Premier Gaou n’est pas Gaou…

Premier Gaou n’est pas Gaou…

c’est 2ème Gaou qui est gnata … ce dicton africain, mis en chanson par « Magic System » pourrait se résumer ainsi : se faire avoir une fois n’est pas grave, mais se faire avoir deux fois de la même manière est totalement idiot.

A 9 mois de la présidentielle, les stratégies se mettent en place dans chaque parti, et nombreux seront les candidats qui feront volte face afin d’être à l’unisson avec la majorité des français et de tenter de mettre l’électeur dans sa poche.

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », la légendaire phrase de l’ex-président Edgar Faure peut s’appliquer à tant de nos femmes et hommes politiques qu’on ne sait par qui commencer.

Marine Le Pen en est l’une des illustrations, elle qui, quelques jours après la catastrophe de Fukushima disait encore : « Reculer sur le nucléaire au moment ou nous sommes entrés dans l’après-pétrole apparait totalement fou, sauf à retourner au moyen-âge » (lien) et qui a déclaré le 14 juin dernier : « la sortie du nucléaire est un objectif qu’il faut avoir à l’esprit parce que c’est une énergie énormément dangereuse ».

Ce n’est pas interdit de changer d’avis, mais il est probable que les récents sondages montrant que 77% des Français veulent sortir du nucléaire soient pour quelque chose dans ce brusque revirement. lien

Elle n’est pas un cas isolé.

Jean-Louis Borloo, l’ex-ministre de l’environnement du gouvernement Sarközi, qui s’était brillamment illustré en décidant discrètement par décret l’exploitation des gaz de schiste, est aussi une girouette.

Il avait déclaré le 26 juin dernier, lors de la réunion formatrice de son nouveau mouvement à Epinay sur Seine, l’ARES (alliance républicaine écologiste et sociale) : « Nous sommes la force anti-front national ». lien

Cette présomptueuse déclaration mérite d’être méditée à la lumière d’une interview donnée au journal « Minute  » en février 1993.

A la question « l’autre problème de la droite, c’est celui des alliances avec le Pen ? », il répondait : « C’est certain. Personnellement, j’ai des rapports corrects avec les gens du FN de ma région, et je ne serais pas contre. Mais s’il devait y avoir des alliances, il faudrait que toute la droite suive. Celui qui prendrait cette initiative tout seul se ferait descendre politiquement ». lien

Comme le rappelle Fabrice Nicolino dans son blog, jean-Louis Borloo affirmant qu’il avait refusé les voix du FN afin de devenir président de la Région Nord-Pas de Calais, en 1992, est contesté par Jean Pierre Gendron, élu FN de la région : « Nous avions passé un accord avec Jean-Louis Borloo, alors sans étiquette, pour lui donner nos voix, afin que la présidence de la région ne bascule pas à gauche (…) Borloo était d’accord sur le principe ».

Voyons aussi le cas de Nicolas Hulot : il a changé d’avis au sujet du nucléaire, qu’il voyait auparavant comme une énergie acceptable pour son bilan carbone, puis admettant qu’elle représentait un réel danger.

En 2006, dans un article du « Monde », « il ne souhaitait pas fermer la porte à une éventuelle 4ème génération de centrales » puis en avril 2011, Pascal Durand, l’un des membres de son équipe affirmait : « Nicolas a été clair, il a dit que l’accident de Fukushima avait totalement modifié sa vision, lui avait fait apparaître que le nucléaire n’était pas acceptable ». lien

Restent pourtant les liens étroits qu’il entretient avec son conseiller Jean Marc Jancovici, lequel est un pro-nucléaire avéré. lien

Il avait aussi affirmé accepter le résultat des primaires écologistes, et rester dans le mouvement quel qu’il soit, mais n’est plus si serein aujourd’hui, maintenant que sa défaite est fondée.

Le mauvais perdant qu’il est devenu s’en prend maintenant autant à celle qui l’a fait tomber, qu’aux militants eux-mêmes. lien

Aujourd’hui, il n’est plus sur de « vouloir rester dans le mouvement  », (lien) et ce ne serait pas une grosse surprise de le voir rejoindre son ami de toujours, Jean Louis Borloo, même si Gérard Feldzer, l’un de ses conseillers, affirme « qu’il n’a qu’une parole » (lien) et qu’il a lui-même déclaré le 3 juillet « je ne rejoindrai pas un autre candidat  ».

Sa présence (ou non) lors des journées d’été d’EELV à Clermont Ferrand, du 18 au 20 août sera un premier élément de réponse. lien

On se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, affichant son amitié avec Nicolas Sarközy, il avait fait miroiter l’éventualité de sa candidature en 2007, lançant son « Pacte écologique  » dans lequel le nucléaire avait été soigneusement évité, et récoltant 750 000 signatures, se retirant finalement, plus le plus grand profit de celui qui allait devenir Président de la République, et lançait avec lui l’illusoire « Grenelle de l’environnement  ». lien

Comme le rappelait le 19 septembre 2009, «  Le Nouvel Observateur », Hulot est « l’homme qui parle à l’oreille de Sarközi  ». lien

Mais le champion de la pirouette est justement l’autocrate présidentiel comme le prouve ce texte amusant rédigé par un auteur facétieux, que l’on peut lire indifféremment à l’envers ou à l’endroit.

Lui qui avait affirmé «  je ne toucherais pas à la retraite à 60 ans » a fait exactement le contraire une fois élu. lien

Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres : « Marianne2  » en a fait un abécédaire assez complet à découvrir sur ce lien.

D’agriculture à travailler plus, en passant par Droits de l’Homme, on ne compte pas moins de 28 revirements.

Mais le meilleur est à venir.

Au moment ou la Cour des Comptes dénonce le fastueux train de vie de l’Elysée, reconnaissant tout de même quelques modestes progrès, force est de reconnaitre qu’aucun gouvernement n’a été si dépensier.

La Cour des Comptes n’y voit pas de lien avec la crise, comme le prétend Sarközy, et affirme que ce déficit historique vient d’un laisser aller dans la gestion des finances publiques : Les cadeaux fiscaux, le bouclier fiscal, l’exonération des charges sur les heures supplémentaires, les exonérations de charges sociales, déséquilibrent lourdement les finances publiques et feront payer à nos enfants les cadeaux faits aujourd’hui, aux plus riches. lien

Elle épingle aussi la politique de sécurité de Sarközy, dénonçant les violences aux personnes, les statistiques biaisées, la baisse des effectifs et des moyens, et le choix d’un équipement couteux. (lien)

Au chapitre des dépenses fastueuses, en 2009 les frais de déplacement représentaient 19,25% du total du budget de l’Elysée, contre 14,5 % en 2008. lien

A titre d’exemple, le déplacement à L’ONU en septembre 2009 a couté plus d’un milliard d’euros. lien

Les frais de restauration de l’Elysée (8,3 millions €) ont augmenté de 27,6% en 2 ans.

Les reproches de la Cour des Comptes 2011 concernent aussi les énormes contrats de conseil et communication, le non respect des règles de passation de marchés public, comme par exemple le contrat passé avec Patrick Buisson, ancien directeur du journal d’extrême droite « Minute  » Patrick Buisson, proche du président. lien

Cerise sur le gâteau, Olivier Faure, secrétaire général du groupe socialiste à l’assemblée nationale nous en apprend « une bien bonne ».

Alors que sous la présidence sarkozyste la dette publique dépasse 85% de la richesse nationale (lien), record peu enviable, Sarközy vient de mettre au point « une règle d’or » par laquelle on voit qu’il ne manque pas de souffle, puisqu’ il souhaite apparaitre comme le Président de la « remise en ordre des comptes publics ».

Le plus cocasse étant que si cette proposition est votée, elle ne sera applicable qu’après l’élection 2012. lien

Pour revenir à l’écologie, l’autocrate présidentiel, malgré ses liens avec Hulot, semble accumuler les lacunes en la matière, outre le fait de son engagement aveugle sur la question nucléaire, puisque lors d’un déplacement récent à Montluçon, il a confondu le nombre de centrales nucléaires et celui du nombre de réacteurs.

Ça ne devrait pas nous surprendre puisque dans son livre autobiographique «  Libre  » paru en 2001, comme le remarque le philosophe Michel Sourrouille, il n’accorde pas une seule ligne à l’écologie. lien

Le « Grenelle de l’environnement » illustre bien la contradiction qui l’habite, puisqu’il prétend répondre aux méfaits issus de la croissance, en voulant en même temps accélérer celle-ci.

Ce qui ne l’a pas empêché de s’affirmer en 2009 « le 1er écologiste de France » (lien), avant de déclarer lors du salon de l’agriculture de mars 2010 : « l’environnement, ça commence à bien faire  ». lien

Aujourd’hui, du «  Grenelle de l’environnement  », que Fabrice Nicolino surnomme « une farce  » il ne reste qu’un listing de belles promesses et pour les associations qui s’y sont fourvoyées, un sentiment d’amertume qui, non seulement ont été « Gaou » lors du premier Grenelle, mais « Gaou » aussi lors du second,

Après la catastrophe de Fukushima, L’écologie et la sortie du nucléaire, seront au cœur de la prochaine présidentielle, mais il est probable que le candidat de l’UMP fera l’impasse sur le sujet, restant centré sur ses thèmes fétiches : « l’insécurité, et l’immigration ».

Car comme dit mon vieil ami africain « quand tu es boubou, tu sors boubou sur la photo ».

L’image illustrant l’article provient de « nutterstyle.vip »

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