Pourquoi les emplois disparaissent

Parlons travail et emplois. Je reprends ici l’essentiel d’un texte que j’ai publié il y a bien des années. Je le fais parce que que je suis bousculé par les exigences de préparer mon retour au pays après un hiver en Argentine, mais  je crois, aussi, qu’il faut répéter ce message jusqu’à ce qu’on l’ait compris; je suis confronté ici tous les jours aux conséquences sociales de ne PAS vouloir le comprendre.

Le travail. Rien n’est plus important que le travail, car le projet prioritaire de tout individu est de satisfaire ses besoins et ses desirs, en transformant ce qui est en ce qu’il voudrait qui soit. C’est ce qu’on appelle produire et le moyen d’y parvenir est le travail.

On peut dire, à juste titre, que les individus s’assemblent d’abord en société pour assurer leur défense en commun; mais, dès qu’une société existe, c’est produire qui devient la priorité de tous les instants et c’est la division du travail que permet la vie en société qui devient le meilleur argument pour qu’on accepte les contraintes que celle-ci exige. La place du travail dans la société est primordiale.

Le travail est à la fois la clef de la production et donc de l’activité économique et la pierre d’assise de la structure sociale, puisqu’il est la forme privilégiée de distribution du revenu qui permet la consommation consensuelle de cette production. Or, ajourd’hui, le travail est en crise. Aujourd’hui, nous avons une crise financière qui fait les manchettes, mais, derrière cette crise qui met en interaction des symboles, il y a le problème réel d’une production mésadaptée aux besoins et celui, encore plus grave, de l’exclusion systématique d’une part croissante de la main-d’oeuvre de toute participation significative à la satisfaction des besoins de l’humanité.

Une exclusion de la production qui sert à justifier son exclusion de la consommation équitable du produit. Son exclusion concomitante, aussi, du processus de décision et donc de tout engagement profond envers l’évolution et le développement de cette société dont cette main-d’œuvre laissée oisive est aliénée. C’est cette cette aliénation qui est le problème prioritaire auquel la société contemporaine doit faire face.

Cette aliénation, dans les pays développés, prend la forme emblématique du chômage. Trouver une solution au problème du chômage est la clef d’un avenir de prospérité et de paix. Mais la solution au problème de la remise au travail passe d’abord par la compréhension de la distinction entre travail et emploi.

Le travail, c’est un effort qu’on consent pour obtenir un résultat. Aussi longtemps que tous nos besoins ne seront pas comblés et que tous nos désirs ne seront pas satisfaits, il y aura toujours du travail à accomplir, Dite que l’on manque de travail est une absurdité. Le problème actuel n’est pas que nous manquions de travail, mais que nous manquions d’emplois, ce qui n’est pas du tout la même chose.

L’emploi n’est qu’une façon de travailler; c’est celle qui consiste à exécuter certaines tâches, ou à s’acquitter de certaines fonctions, en considération d’un salaire déterminé. Il y a d’autres façons de travailler et d’autres modes de rémunération. Avant la révolution industrielle, l’emploi comme nous le connaissons aujourd’hui, n’existait guère que pour les domestiques qu’on « engageait » – et qui recevaient leurs « gages » -et pour les soldats, qui touchaient leur « solde ». Serfs et artisans, commerçants, troubadours, la masse de la main-d’oeuvre était constituée de travailleurs autonomes. Ceux-ci manquaient souvent de revenus, mais jamais de travail.

C’est avec l’industrialisation que la majorité des travailleurs ont cessé d’être autonomes pour devenir dépendants d’une machine sans laquelle leurs efforts n’avaient plus qu’une valeur dérisoire. Dans cette situation de dépendance du capital fixe, l’emploi à salaire fixe apparaissait comme un progrès social, remplaçant la rémunération à la pièce qu’on pouvait dire inhumaine, même si des cyniques pourraient penser que cette dernière a surtout été mise au rancart parce qu’elle avait le tort d’être incompatible avec le travail à la chaîne…

L’emploi – le « job » – est la meilleure façon de travailler à la chaîne, quand on peut diviser le travail en ses éléments constituants les plus simples et superviser l’exécution de chaque élément en mesurant son output immédiat. Pour fabriquer des souliers ou des jujubes, par exemple, le « job » est imbattable. Dans le travail à la chaîne, chaque travailleur, comme une machine, a son « programme » qui est son « job »; le système agence l’output de chaque travailleur et tout le monde trouve, au bout de la chaîne, chaussure à son pied et des jujubes à son goût. C’est la façon de travailler qui correspond le mieux à une production industrielle, quand le travailleur exécute du « travail en miettes ».

Mais aujourd’hui, nous n’en sommes plus là. Maintenant, ce sont de vraies machines qui font – et qui feront de plus en plus – ce que faisaient ces ouvriers industriels de jadis qu’on traitait comme des machines. Le problème, c’est que, pour le travail qui exige encore une intervention humaine directe dans une production surtout tertiaire, l’emploi n’est simplement pas la meilleure structure d’encadrement et de rémunération. D’autres façons de travailler correspondent mieux aux exigences des sociétés postindustrielles.

Les emplois sont donc en voie de disparition. Les emplois disparaissent parce qu’ils sont devenus une forme désuète d’encadrement du travail. Les emplois disparaissent? Où est la surprise? Il y a deux siècles qu’on remplace des travailleurs par des machines ! La crise que nous vivons n’est pas une surprise, elle est simplement la phase ultime de la révolution industrielle.

Nous utilisons des machines de plus en plus performantes et la conséquence pour la main-d’oeuvre – discutées ad nauseam depuis des décennies! – était inévitable et parfaitement prévisible : une même main-d’œuvre allait produire de plus en plus… ou une production industrielle constante exigerait une main-d’oeuvre de plus en plus réduite.

Parler de récession et de conjoncture pour expliquer le chômage actuel est donc un pieux mensonge. Il faut d’abord accepter cette évidence d’une incontournable baisse de la demande de travail quand un seuil de satisfaction est atteint. Ensuite, il faut en tirer les conséquence et faire ce qu’il faut faire: encourager le travail autonome et bâtir une structure de production ENTREPRENEURIALE…. mais tout  en assurant la sécurité du revenu. C’est ça le défi.   Aussi longtemps qu’on ne verra pas la production, le travail  et la PRIORITÉ DE LA GOUVERNANCE en ces termes, nos problèmes iront en s’aggravant

Pierre JC Allard

15 pensées sur “Pourquoi les emplois disparaissent

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    25 mars 2013 à 7 07 59 03593
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    « il faut en tirer les conséquence et faire ce qu’il faut faire: encourager le travail autonome… »

    Mais c’est exactement ce que vous disiez exister AVANT l’industrialisation???

    « Avant la révolution industrielle,…Serfs et artisans, commerçants, troubadours, la masse de la main-d’oeuvre était constituée de travailleurs autonomes. »

    Donc, malgré tous les avantages de l’industrialisation, le travailleur doit revenir à « l’état » dans lequel il se trouvait au tout début. Ce qui signifie qu’il ne bénéficie pas du tout de l’industrialisation.

    Le défi que vous identifiez est tout à fait exact:
    « Ensuite, il faut en tirer les conséquence et faire ce qu’il faut faire:…en assurant la sécurité du revenu. C’est ça le défi. »

    La question est alors: Comment se fait-il que le revenu n’est pas assuré depuis que l’industrialisation fonctionne si bien?

    La réponse est que l’industrialisation, insuffisante à ses débuts, assurait le revenu du citoyen grâce au « travail » qu’elle négligeait; et ce, même le revenu de celui qui était au chômage puisque ceux qui travaillaient payaient des cotisations.

    Ce qui est passé sous silence, c’est que « le coût de production » non couvert par l’industrialisation, étaient celui désigné par « les revenus » des travailleur productifs. Ce revenu, qui en réalité est toujours une « coût de production », était « taxé » par le gouvernement.

    C’est la taxation sur cette « partie du coût de production » qui assurait les revenus nécessaire pour assurer la qualité de vie acceptable du citoyen. La bonne performance de l’industrialisation a fait disparaître une grande partie de ces revenus gouvernementaux qui deviennent, de plus en plus, limités à la taxations des « profits » des entreprises. Le coût de production antérieur n’est plus taxé.

    Comme vous l’avez dit en prémisse:
     » Le travail est à la fois la clef de la production…puisqu’il est la forme privilégiée de distribution du revenu »

    Mais le travail disparaît, donc le revenu suit le travail. Il faut alors trouver un autre moyen de distribuer des revenus suffisants à chacun des citoyens.

    La réponse est là depuis toujours; il ne suffit que de « taxer » la même partie du coût de production qui était taxée auparavant; c’est à dire taxer la partie de production des « machines » qui remplacent celle de la production des anciens « travailleurs ».

    Amicalement

    André Lefebvre

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    25 mars 2013 à 14 02 06 03063
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    Une bonne analyse M. Allard, je me permets d’ajouter quelque élément non négligeable. À l’époque des troubadours, le travailleur autonome était principalement masculin. Son revenu, quand il en avait, subvenait aux besoins de sa famille. Les autres membres de la famille trouvaient le moyen d’aider en passant par d’autres modèles de rémunérations.

    Avec la révolution industrielle, deux facteurs se sont ajoutés. Premièrement, les horaires de travail ont grandement été modifier. L’électrification rendant possible le travail lorsque le soleil n’était plus. Passant d’un phénomène marginal au début, à une forme plus généraliser de nos jours. Très peu d’études ont été réaliser sur les impacts physiologique et psychologique pour les êtres humains. Alors que d’autres études prouvent que pour certaines personnes, le métabolisme réagis avec une période d’ensoleillement diminuer. Quand est-il avec ses horaires inhumains?

    Deuxièmement, les autres membres de la famille utilisent maintenant le même modèle de rémunération. Les rendant dépendants du modèle traditionnel (salaire), et lorsque ce modèle fait défaut, aucune autre alternative immédiate pour compenser ce manque, à part le filet social. Certains ont compris ce problème et mettent en place des modèles coopératifs tel alter conso http://www.bastamag.net/article2967.html

    Au cours de cette révolution, les penseurs sociétaires ont fait évoluer le marché du travail en fonction des machines. Négligeant graduellement l’aspect humain de cette relation, ce qui mena aux manifestations des années 60-70. Quarante ans plus tard, nous nous apercevons qu’il y a très peu de problème qui a été véritablement régler. La société a continué d’évoluer dans une optique machinale plutôt qu’humaine avec comme résultat les différentes manifestations partout dans les pays industrialisés.

    La fausse croyance d’attribuer au 1% de ce monde tous les problèmes sociétaires, facilité bicamérale de notre esprit, qui naturellement ne veut pas faire l’effort de réfléchir. Est-ce véritablement les plus riches, qui abusent des individus ou plutôt notre faiblesse collective qui nous laisse abuser ainsi? Est-ce le travail qu’il faut redéfinir, ou la valeur que l’on lui attribue au travail qui est erroné. Les aidantes naturelles ne travaillent pas ou bien est-ce le fait qu’il ne contribue pas au développement économique qui choque.

    Portez-vous bien!
    🙂

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    25 mars 2013 à 16 04 49 03493
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    @ L’artiste

    « le travailleur doit revenir à « l’état » dans lequel il se trouvait au tout début. Ce qui signifie qu’il ne bénéficie pas du tout de l’industrialisation. »

    Seul le travail produit la richesse, c’est a dire la transformation de ce qui est en ce qu’on veut qui soit. L’équipement fait que, pour un travail donné, on transforme plus ou mieux. On produit plus de richesse. Mais cette richesse au départ est toujours RÉELLE.

    Dans une économie de biens et services réels, le travailleur en bénéficierait en produisant plus par son travail, jusquà ce que ses besoins et désirs soient satisfaits, puis en travaillant de moins en moins pour satisfaire ces besoins et désirs.

    Mais le propriétaire de l’équipement veut garder une part de la production… Dans une économie « réelle »qu’en ferait-t-il quand ses propres besoins sont satisfaits ? Le proprio « capitaliste » va donc sortir de l’économie réelle et monétariser la part du produit qu’il s’adjuge. Le plus possible…

    Le propriétaire de l’équipement se croit malin, mais le travailleur – qui est aussi le consommateur – ne pourra jamais que donner tout son revenu pour obtenir tout ce qui est produit à la hauteur de ce qu’il en veut. Si le proprio rafle trop de la plus value, les prix vont s’ajuster par l’inflation ou la création de stocks d’invendus.

    Dans les deux cas, le proprio, dans sa relation au travailleur/ consommateur, ne se gagnera que des ennuis. Il comprend donc vite que le jeu est ENTRE CAPITALISTES.

    L’exploitation du travail par le capital plafonne rapidement dans une société industrielle, selon des normes malthusiennes diversement appliquées qui gardent le travailleur au niveau de consommation qui optimise l’intérêt du capitaliste

    Il faut donc voir que l’exploitation du travailleur, au sens strict, est devenue une simple conséquence indésirable de ce ce qu’on pourrait appeler l,e Grand Jeu des salopards, ou le crédit est l’atout-maitre. Dans ce jeu, Le travailleur est juste détruit pour rien, sans vergogne, comme un pion…

    Pour changer cette triste situation, il faudra des mesures exceptionnelles.

    PJCA

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      25 mars 2013 à 18 06 42 03423
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      « Seul le travail produit la richesse,… »

      Pourquoi vouloir la richesse si tu possèdes une qualité de vie acceptable?

      Je ne comprend pas ceux qui courent après la richesse. J’ai parfois l’impression que cela se rattache à un « power trip ». 🙁

      Il est vrai que je suis plus heureux assis dans un canot sur un lac du nord qu’assis à un bar à Cancun ou dans un hôtel du centre Afrique. 😉

      Quant à la valeur du travail, cela dépend de la fierté et de la satisfaction personnelle que ce que je produis, me procure. Je devrais être assez « normal », je pense.

      André Lefebvre

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        25 mars 2013 à 19 07 50 03503
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        @ L’artiste

        J’emploie « richesse » comme synonyme de « valeur » et ici de valeur ajoutée. Si vous prenez un poisson dans le lac et le mettez dans votre canot, vous en facilitez la consommation… et vous avez créé de la richesse. A une autre échelle, c’est la même démarche que de prendre du petrole en terre et de le mettre dans un baril. Toute l’activité économique productive produit de la richesse. La spéculation, non…

        PJCA

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          26 mars 2013 à 8 08 11 03113
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          « J’emploie « richesse » comme synonyme de « valeur » et ici de valeur ajoutée. Si vous prenez un poisson dans le lac et le mettez dans votre canot, vous en facilitez la consommation… »

          Je comprend. Donc un poisson dans mon canot a plus de « valeur ajoutée » qu’un poisson dans le lac.

          Mais il n’a pas vraiment plus de « valeur » et sa consommation est facilité, cela dépend « pour qui ».

          🙂

          Mais je suis d’accord que c’est le « travail » qui produit la « valeur ajoutée ». Donc, dans mon argumentaire, c’est la production de « valeur ajoutée » qui est taxée par le gouvernement. La question est de décider si l’industrialisation produit une « valeur ajoutée » taxable. Taxes à être redistribuée dans la population.

          Amicalement

          André Lefebvre

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    25 mars 2013 à 17 05 06 03063
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    @ Carl Monty

    « Est-ce le travail qu’il faut redéfinir, ou la valeur que l’on lui attribue au travail qui est erroné ? »

    Les deux. Redéfinir le travail, j’en parle dans des douzaines d’articles, dont ceux-ci

    http://nouvellesociete.wordpress.com/travail/

    Quant à la valeur du travail, elle doit être redéfinie pour tenir compte du côut de création du capital humain en tenant compte de la compétence, de l’absolue nécessité de ré-ajuster cette valeur à celle réelle du capital physique qui est devenue triviale … et de s’assurer que la monnaie mise en circulation est en équilibre avec la production à acquérir. Prévoir une épargne « monétaire » collective n’a plus aucun sens. Pure escroquerie.

    PJCA

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    26 mars 2013 à 9 09 18 03183
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    @Pierre JC Allard,

    Pourriez-vous nous parler un peu de comment l’Allemagne s’en sort ?

    @André Lefebvre,

    J’aime bien votre idée de taxer les machines.

    @Carl Monty,

    L’ÉNORME travail de PJCA pour une « Nouvelle Société », qui l’immortalisera, n’est-il pas une valeur ajoutée dans la création du capital humain ?

    Tout ce que nous ajoutons dans l’égrégore par notre travail intellectuel mérite d’être ajuster.

    Quand à moi, je tiens à l’élimination des « mufflers » qui nuisent aux performances des génies. Je donne en exemple Tiger Woods et ses résultats depuis son récent bonheur.

    Je dois avouer que la performance de Pierre JC Allard m’ébranle dans mes convictions. Cependant, un gros bloc V8 sera toujours supérieur à un 4 cylindres, même avec un « muffler ». C’est la différence entre un QI de 130(sous toute réserve)et un de 110.

    Cordialement.

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      26 mars 2013 à 14 02 01 03013
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      L’ÉNORME travail de PJCA pour une « Nouvelle Société », qui l’immortalisera, n’est-il pas une valeur ajoutée dans la création du capital humain ?

      Je découvre à peine toute l’ampleur idéologique du travail de M. Allard et toute la richesse de son site (nouvelle société).
      Et le peu que j’en sais, me persuadent que lorsque nous vivrons une évolution pour le genre humain. PJCA sera certainement l’un des acteurs principaux, d’une nouvelle ‘époque des lumières’

      Je dois avouer que la performance de Pierre JC Allard m’ébranle dans mes convictions. Cependant, un gros bloc V8 sera toujours supérieur à un 4 cylindres, même avec un « muffler ». C’est la différence entre un QI de 130(sous toute réserve)et un de 110.

      J’ignore où vous vous situez entre le v8 et des 4 cylindres, mais personnellement, devant une telle stature je me sens plutôt comme une ‘Innocenti de l’époque, voiture italienne à trois cylindres, la preuve étant qu’il n’y a aucun de mes articles ou PJCA est intervenu, qui ne possèdent pas un lien direct sur son site, prouvant qu’il y a fort longtemps que le sujet a été longuement mûri dans son esprit et écrit de sa main.
      Désolé M. Noo, si mon commentaire précédent vous à choqué de quelconque manière, là n’était certainement pas le but.

      Portez-vous bien! 🙂

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        26 mars 2013 à 15 03 19 03193
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        @Carl,

        « Désolé M. Noo, si mon commentaire précédent vous à choqué de quelconque manière, là n’était certainement pas le but. »

        Qu’est-ce qui dans mon iatus a bien pu vous faire ressentir un reproche ?

        Je vous assure qu’il n’y en avait pas.

        Cordialement.

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      26 mars 2013 à 17 05 41 03413
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      « J’aime bien votre idée de taxer les machines. »

      On taxe bien le travail des hommes; pourquoi ne pas taxer celui des machines, si elles remplacent l’homme?

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    28 mars 2013 à 9 09 35 03353
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    En lisant votre article sur un autre support journalistique, un lecteur a mis un lien qui m’avait été référé par Monolecte en octobre 2011. je le reproduit ici car il m’apparait assez vulgarisé pour la compréhetion de notre organisation actuelle de la Cité et de la fourberie auquel nous sommes confrontés.

    C’EST BIEN, C’EST AUTOMATIQUE

    Hier soir en sortant du boulot, j’étais fatigué, mais il fallait que j’aille poster une lettre importante. La poste étant en centre ville, j’ai laissé ma voiture sur un parking, j’ai payé à un horodateur puis j’ai pris le tram. J’ai acheté un billet au distributeur automatique, et ensuite je l’ai composté moi-même sur une autre machine. Je suis arrivé à la poste et là, j’ai pesé et affranchi mon courrier avant de le poster sans l’aide de personne. J’en ai aussi profité pour retirer de l’argent à un distributeur bancaire. Dans le hall de la poste il y avait un distributeur de boisson automatique, alors je me suis fait un petit café.

    Lorsque j’ai récupéré mon véhicule, je suis allé faire le plein en utilisant ma carte bleue et en me servant moi-même, maintenant je fais ça très bien et j’utilise le gant mis à disposition. Comme les pompes à essence sont à proximité d’une grande surface, j’en ai profité pour faire mes courses. Grâce à un jeton j’ai récupéré un chariot que j’ai rempli avec différents produits et ensuite je suis allé à une caisse automatique où j’ai moi-même scanné mes articles que j’ai ensuite payés tout seul comme un grand. Comme il était tard j’ai diné à la cafétéria qui jouxte le magasin, c’est un self, c’est-à-dire que l’on se sert tout seul, ensuite l’on passe à la caisse et à la fin du repas, l’on débarrasse et l’on ramène son plateau à la plonge, c’est super pratique !

    Pour rentrer chez moi, j’ai pris l’autoroute. Au péage, j’ai jeté quelques pièces dans une corbeille et la barrière s’est soulevée toute seule. Il faisait encore bon, je me sentais bien, j’ai appuyé un peu fort sur le champignon, et je me suis fait flasher par un radar automatique. Et merde ! Demain, le PV sera également envoyé automatiquement…. Marre de la bagnole, la prochaine fois que je « monte » à Paris, j’irais en avion, c’est pratique on fait soi-même son billet sur internet, et ensuite sur place on peut procéder à l’auto-enregistrement de ses bagages. Et le plus surprenant c’est que les navettes qui relient l’aéroport sont entièrement automatisées, il n’y a même pas de conducteur !

    Le lendemain en me rasant je pensais à ma carrière professionnelle. Lorsqu’à la radio le flash spécial info a annoncé que le chômage était en hausse et que l’on devrait cotiser plus longtemps pour nos retraites. Et là, je ne sais pas pourquoi mais certain de mes gestes quotidiens se sont imposés à mon esprit. Premièrement j’ai pensé que c’était plus commode de se servir soi même, puis je me suis dit que c’était quand même un peu comme si je travaillais gratuitement. Deuxièmement, je me suis posé la question de tous ces chômeurs remplacés par des machines qui obligent les clients à travailler en prenant la place de véritables salariés. Ensuite le problème des retraites a effleuré mon esprit : si tout est automatisé, l’on aura besoins de beaucoup moins de personnes pour fabriquer nos produits, donc plutôt que de prélever des cotisations sur les salariés, il faudrait peut-être les prélever sur les automates ou sur la richesse produite. Bon, enfin, je ne vais pas me mettre martel en tête, je suis encore jeune, j’ai le temps de voir venir… je n’ai que 35 ans !

    Voila, j’ai bientôt 53 ans, je ne travaille pas, je touche le minimum « assistanat » et je suis obligé de faire 20 heures par semaine de travail de solidarité : je nettoie les différents automates et distributeurs de mon quartier. Il y a énormément de travail car en 15 ans les machines ont envahi tous les secteurs de notre vie. Dans six mois si je ne trouve pas un travail stable, on me retirera ma carte de santé, de logement et de ravitaillement, et l’on m’emmènera dans un établissement « CQI », je ne sais pas si c’est bien, j’en connais qui y sont allés, mais je ne les ai jamais revus. Là bas aussi, il parait que tout est automatisé…..

    FIN DE L’ARTICLE. http://2ccr.unblog.fr/2011/10/02/cest-bien-cest-automatique/

    On impose et taxe le travail et la consommation du parc ouvrier de la planète pendant que depuis des décennies on a remplaçé le travailleur, redirigé dans le secteur tertière des SERVICES, par la machine et les automates qui eux, sous la protection de la libre circulation des biens promulgée par le néo-libéralisme-fasciste*, paient de moins en moins d’impôts ou de contribution à la Cité par le truchement de leur propriétaires. Leurs actionnaires qui ne produisent absolument RIEN par le TRAVAIL s’enrichissent et appauvrissent l’humanité par le seul jeu de la spéculation sur ces biens. Aujourd’hui les traders spéculent sur la spéculation; la gestion alternative, un secteur que l’on nomme maintenant sans aucune gêne Industrie; l’industrie de la gestion d’actifs. Quel culôt!

    La spéculation, voilà le SERVICE numéro UN que l’on nous a fourgé comme principale activité tertière pour s’enrichir.
    Pendant ce temps on ergotte sur de vieux modèles du travail et de son organisation en nous anesthésiant** de théories fumeuses que seuls quelques initinés comprennent en se gaussant de notre ignorance tout en se remplissant les poches.

    DG

    * « Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu’il s’agit en fait de l’intégration des pouvoirs de l’état et des pouvoirs du marché. » Benito Mussolini (1883-1945), Dirigeant Faciste de l’italie de 1922 à 1943

    ** « Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir. » Jean-Paul Marat

    « Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. » Henry Ford (1863-1947)

    « Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occuppé à ses tâches quotidiennes qu’il n’aie pas le temps pour la rebellion. » Aristote (384-322 A. J.-C.) , extrait de Aristote sur la Politique

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    28 mars 2013 à 9 09 54 03543
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    @ Denis Gelinas

    Eh oui… je me suis retenu de publier votre commentaire comme article, avec citations et tout… Vous devriez nous éviter cette tentation en nous envoyant parfois un tel article qui serait de l’adrénaline pour la discussion

    Pour le problème soulevé, la réponse est EVIDENTE, comme vous le savez: Hausser la valeur relative du travail face à la rémunération du capital au point où la demande devient effective pour l’ensemble de ce qui est produit.

    Idéalement en priorisant la production des biens et services tres utiles plutôt que de celle de ceux qui le sont moins… Je ne dis pas autre chose depuis 40 ans

    PJCA

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      28 mars 2013 à 13 01 27 03273
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      Vous écriviez en 2005 la fin du labeur dans un monde où il n’y a plus de salariés à exploiter, mais encore des financiers dont il faut parfois se méfier… ref http://nouvellesociete.wordpress.com/2005/02/08/t18-la-fin-de-lage-du-labeur/

      Depuis la crise financière (et non économique) de 2008 la preuve est faite qu’on ne s’est justement pas méfié des financiers et de leurs valets. La ponction pour les renflouer s’est faite en majorité sur les salariés et sur les servives offerts à ces derniers.

      Aujourd’hui c’est le peuple chipriote qui souffrent encore des affres de ces financiers de casinos, ressemblant étrangement à l’Argentine de 2001 et le corralito limitant les retraits d’argent à 250 pesos ainsi que les mesures contre la fuite des capitaux.

      DG

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    28 mars 2013 à 19 07 31 03313
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    @ DG

    En 2005, oui, merci de le rappeler.. mais j’ai parlè prioritairement de cette crise au Ministre Bellemare quand j’ai été nommé DG de la Main-d’oeuvre au Québec en 1967. J’ai publié un bouquin sur cette question dans les années « 80 et je n’ai jamais arrêté d’en parler sur l’internet depuis 1996.

    On a réagi à cette crise en évitant d’en parler. Le progrè ou autre chose la règlerait, car autrement ce serait trop triste… Tout ce qui a changé depuis 2 générations,,c’est qu’il n’y a plus d’illusions, aujourd,hui, que cette crise se règle autrement que par un effondrement de la société, l’anarchie et une phase de dictature… APRES on espère que viendra une vraie démocratie. J’ai fait mon deuil de tout le reste

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/06/15/un-mauvais-moment/

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