Prévisions de l’observateur : Je suis allé voir là-bas, si j’y étais

Allez savoir où j’ai disparu depuis dix jours et quelques centaines de tweets aussi indispensables que déjà oubliés. L’hypothèse saugrenue selon laquelle vous ne vous êtes pas inquiétés ne m’effleure pas lorsque je parle seul devant un écran, un peigne afro dans la tignasse tout en testant la force centrifuge sur mon siège. Jamais au grand jamais, puisque la solitude côtoie l’agoraphobie sans y prendre garde.

Reprenons notre épopée chers membres de la Comédie Numérique. Voilà, je suis parti pour rester ici.

Alors peut-être étais-je en perdition entre Aaron McGruder et Jacques Tardi dans ma bibliothèque me réclamant toujours et encore plus de locataires en celluloïd. Je trouvais mon équilibre idéal entre les cases de Stan Lee plutôt qu’entre les lignes de Steve Jobs. L’époque a les héros qu’elle mérite. Et c’est pour cela aussi que j’aurais pu aller loin de l’infini à portée de clics. Sur mon trône – trop étroit pour un déploiement d’ischio-jambiers – j’aurais relu mon roman aléatoire de prédilection : le dictionnaire, rien d’original tout d’originel. Mais là encore, l’immédiateté aussi religieuse qu’émancipatrice s’évertue à mettre le mot buzz sur le même pied d’égalité que liberté.

Si je n’étais pas là, vous auriez pu également imaginer que je ne pouvais plus écrire avec mes mains de pianiste aveugle mais seulement avec mes pieds de botteur de derrières. Hé oui ! Alors, dans ce cas, il ne me restait qu’à courir après mon ombre en tournant en rond, des batteries militaires dans les écouteurs, une fois l’aurore upgradée et les prostituées et les commerciaux main dans la main fuyant le parc avant la première ronde. Faux, encore faux, archi faux, faute à un penchant persistant pour les jours fériés et les oreillers. Depuis, j’essaie de ne pas m’endormir pour ne plus avoir à me réveiller.

Perdu, je ne suis toujours pas là. J’aurais pu tout aussi me perdre dans ma tête en mangeant de l’austérité et de la rigueur trois fois par jour depuis mon enfance, mais l’appel du gouffre en une a une vertu cathartique sur mon mauvais profil. Les temps sont à la misère des autres que l’on voudrait toujours étrangère. La solidarité se soucie peu du cœur, elle préfère la raison tout en gardant un œil sur ses frontières boursières. Mais je n’ai pas d’actions à perdre, ni un pacte de stabilité à respecter depuis ma précarité livrée avec une carte bancaire et une muselière. Je joue ma vie avec un distributeur automatique en attendant d’éduquer un huissier.

Putain, alors pourquoi donc cette pénurie de textes ? L’ennui ? La panne ? Le soleil ? La fin de Lost ?

Rien de tout cela en fait, j’aurais pu rêver d’une pause que j’aurais regrettée avant de la savourer, mais le rythme des derniers jours n’était pas configuré pour cela…

Pour tout vous dire, j’aurais pu tout aussi bien partir en garde-à-vue à de multiples reprises, mais je laisse ce privilège aux hordes de criminels en culotte courte jouxtant la Foire du Trône accompagnés de leurs baby-sitters couleur bleue nuit. Allez, encore quelques jours de patience et la Cour des Miracles pour bêtes de foire ira divertir en masse ailleurs. Et puis il était temps pour moi de boucler mon manuscrit, cette période de l’année est propice aux finitions dans mon C.V., sûrement des séquelles du syndrome du troisième trimestre. Sans oublier que l’été autobronzant et exhibitionniste viendra sous peu dicter sa loi aux timelines les plus omniscientes – d’après leurs statistiques – voire celles dotées du don d’ubiquité.

Après réflexion, cet été durant la masturbation quotidienne du Roi Soleil à Paris Plage, mon cahier de brouillon et votre blog seront sonores, visuels et fragmentés par épisodes mes chers lecteurs. Jadis, je ne quittais pas mon banc pour l’autoroute A7, aujourd’hui je ne déserterai pas mon blog pour un vol low-cost.

Ps : Avant de prendre une posture laid back digne des plus grands narcoleptiques tout en spéculant sur mon devenir professionnel de quota en puissance, nous terminerons la saison avec les ultimes «Rythmes & mécanismes» en animation, en prise de vue réelle et en son ?! À vous de voir…

Une poignée de «Inside my Nombril» gravitant autour de ma tête et une armée de «Prévision(s)» avant votre feuilleton de l’été sur le blog… puis le come back de septembre.

Oui je sais, demain c’est loin et je ne fais pas les calendriers, mais je refuse qu’ils me marchent dessus. Voilà pourquoi, parfois, sans prévenir personne, au creux de la vie, je disparais ailleurs avant que le temps y soit pour me tenir en laisse…



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Cette semaine, au programme de ma boîte crânienne :

Samedi 29 : Inside My Nombril (3) On me somme de choisir un camp, un clan et un parfum de Danette

Lundi 31 : Rythmes & mécanismes S03 E04

Prenez le temps, avant qu’il ne vous prenne

Foutraquement…

Une pensée sur “Prévisions de l’observateur : Je suis allé voir là-bas, si j’y étais

  • avatar
    26 mai 2010 à 12 12 24 05245
    Permalink

    Bonjour Sylvain

    Nul ne s’inquiète de vous plus que votre éditeur. Plus que votre banquier – qui n’est investi qu’en votre passé et ce que vous avez – alors que votre éditeur dépend de votre avenir et de ce que vous êtes. Les mots me manquent pour dire que vos mots me manquaient. Et cet histoire d’une image qui vaut mille mots, ça ne vaut que pour les mots de n’importe qui…

    Pierre JC Allard

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