Pourquoi j’ai voté pour la CAQ? :

Par Simon Leduc

Après quatre semaines de campagne électorale, les Québécois sont convoqués aux urnes le 4 septembre. Il y a quatre philosophies politiques qui sont offertes au peuple québécois : la continuité libérale, le communisme de QS, le recul identitaire et économique du PQ et le changement et l’espoir de la CAQ. Laquelle de ces options va triompher le soir du 4 septembre? Il semble que cela va se jouer entre la CAQ et le Parti québécois. L’auteur de ces lignes a opté pour la CAQ de François Legault et voici pourquoi.

Le PQ : le radicalisme économique et identitaire :

Sous la gouverne de René Lévesque (jusqu’à celle de Lucien Bouchard), le parti souverainiste était réellement une coalition composée de souverainistes progressistes et conservateurs. Cette formation politique avait une expertise en matière économique avec de grands noms comme Jacques Parizeau, Bernard Landry, François Legault, Joseph Facal, etc.). Elle a eu le courage de prendre des décisions économiques courageuses : les coupures de 20% des salaires des employés de l’État en 1982 et la bataille pour le déficit zéro dans les années 90. Sur le plan identitaire, le Parti québécois a toujours défendu et prôné la modération. René Lévesque était un grand démocrate et il ne voulait pas enfoncer un référendum dans la gorge des Québécois qui n’en voulaient pas après la défaite de 1980. Il a pris acte de la volonté de la majorité. Lucien Bouchard a fait la même chose après la défaite de 1995. Le Parti québécois était modéré sur les plans économique et identitaire mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Je suis un ancien sympathisant du Parti québécois qui croyait que l’indépendance ferait avancer le Québec vers la prospérité. Ce sont les idées réformatrices de Mario Dumont qui m’ont fait réaliser que le sacro-saint modèle québécois était à bout de souffle et que la dette publique allait devenir un gros problème pour les générations futures. Je me suis rendu compte que l’indépendance allait mener la province dans le ravin économique. Le Parti québécois se fout éperdument de la dette et de l’avenir des jeunes. Il est le grand défenseur du statu quo et c’est pour cela que j’ai déserté ce parti au milieu des années 2000.

Vous avez sûrement deviné que je ne vais pas voter pour le Parti québécois le 4 septembre et ce pour deux raisons. Tout d’abord, le radicalisme identitaire du PQ me répugne profondément. C’est à cause de la faiblesse du leadership de Pauline Marois que les péquistes ont adopté des politiques radicales sur la question de l’identité. Afin de demeurer cheffe de son parti, Pauline Marois a accepté d’inclure dans son programme, des idées défendues par sa frange extrémiste : la nouvelle loi 101, les référendums d’initiatives populaires et la souveraineté à tout prix. Le trio de justiciers de la langue (Jean-François Lisée, Pierre Duchesne et Bernard Drainville) contrôle totalement l’agenda péquiste en matière linguistique et identitaire. Les péquistes veulent s’attaquer à la liberté de choix des étudiants avec sa politique linguistique liberticide (imposition de la loi 101 aux collègues anglophones). Ces ayatollahs de la langue veulent empêcher les jeunes de s’ouvrir sur le monde. La jeunesse québécoise veut apprendre l’anglais afin de s’offrir une meilleure perspective de carrière. Quelle horreur, il faut absolument faire la souveraineté pour isoler cette jeunesse à l’intérieur d’un futur Léviathan socialiste et unilingue français. Je ne veux pas vivre dans une province qui serait refermée sur elle-même mais bien dans une province (à l’intérieur du Canada) qui est ouverte sur le monde et qui se préoccupe de l’avenir des jeunes. La philosophie politique péquiste est caractérisée par la haine de l’anglais, le mépris des Québécois non souverainistes et par la fermeture de soi.

Ensuite, sur le plan économique, ce parti indépendantiste flirte avec les idées de Québec solidaire. Le désir des péquistes d’augmenter les impôts des riches et de hausser les redevances sur l’exploitation les ressources naturelles le prouvent bien. La faiblesse de l’équipe économique du Parti québécois est flagrante. Est-ce qu’il y a réellement une équipe économique au sein du PQ? La réponse est non. C’est bien connu, Pauline Marois ne sait pas compter et son programme économique est synonyme de médiocrité. Qui serait le ministre des Finances sous un éventuel gouvernement Marois? Jean-François Lisée, faite-moi rire. Voulons-nous vraiment donner notre portefeuille collectif à ces illettrés économiques?

Le Parti libéral du Québec : l’usure du pouvoir :

Le Parti libéral du Québec s’est fait élire le 14 avril 2003 sur la promesse de réformer de fond en comble le modèle québécois. C’était la politique libérale de réingénierie de l’État. Jean Charest voulait s’attaquer au pouvoir syndical et amincir l’État québécois qui était pour le premier ministre, obèse et tentaculaire. Le gouvernement Charest n’a jamais tenu parole et il a reculé devant les protestations syndicales. Pendant le reste de son règne, le chef libéral a été un grand défenseur du statu quo. L’état a continué de grossir et la dette publique s’élève maintenant à 252 milliards de dollars. Les électeurs québécois qui veulent du changement ne peuvent pas se tourner vers le parti qui a trahi ses promesses. De plus, les allégations de corruption et de collusion qui flotte autour du gouvernement dégoûtent profondément l’électorat. Cela fait neuf ans que le gouvernement Charest est en poste. L’usure du pouvoir va jouer un rôle prédominant dans la défaite libérale. Malgré le fait que sa fermeté sur les questions du placement syndical et du conflit étudiant a été saluée par les Québécois, ceux-ci vont quand même lui montrer la porte le soir du 4 septembre. Le gouvernement libéral n’a pas livré la marchandise et c’est pour cela qu’il ne mérite pas un quatrième mandat, point à la ligne.

La CAQ : le changement :

La Coalition Avenir Québec de François Legault est le seul parti politique qui représente vraiment le changement. Malgré le fait que je ne suis pas d’accord avec le nationalisme économique de François Legault, j’ai voté pour lui par désir de changement et pour mettre à la porte les deux vieux partis politiques. Le leader de la CAQ s’est entouré d’une équipe forte qui est prête a diriger la province : Jacques Duchesneau, Gérard Deltell, Gaétan Barrette, Maud Cohen, Sylvie Roy, François Bonnardel, Éric Caire, etc. La CAQ est la seule formation politique qui propose de couper dans la bureaucratie et de réduire les impôts, deux crédos de la droite économique. Le Québec peut et doit faire mieux. La seule option qui s’offre aux Québécois qui désirent du changement est la Coalition Avenir Québec de François Legault.

Cela va être une soirée électorale extrêmement excitante et enlevante le 4 septembre. Le Parti québécois est en tête dans les sondages et est favori pour former le prochain gouvernement. Les sondeurs surestiment le vote péquiste. Il ne faut pas oublier que l’ADQ était troisième dans les enquêtes d’opinions en 2007 et elle a finalement terminé deuxième à seulement sept sièges du pouvoir. La CAQ a encore une chance de gagner mais cela va se jouer entre elle et le PQ. Il y a seulement une certitude : la défaite du Parti libéral du Québec. Je souhaite une bonne soirée électorale à tous mes lecteurs.

Ecrit par : Simon Leduc le 3 septembre 2012.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *