Procès de Rémy Couture : la censure contre l’horreur



Jusqu’ou peut-on aller dans le domaine de l’horreur? C’est une question tout à fait légitime dans le contexte du procès de Rémy Couture, un artiste-maquilleur spécialiste des effets spéciaux de l’horreur, accusé de corruption des mœurs.Il est poursuivi pour avoir produit des images obscènes et ultra-violentes qui ont été publiées sur son site web Inner Depravity.com entre 2005 et 2009.Les images et ses vidéos, ont suscité l’indignation d’un internaute autrichien qui a alerté Interpol en 2006.  La (SPVM)  a procédé à l’arrestation de M. Couture en 2009.M. Couture réclame son droit à la liberté d’expression et de création artistique. Il prétend également que l’ingérence de l’État dans son œuvre représente une violation de ce droit.

L’argument que ces images peuvent pousser des individus à commettre le même genre de crimes tient-il la route ?  la plupart des gens savent constater la différence entre réalité et fiction. Nous avons eu droit à des œuvres cinématographiques se rapprochant du genre gore employé par M. Couture. La série de films Saw et Hostel ainsi que Martyrs entrent aisément dans cette catégorie.  Ils  montrent des scènes d’horreur (et de torture) d’un réalisme à couper le souffle. Pourtant, ces œuvres restent dans le domaine de la fiction et les amateurs de ce genre les considèrent comme un divertissement au même titre que des films d’action. Rien à voir avec les vidéos réelles de Luka Rocco Magnotta.

Est-ce que ces films peuvent être considérés comme étant obscènes? Peut-être. Est-ce que les artisans de ces films d’horreur gore se sont fait poursuivre devant les tribunaux? Non. Ces artisans saven cibler leur public: des adultes avertis de 18 ans et plus. M. Couture a procédé de la même manière sur son site web en y apposant un avertissement. Pourtant, il est victime de démarches judiciaires.  Abusives ?

Son tort principal est de diffuser son matériel sur le web, au vu et au su de tous, contrairement aux artistes ayant les moyens de mettre en scène leurs fantaisies macabres dans des films hollywoodiens pour un public davantage restreint.Finalement, est-ce que le procès de M. Couture risque de déclencher une vague de censure contre le genre horrifique? Espérons que non, car la liberté d’expression, incluant la liberté de création artistique, serait remise en question…

Anders Turgeon

2 pensées sur “Procès de Rémy Couture : la censure contre l’horreur

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    22 décembre 2012 à 13 01 31 123112
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    Je place ici le lien vers le commentaire sur cet article que j’ai déjà mis sur Les 7 du Québec où il est d’abord paru.

    http://les7duquebec.com

    Je profite de l’occasion pour rappeler à tous que la vocation de CentPapiers n’est pas de recopier ce qui s’écrit sur les 7 et que, au fur et à mesure que seront réglés les problèmes techniques de Centpapiers, du nouveau materiel – et en particulier TOUT ce que VOUS voulez dire sous forme de courts billets – y sera accueilli beaucoup plus facilement.

    Cet apport forcera à limiter ce qui sera repris du site des 7 sur Centpapiers et je vous encourage donc a développer tout de suite la bonne habitude d’aller directement chaque jour voir sur les 7 du Québe des articles qui ne seront PAS publiés sur Centpapiers.

    Vous pouvez le faire d’un clic, commençant par ce commentaire…

    http://les7duquebec.org/actualites/proces-de-remy-couture-la-censure-contre-lhorreur/

    Pierre JC Allard

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    25 décembre 2012 à 18 06 29 122912
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    La justice a exonéré Couture, comme il était juste et comme on s’y attendait. Cela dit, faudrait néanmoins prendre les mesures nécessaires pour que ceux qui ne veulent PAS recevoir l’horreur à la figure, dans les nouvelles comme dans la fiction, puissent en rester indemnes.

    PJCA

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