Pour les Etats-Unis, la baisse du dollar est bienvenue

Les incertitudes persistent quant à l’efficacité pour l’économie US des centaines de milliards injectés. Les certitudes sont en revanche incontestables sur les effets collatéraux de cet océan de liquidités sur le billet vert qui va aller en s’affaiblissant davantage. Après tout, cette perte de valeur de la monnaie Américaine n’est, sur le court terme, pas une mauvaise nouvelle car elle permettra de relancer les exportations du pays avec, à la clé, un rétablissement – certes marginal – de la croissance.

Une telle stratégie comprimant le dollar n’étant à l’évidence pas saine sur le moyen terme car cette guerre des devises annonce le grand retour des manipulations protectionnistes. Ces tentatives émanant de la part d’un certain nombre de grands pays exportateurs d’affaiblir leur monnaie nationale afin de conserver, voire d’améliorer, leur compétitivité à l’international fut en effet le facteur aggravant durant les années 30 dans le sens où les barrières douanières et commerciales érigées à l’époque contribuèrent de manière décisive à ce que la dépression devienne « grande »… De fait, la situation actuelle est fort susceptible d’échapper au contrôle de ces nations manipulatrices en dépit de l’absence – pour le moment – de quelconques barrières douanières significatives.

Il n’en reste pas moins que les « baisses de taux quantitatives » de la Réserve Fédérale Américaine constituent par elles mêmes des manipulations protectionnistes qui participeront activement à enflammer cette guerre des monnaies. Toutefois, la baisse du dollar – responsable de l’amélioration des exportations Américaines – entraînera à son tour une augmentation des flux commerciaux, phénomène en soi positif et ce indépendamment du fait qu’il n’est jamais constructif de faire appel à de tels procédés pour doper son commerce extérieur…

Les perspectives sont donc aujourd’hui d’autant plus favorables aux exportations US qu’il semblerait bien que les revenus des ménages de nations clés, comme la Chine, le Brésil ou l’Inde soient en nette amélioration. Les exportations Américaines n’ont-elles en effet pas enregistré en Septembre dernier leur meilleur niveau en deux ans permettant à leur déficit commercial de diminuer de plus de 5% en un seul mois?

Les exportations ne comptent certes que pour 12% dans l’économie de ce pays mais, la conjoncture étant ce qu’elle est, tout est bon à prendre pour redresser le P.I.B. Autrement dit, la baisse programmée du billet vert pourrait bien transformer la situation dramatique US en une situation un peu plus gérable…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *