Pass-contraception : critiquer Ségolène et faire du Royal

 

Certains n’hésitent plus à jeter la honte aux chiens en vue de l’élection présidentielle qui arrive à la vitesse grand V. Sur le plan de l’immigration, Nicolas Sarkozy, l’homme qui a provoqué l’afflux des migrants tunisiens en faisant le forcing pour qu’on bombarde la Libye en rendant ses frontières poreuses. Quant à son ministre de l’Intérieur Claude Guéant sur la sécurité, qui remet en fonction la police de proximité en la dénommant autrement, nul n’est dupe.

Toute honte bue, lorsque Ségolène Royal la présidente de la région Poitou-Charentes lançait son pass-contraception, ses adversaires politiques, que dis-je, ses ennemis parlaient de démagogie. Ah, Luc Chatel, quel crédit peut-on donner à votre action politique ? Votre exploit sera probablement la confirmation de 15 000 classes que vous souhaitez fermer la rentrée prochaine.

En novembre 2009, Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, avait interdit la distribution du Pass contraception dans les lycées du Poitou-Charentes. Mais Ségolène Royal, pugnace, réaliste et juste, confortée par le préoccupant rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur la prévention des grossesses non désirées, avait distribué le Pass, sous forme de chèque, aux médecins généralistes. Deux ans après, ce mardi 26 avril 2011, la région Ile-de-France a présenté son « Pass santé contraception ». Destiné aux lycéens (nes), ce dispositif leur permet d’avoir accès gratuitement et anonymement à des consultations médicales pour obtenir pilule, stérilet, implant, patch ou autre méthode de contraception.

L’ignorance est une maladie. Luc Chatel ignorait probablement ou simplement faisait de la politique politicienne, l’ampleur du désastre des grossesses précoces. La réalité de la situation en matière de grossesses précoces en France est abyssale. Les chiffres font froid dans le dos: environ six mille jeunes filles, et en Poitou Charentes, chez celle qui mérite plus que jamais de gouverner la France : 455 en 2007.

De savoir aussi que près d’une interruption volontaire de grossesse sur dix concerne des mineures, il fallait vraiment être inconscient pour ne pas appliquer les mesures préconisées par Ségolène Royal. Les acteurs de terrain, professionnels de santé et associations spécialisées, avaient approuvé la dame du Poitou, car ils savent ce qui s’y passe. Ils avaient constaté la persistance de difficultés d’accès à une contraception gratuite, anonyme et de proximité.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais, quelle idée folle d’avoir privé cette femme de l’Élysée !

Ségolène Royal était ce matin sur France Inter.


Ségolène Royal par franceinter

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