Pourquoi Freud ne reste pas dans sa tombe

Yan Barcelo – 14 mai 2010
Pour un nombre croissant de gens, la fabrication théorique freudienne est si évidente, qu’on se demande comment les idées de ce pitre intellectuel peuvent encore avoir cours.
Une remise en contexte pourra aider à saisir la dynamique particulière qui a permis à la psychanalyse de triompher. Cette discipline fait partie, à mon sens, des quatre grandes offensives intellectuelles qui ont ébranlé l’Occident au cours des deux derniers siècles. Et chacun de ces ébranlements a eu en son cœur un concept équivalent « d’inconscient ».
Dans l’ordre historique, on a eu en premier lieu la théorie économique d’Adam Smith qui proposait la loi de « la main invisible du marché », celle-ci opérant comme un « inconscient » social pour coordonner harmonieusement toutes les instances du marché.
Rapidement après cela, on a eu droit à la vision de Karl Marx qui voyait les lois d’airain de la production comme le déterminant « inconscient » de toute la superstructure sociale, politique et culturelle.
Troisièmement, tout au long du 19e siècle s’est mis en place le matérialisme scientifique qui, dans le darwinisme et son incarnation la plus récente de la sociobiologie, met de l’avant l’idée que le monde du vivant, dont celui de l’humain, est réglé par le vaste mécanisme « inconscient » d’une évolution aveugle et aléatoire.
Enfin, le quatrième ébranlement nous vient du freudisme et sa théorie d’un inconscient à toute fin inaccessible qui, comme un maître de jeu hors scène, règle les agissements de l’humain à son insu.
Ces différentes perspectives d’un vaste inconscient, tant cosmique que social et personnel, se sont combinées tout au long des deux derniers siècles pour jeter le doute et le soupçon sur tout l’héritage de l’Occident et ses concepts majeurs de Raison, de Vérité, de Volonté. En se mêlant au profond mouvement du romantisme naissant, cet ébranlement fondamental de l’Inconscient a gagné en force au fur et à mesure qu’une grande faction de l’élite intellectuelle se servait des outils de l’arsenal de « l’inconscient » (économique, social, physique ou personnel) pour remettre en question l’hypocrisie de la société occidentale, hypocrisie perçue à tous les niveaux : morale sociale déguisant une féroce répression sexuelle, morale religieuse fondant un impérialisme des consciences, morale économique masquant le colonialisme sanguinaire de la bourgeoisie.
Toutefois, la plus pernicieuse de ces théories de l’inconscient demeure celle de Freud. Il faut cependant y ajouter quelques éléments majeurs. En premier lieu, l’inconscient de Freud est le siège des pulsions et des instincts qui réclament coûte que coûte leur satisfaction. Nous sommes ici dans une vision non seulement mécaniste et primitiviste de l’humain, mais surtout pessimiste. Ce pessimisme trouve sa pleine expression chez Freud dans son livre Malaise dans la civilisation où il voit la civilisation comme un mince vernis, essentiellement factice et qui tient des voies détournées de la sublimation, pour couvrir une machinerie de pulsions égoïstes et meurtrières.
Et cette vision pour les grands ensembles que sont les civilisations tient pour les individus. La vision fondamentale de l’humain chez Freud est celle d’une bête obsédée par le besoin d’assouvir ses pulsions, et tout ce qu’on pourrait croire qui relève d’aspirations supérieures (altruisme, idéal artistique, solidarité humaine, etc.) tient à un jeu savant de compensations et de sublimations qui ne font qu’en marquer l’artificialité.
Freud n’a pas emprunté la voie du « bon sauvage », mais sa conception de la vie ouvrait la porte toute grande à la vision romantique d’une sorte de « paradis perdu » enfoui dans les replis de l’être, un paradis que nous avons perdu sous le poids écrasant de la « civilisation ». Et il était inévitable que le mythe du « bon sauvage » s’immisce dans cette image pessimiste, mythe qui a imprégné les premières aventures de l’anthropologie culturelle où Margaret Mead, par exemple, découvrait qu’avant l’avènement de la civilisation industrielle à Samoa, l’habitant de ces contrées était foncièrement un « primitif » heureux vivant une existence en harmonie avec la nature. En quelque sorte, l’inconscient originel de l’Occident était ce « bon sauvage » enterré sous le béton et le bitume.
Les formes dans lesquelles cet amalgame du pessimisme bestial de Freud et de la mythologie du « bon saugave » s’est par la suite incarné sont innombrables, notamment dans le domaine des arts. Cet amalgame s’est épanoui comme autant de fleurs sur un tas de fumier dans les surréalismes, les automatismes et les mouvements aléatoires de toutes sortes.
Mais c’est dans notre façon de penser l’interaction humaine que le freudisme – et sa déviation romantique – a été le plus pernicieux. Dans notre compréhension de l’humain – il serait plus juste de dire dans notre incompréhension de l’humain – le freudisme a donné jour à une attitude de fond qui est encore incrustée partout : la non-responsabilité et l’idéologie de la victime. Ces attitudes sont prévalentes, pour commencer, dans la démarche psychanalytique elle-même. Dans cet acte masturbatoire interminable, le patient trouve les meilleures raisons du monde de perpétuer son petit moi égocentrique et détestable. Après tout, c’est pas ma faute si maman m’aimait pas et si papa me réprimait.
En pédagogie, le massacre freudien est incommensurable. La logique fondamentale, ici, est simple : puisque la culture est un vernis gagné au prix de la répression et que ce vernis est un mécanisme de destruction du plaisir, visons « l’authenticité ». Et comment atteindre cette authenticité : en évitant toute répression. Le bonheur et l’accomplissement tiennent à l’éclosion spontanée du « bon sauvage » qui se cache au fond de l’inconscient pur et sans tache de tout individu. Ergo : nous avons mis au point une pédagogie de la complaisance et de la facilité où le premier impératif n’est pas d’acquérir les outils de la survie et de se mesurer aux exigences du réel, mais tout bêtement de s’exprimer.
Là où le freudisme a gagné du galon, c’est dans un autre amalgame qui s’est fait avec le marxisme, par exemple dans les théories d’un Eric Fromm. Alors là, nous avons vu éclore tout le discours et toutes les revendications des « victimes » de la société et du « système ». Nous avons donné d’avance l’absolution au malfaiteur et au criminel parce que, après tout, ce n’était pas sa faute si, victime de maman-papa-milieu social, il tapait à son tour sur son voisin. Et pour sauver les malfaiteurs d’eux-mêmes nous avons mis en place un vaste système de réhabilitation qui fonctionne très peu parce que la vision qui l’anime est que le crime est un trouble « psychologique », non pas un dérèglement moral.
Nous avons également mis en place des systèmes d’aide sociale qui, entre autres effets pervers, ont créé des générations entières d’enfants élevés dans une famille monoparentale dont le père s’est enfui. Et pour cause : puisque le bien-être social allait s’occuper de ma femme et de mes enfants, pas besoin pour le père de prendre ses responsabilités.
Voilà certaines des séquelles que nous a légué le freudisme et avec lesquelles nous vivons encore quotidiennement. Décidément, Freud n’est pas mort – et il n’a nullement l’intention de mourir, semble-t-il.
Une dernière note : certains jugeront que mes propos sont trop intransigeants et appellent la remise à l’honneur de régimes répressifs pour les étudiants, des pauvres et les prisonniers – entre autres. Un régime répressif? Certainement pas. Mais une remise des pendules à l’heure s’impose. Il faut certainement préserver le sens du plaisir dans l’acte d’apprentissage, mais il ne faut pas que cela se fasse en sacrifiant le sens plus crucial encore du réel et de ses exigences. Et il est certain qu’il faut aider les plus démunis, mais il faut le faire dans une perspective qui propose d’aider seulement ceux qui veulent s’aider. Quant aux bagnards, qu’il en coûte plus de 70,000$ par année pour entretenir des criminels dans le régime carcéral alors qu’un étudiant universitaire n’en coûte que 25 000$ – un tel système est une aberration.

12 pensées sur “Pourquoi Freud ne reste pas dans sa tombe

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    16 mai 2010 à 22 10 31 05315
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    Freud a identifié le subconscient, mais ce n’est que Diel qui a trouvé son penchant opposé qui est encore plus important: le surconscient, qui est la pulsion évolutive de la vie, notre instinct animal qui au niveau humain cherche à se développer à un niveau supérieur d’organisation et d’harmonisation des désirs en un outil de navigation aussi sûr que l’instinct animal. Au niveau symbolique, le subconscient est le petit diable qui nous parle et le surconscient est le petit ange.

    Pour le reste, Freud est une fraude.

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    16 mai 2010 à 23 11 15 05155
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    Bien dit, « Freud est une fraude »!
    Et vous donnez un coup d’oeil fort intéressant sur Diel. C’est ma conviction que, chez l’humain, le véritable instinct est spirituel. Comme disait le poète Heine, je crois: « Nos racines sont au ciel ».

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    17 mai 2010 à 1 01 25 05255
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    100% d’accord avec ce texte. Merci, c’est bien plaisant à lire (et si rare comme point de vue ).

    Ce qu’il me manque dans votre texte est que vous ne répondez pas à l’affirmation du titre: Pourquoi ?

    Pourquoi des gens comme Freud réussissent-ils à vendre leur «salade» (ie: philosophie de vie ) ?
    Fraude au non, ce que ces gens affirment a une attirance inconsciente pour beaucoup de citoyens.
    Je dis inconsciente car rare sont ceux qui ont étudiés à fond Freud. Ce n’est donc pas une acceptation raisonnée de ses théories que nous avons mais une perception, une acceptation inconsciente.

    Mais alors, pourquoi tant de gens acceptent ceci sans même y penser une seconde ?
    Les réponses que j’aient, je les voient dans votre texte: refus de la responsabilité, le fait de pouvoir se déculpabiliser sue ce qu’on est en remettant la cause à des facteurs antérieurs et à la fatalité. ie: «C’est pas ma faute… qu’aurais-je pu faire»…
    Refus de la réalité, refus de voir et comprendre notre monde et se cachant dans un idéal passé ou tout est beau. Refus des contraintes de la réalité, replis dans un monde ou «vouloir c’est pouvoir» ( mais sans besoin d’agir évidemment ! ).

    Et surtout, refus de la raison. Le refus de faire l’effort de raisonner ( car cet exercice n’est pas automatique ) mène à la valorisation des perceptions. Ce qui compte est alors ce qui est ressenti: «feel, dream, hope» nous dit-on. Rarement le message est-il: «think, analyse, decide and act».
    Ces gens refusant de raisonner sont alors attirés par une philosophie en quelque sorte déterministe, une philosophie qui lui dit que de toute façon, il n’y avait pas grand chose à faire parce que son père ne l’aimais pas quand il était jeune. Une philosophie qui dit qu’à quoi bon d’avoir des valeurs fortes dans un monde si «mauvais». Une théorie qui dit que nos déviation morale ne sont pas de notre faute, une théorie qui prône la réaction et ignore la raison dans nos actes.

    Bon, tout ceci pour dire finalement que je pense que Freud n’a fait que «packager» une philosophie de notre époque pour mieux la véhiculer.
    Que les vrais responsables de ceci, c’est tous et chacun. Tout ceux qui sont attirés inconsciemment vers une telle philosophie car celle-ci leur permet de perpétuer la fraude qu’ils se payent envers eux-même.
    Quelle est cette fraude ? Celle de vivre comme un animal, un être perceptuel, guidé par ses sentiments, qui a comme motivation dans la vie ces 3: «feel, dream and hope».
    Ceci contrairement à vivre comme un humain, un être conceptuel pour lequel les sentiments ne sont qu’un outil de prise de décision et non une fin en soi. Un être qui n’est pas à la recherche de sentiments mais bien à la recherche de valeurs ( car il sait que les sentiments sont fonctions des valeurs). Un être qui ne vit pas d’espoir et de rêves car il sait qu’agir est la meilleure façon de satisfaire ses valeurs ( et ainsi avoir une estime de soi, du bonheur, etc via ses sentiments)
    Un être acceptant la réalité car il sait que la réalité a toujours raison.

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    17 mai 2010 à 2 02 12 05125
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    « Troisièmement, tout au long du 19e siècle s’est mis en place le matérialisme scientifique qui, dans le darwinisme et son incarnation la plus récente de la sociobiologie, met de l’avant l’idée que le monde du vivant, dont celui de l’humain, est réglé par le vaste mécanisme « inconscient » d’une évolution aveugle et aléatoire. »
    Le matérialisme scientifique…. C’est bien là l’expression qui caractérise notre monde.
    Robotique.
    Auto.
    Électronique.
    Bref, toute réussite « matérielle » dont la réussite nous a amenés à « croire » que tout peut se comprendre, se faire, dans un domaine…. La Science.
    Et peu importe les autres domaines qui se réclament de la science, c’est toujours la même et les mêmes erreurs: un montage = une réalité.
    Mais quelle est donc cette « réalité »?
    C’est l’agencement de morceaux et de structures « palpables » ou imaginable jusqu’aux limites de nos imagination…
    On voit les réussites, mais pas les limites.
    La « réalité » est un montage dans un monde où l’accès au « tout » est …pauvre.
    En plus, on confond la réalité de ce que nous percevons à celles existantes et non perçues. S’ajoutant à cela les distorsions de l’esprit.
    On oublie que tout est tentative et tâtonnement, non pas nécessairement réussite.
    Quand on parle de spiritualité, la plupart s’éloignent en disant: « Je suis quelqu’un de logique ».
    Or, cette dite et solide logique ne s’applique qu’à nos perceptions et nos imaginations et nos pouvoirs de créer des « suppositions ».
    Au delà, il y a bien plus.
    La matière n’est qu’un bulbe. Une racine enfouie sous terre.
    Et pour faire « pratique ». Toutes ces théories finissent par nous empoissonner et oublier…
    Oublier que nous naissons et mourons. Ce qui n’est pas différent des fleurs en un temps réduit d »une saison ou de quelques semaines.
    Alors je reste éveillé au poème de Robert Shaw, je crois:
    Do you suppose
    A catterpillar knows
    It’s future lies
    In Butterflies?

    Il y a également la culture de « l’instinct ». Ce que les sociétés primitives, ou nommées telles, cultivaient.
    Or,plus on cultive le matérialisme, plus nous échappons sans doute à une Réalité-réalité de nos vies.
    Il y a une façon d’aborder le monde, la vie, l’Univers, et croire. Sans que ce soit une « pensée » idiote. Non. C’est de se dire que le monde n’est pas que ce passage étroit entre la vie et la mort.
    Nous sommes tous des fleurs qui ignorons l’être.
    Mais quand on cesse de voir cette infime éternité de chair, je « crois » dans une pensée et une réflexion en prolongement, qu’il n’y a non seulement plus, mais qu’au plus s’ajoute d’autres plus.
    Imaginer l’illimité et la création dans un monde tristement matérialiste, c’est n’est pas « scientifique », c’est contre la véritable science.
    Celle qui ne ferme pas les yeux de l’esprit en pensant que lorsque se ferment ceux du corps, plus rien n’existe.
    La physique a bien des leçons à apprendre…

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    17 mai 2010 à 6 06 37 05375
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    @ françois J

    Pourquoi des gens comme Freud réussissent-ils à vendre leur «salade» (ie: philosophie de vie ) ?

    Freud est à la psychologie ce que Coca-Cola est au breuvage. Demandez à quelqu’un de nul en psychologie et il réussira à nommer Freud. Il est devenu une marque, un nom sans visage.

    Malgré sa nocivité, Coca-Cola à gagné le coeur de ses consommateurs par le plaisir. Il y avait de la cocaïne au début… Maintenant, la caféine, le sucre et d’autre produits chimiques ont pris le relai.

    Pour Fraude… s’cusez Freud! Il rejoint plus facilement les gens qu’un Krishnamurti par exemple car il touche les cordes sensible du plaisir et de la sexualité. Une question de Marketing!

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    17 mai 2010 à 11 11 57 05575
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    @Francois J.
    Vous avez raison de noter que le « pourquoi » du titre de mon article est sans réponse – ou, du moins, sans réponse directe. Et vous y répondez très bien, comme iota d’ailleurs. Cependant, comme vous le confirmez en vous référant au contenu de l’article, la réponse au « pourquoi » du titre s’y retrouve de facon implicite.
    Mais mon propos n’est pas tant de chercher à comprendre « pourquoi » Freud a eu une telle faveur (déresponsabilisation et titillement sexuel d’une société victorienne en mal de défoulement…). Il est plutôt de déceler « comment » le freudisme, au-delà de son effet de mode, a profondément altéré et vicié notre compréhension de l’humain et entraîné aujourd’hui une foule de perversions dans la facon dont nous avons altéré une foule d’institutions: famille, éducation, prison, publicité, politique, etc.

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    18 mai 2010 à 23 11 53 05535
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    @Gaëtan Pelletier

    «Matérialité = réalité = fraude»

    Ce qu’il faut distinguer ici est la différence entre un monde technologique comme le notre et les gens qui n’ont comme valeur que l’acquisition de biens matériels (pour leur recherche du bonheur et de l’estime de soi).

    Je suis d’accord que ces gens sont perdus dans un cul de sac philosophique et ne trouverons le bonheur qu’occasionnellement et par hasard.

    Mais doit-on pour autant remettre en question notre monde ? Toute cette technologie, ces robots, cet électronique, cette médecine n’ont comme but que de nous faciliter la vie. Ce sont des outils.
    Et l’humain ne devrait pas être ( et la plupart ne sont pas ) à la merci de ses outils.
    Cette technologie ne contrôle pas les gens comme vous le laissez entendre, elle est au service de ceux-ci.
    Il y a deux erreurs que plusieurs gens font: se définir par cette technologie (ce que vous appelez le matérialisme ), et dénoncer cette technologie.
    Et pourquoi dénoncer cette technologie ?
    Parce qu’elle permet de fuir la responsabilité de se définir. Parce qu’elle permet de se dire: si nous n’avions pas tout ces ordinateurs, automobiles, etc, le monde serait différent et là, je pourrais vraiment être quelqu’un de mieux…

    Si le monde a besoin de plus de spiritualité ( point de vue que je ne partages pas mais ce n’est pas le sujet), la technologie n’empêche aucunement cela.
    Au contraire, la technologie nous permet de vivre plus vieux, d’avoir plus de temps et de temps libres pour penser.

    Et que dire de toute façon de ceux qui utilisent Internet pour dénoncer la technologie, vont à l’hôpital, passent sous un scanner à résonance magnétique, prennent le train pour aller travailler, ont une automobile, etc….

    Alors, pourquoi tant dénoncer la technologie ?
    Pourquoi est-ce que la technologie est vue comme un adversaire à la spiritualité ?
    Ne serait-ce pas parce que celle-ci doit obligatoirement travailler avec la réalité et que la spiritualité doit travailler avec quelque chose de différent ?
    Cette haine aurait donc pour cause que si la technologie n’existait pas, on aurais alors moins besoin du réel, du concret et pourrait alors s’adonner plus à «l’irréel» ?

    Mais le problème est que nous vivons bel et bien dans un monde réel. Quoi qui existe au delà de ce qui est perceptible, nous sommes toujours contraints à ce monde bien réel.
    Et la spiritualité ne nourrit pas son homme.

    Vous savez très bien que si nous abandonnons tous la technologie demain pour s’adonner à cette «autre réalité», c’est la vrai réalité qui aura le dernier mot et nous mourrons tous de faim dans des grandes famines…

    Tout ceci pour dire que la promotion de cette autre réalité ( ou l’irréel dois-je ajouter ) ne peut se faire au détriment de la réalité du monde matériel.

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    19 mai 2010 à 10 10 57 05575
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    @François J
    J’ai dû mal m’exprimer 🙂
    Je ne condamne pas la technologie. Je veux simplement dire que nous la concevons comme la seule approche ou que nous négligeons l’autre approche.
    D’ailleurs, tout me semble dans la phrase de M. Barcelo que je cite.
    Vous dites que la spiritualité ne nourrit pas son homme.
    Non, mais nous parlons d’une autre dimension oubliée.
    Nulle question d’abandonner la technologie, mais plutôt de retrouver un certain équilibre.
    Certains n’en ont pas besoin. Du moins, ils le croient.
    L’erreur est de croire est que tout est explicable par la « mécanique ».
    Bonne journée!

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    19 mai 2010 à 14 02 23 05235
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    Un article très intéressant de monsieur Barcelo, franchement – je suis difficile – c’est vraiment, vraiment intéressant.

    🙂

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    20 mai 2010 à 13 01 37 05375
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    Je vous invite à lire la très profonde analyse de l’anthropologue et professeur feu Bernard Arcand, sur le trio anti-traditionnel matérialiste Freud, Marx et Lévi-Strauss, qui sont à l’origine d’une véritable révolution des sciences sociales.
    Je ne fais que rapporter le contenu des notes de cours que j’ai prises dans le cadre du cours sur le structuralisme offert par monsieur Arcand en 2004.
    http://les7duquebec.wordpress.com/2010/05/09/freud-n%e2%80%99est-pas-mort-helas/comment-page-1/#comment-14967

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    5 juin 2010 à 14 02 31 06316
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    Que d’ignorance de la biologie dans vos commentaires (que je n’ai pas tous lus, par contre) et de la véritable histoire de la psychanalyse (il est vrai en partie toujours dérobée aux yeux des historiens par le constant travail de dissimulation des Archives Freud et de la secte des psychanalystes). Barcelo termine ses forts intéressants articles par cette profession de foi, dans une de ses réponses aux intervenants:

    C’est ma conviction que, chez l’humain, le véritable instinct est spirituel. Comme disait le poète Heine, je crois: “ « Nos racines sont au ciel” « .

    Malheureusement, il ne lui vient pas à l’idée de plutôt se tourner au cœur de l’être et de rechercher quelques vérités humaines dans sa constitution physique même, puisque si nous sommes sur Terre, c’est d’abord et avant tout grâce à une évolution biologique de 3.9 milliards d’années, dont 2 milliards d’années ont été dominées par les organismes unicellulaires. Nous sommes constitués essentiellement de carbone, d’oxygène, d’azote et d’hydrogène (ces quatre éléments représentent 96% du poids de votre corps) et ce sont les quatre même éléments que les étoiles comme notre Soleil produisent en plus grande quantité. En somme, de la naissance d’une étoile comme le Soleil jusqu’à l’apparition de la vie humaine, nous pouvons aujourd’hui suivre une histoire qui contient, certes, encore des zones d’ombre, mais qui nous autorise à ne plus concevoir d’intervention divine ou d’autres causes surnaturelles pour expliquer l’apparition des organismes vivants, y compris l’Homme. Dommage qu’il se tourne à nouveau vers l’illusion spirituelle pour exprimer sa vision de la finalité humaine. Il aurait à cet égard intérêt à se familiariser avec les travaux récents d’une vraie science psychologique, soit la psychosociologie expérimentale, qui a depuis belle lurette démontré que l’homme n’agit pas selon la logique de ses pensées (de sorte que la dimension spirituelle de l’être humain en prend pour son rhume):

    « La prise de conscience n’est qu’une toute petite partie de l’activité de l’esprit. Mais c’est le seul aspect de l’esprit dont nous ayons subjectivement connaissance, et par conséquent le seul aspect que nous pensons exister. La vérité, c’est que les pensées, les sentiments et les comportements opèrent en grande partie sans réflexion ou sans récognition consciente. Ce sont les aspects routiniers, automatiques, typiquement conditionnés, pré-élaborés de nos pensées et de nos sentiments qui forment en grande partie la personne que nous sommes. Nous ignorons ce qui nous motive, même si nous sommes certains de savoir pourquoi nous nous comportons d’une certaine façon, posons certains choix, ou agissons de telles manières. Nous ignorons entièrement que nos perceptions et nos jugements sont erronés (lorsque mesurés objectivement), parce que nous ne sommes pas confrontés à ces preuves, en raison précisément de leur inaccessibilité à la prise de conscience. Nous ne voyons pas que notre comportement diffère souvent de nos intentions et de nos aspirations. Les limites de l’introspection imposent une restriction à nos jugements éthiques, non pas uniquement à la façon dont nous voyons le monde physique ».
    BANAJI, Mahzarin, The limits of introspection, What Is Your Dangerous Idea, John Brockman editor, Harper Perennial, 2007.

    « Les gens acceptent difficilement notre thèse — que la majeure partie de leur vie quotidienne n’est pas déterminée par leurs intentions conscientes et leurs choix délibérés, mais plutôt par des processus mentaux activés par des caractéristiques de l’environnement fonctionnant à l’insu de la conscience et de toute directive. Naturellement, on ne peut faire l’expérience ou garder souvenir d’une influence non-consciente, presque par définition.
    […]

    Heureusement, la psychologie moderne s’est éloignée en grande partie des positions doctrinaires soit ceci… soit cela, à propos du centre de contrôle des phénomènes psychologiques, en reconnaissant qu’ils sont conjointement déterminés par des processus activés directement par notre environnement et par des processus commandés par des choix conscients et volontaires. Ces modèles de processus double, affirmant que le phénomène en question est influencé simultanément par des processus conscient (contrôle) et non-conscient (automatique), constituent la norme dans les études…
    […]

    Tice et Baumeister concluaient, après une série de huit expériences du genre, que parce que des actes aussi mineurs de maîtrise de soi que celui de faire un choix épuisaient cette ressource limitée d’auto-régulation, de tels actes conscients d’auto-régulation ne pouvaient se produire que rarement dans le cours d’une journée. Même s’ils défendaient l’importance du moi conscient dans l’orientation du comportement, Baumeister et al. concluaient qu’il ne jouait un rôle causal qu’environ 5% du temps.

    Considérant notre compréhensible désir de croire au libre arbitre et à l’auto-détermination, il peut s’avérer difficile d’accepter que des processus mentaux automatiques, non-conscients, gouvernent la plus grande partie de notre vie quotidienne — mais il apparait impossible, à la lumière de ces découvertes, que le contrôle conscient puisse s’acquitter de la tâche ».
    BARGH, John A.; Chartrand, Tanya L., The Unbearable Automaticity of Being, American Psychologist, July 1999, vol. 54, no. 7, 462-479.

    Mais revenons à Freud. Je livre, un peu en désordre, quelques faits qui semblent totalement absents de vos discussions. D’abord la cocaïne. Absolument incontournable si l’on veut comprendre quoi que ce soit à la pseudo-science de la psychanalyse. En fait, l’émergence des théories sexuelles de Freud ne s’explique que par la seule action de la cocaïne sur son cerveau:

    « À partir de 1893 environ, on détecte un changement appréciable dans les articles publiés de Freud. Jusque dans les premières années de la décennie quatre-vingt-dix, la lucidité et la concision caractérisaient ses textes scientifiques. Bien que leur conclusion s’égarait parfois, ils se conformaient à l’état du savoir existant. À peine quelques années plus tard, on tombe sur des articles d’une extraordinaire prolixité, imprécis et inconsistants, qui contiennent un nombre démesuré de spéculations et de théories, la plupart confuses, tendancieuses et sans fondement. Pourtant, malgré leur profusion de mots, ces articles ne donnent étonnamment aucune information sur ce qui amena Freud à adopter sa théorie sexuelle; bien qu’il prétendait que les facteurs sexuels soient à la racine de toutes les névroses, il ne fournissait aucune étude de cas, ou aucune autre preuve, pour appuyer sa conviction. Après une lecture de ces articles, on ignore toujours les motifs qui poussèrent Freud à formuler ces opinions.
    […]

    Ainsi, sans étude de cas, ni autre preuve confirmative, nous nous retrouvons devant le fait étonnant que son œuvre entière ne contient aucune information fiable sur ce qui le poussa à adopter la théorie sexuelle, ou qui explique son changement brusque d’orientation ».
    Thornton, Elizabeth Mary, The Freudian Fallacy, Paladin Books, 1986.

    Il faut également savoir que plusieurs des patients de Freud ont très certainement suivi une thérapie à la cocaïne par voie nasale pour soigner leur soi-disant névrose nasale réflexe, un diagnostic forgé par l’ami et confident de Freud, l’ORL Wilhelm Fliess et auquel Freud adhère. La correspondence de Freud à Fliess est truffée d’allusions à cet égard et elle confirme que plusieurs des théories de Freud vont se cristalliser avec ces patients, qui ne sont ainsi pas victimes des velléités de leur inconscient, mais uniquement de l’action intoxiquante de la drogue.

    Autre point fondamental à comprendre dans l’histoire de la psychanalyse. L’inconscient psychique est une notion totalement absurde, puisque les deux termes de l’expression se contredisent. Si la notion d’inconscient et les discussions sur les phénomènes inconscients existent bel et bien avant Freud et la naissance de la psychanalyse, on ne fait pas de l’inconscient un phénomène psychique pour autant. L’absurdité de la notion d’inconscient psychique sera d’ailleurs dénoncée (en vain, faut-il le constater de nos jours!!) par les psychologues universitaires de l’époque, puisque eux comprennent d’emblée son invraisemblance et son illogisme. On parle de psychisme chez l’être humain pour désigner la faculté qui le distingue de l’animal, soit la conscience de soi. Dès que l’on quitte le territoire de la conscience, nous nous trouvons à parler des processus physiologiques inconscients (vous comprendrez que l’on rejoint ici ce que constate aujourd’hui la psychosociologie expérimentale évoquée plus haut). Parler d’inconscient psychique équivaut donc à parler d’inconscient conscient, une suprême bêtise puisque, encore une fois, les deux termes se contredisent.

    « En supposant que Jung voulait dire que le geste de Oegger découlait de son désir inconscient d’agir tel Judas, on peut alors se demander s’il éprouvait réellement ce désir. Si par désir on entend quelque chose de semblable à notre propre expérience, alors Oegger éprouvait soit un désir conscient, soit n’éprouvait aucun désir. Prétendre, comme les freudiens, qu’il peut exister un désir qui n’en est pas un revient à soutenir qu’il existe quelque chose d’autre que le désir ordinaire, qu’ils s’obstinent à nommer désir malgré tout, et qui n’a d’autre sens particulier que celui dérivé du désir de l’expérience consciente. En vérité, le “désir inconscient” est une entité indéterminée semblable au quotient mathématique de la division 0/0, dont le symbole devrait être utilisé chaque fois que les psychanalystes parlent d’inconscient, de préconscient ou de subconscient. Il est par trop évident que les freudiens appellent “désir” cette inconnue 0/0, parce qu’ils trouvent avantageux d’en parler comme si elle était réellement un désir (un motif conscient d’agir dans le cas d’Oegger), et qu’ils qualifient “d’inconscient” parce qu’ils leur convient d’en parler comme si elle était autre chose qu’un désir (quand on leur demande, par exemple, si Oegger éprouvait réellement ce désir).

    Le faux raisonnement utilisant deux sens différents d’un même mot débouche sur l’erreur logique très bien connue de l’ambiguïté du moyen terme: une des astuces préférées de la grande confrérie des penseurs malhonnêtes. En insistant tantôt sur un sens du mot, tantôt sur l’autre, on peut facilement exécuter des sauts équivoques et appliquer un raisonnement ayant une bien plus grande portée que ce que la logique pure autoriserait autrement.
    […]

    La doctrine freudienne considérant la conscience comme une chose qui, après avoir fonctionné, est entreposée quelque part, à l’image du ruban de la machine à écrire qu’on remise dans sa boîte après usage, n’a pas plus de fondement empirique que la conception correspondante du mouvement des doigts qui, une fois terminé, serait rangé quelque part comme un mouvement immobile. Tout comme le mouvement n’existe que durant tout le temps du déplacement, la conscience n’existe que pendant le temps où nous sommes conscients ».
    DUNLAP, Knight, Mysticism, Freudianism and Scientific Psychology, C.V. Mosby Company, 1920.

    « Parler de phénomènes psychiques précédant et suivant le stade de la “conscience” est assurément absurde, puisque la conscience représente justement l’élément essentiel d’un phénomène psychique.
    […]

    Les idées, les perceptions sensorielles et autres expériences psychiques ne sont pas des entités qui vivent librement à l’intérieur ou à l’extérieur de la conscience, et qui, une fois hors de la conscience, poursuivent leur existence dans le “subconscient”, ou le “préconscient”, ou “l’inconscient”, ou quoi que ce soit d’autre. Tout ce que l’on peut dire d’elles, c’est qu’elles sont des processus psychiques et quand le processus s’interrompt, l’idée, ou la perception sensorielle, etc., n’existe plus.
    […]

    Quoi qu’il en soit, supposons, à titre d’exemple, que les témoignages soient conformes aux faits réels, ils ne fournissent cependant aucune preuve que des processus psychiques inconscients interviennent. Cette violation atroce de la logique pure est, et reste, une contradiction dans les termes, un non-sens équivalent à parler de “mouvement au repos”. Il y a autant de preuve, c’est-à-dire aucune, à la continuation de l’existence des pensées, des idées, etc., hors de la conscience qu’il y en a à celle des individus après la mort ».
    WOHLGEMUTH, Adolf, A Critical Examination of Psychoanalysis, The MacMillan Company, 1923.

    En espérant que tout ceci éclaire un peu plus vos réflexions.

    Amitiés
    Éric

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    5 juin 2010 à 14 02 59 06596
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    Autre message pour parler spécifiquement de la notion de pulsion, d’abord émise dans cet échange par François M.

    Voici près de 40 ans maintenant que le modèle pulsionnel de Freud s’est avéré beaucoup trop simpliste pour pouvoir rendre compte de l’extraordinaire complexité des comportements animaux et humains. Déjà, en 1971, Robert Hinde et Joan Stevenson étaient très clairs sur la question:

    « Il y a encore d’autres dangers à postuler des pulsions internes pour expliquer les changements de comportements, en particulier celui de considérer les pulsions comme des agents “énergisants”. Un exemple classique de “modèle énergisant” de motivation est celui de la “libido” freudienne qui — croyait-on — motivait grand nombre de comportements humains et se libérait en action. Ces modèles énergisants ont le désavantage d’impliquer que la tendance à se conduire de telle ou telle façon disparaît lorsque l’énergie a été libérée en action. Cela, comme nous le verrons, est tout simplement faux ».
    HINDE, Robert A.; STEVENSON, Joan G., Les motivations animales et humaines, La recherche en neurobiologie, La Recherche, mai 1971.

    Modèle trop simpliste parce que les changements de comportement peuvent être induit par tant de facteurs et de manières tellement différentes qu’il devient vite insatisfaisant.

    Considérons les stimulus externes provenant de l’environnement et qu’on illustre bien souvent de manière extrêmement primaire à l’aide de la relation stimulus-réponse mécanique. Le déclenchement d’une réponse est certainement une fonction importante des stimuli, mais ces derniers ont des influences bien plus variées sur le comportement, et dont on ne parle que trop rarement:

    1. Si l’effet du stimulus peut être immédiat, il peut aussi être cumulatif avant le déclenchement d’une réponse ou s’additionner à des changements physiologiques pour provoquer un nouveau comportement. Autrement dit, une seule manifestation du stimulus sera inefficace, alors que plusieurs déclencheront le comportement, tandis que des stimulus en chaîne conjugués à un nouvel état physiologique provoqueront la modification comportementale, comme dans le comportement alimentaire chez le rat: l’aliment suscite la mastication et la déglutition, qui à leur tour provoquent des stimuli dans la bouche, le pharynx et l’estomac. Ces stimulations finissent par inhiber la prise alimentaire, mais parfois de manière passagère si un changement dans la composition du sang, par exemple, ne s’y ajoute pas pour produire une inhibition plus durable.

    2. L’exposition au stimulus peut aussi induire des changements chez l’organisme qui entraîneront une altération permanente de sa réactivité. Par exemple, le comportement maternant de la mère, chez la souris, est renforcé par son exposition au stimulus des ultrasons émis par les petits et elle accroit sa propension à reconduire sa progéniture vers le nid quand elle s’en éloigne.

    3. Également, le contexte de la stimulation peut la transformer en «occasion» d’agir plutôt que de provoquer directement la réponse. C’est l’exemple de l’oiseau qui en attaque un autre sur son territoire, mais qui le fuit s’il le rencontre ailleurs.

    4. L’abondance des stimulations sensorielles se répercute aussi sur l’activité électrique permanente du système nerveux, en y induisant des fluctuations. L’intégration de ces multiples «messages» délimite le domaine possible des comportements non spécifiques de l’animal.

    5. Finalement, on sait que certains stimuli inhibent l’animal au lieu de provoquer une réponse. Des expériences réalisées avec l’épinoche, un poisson de la famille des gasterosteidae, ont montré que c’est l’odeur des œufs frais, donc un nouveau stimulus, et non l’éjaculation du sperme comme le prévoit la théorie de la pulsion, qui pousse le mâle à rejeter la femelle après la fertilisation des œufs. Le changement de comportement n’est donc pas provoqué par la libération d’énergie en action, mais par un nouveau stimulus. On le constate également avec le comportement alimentaire mentionné au point 1, où la prise de nourriture s’interrompt non pas quand les tissus voit leur besoin en métabolites comblé, mais plutôt à la suite de stimulations au niveau de la bouche, de la gorge et de l’estomac. C’est ce que l’on constate également dans le comportement alimentaire de la mouche, qui interrompt la prise alimentaire non pas quand le “besoin” en métabolites de ses tissus est comblé, mais bien quand un nouveau stimulus, celui généré par les récepteurs sensibles à l’étirement de l’œsophage, est envoyé au cerveau.

    Ce dernier point au sujet des sensations revêt une importance théorique considérable, puisqu’il montre, d’une part, que le stimulus n’est pas obligatoirement “dynamisant” en s’avérant au contraire inhibiteur, et d’autre part en montrant que la libération d’énergie en action n’est pas obligatoirement la cause du changement de comportement, puisqu’il peut au contraire être provoqué par un nouveau stimulus.

    On constate, de nouveau, à quel point Freud fut un cancre de la science.

    Amicalement,
    Éric

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