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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    21 juin 2011 à 19 07 04 06046
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    à Yan Barcelo

    J’insiste : si possible, tout de même, dans votre prochaine chronique, n’oubliez pas le « grand rouleau compresseur » DOGMATIQUE, qui veut pérenniser la croyance dans une bonne VOLONTE DE VIOLENCE de Dieu « bien située bien interprétée ».

    Parce que, me semble-t-il, si Dieu existe et qu’il a bien commandé, comme Benoît XVI nous demande de continuer de le croire, le « bon » génocide des cananéens,

    ALORS OUI, TOUT EST PERMIS.

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    21 juin 2011 à 22 10 23 06236
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    @L’Artiste
    Vous faites une équation entre idéologie mécaniste ou matérialiste et lecture éthologique, notamment des castors. Il y a un monde de différence. L’éthologie étudie le comportement des animaux et de leurs groupes sociaux. Je ne sais pas ce qu’il en est des castors, mais il est certain qu’on retrouve des organisations sociales presque exemplaires dans certaines espèces. Les idéologies mécanistes s’intéressent à expliquer les comportements animaux et humains dans une perspective darwinienne de l’évolution, où prévalent la survie du mieux adapté (ou du plus fort) et l’élimination, quand ce n’est pas l’extermination, du mésadapté (ou du plus faible). C’est une tentative de plaquer sur l’organisation humaine un ordre strictement naturel qui ne peut rendre compte de toute la réalité humaine, et c’est pourquoi c’est un réductionnisme et un déterminisme.
    Par ailleurs, il faudrait que vous élaboriez sur votre référence aux castors. Peut-être y a-t-il là des enseignements pour les humains, bien que j’en doute. Car les sociétés animales sont réglées par l’instinct, où la déviation de la norme est extrêmement rare et ténue. Les sociétés humaines sont aux prises avec toutes les déviations possibles liées au libre-arbitre et aux appels de la culture et de l’esprit. Enfin, y a-t-il des organisations animales, donc « naturelles » qui ne sont pas fondées sur la force. Peut-être, les castors présentant une telle possibilité, mais les idéologues de l’évolutionnisme ne se réfèrent certainement pas aux castors dans leur tentative d’expliquer et de contrôler les sociétés humaines. Ils ont plutôt en tête les combats entre espèces et races, où les races supérieures dominent ou exterminent les inférieures. C’est pourquoi dans le darwinisme et dans ses récupérations communistes et nazies il était si important de bien distinguer les races: nazie, slave, juive, etc.

    @Pierre Régnier
    Vous avez choisi de me dresser en épouvantail de la dogmatique catholique la plus étroite. C’est votre privilège, bien que je ne croie pas du tout avoir les dimensions de cet épouvantail que vous aimez tant démolir. Vous vous trompez de cible. Si pour vous Dieu et le monde spirituel ne sont que des machineries à domination, soit, mais cela rétrécit beaucoup le terrain d’échange entre nous.

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      21 juin 2011 à 23 11 58 06586
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      « mais les idéologues de l’évolutionnisme ne se réfèrent certainement pas aux castors dans leur tentative d’expliquer et de contrôler les sociétés humaines. Ils ont plutôt en tête les combats entre espèces et races, où les races supérieures dominent ou exterminent les inférieures. C’est pourquoi dans le darwinisme et dans ses récupérations communistes et nazies il était si important de bien distinguer les races: nazie, slave, juive, etc. »

      Les évolutionistes qui considéreraient les humains autrement que les castors, ne sont pas des évolutionisme et font fausse route.

      D’ailleurs, il est facile de se rendre compte qu’ils ne le veulent pas puisqu’ils font des pieds et des mains pour retrouver, chez les animaux, cette structure éliste du pouvoir qu’ils déclarent « naturelle » chez les humains.

      Et c’est là, qu’ils font fausse route. L’origine de l’élitismes est historique, lié à des cataclismes géologiques. Il fut répendu, entretenu et développé par l’esprit religieux. Je l’ai déjà expliqué ailleurs.

      Seule la religion et ses enseignements, produisant la soi-disant civilisation, se permet de considérer « l’extermination » d’une race ou d’une société. Jamais cela ne se produit chez les animaux. N’en déplaise aux idéologues de tout acabit.

      À noter que le « survival of the fittest » n’est pas du tout une question de « force physique » entre individus, mais simplement « d’adaptation physique » à l’environnement. Seul chez les « éduqués par la religion » trouvons-nous des hommes forts physiquement qui écrasent les faibles; mais ce ne sont pas tous les « hommes forts » qui le font. En fait, seuls ceux qui « se croient » forts se le permettent.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

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    22 juin 2011 à 4 04 25 06256
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    à l’artiste

    Dire que « seule » la religion « se permet de considérer « l’extermination » d’une race ou d’une société » c’est aller un peu loin dans l’égarement anti-religieux.

    Même si, contrairement à l’idée reçue – et entretenue par les religieux tricheurs – il y avait bien une référence religieuse dans la démarche exterminatrice d’Hitler, elle n’en est pas la cause principale. C’est d’abord le racisme pur, une sale démarche profane « d’animal humain », attribuant des valeurs et des caractéristiques à l’homme en fonction de sa naissance, qui est chez lui la principale source de sa volonté exterminatrice.

    A laquelle, toutefois, il ne faut jamais oublier d’ajouter la découverte – la « trouvaille » – d’un possible « responsable » de la défaite de 1918 et de tous les autres maux de l’Allemagne, à présenter au peuple allemand pour refaire son unité dans l’odieux totalitarisme.

    Exagérer la responsabilité religieuse dans l’invention de « l’exterminisme », c’est l’autre manière de conforter le négationnisme religieux face à ses propres sources, bien réelles, du relativisme criminogène. C’est contribuer à l’entêtement religieux, très actuel, très maléfique, dans la croyance en une « bonne » volonté de violence de Dieu, « justifiée si on la situe bien dans son contexte antique et si on l’interprète correctement ».

    (je dis que cet entêtement religieux est « très actuel » parce que je crois qu’on en a maintenant tout à fait conscience, ce qui n’avait jamais été le cas précédemment).

    à Yan Barcelo

    Vous vous trompez quand vous pensez que je vous prends pour « un épouvantail de la dogmatique catholique la plus étroite ». Et le « négationnisme » évoqué ci-dessus, extrêmement répandu, très largement majoritaire chez les chrétiens d’aujourd’hui, notamment chez les catholiques où il est explicite, n’est nullement comparable à celui, épouvantable, se rapportant aux chambres à gaz nazies. Il est simplement, dans mon esprit et dans mon usage, le terme exprimant le mieux l’entêtement à nier CETTE évidence : la croyance papale et ecclésiale en une « bonne » violence de Dieu. Ce négationnisme est déraisonnable, nullement ignoble comme l’autre.

    Mais c’est bien le durable refus de voir cette évidence qui empêche les chrétiens d’aujourd’hui, ou ceux qui les observent avec bienveillance, de réaliser enfin la pacification des religions. Elles ont à REJETER la croyance criminogène, non à la nier.

    Et je répèterai inlassablement que, dans le catholicisme et les autres composantes du christianisme, la gravité de la négation n’est plus directe depuis longtemps. Très peu de chrétiens VEULENT encore, de nos jours, tuer ou simplement maltraiter au nom de Dieu; et l’infime minorité qui le veut encore le veut à l’encontre, non seulement du message évangélique mais aussi des consignes de l’Eglise.

    La responsabilité INDIRECTE, par contre, reste énorme : le catholicisme, tout particulièrement, REFUSE D’ETRE EXEMPLAIRE dans le rejet de la folie théologique qu’est la croyance en un volet criminogène de Dieu.

    Or les musulmans pacifiques ont un énorme besoin d’un véritable exemple « jésuïste » des chrétiens en la matière. Car, chez eux, ceux qui maltraitent et tuent – ou simplement refusent la laïcité égalitariste – restent très nombreux et, surtout, ne le font pas en contradiction avec la base spirituelle authentique de leur religion mais EN APPLICATION de celle-ci. Les chrétiens doivent les aider à trouver leur manière propre de réaliser LEUR réforme radicale « jésuïste » indispensable à la pacification. En s’entêtant dans la croyance en une volonté, fut-elle ancienne et « bien interprétée » de violence de Dieu, les catholiques s’interdisent de leur apporter une aide véritable.

    Essayez, pour voir, de reconnaître objectivement ces réalités et, vous verrez, votre défense bienveillante de la religion dans ce qu’elle a d’authentiquement positif prendra une autre valeur, elle sera beaucoup plus crédible.

    Oui, je le répète brutalement mais sans aucun mépris, sans qualifier « d’épouvantails dogmatiques » ceux qui ne l’ont toujours pas compris, SI Dieu existe ET QU’IL A BIEN ORDONNE des choses aussi épouvantables que le génocide des cananéens, comme Benoît XVI tient à nous le faire croire, alors A L’HOMME LE PIRE EST PERMIS.

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      22 juin 2011 à 7 07 42 06426
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      @ PIerre Regnier

      « Dire que « seule » la religion « se permet de considérer « l’extermination » d’une race ou d’une société » c’est aller un peu loin dans l’égarement anti-religieux. »

      Vous avez mal lu, ou vous avez mal compris, ce qui est pire. J’ai écrit:

      Seule la religion et ses enseignements, produisant la soi-disant civilisation, se permet de considérer « l’extermination » d’une race ou d’une société. Vous devriez comprendre que toute civilisation origine de la religion.

      De plus je ne souffre pas d’égarement anti- religieux puisque je ne suis pas anti-religieux; je suis anti-religion. Ce qui, encore une fois, n’est pas la même chose.

      « Même si, contrairement à l’idée reçue – et entretenue par les religieux tricheurs – il y avait bien une référence religieuse dans la démarche exterminatrice d’Hitler, elle n’en est pas la cause principale. »

      Il faut vous acheter une pelle et creuser un peu plus au sujet de « l’élitisme » et de son origine.

       » C’est d’abord le racisme pur, une sale démarche profane « d’animal humain », attribuant des valeurs et des caractéristiques à l’homme en fonction de sa naissance, qui est chez lui la principale source de sa volonté exterminatrice. »

      On voit que votre opinion est superficielle et que vous « gobez » ce qui est dit « doctement ».
      Je le répète, le « racisme n’est pas une caractéristique normale de l’animal humain et comme la réflexion raisonnable ne parvient à rien, je m’abstiendrai de continuer la discussion.
      Je vous laisse à vos préjugés originaire des religions dont vous vous servez pour combattre ce que vous considérez comme le « mal », caractéristique « normale » de l’être humain.

      Votre argumentaire ressemble à celui d’un « curé » révolté.

      Bonne chance dans votre croisade.

      Amicalement

      André Lefebvre

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    22 juin 2011 à 6 06 35 06356
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    Y en a qui se prennent beaucoup trop au sérieux pour ne rien dire, et SURTOUT ne rien faire

    ah si de l’intellectualisation comme on en fait depuis TOUJOURS

    de la merde : des idéologies : de la merde, des visions du monde ,et surtout de la MERDE

    https://singularite.wordpress.com/2011/06/02/cyril-loriot-la-revolution-par-le-vide-et-linutile/

    Tout va bien, tant qu’on y PENSE et qu’on ne le vit pas

    L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devons toujours le tenir pour tel

    BLA BLA BLA BLA BLA BLA BLLLLLLLAAAAA

    BLA BLA BLA BLA BLA!

    les valeurs humaines sont fondés par la science, sur la science par des méthodes scientifiques : meme les valeurs humaines, intrinsèques

    ni des valeurs de « goches », ni des valeurs connard de « droite » , conservateur ou autre

    ca , c’est tout sauf du blabla

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      22 juin 2011 à 6 06 39 06396
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      intellectuel des mes deux tu dis quand le monde est techonologie et système, tout , absolument passe par la machine est fait par la machine

      y compris gérer du fric et décider

      explique ce que tu dis l’artiste

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        22 juin 2011 à 6 06 43 06436
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        on a rien quand on ne regarde pas la réalité en face

        on a rien quand on ne regarde pas la mort en face

        on a rien quand on n’est pas capable d’agir : le but de la pensée : agir, et choisir, c’est mourir dans le réel

        il est tellement plus simple de vivre dans le mondes illusions, et de l’intellectualisation romantique, efféminée !

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          22 juin 2011 à 6 06 44 06446
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          Ca ne mène a rien

          comme la société et le progrès

          Ca ne mène a rien

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        22 juin 2011 à 7 07 55 06556
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        @ Personne

        « explique ce que tu dis l’artiste »

        Moi je veux bien, mais je n’entend rien de Personne.

        Il faudrait qu’il dise au moins deux phrases qui se complètent ayant un sens commun. Pour l’instant je n’entend absolument rien de Personne.

        Il faut également concéder qu’un minimum d’intellectualité est nécessaire pour se faire comprendre; et cela, autrement que par des cris, des grognements et des « brassages » de bareaux de sa cage.

        Et comme je n’aime pas le bruit inutile…

        Elie l’Artiste

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    22 juin 2011 à 10 10 17 06176
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    @ lartiste (du 22 à 0 h 42)

    Soit. Je vous ai mal lu ou mal compris, ce qui, j’en conviens, est pire. Mais vous ne m’éclairez guère.

    Je crois pourtant comprendre l’écart que vous soulignez entre « anti-religieux » et « anti-religion », car ça ressemble beaucoup à la différence entre « anti-musulman » et « anti-islam » que l’on veut ignorer chez moi quand je revendique mon islamophobie.

    Mais je me demande si vous ne vous méprenez pas vous-même sur le sens de l’expression « anti-religieux » telle que je l’ai employée. Je ne vous ai nullement soupçonné d’être un ennemi des PERSONNES pratiquant une religion, seulement un adversaire raisonnable et raisonnant du concept religieux, de la pensée, de la démarche, de l’organisation religieuses, du pouvoir religieux, bref, de la religion, exactement ce que vous précisez être, et que j’estime et, plus encore, apprécie. Est-ce que là encore je me trompe ?

    Là où, en tous cas, je suis totalement d’accord avec vous (et ne vois donc pas pourquoi vous me supposez des sentiments contraires) c’est quand vous « répétez » que le « racisme n’est pas une caractéristique normale de l’animal humain ». Je ne vois pas ce qui, dans ce que j’ai écrit, peut faire penser que je crois à une « normalité » du racisme. Je qualifie explicitement de « sale » la « démarche profane » « d’animal humain » qu’est selon moi le racisme.

    Ça mériterait à coup sûr des développements et je conviens que vous les introduisez de façon intéressante dans vos réflexions du dessus, que je ne cherche nullement à détruire. Ces réflexions-là, elles, m’éclairent.

    Je ne mène nullement « une croisade ». Je combats le maintien du dogmatisme préféré, chez les Pères de l’Eglise, au très beau message du Jésus dont ils se réclament et qu’ils ne prennent que très partiellement pour modèle dans les faits. Les Evangiles, le message révolutionnaire qu’ils contiennent, ce que j’aime à nommer le « jésuïsme » en opposition au catholicisme qui n’en prend qu’une partie, est bien pour moi « la terre nourricière des valeurs humanistes » dont Yan Barcelo regrette, dans son article, qu’on les isole de leur origine, ce qui « condamne », dit-il à juste titre, à « les faner, les assécher ».

    C’est l’adoption seulement partielle, et probablement inconsciente, du message jésuïste par les Pères de l’Eglise qui a conduit aux croisades, les vraies. C’est ce caractère incomplet qui, un millénaire plus tard, réanimé par Ratzinger / Benoît XVI et ses « théologiens fous » dans une civilisation « aux valeurs humaines asséchées », empêche d’affronter sérieusement la durable sacralisation de la violence islamique.

    Il est urgent de proclamer haut et fort la NON-VIOLENCE de Dieu MAIS AUSSI le caractère EXCLUSIF de cette non-violence.

    Jésus a, jusqu’à ce jour, échoué dans sa tentative de faire comprendre à ses disciples que l’amour universel et le devoir des « hommes de bonne volonté » d’établir la paix sur la terre NECESSITE UN CLAIR REJET de la croyance antérieure en une « bonne » volonté de violence de Dieu « qu’il faut savoir interpréter correctement » (de façon « pédagogique » réaffirme la dernière édition de la Bible annotée de Jérusalem !)

    Ce ne sont pas les « mauvaises interprétations » de la prétendue volonté de violence de Dieu qu’il faut fermement rejeter, C’EST LA CROYANCE DANS LA REALITE DE CETTE VOLONTE.

    Mon argumentaire vous fait penser à celui d’un « curé » révolté. Ce n’est pas pour me déplaire. Bien des curés ont fait avancer leur église dans le bon sens en se révoltant ici ou là contre ses entêtements malfaisants.

    Plus dure est votre phrase « On voit que votre opinion est superficielle et que vous « gobez » ce qui est dit « doctement ». Dure à entendre, certes, mais je suis désormais « blindé » face à cette considération, erronnée mais précise, car je l’entends depuis maintenant près de 20 ans.

    Je continuerai de répondre que ce sont les affirmations dangereuses énoncées « doctement » qu’il faut combattre. Je continuerai de répondre que c’est chez les « théologiens fous » réaffirmant « l’ancienne » volonté criminogène de Dieu qu’est situé le fondamentalisme malfaisant, non chez ceux qui, comme moi, le dénoncent (et non pas « le gobent »).

    Par aveuglement ou par malhonnêteté, de nombreux croyants catholiques, dogmatiques sans le savoir et par simple « suivisme », persistent à vouloir me convaincre que c’est moi qui ai une lecture fondamentaliste des textes sacrés. Ne faites pas comme eux. C’est plus facile, certes, que de rejeter la réalité fondamentaliste criminogène en s’opposant à son Eglise sur ce point de la plus haute importance. Mais ça contribue à faire durer la violence religieuse effective.

    N’y contribuez pas, vous aussi, de l’extérieur, par incompréhension de mon « opinion » réelle.

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      22 juin 2011 à 11 11 29 06296
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      « N’y contribuez pas, vous aussi, de l’extérieur, par incompréhension de mon « opinion » réelle »

      je ne veux absolument pas contribuer à quoi que ce soit. Cela devrait vous rassurer.

      Je voudrais vous décrire mon propre « Jésuisme ». Jésus se dit lui-même: « La Voie, la Vérité et la Vie. Et cela signifie pour mpi qu’il est la véritable voie de la vie. Autrement dit le vrai « chemin évolutif » de la vie. Le personnage lui-même n’est qu’une allégorie; c’est ce que cette allégorie représente qui est la Vérité.

      Ceci dit, je me dis religieux à cause de cet esprit d’émerveillement qui m’habite et que je ne peux pas refouler. Je m’émerveille de « ce qui est » et non de « ceux qui disent ».

      À mon sens, la question de « violence divine » ne se pose pas. La violence n’est pas de la violence lorsqu’elle se manifeste dans la ligne de l’évolution et de la survie de « ce qui est ». Dieu n’a rien à y voir. Il ne la contrôle même pas. Les chose doivent se développer selon les lois de l’évolution, tout simplement. Le lion qui mange un mouton n’est pas de la violence; c’est normal. Il faut comprendre que le lion ne tient pas à prouver sa « supériorité » qui n’existe pas à ses yeux; il veux assouvir sa faim.

      Ce que vous avez lu dans la Bible au sujet du peuple Élu du seul vrai Dieu, qui peut donc se permettre de « détruire » tout ce qu’il veut, est le résultat de la soif du pouvoir d’un seul homme à qui on avait enlevé la possibilité d’être Pharaon d’Égypte. La violence dont vous parlez est la même qui prévaut actuellement dans le monde et s’appuie sur les mêmes assises: l’élitisme.

      Je suis anti-religion parce que ce sont celles-ci qui ont prôné et développé cet « élitisme » qui s’est incrusté dans la psyché des humains issus de cet enseignement débile et anormal.

      Je comprends votre combat mais je pense que vous visez les conséquences au lieu de la source d’origine.

      Cela n’est que mon opinion personnelle qui ne vaut absolument rien, sauf vis à vis moi-même. Je respecte énormément ceux qui combattent l’imbécilité incrustée dans les gènes et je pense que votre travail est valable quoique plus radical que le mien.

      Amicalement

      André Lefebvre

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        23 juin 2011 à 11 11 31 06316
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        @ Lartiste

        Merci. Comme ça je comprends mieux. Je comprends le sens que vous donnez à « l’élitisme » dans le contexte où se situe la discussion.

        Ce sont en effet « des conséquences » de la culture issue de « la source » qui me préoccupent, mais seulement le gravement négatif dans ces conséquences : la violence.

        Je me crois pour cette raison « moins radical » que vous dans ma critique des religions, puisque je n’en combats pas « la source ».

        Je m’en sens d’ailleurs toujours très proche pour ce qui est du (selon moi) bienfaisant. Je respecte en tous cas, chez les croyants, la recherche d’un sens à la vie, et la recherche des moyens de la vivre bien (qui existe aussi bien sûr, autrement mais de manière tout aussi respectable, chez des non-croyants).

        J’ai quelques raisons d’être optimiste depuis quelques mois. Un site chrétien a en effet reproduit dans sa rubrique « Textes critiques » (et sous son titre original : Contre la violence religieuse pourquoi si peu d’exigence ?) mon texte publié dans Centpapiers sous le titre « Et Dieu dit : « Tu tueras! » :

        http://www.culture-et-foi.com/critique/pierre_regnier.htm

        J’ai toujours pensé, en effet, que ce sont les membres des religions qui mettront fin à la violence religieuse en mettant fin à ses bases théologiques. L’acceptation de la réalité du problème par certains d’entre eux est déjà une grande avancée.

        Amicalement

        P.R.

        Répondre

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