Pouvons-nous encore compter sur le G 20?

L’appréciation sans précédent des cours de l’or s’explique tout simplement par l’échec de la politique des taux zéro menée par les banques centrales occidentales. De fait, c’est l’ensemble des promesses du G 20 et de leurs réunions au sommet qui sont aujourd’hui remises en question car le fonctionnement outrancier de la planche à billets – activement prôné par les nations Occidentales – n’a pas plus rétabli la croissance que précédé le retour de la confiance. La contrepartie de cette absence cruelle de stratégie et de responsabilité de la part de nos autorités ayant ainsi consisté en une flambée des prix des denrées alimentaires et des matières premières ayant, à ce jour pour 2010, pris 27% pour le pétrole pendant que les tarifs du soja, du maïs et du blé sont respectivement montés de 24%, 63% et de 84%!

Cette appréciation extrêmement alarmante de ces produits énergétiques et de première nécessité étant quasi entièrement imputable à la politique monétaire hyper laxiste en vigueur actuellement aux Etats-Unis et en Europe car il faut bien reconnaître que les spéculateurs et investisseurs y gagnent nettement plus qu’en plaçant leurs avoirs sur les bons vieux marchés obligataires. Il n’y a en effet pas photo car un placement sur l’or aurait permis de gagner 35% cette année et un investissement sur les marchés du blé aurait rapporté 84% pendant que des achats en Bons du Trésor américains auraient tout juste offert une rentabilité de …1%.

Comment réussir à promouvoir la croissance et à relancer l’emploi dans un tel contexte général de hausse relativement vertigineuse des matières premières? Car cette bulle spéculative en formation glane les capitaux (en quête de profits sur le court terme) disponibles dans le système tout en asséchant l’épargne des ménages qui subit l’augmentation de denrées vitales pour sa vie quotidienne. Cette ruée vers les matières premières étant condamnée à s’amplifier par la faute des banques centrales grande pourvoyeuses de liquidités, les perspectives ne sont guère optimistes pour une croissance économique qui sera largement amputée du fait de cette inflation des prix avec, à la clé, un mécontentement social bien compréhensible. Tout le monde n’est cependant pas perdant dans cette conjoncture car M. Bernanke, Président de la Réserve Fédérale US, fait quand même des heureux…

C’est ainsi que cette stratégie de générosité extrême profite aux spéculateurs et autres demandeurs de lignes de crédit et d’effet de levier qui enregistrent leurs meilleurs résultats depuis le déclenchement de la crise en 2007! Ce mois de Septembre dernier, rasséréné par des banques centrales sur le point de rajouter une seconde couche de baisses de taux quantitatives, s’est révélé particulièrement réjouissant pour les « hedge funds », ces grands fonds spéculatifs. N’ont-ils ainsi pas gagné entre 12 et 15% sur ce seul mois? Les opportunités d’arbitrages sont en effet quasiment infinies pour ces institutions financières qui, surfant sur la vague des crédits à taux presque nuls, alimentent les bulles des matières premières, des métaux précieux et des produits énergétiques tout en bénissant quotidiennement les banques centrales… Il va de soi que celles-ci persévèreront dans cette politique hyper complaisante, persuadées que les appréciations boursières débouchent naturellement sur une prospérité généralisée. N’est-il pas déplorable que nos économies et que nos niveaux de vie dépendent intégralement de cette élite issue d’un milieu déconnecté de la « vraie vie »?

Les autorités monétaires ressemblent à ces joueurs de casino compulsifs qui doublent la mise en espérant récupérer leurs pertes alors qu’il est évident que ces injections supplémentaires de liquidités n’auront qu’un impact négligeable sur l’investissement et sur l’épargne tout en aggravant irrémédiablement les déficits. Comment, dans sa grande naïveté ou dans son inadmissible complicité, un établissement comme la Fed ne comprend-il pas que 2’000 milliards de dollars inondant subitement un système n’y induisent-ils pas une distorsion dommageable pour ses acteurs économiques? Cette activation effrénée de la planche à billets préside ainsi à une grande redistribution des richesses, prenant et pompant encore au détriment du travailleur et du salarié moyen pour enrichir celui qui a les moyens d’investir et celui qui ose spéculer…

Facteur d’instabilité des monnaies et de désordre du commerce international, cette anarchie monétaire est le pur produit des décisions du G 20 des années 2008 et 2009. Le G 20 de 2010 aura-t-il le cran d’interrompre cette politique dévastatrice?

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